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BiouiNit. que sainte Begghe mourut àt ^a du septième siécle, & Lambert le Bègue vers la fin douzième. II y a des Auteurs ( du nombre desquels * lePere Thomaslìn ; qui onc regardé ces Béguines comr* des espèces de Chanoinesses ou Bénéficières, &quelqu'Ecrivains ont prétendu quelles avoient eu pour Fondatri^a,nte Beggne > &<]ue Lambert le Bègue n'a été que le/<stauraceur de ces sortes de Communautés > mais Coëns>Cnanome de la Cathédrale d'Anvers dans une Dissen^on °iuu donna l'an 161$. fur l'on* gine de ces Béguines#Porte plusieurs raisons pour prouver qu'elles n'ont point ^k""e Begghe pour Fondatrice i & que bien loin de po^ir être regardées comme Chanoinesses , elles ont des (^ervances toutes opposées à la vie Car noniale.

Quoique Rike/^ans son Histoire des Béguinages de Flandre , semble et/* du sentiment de ceux qui en attribuent la fondation à sai^e Begghe, il ne veut pas néanmoins assurer que ce soit elu^u* leur ait prescrit la manière de vie qu'elles gardent à pifTM1 > & H ne feit point de difficulté d'avouer que Lambert Bègue est le premier, qui par son exemple & ses parole^eur a fait connoître l'avantage & l'excellence de la chaí^ > & que le nom de Béguines leur a été donné par ratfOTl à lui , à cause qu'il beguaioit : Lambertus le Bègueju^u balbus erat de fancfo Chriftophoro dicebatur k> cujus (Étomine mulieres & puells. qud cafte vivere proponunt Béguins5 gallice cognomi»afrtur, quia primas extitit qui eis prxmit*1 castitatis verbo & exemploprxdicavit. Ce qui n'est pas, jèlon lui, une preuve qu'il ait été leur Fondateur, puisqu'il avoit long-tems avant lui de ces sortes de beguina

{res/ ce qu'il prouve par un acte de la Maîtresse & de toute a Communauté de Silfort de l'an 1065. scellé d'un sceau ov*l, représentant l'image de la sainte Vierge , tenant son Fils entre ses bras , au milieu de deux tours hautes & pointues s & par le peu de lettres que l'antiquité a conservées autour de ce sceau , il paroît qu'il y avoit en écrit, Sigillum Cur'iA B. Mari A jufta Filjort: ce qui lui paroît une époque plus que suffisante pour attribuer leur origine à sainte Begghe. ,

Thomas de Cantipré parlant aussi des Béguines, dit qu'au tems qu'il écrivoit,quiécoit en 1163. il y en avoit plusieurs qui se resouvenoient encore qu'elles avoientpris naissance à Ni- Biocmit, velle i mais selon Coëns, cefentiment n'est pas vrai semblable : car cet Auteur dit posn\i,crnent, que les troubles & les guerres, dont la ville de Lié^e fut agitée depuis l'an 115)1. après la mort de l'Evêque Ridulphe jusqu'm l'an 1114. empêchèrent les Béguines de Liège de faire plusieurs écablissemens, qu'elles firent néanmoir* celui de Nivelle l'an 1107. & que c'eít de là d'où est sorti ce jrand nombre de Béguinages qui se sont répandus par touç la Flandre, & qui ont passé en France & en Allemagne ,4'où il est facile de conclure qu'elles n'ont pas pris naissant à Nivelle; puisqu'elles étoient déja écablies auparavant àUége où elles ont commencé par les libéralités de LambeMc Bègue, qui selon Aubert le Mire, étant riche, fondadans cette Ville deux Communautés, l'une d'hommes l'an 1^0. ausquels, apparemment par raillerie , le peuple donna e nom de Coquins j & l'autre de Béguines l'an 1173. ce qù est confirmé par Coëns, qui ajoute qu'il donna à ces Coquins, une maison & un fonds : ìiàcm Leodienjes pios viros ^uibus Lambertus nojler àomum & ftindum concéderas Coquin»s appcllarunt.

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Ce fut ce saint homme que Dieu suscitapour reprendre fortement le vice de simonie, qui regnoit daa* leDiocêse de Liège du tems de l'Evêque Rodulphe ou\aoul de Lorraine , qui par avarice vendoit publiquement\çs Bénéfices», fe servant pour cet effet d'un méchant homme, appelle Udelin , qui tenoit un bureau dans le marché public, ou ceux qui vouloient acheter des Bénéfices s'adressoieni Lambert touché d'une sainte indignation d'un tel abus , ôunimé du zele de la gloire de Dieu , prêcha publiquement contre un commerce si indigne, & contre d'autres désordres quiregnoient dans la Ville. 11 se trouva à ses Sermons une grande foulle d'auditeurs , dont la plu spart vivement toucher par la force de ses paroles se converriffoient à Dieu , &t faisoient pénitence de leur vie passée j mais les Ecclésiastiques qui se sentoient coupables du crime de simonie, & desautres vices contre lesquels il invectivoit avec tant de force 8c de zele, indignés contre lui l'accuserent auprès de Radulphe de prêcher fans en avoir permission. Ce Prélat qui se trouvoit intéressé dans cette affaire plus que personne , par rapport au profit qu'il faisoit dans la vente inique de ces r

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Biouinïi. Bénéfices , envoïa des Archers4ui se saisirent de ce saint homme dans l'Eglise de sainr^ambert, où aussi toc plusieurs Prêtres & Clercs, fans /pester le lieu où ils étoient, se jetterentsur lui,& lui firent^lìe outrages, le piquant avec les poinçons dont ils se servo^t pour écrire sur leurs tablectes, jusqu'à ce qu'on l'eût r*iré de leurs mains pour le conduire au château de Rivo^e > ou l'°n prétend que pendant fa prison, il traduisit ea f^nçois les Actes des Apôtres, & que saint Paul,pour leqW ^ avoit toûjours eu beaucoup de devotion,s'apparut à lui.

Après avoir été unt**s considérable enfermé dans ce lieu, soit qu'il eût demand^ ^cre envoie à Rome pour fe justifier des accusations ^»'on avoit formées contre lui, ou que le Pape eût reçu deí plaintes des mauvais traitemens qu'on lui faifoit, & qu'il eât ordonné de le faire venir devant luij Radulphe l'envoïa1 Rome, afin que le Pape le punît de fa prétendue imprudí110^ & témérité. Mais le Pape n'eut pas pour Lambert les^emes scntimens que l'Evêque de Liège avoit : car recono'ùTant que l'envie feule lui avoit procuré les mauvais tra^rnens qu'il avoit reçus , il en eut compassion &. le renv£»a en son pais pleinement justifié , avec tout pouvoir pour^noncei* la parole de Dieu > mais il n'eut pas la consolation^ voir fa Patrie: car il mourut en chemin lan

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C'est toi* ce que Ton fçait de la vie de ce saint Fondateur des Béguines, qui dans la fuite se multiplièrent si fort qu'au rapp°rc de Thomas de Cantipré, un Gentilhomme nommé Philippes de Montmirail en assembla jusqu'à cinq mille en divers Béguinages. Saint Louis en établit aussi à Paris SitTì d'autres Villes de son Roïaume. Mais l'on a confondu plusieurs Communautés de Filles Séculières du Tiers Ordrede saint François avec ces Béguines, comme celles qui cfemeuroient à Paris où est présentement le Monastère de Y Ave A-faria , qui quoiqu'on les appel! ât Béguines Sc qu'il y eût proche de leur maison une porte qui portoit le niême nom,étoient néanmoins des Sœurs du Tiers Ordrede saint François, ainsi qu'il paroîtpar la Bulle du Papelnnoent VI11. de Pan 1485. qui permit à ces filles de suivre la L< gle de sainte Claire.

Qiieiques-unes de ces Béguines, qui s'étoient établies en

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