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ìers, il leur baisa humblement les pieds à tous, & leur de- Pretrsi clara dans un discours qu'il leur fie, Tordre qu'il avoic reçu ^'f'10"' de Dieu pour Térection d'une Congrégation , dans laquelle La Couleur pieté lui avoit fait juger qu'ils s'engageroient d'autant £"?sai*x plus volontiers , qu'elle écoit destinée par le Ciel même à las A c R E réforme des désordres causés par l'avarice du Clergé , les priant de s'unir avec lui dans une entreprise fi sainte & si utile à l'Eglise. Ce discours soutenu de la grâce qui operoit en même tems dans leurs cœurs, eut tout le succès que M. d'Authier pou voit en attendre. Ils acceptèrent tous la proposition qu'il leur fit de s'associer avec lui pour une si sainte entreprise. Ils remercièrent la divine bonté de la grâce qu'elle leur raisoit de les appellcr à ce haut ministère j & pour s'en rendre dignes ils firent, par le conseil de leur saint Fondateur, une retraite, suivie d'une confession générale qu'ils firent à un Religieux du Couvent des Carmes Déchaussés, qui les disposa au sacrifice qu'ils dévoient faire à la divine Majesté.

L'aïant fixé au Jeudi-Saint 15 Avril de Tannée 1651. ils s'aííemblerent dans une Chapelle domestique du même Couvent pour faire leur voeu, que M. d'Authier, qui n'avoit encore que 13. ans, reçut à la fia de la Messe. Ils le prononcèrent l'un après l'autre , tel qu'il écoitexprimé dans une protestation par laquelle ils s'abandonnoient à la divine Providence i promettoient d'obéir jusqu'à la mort à celui entre les mains duquel ils remettoient cet abandonnement, renonçoient à leurs propres inclinations, jugement & volonté , à tous les honneurs, dignités, richesses & contentemens , à toutes les amitiés,parentés,& généralement à toutes les créatures qui pourroienc leur empêcher Texercice de ce vœu & de cet abandonnement. Ils demandoient aussi à Dieu dans cette protestation la grâce d'accomplir fa sainte volonté.dont espérant mériter la connoissance par un dévouement entier & parfait au saint Sacrement de TAutel, ils s'offrirent & se consacrèrent à son culte particulier, promettant de travailler de toutes leurs forces jusqu'à répandre leur sang , si Toccasion s'en préfentoit, pour faire connaître, aimer & adorer ce divin Mistere de Tamour infini de Jésus Christ. Après que chacun d'eux eut prononcé cette protestation, ils récitèrent le Te Deum, pendant lequel M. d'Authier les embrassa Mi NT.

Pmtxts tous, ensuite il leur recommanda d'envelopper d'une petite Mission- peau cette protestation , que chacun avoit ecrite & siVnée de

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u Con fa rnain en ion particulier, avec une médaille du íaint Sacrées "TM ment, & de la porter toûjours à leur cou le reste de leurs Sacre- jours, pour n'en perdre jamais le souvenir.

Tel rut le commencement de la Congrégation du saint Sacrement , dont l'esprit & la conduite spirituelle ont toujours été conformes à ce qui étoit porté par la protestation,excepté le vœud'obéissance, que M. d'Authier ( qui ne l'avoit permis dans les commencemens que par condescendance aux désirs de ses Compagnons ) changea dans la fuite en un serment de stabilité qu'il avoit toûjours jugé plus convenable à une Congrégation qui est purement Ecclésiastique. Ces jeunes Ecoliers se voïan»- engagé» plus étroitement au service de Dieu,par le voeu qu'ils venoient de faire, ne íongeoient qu'à persévérer dans la ferveur de leurs exercices, & à s'appliquer plus que jamais à 1 étude, afin de se rendre capable* du Ministère auquel ils étoient destines > mais le Démon qui prévoioit les avantages que l'fcglise devoit retirer de cette nouvelle Congrégation , qu'il auroit souhaité ruiner dès son commencement, suscita contre eux des calomnies si atroces, qu'ils furent obligés de se séparer, pour se mettre à couvert de la persécution. M. d'Au:hier étant resté à Avignon avec deux ou trois de ses Compagnons de la même ville,y acheva fa quatrième année de Théologie,pendant laquelle il célébra fa première Messe le io. Juin 1633. & reçut le Bonnet de Docteur le 8 Juillet suivant.

11 alla ensuite pour la première fois à Rome,soumettre au jugement de l'Eglise le dessein de fa Congrégation. Le Pape v Urbain VIII. témoigna qu'il en éroit satisfait 3 & après l'avoir exhorté à le poursuivre, il lui ordonna de s'occuper particulièrement aux Missions & à la direction des Séminaires , en attendant que le faim Siège mieux informé de la bonté & de la nécessité de cetteCongregation,mgeât à propos de raffermir & de lui donner son approbation. M. d'Authier ne voïantpour lors aucune apparence d'en obtenir davantage , ne fit pas long séjour à Rome, & retourna en France. A son arrivée en Provence, l'Archevêque cí"Aix, Louis de Bretel, informé de son mérite & de fa vertu, voulant le retenir dans son Diocèse, pour travailler à la réforme de son Clergé, lui donna I'an i6j4- dans la ville d'Aix , la Chapelle de Nô:; e- . P***rej Dame de Beauveíez , avec une maison joignante pour vivre .ma*kΰnscion son Institut. 11 ne l'y eut pas plûtôc établi dans sapre- LA CoNmiere ferveur ( avec le lecours de les Compagnons qui vin- » U s*mr rent l'y retrouver ) qu'il en partit avec quelques- uns d'eux , lî^T* *' pour aller au village de Cadenet, ouvrir le cours de ses Missions , suivant Tordre qu'il enavoitreçu du Souverain Pontife. C'est en ce lieu que lui & les siens furent honorés pour la première fois par la voix du peuple du nom de M/Jjionnaires du Clergé , qu'ils conservèrent jusqu'à ce que leur Congrégation eût été approuvée du saint Siége.Quatre mois après, au commencement de Janvier 1635. ^s eurent un second établissement à Brignole, dans le même Diocèse i & au mois d'Avril de la même année, l'Archevêque d'Aix approuva leur Congrégation, fous le titre de Congrégation des Clercs de la Mijjlon. Ils firent un troisième établissement à Marseille l'an 1638. y aïant été appellés par l'Evêque de cette ville, François de Lomenie & par les Magistrats. L'Archevêque d'Aix confirma la même année cette Congrégation , à laquelle il donna le titre de Congrégation des MiJJionnaires du Clergé, & approuva les Statuts , qui avoient été dressés par le Fondateur. Ce nouvel Institut faiíoit de si grands biens dans fa naissance,que le bruit s'en étant répandu jusqu'à la Cour,le Cardinal de RJchelieuMinistre d'Etat,résolut sur le récit qu'on lui en fit,de l'établir à Paris au Collège de Bourgogne , avec des revenus suffifans pour vingtuatre Missionnaires. M. d'Authier aïant reçu ordre du Carinal de se rendre à Paris, se mit en chemin sur la fin du mois de Décembre 1638. avec vingt de ses Missionnaires , pour y arriver au tems qui lui avoit été marqué. Maïs aïant appris en passant par Valence la mort du Pere Joseph le Clerc du Tremblai Capucin, de qui dépendoit le succès de cet établissement, & jugeant par cette mort que le dessein en seroit échoiié, il ne pensa plus qu'à retourner en Provence. II voulut auparavant saluer l'Evêque de Valence & de Die, Jacques de Gelas de Leberon 3 mais ce Prélat croïant que la Providence n'avoít pas tant permis leur départ de Marseille pour aller à Paris,que pour demeurer dans son Diocèse,il les y arrêta pour travailler à la réforme de son Clergé, & pour'y prendre la conduite d'un Séminaire pour les Ordinans de

PRÏTRlt ion Diocèse, qui fut érigé dans la ville de Valence le iG. Mis>ion- Janvier 1630. comme il paroîc par les Lettres Patentes que L A Con. ce Prélat donna pour ce lujet.

cRiGATioN Ce progrès augmentant le zele de ce saint Fondateur, il

Du Saint r . r o > p w n

Sacre, relolut de sappiiquer encore plus rortementaux Millions & MíNT" à l'instruction des Ecclésiastiques : il n'y avoit que la résidence à laquelle il écoit ob.igédans l'Abbaïe de S. Victor (par rapport à son Bénéfice ) qui lui fit obstacle. Le Prieur Claustral de ce Monastère , dès l'année précédente, lui avoit fait expédier, du consentement de son Chapitre,des Lettres de non résidence. Mais cette dispense , quoique conçue en termes trés avantageux, ne le contentant pas, il alla à Mar* sei'.le peu de jours après rétablissement du Séminaire de Va*lence , & s'y démit de l'Office de Capiscol ou Préchantre de son Monastère » qu'il permuta contre un Bénéfice à simple tonsure, pour lui servir de titre Clérical, & revint ensuite à Valence , où l'Evêque l'attendoit pour commencer les visites de ses deux Diocèses, dont il lui remit le foin. II en fie l'ouverture avec six de ses Missionnaires, fur la fin de Décembre de l'an 16351. au bourg de l'Etoile j & après avoir emploie une année à faire des Missions en d'autres lieux, il finit fa visite par la Mission de Valence,qu'il fit au commencement de l'année 1641. Entre les fruits considérables que produisirent ses Missions, il ramena au sein de l'Eglise quatre-vingt-deux Hérétiques.

La visite de ces deux Diocèses étant achevée , il alla à Marseille, où au mois de Février 1643. il commença une autre Mission pour les Forçats des Galères. II l'ouvrit avec sept Prêtres de fa Congrégation, fur le port de cette ville, en présence de l'Evêque & d'un grand nombre de peuple > qui y étoit accouru pour en profiter. Mais ces Ouvriers ne suffisant pas pour l'ample moisson qu'il y avoit à faire, ils furent secondés par quatre autres Missionnaires de la Congrégation de M. Vincent de Paul , lesquels conjointement avec M. d'Authier & ses Missionnaires, firent un si grand fruit, que la plupart des Forçats changèrent de vie,plusieûrs Turcs embrassèrent la Foi, & l'on hit étonné de voir un lieu où ne regnoient auparavant que la confusion & le desordre, devenir une demeure de bons Chrétiens, qui commencèrent à s'adonner à la venu & à faire un saint usage de

leur leur captivité. Après qu'il eut fait cette Miíîion aux Gale- Pretru riens, il en entreprit d'autres en plusieurs quartiers de la ÎÍÀikÍs'di ville. & érigea dans l'Eglise de sa Communauté une Con- L A Congrégation íous le titre de saint Homme-Bon , en faveur des B"°s"mt Artisans. Il commença aussi un autre établissement, qui de- sac*^ voit lervir de retraite aux pauvres Prêtres qui viennent tous les jours à Marseille pour passer les mers j mais cet établissement n'eut pas le succès qu'on esperoit. Etant retourné à Valence,l'Evêque âc Viviers l'appelladans son Diocèse pour y faire une visue Pastorale. II rendit le même service à celui d'Orange, St alla ensuhe dans ceux d'Usez & de saint PaulTrois-Châteaux, faisant par tout des Missions, & y laissant des marques de son zele & de fa charité.

Ces Missionnaires aïant encore fait un établissement à Senlis l'an 1640. M. d'Authier reprit son premier dessein de faire approuver par le saint Siège sa Congrégation, qu'il voïoit augmenter de jour en jour. C'est pourquoi il envoïa à Rome un de ses Prêtres pour solliciter cette faveur. Le refus qu'on lui en fit ne fut pas capable de rebuter le saint Fondateur j au contraire , rempli de confiance ^ue Dieu qui avpit-commencé cetouvragene lelaisseroitpas imparfait, il fit tant d'instance les années suivantes, qu'enfin le Pape Urbain VU I. par un Bref du 4 Juin 1644. approuva les Statuts & Reglemens de fa Congrégation, pourvu qu'ils ne fussent pas contraires aux saints Canons & au Concile de Trente, & au mois de Novembre de la même année la Congrégation de la Propagation de la Foi le nomma Recteur des deux Collèges Apostoliques à Avignon. Mais M. d'Authier n'étant

{>as content du Bref d'Urbain VIII. qui n'approuvoit que es Statuts de fa Congrégation, qu'il n'avoir pas lus, il fit de nouvelles poursuites en Cour de Rome, & obtint du Pape Innocent X. une Bulle le 20. Novembre 1647. Par laquelle ce Pontife après avoir fait examiner les Statuts de cette Congrégation par plusieurs Cardinaux,la confirma fous le titre de Congrégation du S.Sacrement pour la direction desMissons rjr des Séminaires,au lieu du premier qu'elle avoit de Mijsion du Clergé: ce qui a fait donner à ses Sujets le nom de Prêtres Missionnaires de la Congrégation du saint Sacrement.

Le refus que l'on avoit fait d'abord d'accorder à M. «d'Authier la confirmation de son Institut,& dénommer dans Temt FUI. N

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