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Baillet.ric

que des hommes ? & s'il avoue qu'il y a un manuscrit qui porte le nom de saint Athanase ; Nicephore n'a-t-il pas pû avec raison lui attribuer cette vie? & doit-on conclure qu'elle n'est pas de lui ; parce que personne n'en a point parlé avant Nicephore, comme prétend encore M. Du Pin?

M. de Tillemont n'a pas voulu, selon les apparences, appuïer les preuves de M. Du Pin ; puisqu'il ne le cite pas, se contentant de marquer Oudin, les continuateurs de Bollandus, & les Benediâins , qui ont douté ou nié absolument que cette vie fût de faint Athanase ; & comme il y a beaucoup plus d'auteurs pour l'affirmative, je croi qu'on peut d'autant plus embrasser leur sentiment, que selon M. Herman & M. de Tillemont, comme nous avons dit, ce sont des personnes les plus habiles & les plus judicieuses de notre siecle ; & je ne croi pas que M. Baillet ait voulu leur refuser la qualité de sçavans; quoique dans ses vies des Saints il ait dit que les sçavans ne croïoient pas que celle de sainte Synclerique eût été écrite par S. Athanale. Il a mieux aimé cependant opiner pour ceux qui font ce saint auteur de cette vie , en disant: qu'elle écoit née dans le siécle où Dieu fit paroître S. Antoine, boisson afin que les deux sexes eussent chacun leur modelle à suivre war. dans le renoncement que l'on doit faire au monde. Car quoiqu'il dise que c'est sans aucune certitude qu'il a avancé que sainte Syncletique écoit née dans ce tems-là, & que cette opinion n'est appuïée que sur le sentiment de ceux qui ont fait faine Athanase auteur de sa vie ; il est certain qu'il a pré. feré cette opinion à celle des sçavans dont il a voulu parler ; & il devoit nous dire ce qu'ils pensoient du temps où elle a vêcu. Mais que ce soit saint Athanase, ou Polycarpe , ou Ar. sene , ou quelques autres qui aïent écrit sa vie ; M. Herman mettant sa mort à la fin du troisiéine siecle, le cardinal Baronius l'an 310.M.Bulceau l'an 358. M. deTillemont disant qu'on ne doit pas la mettre beaucoup plus tard que l'an 365. & tous les auteurs demeurans d'accord qu'elle a vécu quatre-vingtquatre ans ou environ , & qu'elle s'est retirée fort jeune dans la solitude ; il sera toujours vrai de dire qu'elle vivoit au tems de saint Antoine , & qu'elle a pu fonder les premiers Monastères de filles, comme saint Antoine a fondé les premiers Monasteres parfaits de Solitaires. M. Bulceau prétend que c'est sainte Bafiliffe qui a formé la min. More

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naft. d'O-premiere communauté de filles ; mais les circonstances de la rient. pag. vie de cette sainte paroissent bien apocryphes, & on a de la Ibid.p. 28. peine à croire ce que dit M. Bulceau ; que l'orage de la perse

cution de Diocletien s'étant élevé dans l'église , sainte Balilisle & S. Julien son mari offrirent d'ardentes prieres à Dieu pour le salut de ceux qu'ils avoient convertis: que Dieu exauca sainte Basilisse en la retirant du monde, après avoir accordé la même grace à près de mille religieuses qu'elle avoit formée à la vertu : que saint Julien lui survêquit : qu'il repandit son sang pour la foi dans la même persecution; & qu'il étoit pere de dix mille religieux. Il n'y a pas d'apparence qu'avant que la paix eut été rendue à l'église , il y ait eu un si grand nombre de religieux sous la conduite de saint Julien ; & ce qui regarde sainte Bafilisse auroit été plus croiable , si les mille vierges ou religieuses , dont elle étoit la superieure, avoient plûtot souffert le martyre , que d'être mortes toutes avant lainte Basilisse , & cela presque dans le même tems.

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PA RA G R A PH E IX.
Du grand progrès de l'état Monastique , tant en Orient

qu'en Occident.
C el
Omme la vie de faint Posthume qui se trouve parmi celles

du desert est regardée par de sçavans critiques comme fausse & supposée, je ne m'arrête pas aussi à ce que dit l'auteur de cette vie ; que saint Macaire avoit le foin & la conduite de cinquante mille moines que S. Antoine lui avoit laissés en mourant. Je veux même croire qu'il s'est glissé quel.

que erreur dans le texte de la préface que saint Jerôme a mise pit 2. à la tête de la regle de saint Pachome qu'il a traduite,où il dit, topud Rofv. que les disciples de ce faint s'assembloient tous les ans à pareil

nombre , pour celebrer la fête de la passion & de la resur-
rection de notre Seigneur ; & il se peut

faire
que

Pallade ne s'est point trompé, lorsqu'il n'a mis que sept mille Moines de cet Ordre. Mais au moins faut-il avouer, qu'après la mort de

saint Antoine & de saint Pachome, le nombre des Moines & Rufvit. des solitaires éroit infini ; puisque Rufin qui fit le voïage d'OPatr, apud rient en 373. c'est-à-dire environ dix-sept ansaprès la mort de 1952. pag. Saint Antoine , nous affure, comme témoin oculaire , qu'il y

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Call. Col.

avoit presqu'autant de Moines dans les deserts, que d'habitans dans les villes: que dans celle d'Oxirinque, il y avoit plus de Monasteres que de maisons ; qu'à toutes les heures du jour & de la nuit on y faisoit retentir les louanges de Dieu ; & qu'il avoit appris de l'évêque de ce lieu , qu'il y avoit vingt mille Vierges consacrées à Dieu, & dix mille Rcligieux ; il assure avoir encore vû le prêtre Serapion , pere de plusieurs Monasteres , & Superieur d'environ dix mille religieux.

Mais il est bon de faire connoître qui étoient les illustres capitaines qui conduisirent dans le desert & dans les villes, tant de saintes colonies, après que la paix eut été rendue à l'é. glise. Nous avons déja dit que S. Antoine établit les premiers Monasteres regles & parfaits dans la basse Thébaïde. S. Amon sur le mont de Nitrie , & saint Pachome dans la haute Thé. baïde. Le desert de Scetis futauili fort celebre par la multitude des Saints qui y ont demeuré, & qui suivirent saint Macaire

IS.l.3. l’Egyptien comme leur chef. Saint Hilarion qui avoit été de Hieron in même que saint Macaire, disciple de saint Antoine, se retira vir. Patr.

apud Rofv. dans la Palestine, où ses miracles continuels & l'éclat de fesp 7s. vertus firent qu'en peu de tems ungrand nombre de personnes se rangea sous sa conduite. La Syrie a eu l'avantage d'être habitée

par de saints religieux sous la conduite d'Aonés , qui donnerent aux habitans qui étoient Idolatres, la connoissance du vrai Dieu. Elle a encore produit un illustre écrivain qui nous a appris les vies admirables de ces faints Solitaires, & leurs principaux exercices qu'il avoit lui-même pratiqués dans un Monastere dont il fut tiré malgré lui , pour monter sur le siége épiscopal de Cyr ; c'est le sçavant Theodoret, qui, quoiqu'élevé à cette dignité, ne diminua rien de ces saintes prati. ques. La montagne de Sinaï si celebre par la demeure de saint Jean Clymaque & de saint Nil, fut aussi habitée par de saints Moines dès le quatrieine siecle ; de même que la Perse, où plusieurs Solitaires, suivant les traces du sang des autres Chré. tiens qui le repandoient genereusement pour la foi de Jesus. Christ, couroient avec la même generosité au martyre. Saint Gregoire apôtre d’Armenie , introduisit aussi la vie Monasti. que dans ce païs-là. Enfin il n'y eut presque point de province cn Orient où elle ne fût établie.

Mais son plus grand acroissement fut, lorsque saint Basile l'eut introduite dans le Pont & la Cappadoce vers l'an 363.

Sozom. I. 6. cap. 32,

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.

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qu'il l'eut reduite à un écar certain & uniforme : qu'il eut reüni les Solitaires & les Cænobites ensemble : qu'il lui eut donné sa derniere perfection, en obligeant ses religieux à s'y engager par des võux solemnels : & qu'il leur eut écrit des regles, qui furent trouvées si saintes & fi salucaires, comme n'étant qu'un abregé de la morale de l'évangile ; que dans la suite la plus grande partie des disciples de saint Antoi. ne , de faint Pachome , de saint Macaire, & des autres anciens peres des deserts, s'y sont soûmis ; ce qui lui a fait don. ner le nom de patriarche des Moines d'Orient ; caril y a plu. sieurs siecles que la regle a prevalu sur toutes les autres en Orient ; & quoique les Maronites, les Armeniens en partie , les Jacobites, les Coptes, & les Nestoriens, se disent de l'ordre de faint Antoine ; ils ne suivent neanmoins, ni la regle que nous avons dans le code des regles sous le nom de saint Antoine, ni aucune des anciennes regles des peres d'Orient, & ils n'ont seulement que certaines pratiques pour les Monalteres de chaque secte. Mais generalement tous les Grecs, les Nestoriens, les Melchites, les Georgiens, les Mingreliens, & la plus grande partie des Armeniens, suivent la regle de saint Bafile.

La profession Monastique ne fit pas de moindre progrès en Occident , où les troubles excités dans l'église par la fureur des Ariens, la firent passer d'Orient; car saint Athanase évê. que d'Alexandrie s'étant retiré à Rome vers l'an 339. avec plusieurs prêtres & deux Moines d'Egypte, il fit connoître aux personnes de pieté la vie de saint Antoine , qui demeuroit alors dans son defert de la Thebaïde , & il y eut plusieurs personnes qui voulurent embrasser une profession li fainte. L'on bâtit à cet effet des Monasteres à Rome , ce qui servit comme de modelle pour tout le reste de l'Italie.

Saint Benoîty parut à la fin du cinquiéme siecle. Quelquesuns ont pretendu qu'il n'écrivit point sa regle dans le desert de Sublac ; & il y en a d'autres qui ont cru qu'elle ne fut publiée par l'abbé Simplicius que l'an 586.& que saint Benoît ne l'avoir faire que pour les Moines du Mont. Cassin., Mais à present que Dom Thierri Ruinart religieux Benedietin de la congregation de saint Maur dans sa îçavante dissertation sur la million de saint Maur en France, imprimée à Paris en 1902. & que le docte P. Dom Jean Mabillon de la

n'a pas

même congregation dans les annales de l'Ordre de saint Be
noît, ont prouvé que saint Maur y avoit été envoïé par laint
Benoît avec quatre de ses disciples, l'an 543. & qu'ils y ap-
porterent avec eux la regle de ce saint Patriarche des Moi-
nes d'Occident, écrite de sa main, avec un poids & un vase
pour mieux observer ce qu'elle prescrit de la quantité du pain
& du vin dans le repas ; il n'y a point de doute que saint Be.
noît ne l'eût publiée de son vivant, & que ce n'étoit pas
pour le seul Monastere du Mont-Cassin qu'il l'avoit faite;
quoique les preuves convaincantes de ces sçavans Benedictins
n'aïent pas fatisfait ceux qui avoient combateu cette mission,
& qu'ils n'aient regardé ces preuves convaincantes que com-
me des prejugés & des conjectures. Cette regle fut trouvée fi
sainte , qu'elle fut universellement reçue en Occident; ce qui
fit donner à ce saint fondateur le nom de Patriarche des Moi.
nes d'Occident.
La France, avant même l'établissement de sa monarchie,

été privée de la gloire d'avoir produit plusieurs communautés religieuses. Dès le quatrième fiecle faint Martin qui s'étoit retiré dans la petite isle Gallinaire, à la côte de Ligurie près d’Albengue, aïant appris le retour de saint Hilaire évêque de Poitiers dans la ville épiscopale après son exil, le vint trouver , & bâtit auprès de cette ville le Monastere de Ligugé. Ce saint aïant été élevé dans la suite sur le siege épiscopal de Tours , bâtit un autre Monastere à une lieue de cette ville, qui, après sa mort fut appellée Marmoutier, en latin Majus Monafterium , à cause qu'il étoit plus grand & plus spacieux que celui qui fut construit dans la mê. me ville sur le tombeau de ce saint , & que tous les autres qu'il avoit aussi fondés dans la province.

Saint Maxime l'un de ses disciples, voulant vivre dans un lieu où il fut inconnu, se retira dans le Monastere de l'IlleBarbe , proche de Lyon. Quelques-uns pretendent que c'est la premiere communauté de Moines qui se soit formée dans les Gaules; & M. le Laboureur fait même remonter la fondation Le Laboude cette Abbaïe vers le milieu du troisiéme siecle, en lui don-reur , Les, nant pour fondateur un seigneur du païs, nommé Longin, l'Abbaüe de qui l'an 240. ou environ, y assembla plusieurs Solitaires quiri

pe-borbe vivoient separement dans cette ise , où ils s'étoient retirés. Mais tous les historiens n'en demeurent pas d'accord ; & il

Tome 1.

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