Page images
PDF
EPUB

RDRE DE

jouir a user plainement ő paisiblement, à luy obeir en- ORDR tendre de tous ceux & ainji qu'il appartiendra , es choses tou- LET.01.18

EN FRANCE chant & regardant ledit office , ofte á debouté d'iceluy nostre amé & feal Philippes de la Tour Chevalier, & tout autre illicite détenteur, non ayant sur ce nos Lettres de don precedent en date de ces presentes, Qc. Pour preuve que ce Jean de Harlay étoit Chevalier avant que d'être pourvû de l'Office de Chevalier du Guet, nous rapporterons encore les Lettres fuivantes, du Comte de Clermont, fils du Duc de Bourbon. Nous fehan, ainsné fils du Duc de Bourbonnois & d'Auvergne, Comte de Clermont , Lieutenant General Gouverneur pour Monseigneur le Roy de ses pays & Duché de Guyenne,Certifions à tous qu'il appartiendra yue au voyage dernierement fait au pays de Normandie pour la reduction d'iceluy è l'obeillance de mondit Seigneur le Roy & au commencement d'iceluy voyage , preismes & meismes en nostre charge, retenue , & compagnie nostre amé & feal Chevalier Mejire Jehan de Harlay, lequel bien á honnorablement monté a armé , servit mondit Seigneur durant ledit voyage en noftredite compagnie sans départir, tant en fieges , rencontres ó courses , qu'en autres affaires de guerre, esquelles il s'est trouvé comme bon , vaillant , & comme doit faire. Et nous tenant siege devant la ville de Vire, audit pays de Normandie, durant iceluy voyage,luy donnames l'Ordre de chevalerie avec toute solemnité deües, ce certifions estre vray par ces nos Lettresslesquelles en temoing de ce avons signé de nostre main,& fait sceller du petit fignet à nos armes en l'absence de notre grand scel. Donné au Buchet en Bourbonnois le 22. jour de fanvier 1455. Il y a encore d'autres Lettres de Louis XI. données à Bourdeaux le 20. Mars 1462. par lesquelles il paroît que ce Jehan de Harlay avoit une Compagnie d'Ordonnance sous le titre de Crußol, Cheva: lier & Sénéchal de Poitou : ce qui l'empêchant d'exercer son Office de Chevalier du Guer, le Roi lui permit de le faire exercer pendant un an. Ces Lettres sont des preuves suffifantes que le Chevalier du Guet éroit assez diftingué pour ne pas faire des honneur à l'Ordre de l'Etoile en le portant; & c'est une erreur de dire qu'il ne se donnoit qu'aux Princes & aux grands Seigneurs, puisque le Roi Jean I. qui l'institua , voulut qu'il y eût cinq cens Chevaliers ; & que l'an 1358. il le donna à Jacques Bozzut, qui n'étoit que Collar, Tome VIII.

RE

ORDRE DE

ORDRE DE teral ou Conseiller de Louis Duc de Duras , comme il paLETOILE roît par l'Epitaphe de ce Bozzut, que l'on voit dans l'Eglise IN FRANCE

Cathedrale de Naples. S'il étoit vrai aussi que Charles VII, l'eur donné par mépris au Chevalier du Guet, il n'y a pas d'apparence que Louis XI. l'eut donné l'an 1458 à son gendre Gaston de Foix, Prince de Navarre; & il n'auroit pas mandé en 1470. aux Prevôt des Marchands & Echevins de Paris , qu'il vouloit venir en cette ville pour célébrer la Fête de l'Ordre de l'Etoile , & qu'il entendoit que les Princes & les grands Seigneurs qu'il meneroit avec lui , fussent logés par fouriere. Cet Ordre subsista jusques sous le regne de Charles VIII. qui l'abolit, à cause de l'Ordre de S. Michel que Louis XI. son pere avoit institué.

Fayin, Theatre d'Honneures de chevalerie. Giustiniani , Hist. di tutti gli Ordini Militari. Archives de la Chambre des Comptes de Paris. Memorial c. fol. 108. & Manuscrits de Duchêne, à la Bibliotheque du Roi,

CHAPITRE XLV I.
Des Chevaliers de l'Ordre du saint Esprit , au droit defir,

appellé aussi l'Ordre du Næud', au Roiaume de

Naples. D Obert le Bon & le Sage Roi de Naples, qui étoit de la R Maison d'Anjou , aïant perdu Charles de Sicile son fils unique , voulut donner un mari aussi de la Maison d'Anjou à Jeanne , fille aînée du même Charles. Dans cette vûë il fit venir à Naples l'an 1333. Charles 11. Roi d'Hongrie son neveu , & André,fils puîné de ce Prince, qui fut fiancé le 18. Septembre avec Jeanne fa cousine issuë de germain. Cette Princesse étoit pour lors dans la neuviéme année de son âge, André en avoit sept. Mais ce mariage ne fut point heureux, les inclinations de ces deux époux ne s'accordant point. Le Roi Robert avoit tâché de leur inspirer des sentimens d'union , & il avoit par la prudence contrebalancé les divers mouvemens de ces deux esprits. Mais après sa mort, qui arriva l'an 1343. ils ne garderent plus de mesures , Jeanne ne vouloit point qu'André prît la qualité de Roi ; & ces contestations durerent jusqu'à ce qu'Elisabeth Reine d'Hongrie,

[merged small][ocr errors][ocr errors][ocr errors][ocr errors][ocr errors]

Chevalier du stEspritau droit desir: ou du Noeud en habit de l'ordre avec le S. Esprit.

dre avec le s.Le Poilly

RDRE DU

RIT

DESIR.

aïant fait un voïage à Naples, persuada à Jeanne, qui étoit o. sa belle fille, de se faire couronner avec André son mari. s. Es Cette cérémonie se fit avec beaucoup de magnificence, en A DROIT. présence de quatre Cardinaux que le Pape Clement VI.en. voïa à Naples. Cela ne réunit pas néanmoins ces deux elpritsi le malheureux André fut étranglé dans la ville d'Aversa l'an 1345. & la Reine fut soupçonnée d'avoir donné son consentement à ce meurtre.

Cette Princesse épousa l'année suivante en secondes noces Louis de Tarente,qui étoit aussi son cousin ; mais Louis Roi d'Hongrie , aïant passé en Italie avec une puissante armée, pour venger la mort d'André ; & s'étant emparé de la ville de Naples, Louis de Tarente & sa femme furent obligés de se refugier en Provence, qui appartenoit aussi à cette Princesse; & ils ne rétournerent à Naples que l'an 1352. après avoir conclu la paix avec le Roi d'Hongrie, par l'entremise du Pape. Ce fut pour lors que Louis de Tarente en memoire de ce qu'il avoit été couronné Roi de Jerusalem & de Sicile le jour de la Pentecôte , institua un Ordre Militaire sous le nom du saint Esprit au droit-desir , plus communément connu sous le nom de l'Ordre du Neud , à cause que les chevaliers portoient pour marque de leur Ordre un noud en forme de lacs d'amour : ce Prince aïant voulu exprimer par ce næud,comme disent quelques Auteurs,l'attachement que les Sujets devoient avoir pour leur Prince, & reciproquement le Prince pour ses Sujets. Cependant le veritable nom de cet Ordre étoit celui du Saint-Esprit au droit-desir,comme il paroît par les Statuts qui furent dressés par l'Instituteur, & qui commencent ainsi : Ce sont les Chapitres faits doo trouvés par le très excellent Prince Monseigneur le Roy Loys , parla grace de Dieu Roy de Jerusalem & de Sicile , alle bonweur du Saint-Esprit,trouveur de fondeur de la tres noble Compagnie du Saint-Esprit au droit-defir, commencée le jour de la Penthecofte l'an de grace M.ccc.L11.Nous Loys par la grace de Dieu Roi de ferusalem de Sicile , alle onneur du saint Esprit , lequel jour par la grace nous fusmes couronnez de nos Royaumes , en esaucement or acroisement d'onneur , avons ordonné de faire une Compagnie de Chevaliers qui seront appellez les Chevaliers du faint Esprit au droit desir, les do Chevaliers seront en nombre de trois cent; desquels nous comme

[ocr errors]

cen

« PreviousContinue »