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Religieux, qui allassent de cems en tems faire des Missions Pmtem dans ses Terres 3 & aïant cherché par le moïen de M. de 0ln.mií" Paul tous lesmoïens pour exécuter Ion dessein fans avoir pû réussir ,par le refus qu'en firent plusieurs Supérieurs de Communautés, aufquels on en parla, fit enfin reflexion que plusieurs Docteurs & autres vertueux Ecclésiastiques qui le joignoient ordinairement à M. de Paul pour travailler aux Missions qu'il n'a voit pas discontinué de faire depuis son retour , n'auroient peut-être point de difficulté de faire une Congrégation particulière dont 1 obligation principale seroit de faire les Missions, si elle leur fondoit une Maison à Paris* dans laquelle ils pussent se retirer, & vivre en Communauté: ce qui seroit justement l'execution de son pieux dessein. Elle » en parla au Comte de Joigni son mari qui non seulement approuva son deílein > mais aussi voulut s'en rendre Fondateur conjointement avec elle. Ils en communiquèrent tous deux avec Jean - François de Gondi leur frère premier Archevêque de Paris , qut non seulement approuva leur zele i mais considérant que son Diocèse en oourroit recevoir de grands biens, il voulut aussi contribuer a cette fondation en destinant le Collège des Bons Enfans, qui étoit à fa disposition , pour le logement de ces Prêtres. Ils en parlèrent à M. de Paul qui consentit à la proposition qu'on lui fit, premièrement de rfecevoir ce Collège avec la direction des Prêtres qui s'y retireroient avec lui,&desMissions ausquelles ils s'appliqueroient i secondement d'accepter la fondation au nom de ces Prêcres j & en troisième lieudechoisir lui-même ceux qu'il trouveroit propres & disposés pour ce pieux dessein. La chose ainsi résolue , fut exécutée le premier Mars 1614. &C Y Archevêque de Paris fit expédier le 17. Avril de Tannée suivante 1615. les provisions de Principal de ce Collège en faveur de M. de Paul auquel Monsieur & Madame de Gondi donnèrent quarante mille livres en argent comptant pour commencer la fondation , avec pouvoir de choisir tel nombre d'Ecclésiastiques que le revenu de la fondation ponroit entretenir & qui seroient sous fa direction fa vie durant: à condition néanmoins que nonobstant cette direction il resteroit dans leur Maison pour leur continuer & à leur famille , l'assistance spirituelle qu'il leur avoit rendue jusqu'alors. Après cette fondation , comme s'il ne restoit

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Prïtres P^us rven * Madame de Gondi que d'aller au Ciel recevoir »b Lamis- la couronne qui lui étoit préparée pour tous les services 51 °'s' qu'elle avoit tâché de rendre àDieu,etant toute atténuée par les maladies, les peines & les fatigues que son zele 6c sa charité" lui avoient fait entreprendre , elle mourut la veille de saint Jean- Baptiste de la même année. Après que son corps eut été pòne aux Carmélites de la rue Chapon , où elle avoit choisi fa sépulture y M- de Paul sortit de Paris ppur aller porter cette triste nouvelle à son mari qui étoit en Provence, & afin de lui demander son agrément pour qu'il se retirât au Collège des Bons Enfansr-ce qui lui aïant été accordé il revint à Pâris où il mit la derniere main à rétablissement de la Congrégation de la Mission , qui fut approuvée par l'Archevêque de Paris le 2.4. Avril 1616. M. Portail qui avoic déja demeuré quinze ans avec lui, ne le voulut point quitter en une si belle occasion. Deux bons Prêtres de Picardie nommés l'un du Coudrey & l'autre de la Salle s'of&irent ensuite à ce saint Fondateur , qui les associa tous trois a lui en exécution de la fondation par un Acte passé par devant Notaires le quatre Septembre de la même année. Quatre autre* Prêtres les suivirent peu de tems après,& leur Communauté s'étant augmentée considérablement dans la fuite , le Pape Urbain V 111. par une Bulle du mois de Janvier de l'an>. 1631. érigea cette Compagnie en Congrégation , fous le titre de la Mission, & permit au Fondateur de dresser des Réglemens pour le bon ordre de cette même Congrégation. Pour autoriser davantage cet Institut ,1e Roi Louis XIII. fie expédier des Lettres Patentes au mois de Mai 1641. & elles furent vérifiées au Parlement de Paris au mois de Septembre de la même année.

Dans le tems que l'on pourfuivoit la Bulle dont nous venons de parler , lès Prêtres de cette Congrégation entrèrent dans le Prieuré de saint Lazare à Paris,qui apparteuoit pour lors aux Chanoines Réguliers de la Congrégation de saint Victor ,qui voulurent bien consentir à la cession qui en suc faite par lèur Prieur aux conditions portées par le Concordat fait entre eux le 7. Janvier 1632. ensuite de ce Concordat & de la. démission du Prieur,!'Archevêque de Paris fit l'union de ce Prieuré comme d'un Bénéfice qui étoit à fa collation , à la Congrégation de la Mission , ainsi qu'il paroît par íês Lettres du dernier Décembre 1633 & elle fut confirmée Pretrm par le Pape Urbain VIII. par une Bulle du mois de Mars ^0LNAtMls" de l'an 1635. Cette Maison par sa vaste étendue,la grandeur de ses bâtimens, le nombre des Prêtres & des Séminaristes qui y demeurent &' la résidence que le Général y fait, est devenue Chef de cette Congrégation, qui se rendant de plus en plus nécessaire à l'Eglise,a fait dans la íuitede fort grands progrès tant dans cette mên^p ville de Paris , où elle a obtenu le Séminaire de saint Charles, que dans le relire du Roïaume aúílì-bien que dans les païs étrangers. Le premier de ces écablissemensfutàToulen 163 5.On leur donna en iÓ37.1aMaison de Nôtre Dame de la Rose en Guïenne. Le Cardinal de Richelieu lés établit l'an 1638. à Richelieu & à Luçon. 11s obtinrent un autre établissement à Annecy en Savoye l'année suivante. Ils passèrent l'an 164z.cn Italie, où la Duchesse d'Aiguillon Marie de Vignerod leur fonda une Maison à Rome. Elle en fonda aussi dans son Duché d'Aiguillon & dans son Comté d'Agenois aussi bien qu'à Marseille. Ils furent appelles à Gennes l'an 1645. parle Cardinal Durazzo qui leur fonda une Maison en cette ville. Ils furent reçus en Polognel'an 1651. où la Reine Marie de Gonzagues les établit à Varsovie : enfin elle fit un si grand progrès &en si peu de tems que M. de Paul eut la satisfaction pendant son Généralat de voir établir vingt-cinqMaisons de ion Institut, ■dont la derniere fût fondée à Turin l'an 1654.

Outre le bien que ce saint Instituteur a procuré à l'Eglise en lui donnant tant d'ouvriers Evangéliques par rétablissement de fa Congrégation , il s'est encore distingué par plusieurs autres saintes Institutions tant pour le soulagement corporel des pauvres que pour le salut de leurs ames. Car outre les Confréries de la charité dans chaque Paroisse* qui lui font redevables de leur commencement , il a encore établi les filles de la Charité, Servantes des pauvres malades, dont nous parlerons dans le Chapitre XIV. & contribuéà rétablissement de celles de la Croix dont nous parlerons aussi en son lieu. C'est lui qui a donné origine aux Compagnies des Dames pour le service de l'Hôtel Dieu de Paris, aux exercices de ceux qui doivent recevoir les Ordres,aux retraites spirituelles de toutes sortes de personnes qui veulent, ou choisir un état de vie ou faire des Confessions générales j s aux Conférences Ecclésiastiques, à plusieurs Séminaires, & "enfin à quantité d'Hôpitaux, comme à ceux des enfans trouvés, des pauvres vieillards de Paris , & des galériens de Marseille.

11 assista Loiíis XIII. à h. mort, & fut ensuite nommé par la Reine Regente pour un de ceux qui composèrent le Conseil Roïal des affaires Ecclésiastiques & * Beneficiales, dont il eut lui seul presque tojjt le poids pendant dix ans. Au milieu de ces Emplois & des fonctions indispensables de fa Charge de Général, il sçût se conserver dans une égalité peu commune > toujours uni à Dieu , il marcha en fa présence , plein d'un esprit de zele pour sa gloire & de charité

1>our le prochain,auquel il voulut asseurer les secours qu'il ui avoit toujours donnés, en mettant la derniere main à ses Règles & Constitutions, par lesquelles il obligea ses Disciples à continuer pour le salut des ames ee qu'il leur avoit enseigné par son exemple: c'est pourquoi il fit assembler en 1658. la Communauté de saint Lazare, & après avoir faií à tous ceux qui la composoient un discours tort affectif & paternel, fur le sujet des observances de ces Règles ■> il les fit approcher tous, fie leur donna à chacun un petit Livre imprimé, contenant ces Règles-, qulls reçurent avec beaucoup de respect fie une dévotion sincère.

Quoique ses grands travaux l'euffent reduit dans un grand abbattement, 6c lui euílent causé une longue maladie , il ne laissoit pas toûjours de s'occuper non seulement au bien 8í à l'avancement de sa Congrégation, mais encore au salut du prochain, sans oublier le sien propre, dans la crainte qu'après avoir prêché ôc enseigné les autres, il ne fût lui-même reprouvé : c'est pourquoi afin d'éviter ce malheur dont il avoit retiré tant d'ames, plus il avançoit en âge, plus il se rendoit exact à l'observance de ses Règles, fie particulièrement à satisfaire à l'obligation de son Office : ce qui obligea le Pape Alexandre VII. qui connoissoit combien la conservation de ce grand Serviteur de Dieu étoit importante à toute l'Eglise, à lui faire expédier un Bref à soninsçu,pour le dispenser de l'Ofrke divin 5* ôc en même tems les Cardinaux Durazzo, Archevêque de Gennes, Ludovisio,Grand Pénitencier, 8t Bagni, qui avok été Nonce en France , lui 4crivirent pour l'exhorter i h soulager ôc à se conserver.

Mais Mais le tems auquel Dieu avoic déterminé de lui dorner la Piet*** récompense de tous ses travaux étant venu, il mourut le 17. °jo*;mu" Septembre de Tannée 1660. â0é de 85. ans , après s'êire dispoié à ce dernier passage par un renouvellement de ferveur & de pieté. II fut enterré au milieu du Choeur de saint Lazare, où ses Obsèques se firent avec un grand concours de

?Iusieurs Seigneurs & Dames , mais particulièrement du rince de Conty, du Nonce du Pape M. Picolomini , & de la Duchesse d'Aiguillon. Quelques jours après l'on fit pour lui un Service lolemnel dans l'Eglise de saint Germain l'Au> xerrois, où l'Evêque du Puy prononça son Oraison Funèbre. On a depuis fait les informations juridiques de fa vie, de íes vertus & de ses miracles, pour poursuivre à Rome le procès de fa Béatification.

Cetce Congrégation a été beaucoup augmentée après la mort de ce saint Fondateur , étant présentement composée d'environ quatre-vingt- quatre Maisons , divisées en neuf Provinces, qui íont celles de France, Champagne , Aquitaine , Poitou , Lyon , Picardie , de Rome, Lombardie & Pologne. Outre ces Maisons, Madame la Duchesse d'Aiguillon leur fit une fondation pour l'entretien de quelques Millionnaires en Afrique, pour l'affistance spirituelle & corporelle des pauvres Elclaves de Barbarie, ou ils font établis depuis l'an 1645. & le Pape Innocent XII. en envoïa l'an 1697. à la Chine pòur travailler à la conversion de cette nation»

L'on peut juger de PexacYuude de Monsieur Hermant , dans le dénombrement qu'il fait dans íbn Histoire des Ordres ReligieuXjdes Maisons Régulières & des CommunautésSéculières, par ce qu'il y dit des Pères de la Miilìon.ausquels il retranche non seulement deux de leurs Provinces,qui sonr celles de Picardie & de Lombardie, mais encore plusieurs4 Maisons considérables, comme Nôtre Dame de Buglose, dans la Paroisse de Pouï, lieu de la naissance de M. Vincent de Paul, qui fut donnée aux Missionnaires de la Province d'Aquitaine l'an 1706. par Monsieur Bercrand d'Abadie d'Arbocave Evêque d'Acqs, & par Monsieur PAbbé de Bvtbeder Curé de Pout, qui unirent cette Cure à la Congrégation. Le petit Séminaire de saint Charles dans la ville de Poitiers, où il a été établi i'an 1710. par Monsieur Jear>r

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