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ZARE,

CHEVA-» de tems après à former le dessein de suivre une conduite & LORORE”

, une forme de vie,plus severe encore & plus parfaite; que celle DES LA-» de leurs anciens Confreres. En effet ,comme après la mort de

Gerard on élut, à la pluralité des voix, Frere Boyant Roger, » pour Grand-Maistre des Hospitaliers, les nouveaux Cheva

liers de ce troisiéme Hospital de saint Jean Baptiste, persistant » dans leur premiere resolution de mener une vie plus parfaite ;

& d'ajoûter comme les Chevaliers du Temple à leurs autres » Veux, celui de chasteté, se separerent des anciens Huspita» liers, & choisirent pour leur Chef, Frere Raymond du Puy » Gentilhomme de Dauphiné.. .... Quant aux anciens Cheva„ liers qui furent ainsi leparés des nouveaux , avec lesquels ils » ne faisoient auparavant qu'un seul Ordre , sous un iesme

Grand-Maistre, ils retinrent leur ancien nom de faint La

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» Zare.

Il paroist par ce discours de M. Maimbourg que l'Hospital de saint Jean Baptiste estoit different de celui de faint Jean l'Aumosnier, qui avoit esté bâti proche le Monastere

que ces Marchands d'Amalphi avoient fait construire aux environs du saint Sepulcre, & que l'on nommoit de sainte Marie de la Latine. Cependant Guillaume de Tyr, auquel on doit ajoû_ ter foi, témoigne que de son cems , & lorsqu'il eserivoit son Histoire en 1183. ce Monastere s'appelloit encore de la Lati

ne: & quoniam viri Latini erant , qui locum fundaverant , Guilielm. qui religionem confervabant , id circo ab ea die ufque in preTyr. Inb.18. sens slocus ille Monasterium de Latina dicitur. Il ne distingue 6.3. 6. 6. point l'Hospital de saint Jean l'Aumusnier d'avec celui de

laint Jean Baptiste,que M. Maimbourg dit que le B.Gerard fit bâtir, il ne parle que d'un seul,dont l'Eglise avoit esté dediée à saint Jean l’Aumosnier: Erexerunt etiam in eodem loco altare in honore B.Joannis Eleymes. C'est dans cet Hospital qu'il dit que le B. Gerard mourut après y avoir fervi les pauvres pendant un tems considerable sous les ordres de l'Abbé & des Religieux du Monastere de la Latine, & que Raymond lui fucceda : Et in Xenodochio fimiliter repertus eft quidam Geraró dus , vir probate conversationis , qui pauperibus in eodem loco tempore hoftilitatis de mandato abbatis & Monachorum , muliò tempore devote serviebat : cui poftea successit Raymundus ifte de quo nobis fermo in prafenti. Il se plaint ensuite que ce Rayé mond & ses Hospitaliers qui n'avoient eu que de foibles cons

a avancé

mencemens , fe voïant extremement riches , s'estoient d'a- CHE$Abord soustraits de la Jurisdiction de l'Abbé du Monastere de LIERS DR la Latine , & avoient obtenu des Bulles du Pape , qui les exem- de S. LAtoit aussi de celle du Patriarche de Jerusalem : Sic ergo de ZARE: tam modico incrementum habentes , pradiétæ domus fratres,prius à jurisdictione fe fubftraxerunt Abbatis : deinde multiplicatis in immenfum divitiis , per Ecclefiam Romanam à manu eo poteftate Domini Patriarche funt emancipati. Ce n'est uniquement que des Chevaliers de saint Jean de Jerusalem dont cet Auteur parle , d'où l'on doit conclure que c'est sans aucun fondement que M. Maimbourg qui cite mesme Guillaume de Tyr,

que

les Chevaliers de saint Jean de Jerusalem & ceux de saint Lazare , avoient esté unis ; & n'avoient fait

pená dant un tems qu'un mesme Ordre.

Il est vrai que le Grand-Maistre Raymond du Puy , de l'Orde de saint Jean de Jerusalem, changea le titre de son Hospital qui avoit esté dedié à saint Jean P'Aumosnier en celui de saint Jean-Baptiste , qu'il prit pour Protecteur de son Ordre, aïant voulu imiter la penitence de ce Precurseur du Sauveur du monde , & l'aïänt proposé pour modelle à ces Chevaliers. C'est peut-estre ce qui a donné lieu à M. Maim: bourg , de croire qu'il avoit basti à Jerusalem un troisiéme Hospital sous ce nom , comptant apparemment pour le premier de ceux qui estoient en cette ville, celui de saint Jean l’Aumosnier proche le Monastere de sainte Marie de la Latine, & pour le second celui que les Allemands avoient fait baftir sous le Titre de Notre-Dame des Allemands ou des Teu

tons,

Quant à ce Frere Boyant Roger, que le mesme Auteur dit, qu'on élut à la pluralité des voix pour Grand-Maistre des Hospitaliers après la mort du B. Gerard ; je ne sçai si les Chevaliers de saint Lazare le mettent au nombre de leurs Grands: Maistres ; mais quoique Bosio dans son Histoire de l'Ordre des Chevaliers de saint Jean de Jerusalem , ait dit que ce Frere Boyant Roger fut élu pour Grand-Maistre de cet Ordre après la mort du B. Gerard, il ne se trouve pas neanmoins au nombre des Grands-Mailtres,dont le Commandeur Naberat Geronim, nous a donné un abbregé des Vies dans les Privileges de cet Ordre qu'il a recueillis

. Le Commandeur Maruli dans les Grand. Vies des mesmes Grands-Maistres , mais plus amples que celles Maff. d

Maruli.
Vit. de

LIERS

DE

ZARE.

CHEVAC

que Naberat avoit données , n’y met point aussi ce Boyant L'ORDRE Roger. Il avouë bien qu'il en est fait inention dans une doDES La- nation de l'an 1125. que fit à l'Ordre de saint Jean de Jerusa

lem Otton Comte d'Abruzze, où il declare avoir fait ce Roger Gouverneur de l'Hospital de faint Jean de Jerusalemn ; mais le Commandeur Maruli pretend que l'on ne doit pas conclurre de là, que ce Roger ait esté Recteur ou Prefer de l'Hospital , qui sont des titres qui ne conviennent qu'à un Superieur & non pas celui de Gouverneur, & qu'il se peut faire qu'il ait esté establi Gouverneur de l'Hospital en l'absence de Raymond du Puy qui succeda à Gerard : d'autant plus qu'il n'y a aucun Titre dans la Chancellerie de l'Ordre où il foit parlé de ce Roger en qualité de Superieur ou de Maistre.

D'ailleurs s'il estoit vrai que les Chevaliers de saint Jean de Jerusalem & de faint Lazare, ne se fussent separés qu'après l'élection de ce Frere Boyant Roger , il s'ensuivroit que cette separation n'auroit esté faite qu'après l'an 1120. puisqu'il est fait mention de ce Roger en qualité de Gouverneur de l'Hospital de saint Jean de Jerusalem dans la donation du Comte d'Abruzze dont nous avons parlé, ce qui est contraire aux pretentions de M.de Guenegaud ci-devant Chancelier de l'Ordre de saint Lazare , qui dans un de ses Factums contre Monsieur le Marquis de Dangeau Grand-Maistre de cet Ordre , s'est déja declaré en faveur de l'union des deux Ordres de saint Jean & de saint Lazare de Jerusalem , & dit qu'ils furent separés dans le onziéme siécle. Peut-estre que Monsieur de Guenegaud dans l'Histoire de son Ordre qu'il promet de donner au public , & qui n'a rien épargné pour recouvrer les Titres de cet Ordre , apportera des témoignages plus convaincans que ceux que M. Maimbourg a donnés, pour prouver l'Union de ces deux Ordres de saint Jean & de faint Lazare de Jerusalem.

En attendant les esclaircissemens que nous donnera cette Histoire de Monsieur de Guenegaud , ce que

l'on de plus certain touchant les Chevaliers de saint Lazare, c'est qu'ils ont commencé d'abord par exercer la charité envers les pauvres lepreux dans des Hospitaux destinez pour les recevoir , qu'ils prenoient le nom d'Hospitaliers , & que suite, à l'exemple des autres Hospitaliers , il y en eut une partie qui prit les armes pour le service des Princes Chrestiens

peut dire

que dans la

DE S. Leo
ZARS,

qui conquirent la Terre Sainte , sans abandonner pour cela CHEVA: l'Hospitalité , ce qui ne peut estre arrivé que dans le douzié- L'ORDRE me siécle.

Ils recevoient mesme dans leur Ordre des lepreux, apparemment pour avoir foin des autres lepreux, qui se retiroient volontairement dans leurs Hospitaux, ou que l'on obligeoit par force d'y entrer ; & ce qui est remarquable, c'est qu'ils ne pouvoient élire pour Grand-Maistre qu'un Chevalier lepreux de l'Hospital de Jerusalem, ce qui a duré jusque fous le Pontificat d'Innocent IV. c'est-à-dire vers l'an 1253. qu'aïant esté obligés d'abandonner la Syrie , ils s'adresserent à ce Pontife , & lui remontrerent qu'aïant toûjours élu pour leur Grand-Maistre depuis leur Institution , un Chevalier lepreux , ils se trouvoient dans l'impossibilité d'en élire un; parce que les Infidelles avoient tué tous les Chevaliers lepreux de leur Hospital de Jerusalem. C'est pourquoi ils prierent ce Pontife de leur permettre d'élire à l'avenir pour Grand-Mailtre un Chevalier qui ne fust pas attaqué du mal de Lepre, & qui fusten bonne santé, & le Pape les renvoïa à l'Evefque de Frescati,pour qu'il leur accordait cette permission après avoir examiné si cela se pouvoit faire selon Dieu. C'est ce qui est rapporté par le Pape Pie IV. dans sa Bulle de l'an 1565. fi eftenduë & fi favorable à l'Ordre de faint Lazare , par laquelle il renouvelle tous les privileges & toutes les graces que les Predecesseurs lui ont accordées, & lui en donne de nouvelles. Voici comme il parle de l'élection que les Chevaliers de cet Ordre devoient faire d’un Grand-Maistre lepreux: Et Inno- Bull

. Rom. centius IV.per eum accepto , quod licet de antiqua, approbata, & Tomo eatenus pacifice observata Consuetudine obtentum effet , ut miles Pic 4 Gigi leprosus domüs sancti Lazari Hyerosolimitani in ejus Magistrum assumeretur : Verum quia fere omnes Milites leprofe dicte domûs ab inimicis fidei miferabiliter interfecti fuerant , & hujusmodi confuetudo nequibat commode observari : Id circo tunc Epifcopo Tusculano per quafdam commiferat, ut si sibi fecundum Deum vi- . fum foret expedire , Fratribus ipfis licentiam , aliquem Militem fanum, & Fratribus predicta domés fancti Lazari in ejus Ma-" gistrum ( nonobstante confuetudine hujufmodi) de cetero eligendi authoritate Apostolica concederet.

Les Chevaliers qui n'estoient point lepreux, & qui estoient en estat de porter les armes , rendirent de signalés services aux

ZARE.

CHEVAC Princes Chrestiens dans la Palestine , ce qui obligea les Rois LERS DE Baudouin II. Fouques, Amaury III. & IV. & les Reines MeDE S. LA- lisinde & Theodore , à prendre leur Ordre sous leur

protecs tion, & à faire beaucoup de bien aux Maisons qu'ils avoient dans la Syrie. Ils reçurent aussi plusieurs Privileges des Souverains Pontifes , & estant passés en Europe , les Princes leur donnerent de riches possessions. Clement IV. ordonna sous peine d'excommunication à tous les Prelats de l'Eglise, que lorsque les Chevaliers de faint Lazare s'adresseroient à eux pour obliger les lepreux de se retirer dans leurs Hospitaux , ils eussent à donner main-forte à ces Chevaliers, & à contraindre les lepreux de se retirer chez eux avec leurs biens meubles & immeubles. Alexandre IV. par une Bulle de l'an Izs5. leur permit de suivre la Regle de faint Augustin qu'ils assuroient avoir suivie jusqu'alors , comme il est marqué dans la Bulle de ce Pontife , où il n'est point fait mention de la Regle de saint Basile, ce qui fait voir que c'est sans raison que quelques-uns disent qu'ils ont autrefois suivi la Regle de faint Basile. Le mesme Pape les mit sous la protection du saint

1257

& confirma les Donations que l'Empereur Fri, deric II. leur avoit faites dans la Sicile , la Poüille , la Calabre & quelques autres Provinces. Henry Roi d'Angleterre, Duc d'Anjou & de Normandie, Thibaut Comte de Blois & plusieurs autres augmenterent leurs revenus.

Mais de tous les Princes Chrestiens il n'y en a point donc ces Chevaliers aïent

reçu

de
plus grands bienfaits que

des Rois de France ; car aïant esté challes de la Terre-Sainte l'an 1253. ils suivirent le Roi faint Louis, qui , en reconnoissance des services qu'ils lui avoient rendus en Orient , confirma les Donations que ses Predecesseurs leur avoient faites, les mit en possession de plusieurs Maisons , Commanderies & Hospitaux que ce Prince fonda , & leur accorda plusieurs Privileges. Pour lors ils establirent le Chef de leur Ordre à Boigny prèsd'Orleans , qui leur avoit esté donné dès l'an 1154. par Louis VII. dit le Jeune,& le Grand-Maistre prit le Titre de Grand. Maistre de l'Ordre de saint Lazare , tant deçà, que delà les Mers , la jurisdiction s'eltendant , non seulement sur les Chevaliers qui estoient en France, mais mesme sur tous les Estrangers.

C'est pourquoi Jean de Couras, qui avoit esté pourveu de cettę Charge l'an 1342. par Philippes de Valois , donna

pouvoir

Şiége l'an

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