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BLIS POUR
LA PROPA.

SEMINAI Tâtres, afin qu'exerçant cette charité,el es puffent traiter avec RUS. 1.4: elles des affaires du salut éternel; & de veiller dans les majLA PROPA. sons sur les petits enfans qui seroient en danger de mourir GATION DE avant que d'avoir reçu le Batême,afin d'en avertir l'Admi

nistrateur ou le Catechiste , & qu'en cas d'absence , elles les batisassent elles mêmes.

Les Evêques François & leurs Missionnaires aïant reconnu sur les lieux les obstacles qui se rencontrent dans ces emplois Apostoliques , délirerent qu'on ne leur envoïât aucun Missionnaire qui n'eût éprouvé la vocation pendant quelque tems : c'est pourquoi ils donnerent ordre à leurs Correspondans en France de procurer l'établissement d'un Seminaire particulier pour preparer à ces fonctions ceux de ce Rosaume qui voudroient les suivre, ce qui fut executé l'an 1663. que les fondemens en furent jetés à Paris dans la rue du Bac au fauxbourg saint Germain, où il a été beaucoup augmenté dans la suite par les liberalités du Roi & de plusieurs personnes de piece."

Un grand nombre de Communautés de Filles voulant imiter en quelque façon le zele & la pieté de ces Ouvriers Evangeliques de la Chine , dont nous venons de parler , se sont aussi établies dans ce Roïaume, sous le titre de Nouvelles Catholiques ou de la Propagation de la Foi,pour inftruire des verités de la Religion les personnes de leur sexe qui ont été élevées dans l'Hérésie. On les y entretient jusqu'à ce qu'elles aïent fait leur abjuration , & qu'elles soient bien af. fermies dans la Foi:elles y peuvent être reçuës au nombre des Scurs de ces Communautés, desquelles dans quelques unes l'on fait des veux simples de pauvreté, de chasteté, d'obéis. fance, & de s'emploïer à l'instruction des nouvelles Converties. Dans d'autres on ne fait veu que de stabilité, & dans quelques autres une affociation par contrat. Chacune de ces Communautés a des Reglemens particuliers qui leur ont été donnés par les Ordinaires des lieux où elles sont écablies. La Communauté de Paris est sous le nom de Nouvelles Converties; celles de Sedan , & quelques autres sous celui de la Propagation de la Foi

Vožez pour l'établissement des Seminaires ou Colleges de Rome ou d'Allemagne, le Bullaire Romain i & Carlo Barcholom. Piazza , Eusevolog. Roman. part. I. Tratt. s. & pour

LA

ON.
GREGA-

le Seminaire des Missions Etrangeres en France, la Relation PRETRES
des Misions des Evêques François aux Roiaumes de Siam , de DE LACON.
la Cochinchine, do du Tonquin', imprimée à Paris en 1674. & JONOV
les Statuts de la Congregation de l'Exaltation de la sainte S. SACRB
Croix pour la Propagation de la Foi, imprimés aussi à Paris
en 1635.

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CHAPITRE XI I I.
Des Prêtres Misionnaires de la Congregation du faint

Sacrement, appellés dans leur origine les Missionnaires
du Clergé, avec la Vie de M. d'Authier de Sisgau ,

Evêque de Bethléem, leur Fondateur.
M ONSIEUR d'Authier de SisgauEvêque de Béthléem,

IVFondateur de la Congregation du saint Sacrement en
France, écoit fils d'Antoine d'Authier'de Sisgau, Seigneur de
Saint André, de l'illustre & ancienne Maison des Altieri,
laquelle cire son origine depuis plusieurs siécles d'un Lant-
grave d'Allemagne; & a donné à l'Eglise le Pape Clement
X. & plusieurs Cardinaux. Sa mere s'appelloie Claire de
Seguier, de la ville d'Aix en Provence, également recom-
mandable par sa naissance, par sa vertu , & par le bonheur
qu'elle eut de mettre au monde ce saint Prélar , que Dieu
avoit choisi pour êcre le Restaurateur de son Eglise. Il nâ-
quit à Marseille le 6. Avril 1609. & reçut sur les fonds de
Barême dans la Paroisse des Acoules de la même ville le
nom de Christophle. Dieu commença dès ce moment à ma-
nifester par un miracle quelle devoit être un jour la sainteté
de son Serviteur : car plusieurs personnes qui étoient pre-
sentes à cette cérémonie, apperçurent une petite lumiere qui
environnant son corps, étoit un préjugé heureux de celle
qu'il devoit dans la suite communiquer aux autres. A peine
içut-il parler , qu'on lui entendit proferer ces paroles, Sacrea
ment de l'Autel, sans qu'on (çût comme il les avoit apprises.
Do dic même que la mere pendant les neuf mois qu'elle le
porta, le sentit si attirée à la devotion du saint Sacrement ,
qu'elle ne pouvoit sortir des Eglises, ni assez souvent s'ap-
procher de la sainte Table pour le recevoir. Il n'avoit en-

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PRETRES Core que six ans lorsqu'il la perdit: ce qui aïant obligé son
TE LACON pere à lui donner pour Précepteur un Prêtre Lorrain, pieux,
LION DU S. & İçavant : il fit sous sa conduite beaucoup de progrès dans
SAGR E- la vertu & dans la science des Lettres huma

Nonobstant sa grande jeunesse, il commença dès lors à
donner des marques sensibles de l'amour qu'il auroit un jour
pour Jesus-Christ dans la très adorable Eucharistie : carà
peine commença t'il d'écrire , qu'il ne prenoit point de plus
grand plaisir que d'orner son papier de diverses figures du
faint Sacrement qu'il y deslinoit de son invention. Sa grande
dévotion étoit de servir les Messes. Il ne cessoir de demander
qu'on le conduisît à l'Eglise pour s'offrir aux Prêtres qui se
préparoient pour la célébrer ; & fi on eût voulu suivre son
inclination, il les auroit toutes servies. Son amour pour la re-
traite étoit si grand , qu'aïant été obligé de suivre son pere
à son Château de la Peinne dans la Haute f.ovence, où les
Medecins lui avoient conseillé d'aller passer quelque tems
pour recouvrer la santé qu'il avoit perduë par une maladie
dangereuse, il s'en fit un plaisir dans l'esperance d'y être plus
uni avec Dieu , & de l'y servir avec moins de distraction
qu'il ne faisoit à la ville. Effectivement cette solitude lui fuc
un lieu de plaisir & de deiices, mais d'une maniere bien dif-
férente de celle de ses freres qui y étoient aussi : car au lieu.
que ceux-ci ne s'occuperent la plûpart du tems qu'aux di-
vertissemens de la campagne ; pour lui il ne s'en servit que
comme d'une sainte retraite pour se donner entierement à
Dieu. Ilconvertit sa chambre en une cellule, d'où il ne sor-
toit que rarement , quoiqu'on pûr faire pour l'en retirer. I!
s'y appliquoit continuellement à la priere ou à l'étude, mais.
avec tant d'ardeur que souvent on le vosoit pleurer sur ses:
livres, pour ne pouvoir apprendre aussi vîte qu'il le souhai-

toit , de peur que le défaut de science ne l'exclûc un jour
· du Sacerdoce , où il se sentoit interieurement appellé.

Après deux ans ou environ de fejour au Château de la Peinne , il fut envoïé à Avignon pour y étudier au College des Jesuites. Il n'étoit encore qu'en troiséme que ses compagnons charmés de la douceur de la conversation commene : cerere de rechercher sa compagnie, de le consulter comme leur Maître , & de le confiderer comme leur modelle. IL dica en la chambre une espece d'Oratoire où il les allem

DE LA CON:

SA CRE

bloit, pour les retirer insensiblement des vains amusemens PRETRIS du monde , ausquels la Jeunesse a coûtume de s'adonner. Ils 'RAGAN y priojent Dieu & y faisoient quelques mortifications corpo- T ON DU S. relies. Il les entretenoit souvent du détachement des créa- MANT. tures , du chemin qui conduit à la vertu , & de la maniere avec laquelle il faut aimer & honorer Jesus-Christ dans le faint Sacrement. Il ne leur parloit jamais de ce divin Myftere sans pleurer , & ses discours étoient si tendres & fi affectifs , qu'ils ne pouvoient se dispenser de l'imiter. Pour mieux leur en inspirer la devotion , il les conduisoit au sortir de l'Oratoire en quelque Eglise où il étoit exposé, pour reciter chacun en son particulier le petit Office du saint Sacrement, & y demeurer quelque tems en oraison. Dieu ne tarda pas à montrer combien cette conduite lui étoit agreable, par les graces qu'il accorda à la plûpart de ces jeunes gens, qui quitterent le monde pour s'enfermer dans des Cloîtres où ils ont vécu saintement.

Lejeune d'Authier ne le sentoit pas moins porté que ses compagnons à embrasser la vie Religieuse; mais il ne voulut rien faire dans une affaire de cette importance sans l'avis de son Directeur , qui ne voïant aucun inconvénient qui dît l'empêcher de suivre son penchant, l'y excita au contraire, en l'exhortant à ne pas recevoir en vain la grace du Seigneur. Une réponse si favorable & fi conforme aux inclinations de d'Authier, lui donnant lieu de croire que c'étoit la volonté de Dieu , qui lui étoit manifestée par la bouche de son Directeur, il crut qu'il ne devoit pas differer plus long tems l'execution de son pieux dessein ; c'est pourquoi , bien qu'il ne fût encore qu'en humanité, il alla aussi-tôt se présenter aux Peres Jesuites , pour obtenir d'eux la grace d'être reçu dans leur Compagnie, ce qu'ils lui accorderent , à condition qu'il finiroit auparavant sa Rhetorique. Ce délai,quoiqu'opposé au zele & à l'empressement qu'il avoit de se consacrer au service de Dieu , ne lui fut pas inutile : car pour se rendre toûjours plus digne de cette vocation , & mieux con. noître la volonté de Dieu , il redoubla ses exercices de pieté, & commença de pratiquer dans le monde ce qu'il se proposoit de faire dans la Religion. 11 jeûnoit une fois la semaine, prenoit deux fois la discipline, & visitoit tous les jours une Eglise pour y adorer le saint Sacrement; ce qu'il a toûjours. Tome VIII.

M.

SACRE-
MENT.

Pretres pratiqué jusqu'à sa mort. Il alloit aux Hôpitaux & aux priPRACO Ions, pour y servir les pauvres affligés, les aider & les conTION DU S. foler dans leurs infirmités , & pour les instruire de tout ce

qui concerne le salut éternel : ce qu'il continua jusqu'à ce qu'enfin comme il se disposoit sur la fin de sa Rhetorique, à entrer chez les Jesuites, Dieu , qui avoit d'autres deffeins sur lui,changea tous ses projets, en permettant qu'on lui résignât un Benefice dans l'Abbaïe de saint Victor de Marseille, qui étoit l'Office de Capiscol , qu'il fut obligé d'accepter contre la volonté. Il eut peine à s'y résoudre à la premiere nouvelle qu'il en reçût , croïant que c'étoit une tentation pour le retirer des voies du Seigneur. Mais le Pere Michaelis Provincial des Jesuites , qui l'avoit secondé dans son premier dessein , l'aïant assuré avec son Directeur , que Dieu en avoit ainsi disposé pour la plus grande gloire , il se soûmit à la volonté du Ciel, & alla à Aubagne trouver l'Evêque de Marseille qui lui donna la Tonsure le jour de l'ALsomption de la sainte Vierge de l'an 1626. D'Aubagne il se rendit à Marseille, qui n'en étoit qu'à trois petites lieuës de distance , pour prendre possession de son Bénéfice & commencer son Novitiat , dans lequel il ne tarda pas à donner des marques que sa vocation étoit toute sainte , & que ni les hommes , ni les grandeurs du monde, n'y avoient point eu de part. Les Moines vivoient dans cette Abbaïe en leur particulier , plûtôt en Ecclesiastiques qu'en Moines , ils n'étoient distingués des autres Prêtres seculiers que par un petit Scapulaire fort étroit qu'ils portent encore sur leur loucanne , pour marquer qu'ils suivent la Regle de saint Benoît, & ils appelloient le Novitiat l'espace du tems que l'Eglise prescrit aux Religieux pour se préparer à leur Profession , sans autre obligation pour le reste de leur conduite que de vivre comme ils vouloient.

Monsieur d'Authier n'abusa pas de cette liberté, il se fit de ce lieu une sainte demeure pour avancer plus vîte dans le chemin de la vertu. Comme il n'avoit personne pour l'instruire de ses obligations , il s'imposa à soi même des Regles & des pratiques de pieté capables de le faire arriver à la perfe&tion de son état. Îl garda pendant cette année une continuelle retraite , & regla dès son entrée l'usage qu'il devoit faire du revenu de son Benefice,dont ce qui excedoit les frais

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