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APPELLE'S

prelat ; mais ayant eu le même scrupule que ceux d'Oviedo Moines fur la validité de leurs væux, à cause qu'ils n'avoient pas fait de S. BAprofession entre les mains des superieurs de l'ordre de S. Ba.sile RE

FORME's, file,ils consulterént à ce sujet le docteur Navarre , qui leur conseilla d'avoir recours à Rome,où ils obtinrent de Gregoire de TAR: XIII. l'an 1572. un bref par lequel ce pontife leur permit de re-DON. nouveller leur profession entre les mains de l'abbé de sainte Marie d'Oviedo, ou de quelqu'autre de l'Ordre de S. Basile. Il érigea leurs ermitages en veritables Monasteres decet Ordre, les unit à celui de sainte Marie d'Oviedo pour en faire une pro. vince sous le nom de saint Basile avec ceux que l'on fonderoit dans la suite, & les soumit à l'obeissance du general de l'Ordre de saint Basile en Italie. Il y en eut en effet d'autres qui furent fondés, mais non pas sous les observances étroites du P. Matthieu della Fuente;ce quicausa plusieurs differends entre les Monasteres reformés & ceux qui ne l'étoient pas , les uns & les autres ayant des manieres de vie differentes. Le pape Clement VIII. envoya des commissaires apostoliques pour pa. cifier ces troubles , inais ce fut inutilement. Les plus grandes contestations de ces Religieux étoient au sujet du travail en commun, que les visiteurs ne purent jamais introduire dans les Monasteres qui n'étoient point reformés, ni les empêcher d'aller chercher des aumônes à quoi les reformés avoient renoncé. Il y eut même un de ces visiteurs apostoliques qui introduisit le relâchement dans le couvent de Valle-de Guillos par les changemens qu'il y fit;ce qui seroit aussi arrivé dans celui de Tardon, fi par un bref du 13. Decembre 1999. le n'eût défendu sous peine d'excommunication de rien innover dans les observances , principalement pour ce qui regardoit le travail des mains.

L'évêque de Cordoue le dernier de ces visiteurs , tâcha de rétablir ce travail des mains , & la discipline monastique qui étoit beaucoup relâchée dans presque tous les Monasteres. Ce prelar voyant qu'il y avoit beaucoup de Religieux zelés pour les observances regulieres, dressa des constitutions particulieres à leur sollicitation, & assigna deux autres couvens avec celui de Tardon, où pourroient se retirer ceux qui les voudroient observer. Mais les constitutions n'ayant pas été approuvées par le cardinal de San-Severino protecteur de l'Ordre , cette éminence endressa d'autres qui furent confir

le pape

DON.

Moines mées l'an 1602. par le pape Clement VIII. qui donna com. DE S. BA- million à l'évêque de Jaën pour les faire recevoir dans tous SILE RE- les Monasteres. FORME's, APPELLE's

Ce fut un nouveau sujet de trouble ; car la plîpart des DE TAR. Religieux s'opposerent à ces constitutions, principalement

à cause qu'il y étoit marqué que les freres laïcs auroient préséance , voix , & fuffrages ; & qu'on défendoit à tous les Re. ligieux de se servir d'autre étoffe , que de bure , d'aller nuds pieds dans quelques Monasteres, de chercher des aumônes, d'entendre les confessions des seculiers, & de prêcher hors de leurs églises; ce qu'ils vouloient qu'on retranchâc de ces nouvelles constitutions.

Le pape voyant que ceux qui demandoient ces changemens ne vouloient

pas demeurer dans la vocation de la Regle Mo. nachale de saint Bafile, mais defiroient suivre l'institut des Mandians sous la profession de cette regle, comme il est ex, pressement marqué dans le bref de ce pontife, il les laissa dans leurs observances. Cependant voulant retablir l'Ordre de saint Basile dans sa primitive observance , principalement pour ce qui regardoit le travail des mains, & la qualité des Religieux qui étoient presque tous laics dans le commencement de cet Ordre, y ayant peu de prêtres pour lors , & dé. sirant terminer les differends qu'il y avoit toûjours eu entre les Monasteres de Tardon, & de Valle-de-Guillos, & les autres qui n'étoient pas reformés. Il separa & désunit ces deux Monasteres de reformés d'avec les autres , permettant à tous les Religieux zelés de s'y retirer & d'y vivre sous les consti. tutions qu'il leur donna, & qui sont inserées dans son bref du 23. Septembre 1603.

Cés constitutions contiennent dix chapitres , & portent entr’autres choses, que les Religieux de cette reforme garde. ront en toutes choses l'uniformité, & qu'afin que la vie commune puisse être observée dans toute la perfection, il ne pourra y avoir dans chaque Monastere moins de vingt. quatre Religieux, dont la plus grande partie sera de freres laïcs : que

les uns & les autres se leveront à minuit pour prier Dieu, & que dans ce tems - là , ceux qui seront destinés pour

le cheur, reciteront marines & laudes : que dans l'hiyer , ils se leveront le matin un peu devant le jour , & se trouveront tous ensemble au clicur , pour y faire une demi-heure d'or

raison

DE S. BA-
SILE, AP-

raison mentale: que pendant que les Religieux du chour re- MOINES citeront prime , les freres laïcs entendront la Messe , après REFORlaquelle ils iront au travail : qu'après les compliesils se trou- MES DE veront tous au cheur pour y taire l'oraison pendant une autre demi-heure, que les prêtres seront exemts du travail pendant la matinée , & qu'afin que rien ne les puille detour. PELLE'S DE ner du travail l'après dîne, ils ne pourront reciter au chæur Tardon. que ce qu'ils sont obligés de reciter par precepte hors le chaur, conformement au breviaire romain: que les travaux ausquels les Religieux pourront s'occuper dans la maison, leront de faire de la toile & des draps, coudre des habies , faire des fouliers , & qu'hors de la mailon , ils pourront recueillir le grain,le vin , le miel, l’huile , & autres fruits semblables,pourvų

que cela ne cause point de trouble entr'eux & les labou. reurs: qu'ils pourront manger de la viande le Dimanche, le Mardi,& le jeudi seulement à dîner,excepté pendant le tems de l'Avent , & aux jours que l'église defend d'en manger:que pour leur habillement ils porteroient une cunique de Lure avec un scapulaire auquel seroit attaché un capuce pointu ; qu'ils auroient un manteau tout simple sans aucun plis autour du cou ; que la tunique feroit serrée d'une ceinture de cuir noir , & qu'ils seroient chauffés.

La coule ou cucule monachale leur fut defendue comme étant contraire, dit ce pape , à la regle de S. Basile. Il leur fur auffi defendu de demander des aumônes , d'entendre les confessions des seculiers, de prêcher hors de leurs églises, de tenir des écoles de philosophie , de theologie , & d'autres fciences, d'envoyer leurs religieux étudier aux universités, à cause

que tout cela ne se pouvoit faire sans interrompre le travail des mains.

Les constitutions permettent seulement aux prêtres d'apprendre les cas de conscience necessaires pour le gouverner loi-même, & l'explication de l'écriture-lainte. Il peut neanmoins y avoir un prêtre libre de tout autre enploi , qui doit s'appliquer à l'érude , pour enseigner tous les jours pendant une demi-heure aux autres religieux, les coinmandemens de Dieu, les moyens de parvenir à la perfection & d'ac. . querir les vertas. Il y en a un qui peut ausli les Dimanches & fêtes , expliquer au peuple l'Evangile du jour dans leurs églises, & entendre ces jours-là les confessions des seculiers. Tome I.

Ff

ME'S DE

Moines Les Monasteres ne peuvent pas être plus proches des villes REFOR- & des villages que de deux milles, & il ne peut y avoir dans L'ORDRE

chacun moins de 24. Religieux, qu'on ne peut changer ni DE S. BA-envoyer dans un autre, à moins que ce ne soit pour être lupe. sile , AP-rieur, ou pour faire de nouvelles fondations, ou pour cause PELLE’s De de scandale. Les Religieux qui ont été reçus en qualité de TARDON. freres laïcs

ne peuvent

être promús aux Ordres sacrés. Etant agés de 24. ans & en ayant cinq de profession, ils ont voix actives & passives pour tous les offices, excepté ceux ausquels il y a une jurisdiction spirituelle annexée, comme sont ceux d'abbés, de prieurs, de maîtres des novices & autres. semblables. Parmi les definiteurs & conseillers, il doit y avoir la moitié de prêtres & l'autre moitié de freres laïcs. Enfin ces constitutions accordent la préséance aux prêtres sur les freres laïcs , mais les freres laics l'onr, selon l'antiquité de religion sur les religieux du cheur qui ne sont pas prêtres, même lur les diacres.

Le Pape defendit à qui que ce fût, sous peine d'excommu. nication, d'empêcher en aucune maniere le progrès de certe reforme, & ordonna à l'évêque de Jaën de la publier daus les couvents de cette province, afin que ceux qui vous droient l'embraffer eussent à se retirer dans l'un de ces deux couvents, permetrant en même tems à ceux qui avoient déja einbrassé cette reforme , & qui la trouvoient trop austere , de paffer chez les non-reformés : qu'ensuire on celebreroic le Chapitre Provincial des reformés dans le couvent de Tardon , auquel l'évêque de Jaën presideroit, & en fon abfence le Nonce Apostolique en Espagne , & qu'après que le Chapitre feroit fini , la jurisdiction de ces prélats fur ces religieux reformés cesseroit , & que les reformés seroient soû. mis à l'abbé general de tout l'Ordre , qui ne pourroit les vi. fiter qu'en personne, ou nommer à la place qu’un visiteur de la même reforme, & il leur accorda un Procureur general en cour de Rome. Il permit aux non-reformés de demeurer dans leurs observances ; mais en même tems il leur defendit de recevoir à l'avenir des novices , & de faire de nouveaux établissemens , voulant qu'il n'y eût que les re. formés qui puslent recevoir des novices & faire de nouvelles fondations

Ces Religieux reformés ont eu dans la suite de nouvelles

M’ES DE

PELLE'S DE

constitutions qui furent approuvées par le pape Paul V. mais MOINH qui ne derogent point à celles de Clement Vill. au contraire, Riforpar ces nouvelles constitutions , ils s'engagerent de faire un

L'ORDRE quatrieme væu d'observer les constitutions de Clement de S. BAVIII. Mais ces Religieux qui n'avoient pû vivre en paix avec sile , APles non-reformés lorsqu'ils étoient unis ensemble , ne purent s'accorder entr'eux, & ils eurent des grands differends TARDON. qui durerent plusieurs années. Comme le pape Clement n'a. voit pas déterminé le nombre des Religieux freres laïcs, cela donna lieu à de nouvelles disputes entr'eux & les prêtres ; c'est pourquoi Urbain VIII. ordonna l'an 1639. qu'il ne pourroit y avoir dans les Monasteres de Tardon & de Valle-deGuillos que la quatrieme partie de Religieux destinés pour le cheur , & que le reste seroit de freres laïcs , & qu'en atten. dant que les Religieux destinés pour le cheur, qui étoient dans les Monasteres, fussent reduits à ce nombre;on n'en pourroit recevoir aucun pour le cheur à peine de nullité de la profession. Par un autre bref du même jour , il ordonna à l'évê. que de Cordoue de designer un prêtre seculier pour faire la visite de ces deux Monasteres ; & par un autre bref de l'an 1641. sur la remontrance du cardinal prote&eur de l'Ordre, il modifia les decrets du visiteur qui avoit été nommé pat l'évêque de Cordoue. Il ordonna que la constitution de Clement VIII. seroit inviolablement observée, & que sur la dispute qu'il y avoit eue si cette constitution contenoit la ve. ritable regle de saint Basile , l'on s'en tiendroit au bref de Gregoire XV. du 27. Mai 1623. que ces Religieux feroient toujours le quatrieme væu d'observer la constitution de Clemenc VIII. conformement aux constitutions de l'Ordre , confirmées par le pape Paul V. qu’à l'égard des vocaux qui devoient assister aux Chapitres Provinciaux, l’on observeroic le chapitre onziéme des mêmes constitutions : qu'il n'y auroit que les freres laïcs qui pourroient être infirmiers & procureurs, & avoir soin du temporel : qu'hors le chąur il n'y auroit aucune difference entre les Religieux du chæur & les freres laïcs , excepté les prêtres seuls, qui auroient la préséance. Il declara aufli que les freres laïcs pourroient faire l'Office d'Acolythe & de Thuriferaire , & qu'ils pourroient porter les bâtons du dais aux processions du saint Sacrement. İl renouvella ce qu'il avoic ordonné par son bref du

1o. Juillet

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