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12.9.

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Ibid. n. Maximinus iste primum cæpit anno 310. in Ægypto regnare ;

quando istic fuisse Cænobia agnofco, le mot de Cænobium, donc

il se lert, ne peut s'entendre que d'un Monastere où l'on vi. Col. 18. voit en commun , suivant ce que dit Caffien : Cænobium ap- . cap. 10. pellari non poteft , nisi ubi plurimorum cohabitantium degit unita

communio. Reconnoître des Monasteres en 310. & n'en vou-
loir point admettre avant ceux de saint Pachome, qui ne se
retira

que
l'an

314 & qui ne fonda son premier Monastere qu'après l'an 340. ou au plûtôt, qu'après l'an 329. cela dePapebro. us supra n. mandoir, ce ne semble, quelque éclaircissement.

On pourroit dire qu'il a donné l'éclaircissement que l'on demande dans le même article de la réponse au P.Sebastien de S. Paul,lorsqu'il dit :que les anciens & les modernes ont pris indifféremment le nom de Moines, & donné celui de

Monasteres à leurs demeures, de même que l'on donne. „presentement le nom de Celle ou de Cellule à la demeure

d'un seul Ermite, ou à la chambre d'un seul Religieux qui vit regulierement dans un Cloître. Il ajoûte que vers le milieu des fiecles, le nom de Cellules ou Celles étoit aussi donné à des Monasteres ; ce qui a fait que quelques François & quelques Italiens ont ainsi appellé des Abbayes & des Prieurés; comme ceux de Celle-neuve, Celle-Dieu. Vaux. Celle, & Celle de faint Ghilin. Pourquoi donc, dit-il encore au P. Sebastien, si je distingue ainsi les Monasteres;

selon les differens tems,voulez-vous que je sois plus ridicule „que celui qui voudroit excuser ( comme quelques-uns des

vôtres ont fait en ma presence) ce nombre excessif de Mona... steres de Carmes dont il est parlé dans votre Eglise de Louvain, où l'on dit qu'Omar, chef des Sarasins ordonna à un petit nombre de Monasteres, qui étoient les restes de fept mille de porter des habits barrés ? Que l'on prenne, ajoûtet-il, le mot de Cænobium pour un Monastere,& le mot de Monastere pour une Cellule ; on ne peut entendre par là, sinon, que les Religieux qui changerent d'habit, étoient ce qui restoit du nombre de sept mille dont Omar avoit détruit les Monasteres, & qu'il en avoit fait niourir plusieurs.

Mais bien loin quecer éclaircissement puisse satisfaire , on en cirera au contraire cette consequence, que le P. Papebroch disane que pour parler d'un Monastere , il s'est servi de ces mots, Monafterium, Cella,& Cænobium, selon les differens tems

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رد

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ausquels on les appelloit ainsi;& ayant donné, danssa réponse au Pere Sebastien,le nom de Cænobia aux Monasteres qui étoient du tems de l'Empereur Maximin, c'est-à-dire vers l'an 310. il a prétendu en cet endroit que la vie Cænobitique écoic déja établie dès ce tems-là ; puisque par les Cænobites, l'on ne peut entendre que les Religieux qui vivoienten commun,& que le mot de Cænobite vient de celui de Cænobium , qui ne peut signifier autre chose qu'une Communauté de plusieurs personnes qui vivent ensemble, suivant l'explication qu'en a donnée Callien, comme nous avons déja dit, auquel on doit ajoûter d'autant plus de foi, qu'il avoit été visiter les Monasteres d’Egypte & de la Thebaïde l'an 394. qu'il sçavoit bien la difference qu'il y avoit entre les Monasteres où l'on vivoit en commun, & ceux où il n'y avoit qu'un seul Solitaire , & le nom qu'on leur donnoit; qu'il assure même,comme nous avons aussi remarqué dans un autre endroit , que les Cænobites. avoient commencé avant saint Paul Ermite & avant saint Antoine , par consequent avant saint Pachome,ce qu'il pouvoit avoir appris de leurs disciples, qui étoient en. core vivans. On a donc sujet de s'étonner de ce que le P. Papebroch, ayant prétendu avoir eu raison de faire cette de. mande: Cænobialis vita , feu perfeétioris Monasticæ initium & exemplum, an à sanito Pachomio acceptum ? & d'avoir répondu affirmativement que saint Pachome a été l'auteur de la vie Cænobitique, & le fondateur des premiers Monasteres, & qu'il n'y en a point eu avant lui , soit en Egypte, soit en aucun autre lieu, il ait donné ensuite le nom de Cænobia aux monasteres qui étoient déja fondés dès l'an 310. c'est-à-dire près de vingt ou trente ans avant que saint Pachome eût fonde son premier monastere ; & il sera toûjours vrai de dire, que s'étant servi du mot de Cænobia , il reconnoisloir des monasteres parfaits dès l'an 310. quoiqu'il tâche de prouver le contraire en plusieurs endroits.

A Dieu ne plaise que je veuille accuser le P. Papebroch d'avoir avancé des faits qui se contredisent, aussi bien que le P. Thomassin & M. de Tillemont. Si je combats leur sentiment touchant l'origine de la vie monastique & des monasteres je ne le fais point par un esprit de critique : j'ai trop

de respect pour leurs personnes , & trop d'estime &de veneration pour ces excellens ouvrages qu'ils nous ont donnés, qui font d'une

1

li grande utilité au public,& des monumens éternels à la po
sterité de leur profonde érudition. S'il s'y rencontre quelques
matieres qui n'ayent pas été traitées avec toute l'exactitude
possible; ce sont des fautes legeres, qu'on doit pardonner à
ces grands hommes, dont les

ouvrages sont d'une trop vaste
étendue

pour ne s'y être pas glissé quelques fautes.

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Herman, Vie de faint

T

638. De Tillem.

Que sainte Syncletique a fondé-les premiers Monafteres

de Filles..
Ous les Ecrivains ne demeurent

pas
d'accord

que sainte Synclerique ait fondé les premiers monasteres Athanafe,

de Filles. Les uns le croyent certainement,les autresen dousom 2. pag: tent, quelques-uns le nient; & toutes ces differentes opinions

roulent sur celle que l'on doit avoir de l'auteur de la vie de mem. pour cette Sainte: Nicephore Caliste a été le premier qui l'a attriChift

. Eccl. buée à saint Athanase,étant autorisé de quelques manuscrits pag.711. qui portent son nom ; & cette opinion, selon M. Herman & M. de Tillemont, a été embrassée comme certaine, par

des Amaud, personnes les plus habiles & les plus judicieuses de notre siedas.PP.6.2:cle, qui pour ce sujet ont appellé cette Sainte la mere des

Religieuses , & la premiere fondatrice des monasteres de Fil-
les, comme saint Antoine a fondé les premiers monasteres
parfaits de Solitaires..

Ils ont fans doute prétendu mettre de ce nombre M. Ar
naud d’Audilli, qui dans sa préface de la vie de cette Sainte,
qu'il a traduite en notre langue, dit aussi, en suivant l'opi-
nion de Nicephore, qu'il n'y a point de Vierge, après celles
qui ont été bonorées de la couronne du martyre, plus illu-
ffre, ni.plus fameuse qu'elle ; parce que Dieu s'en est servi
pour fonder les premiers monasteres de filles, comme de faire
Antoine pourfonder les premiers monasteres de Solitaires,
& l'a rendue la. mere des Religieuses, comme ce Saint le pe-
re des Religieux : qu'enfin , Dieu a permis que ces deux
Saints,qui devoient servir d'exemple aux personnes consan
crées à Dieu par la profession monastique, eussent pour Ecri
vain de leur vie le Grand saint Athanase ; & il ajoûte qu'il
se trouve un manuscrit dans la bibliotheque de l’Escurial -

traduir

tyr. Rom.se

de S. Atha.

Tom. 2. Po

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traduit par Colville Ecossois, qui est indubitablement la vraie Baro. Ana vie originale de cette sainte écrite par S. Athanase. Le cardi- not.inMarnal de Baronius a aussi suivi cette opinion, &a seulement re-fan. greté la perte de cet original dont'il n'avoit point de con- Bolland. noissance: Bollandus a été de même avis. M. Cotelier a jugé Corel. moque cet ouvragen'avoit rien d'indigne de la pieté & de la doc- num. Eccl

. trine de ce saint. M. Herman n’a point fait difficulté de le re Grac. 7.1. connoître pour l'auteur de cette vie , & le pere Alexandre dit Hein. Vie que c'est le sentiment des sçavans.

Cependant il se trouve d'autres manuscrits, ou sans nom d'auteurs, ou sous celui d'un Polycarpe Ascete , ou sous ce, Natal. Ale. lui d’Arsene de Pegades. C'est ce qui fait que quelques écri- xand. Hiff. vains en ont tiré des consequences, pour prouver que cette 46.6.art. vie n'étoit point de saint Athanase , ou du moins ils en ont 8. douté. Il a semblé aux uns que cette histoire n'étoit pas aussi naturelle que celle de saint Antoine ; & que ne contenant pas assez de faits historiques, elle ne pouvoit appartenir à saint Athanase. Les autres ont cru qu'on ne devoit pas le recon. noître pour l'auteur de cette vie , à cause que les comparaitons y étoient beaucoup plus frequentes que

dans les autres ouvrages de ce faint ; & enfin il y en a qui se sont imaginés que ces comparaisons étoient trop pueriles; & par consequent qu'elles ne convenoient pas à ce pere de l'Eglise, mais plûtóc à un Moine.

M. de Tillemont a de la peine à se resoudre en faveur de qui il doit opiner. Il ne veut pas avouer qu'elle soit de saint Athanase, il ne le nie pas non plus absolument ; inais il dit qu'il y a sujet de croire qu'elle n'est pas de S. Athanase, à cause que le sțile est different du sien:c'est pourquoi dans le denombrement qu'il a fait des ouvrages de ce faint, il l'a placée, non pas entre les ouvrages supposes, mais entre les douteux & contestes.

Mais ne pourroit-on pas répondre à cet illustre historien ce qu'il dit à ceux qui ont eu la même opinion que lui touchant l'auteur de cette vie , à cause qu'il leur a semblé que l'histoire n'en étoit pas aussi naturelle que celle de saint Antoine , & qu'elle ne contient pas assez de faits historiques. Caril leur a répondu, que ce n'étoit pas une raison pour croire qu'elle ne fût pas de faint Athanase. Erasme aïant aussi doute que le traité de la virginité qu'on attribue à ce saint fût de lui, à cause que le stile lui a paru allez bas ; M. de Tillemont a répondų Tome I.

G

Eccl.

que cette raison n'étoit pas considerable. On pourroit donc dire avec raison la même chose à M. de Tillemont, & à tous

ceux qui rejercent des ouvrages sur la difference du stile. C'est Fleuri: ce que M. l'Abbé Fleuri appelle un excès de critique. C'est Pref. de vouloir tour sçavoir , dit-il', & vouloir tour deviner. PourT. de l'hist.

quoi ne veut-on pas que ce qui arrive tous les jours dans la plûpart des écrivains de ce tems, dont le stile n'est pas toujours égal, ne soit arrivé dans ceux des premiers siecles:& ne voïons-nous pas tous les jours, que les discours des plus habiles Orateurs, soit de la chaire ou du barreau, ne sont pas toujours également fleuris & elegans.

M. Du Pin est celui qui a trouvé dans la vie de sainte Syn. clerique des comparaisons qui lui ont semblé pueriles , & qui conviennent mieux à un Moine qu'à faint Athanase ; c'est ce qu'on lisoit dans la premiere édition du quatriéme siecle de la bibliotheque des auteurs ecclesiastiques qu'il donna en 1687. & on étoit surpris de ce que dans la seconde édition qui parur en 1689. il y avoit encore laissé ce qu'il avoit dit dans la premiere, de ces comparaisons pueriles qui convenoient mieux à un Moine qu'à S. Athanase. Il sembloit que cela dììc être retranché pour rendre cette seconde édition plus correcte ; mais il l'a fait enfin dans la troisiéme qu'il a donnée en 1709. & il a bien vũ que c'étoit faire injure à tant d'illustres écrivains, qui ont composé dans la solitude du cloître de li beaux ouvrages qui ont merité à quelques-uns avec justice le titre de pere & de docteur de l'église. Il y en a même qui ont prétendu que saint Athanase a été lui-même Ascete , c'est-à.

dire Moine, & même disciple de faint Antoine. C'est le sentiBaron. ad ment de Baronius & des Benedictins de la congregation de an, 3 11.9. saint Maur, qui assurent: que dans toutes les anciennes édi

Athan. tions & les manuscrits de la traduction d'Evagre, on lit ces Opera.edir

. paroles de saint Athanase dans la vie de faint Antoine : Free

quenter eum visitavi, & quæ ab eo didici , qui ad præbendam ei 2..p. 794. aquam, non paululum temporis cum eo feci &c.

Si M. Du Pin, pour prouver que la vie de saint Antoine est veritablement de faint Athanase, dit qu'il a proportionné son stile dans cette vie, & à la matiere & à la capacité des Moines pour qui il l'écrivoit ; y a-t-il plus d'inconvenient de dire la même chose à l'égard de la vie de fainte Synclerique ; puisqu'il l'écrivoit pour des filles qui avoient moins de capacite

ز

PP. Bened.
T. 1. part.

و

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