Page images
PDF
EPUB

SANS EXE

ORDRKs ces paroles i Dieu est pacifique. Comme on ne sçait point RISTRO. quelle forme devoit avoir cer habillement nous n'en donSETTEZ nons point d'estampe. WTION. Il devoit y avoir une maison près Paris , où il y auroit eu

une Chapelle , dans laquelle íix Prêtres.Religieux , portant la croix de l'Ordre comme les Chevaliers,auroiene fait l'Office Divin. Cette maison devoit être appellée l’Auberge Royale , où il y auroit toûjours eu cinq cens Chevaliers qui y auroient demeuré pendant les deux premieres années de leur reception, avec la liberté de pouvoir y demeurer dans la suite autant de tems qu'ils auroient voulu. Après ces deux premieres années ils devoient faire væu de charité, de chasteté conjugale & d'obéïssance. Ils devoient renoncer aux duels & à toutes querelles personnelles , s'il ne s'agissoit pas du service du Roi; & si on les eût attaqués ils pouvoient se défendre , & devoient faire encore serment entre les mains de ce Prince ou de celui qui auroit éré commis de fa part, de vivre & mourir à son service.

Les Chevaliers qui se seroient retirés de l'Auberge Rosale après les deux premieres années de leur reception, auroient dû s'y trouver le jour de la Magdelaine Patronne de l'Ordre, afin de rendre compte au Grand-Maître de leurs actions, & au Conseil qui auroit été composé de douze Chevaliers, ausquels le droit de connoître de leurs differends & de la transgression de leurs væux,devoit appartenir. Ceux qui auroient demeuré à l'Auberge Roïale auroient été obligés d'assister les Fêtes & Dimanches au Service qui auroit été celebré par les Prêtres de l'Ordre , communier au moins les premiers Dimanches du mois , & reciter tous les jours les Litanies & la couronne de la sainte Vierge, le Salve Regina & les oraisons de sainte Magdelaine & de faint Louis. Pour empêcher les Chevaliers d'être oisifs , on devoit entretenir dans l'Auberge Roïale , des Escuïers , des Maîtres d'Armes , & de Mathematiques, & autres personnes qui auroient pu leur apprendre tous les exercices qui conviennent à la Noblesse ; & pour leurs recréations il devoit y avoir aussi des jeux de paume , un mail & les autres jeux qui conviennent pareillement à la Noblesse. Chaque Chevalier en entrant auroit donné cent pistoles pour la premiere année & autant pour la seconde , tant pour lui que pour un valer & deux chevaux ,

MILITAI,

SANS ELE

en attendant qu'il y eût un fonds établi pour l'entretien de ORDRIS tous les Chevaliers. Ceux qui auroient été reconnus pour Ris PROavoir mené une vie reglée, & qui auroient été capables !? d'instruire les autres , auroient pu être reçus dans ce Or-Cution, dre en faisant seulement une épreuve de quinze jours dans l'Auberge Roïale. Il y en auroit ausli eu d'autres qui auroient été aggreg és à l'Ordre, comme Chevaliers d'honneur en recevant la croix d'or des mains du Grand Maître.; mais ils n'auroient pas joui des Commanderies , & n'auroient pu parvenir aux Dignités de l'Ordre. Tous les jours il y auroit eu quatre-vinge ou cent Chevaliers qui auroient monté la garde chez le Roi , le nombre de cinq cens devant êrre toûjours à l’Auberge Roïale. Il y auroit aussi eu des Freres Servans qui auroient fait les mêmes væux que les Chevaliers, & auroient porté pour marque de l'Ordre une croix rouge bordée d'argent , attachée au cou à un ruban rouge. Les valets des Chevaliers devoient être habillés de bleu avec un galon rouge sur leurs just-au-corps , sçavoir chacun un mêcier,& faire les mêmes væux que les Chevaliers.

C'est ce que contiennem en substance les Constitutions de cet Ordre , qui ne fut point institué pour plusieurs difficultés qui se rencontrerent , tant à cause de la maison qu'il auroit fallu bâtir pour un si grand nombre de Chevaliers & de domestiques, que pour trouver un fonds suffisant pour leur entretien ; de sorte que cet Ordre prie sa naissance & la fin en la personne du sieur de la Chaponeraye , qui perdant l'esperance de voir l'execution de ses bonnes intentions, se retira dans un Ermitage qu'il fit bâtir prés de Valvin en Gatinois au bout de la forêt de Fontainebleau , & y finit ses jours sous le nom de l'Ermite pacifique de la Magdelaine.

Favin , Theatre d'Honneur & de Chevalerie. Le Pere Anfelme. Le Palais de l'Honneur. Herman , Hist. des Ordres Militaires. Les revelations de l'Ermite Solitaire sur l'Etat de la France, & les Constitutions de l'Ordre de la Magdelaine.

ORDRES MΙΕΙΤΑΙ. RIS FAUC ET SUPPO siz.

IA SAINTE
AMPOULE.

CHAPITRE LXX.

De plusieurs Ordres Militaires faux supposés. ORDRE DIN Ous avons déja parlé par occasion de quelques Ora

I dres Militaires & de Chevalerie faux & supposés , nous allons encore en rapporter plusieurs dans ce dernier Chapitre. Le premier est celui de la sainte Ampoule , que l'on prétend avoir été institué par Clovis I. Roi de France, qui fucceda à son pere Childeric I. l'an 481. ceux qui nous ont donné cet Ordre pour veritable , dilent que ce fut en consideracion de cette i hiole miraculeuse pleine d'une huile sacrée , qui fut apportée par une colombe lorsqu'il reçur le Baptême des mains de faint Remi Evêque de Reims l'an 496. & dont on a depuis lacré nos Rois jusqu'à présent ; & ils ajoûtent que les Chevaliers de cet Ordre ne sont qu'au nombre de quatre ; & que pour être reçus , ils doivent posseder les quatre Baronnies de Terrier, de Bellestre, de sonastre & de Louvercy, qui relevent de l'Abbaïe de S. Remi de Reims , où l'on conserve cette sainte Ampoule, à laquelle Abbaïe ils font foi & hommage ; & qu'au lacre de nos Rois

ils portent le dais, sous lequel on apporte la sainte Ampoule Favin,Hift. de Navarre a

haite dans l'Eglise Cathedrale de Nôtre Dame. Favin, pour appaz. 1328. puïer ce sentiment, rapporte dans son Histoire de Navarre,

en parlant du Sacre de Louis XIII. trois Actes ; le premier du 8. Octobre 1610. par lequel Thomas de Cauchon & de Neuflize , Chevalier, Seigneur Châtelain dudit Neuflize, & Baron de Chamlats , est reçu par le Bailli du Monastere de saint Remi ( en vertu de la Commission qui lui en avoit été donnée par le Cardinal de Lorraine, Archevêque de Reims, & Abbé de ce Monastere ) à faire foi & hommage de la Baronnie de Terrier, qui lui donne droit de se dire premier Vallal, Baron & Chevalier de faint Remi , & de porter le premier bâton du dais sous lequel on porte de l'Eglise de saint Remi en celle de Notre-Dame la sainte Ampoule, dans laquelle est conservée l'huile sacrée dont sont oints les Rois Très Chrétiens le jour de leur Sacre. Le second est du 17. O&obre, jour du Sacre de Louis XIII. par lequel il paroit que le Grand-Prieur de ce Monastere avoit pris la sainte

O MILITAIR

RIS FAUX LT SUPPO

'Ampoule de dessus l’Aurel, & l'avoit portée sous un dais, ORDRES

ortoient Thomas de Cauchon de Neuflize, Chevalier Seigneur Châtelain de ce.lieu , Baron des Baronnies de Ter ET SUPPO, rier & Chamlats ; Raoul de la Fontaine, Ecuïer Seigneur & siz Baron de Bellestre; & Jacques de Haudresson, Ecuïer Seigneur & Baron de Louvercy, tous trois Barons-Chevaliers de la sainte Ampoule de saint Remi ; & en l'absence du quatriéme Baron-Chevalier, René Bourgeois, Bailli de l'Archevêché de Reims & de l'Abbaïe de saint Remi. Enfin le troisiéme acte est du lendemain dix-huit Octobre,par lequel il paroît que ces trois Barons-Chevaliers de la sainte Ampoule ont porté le jour précedent le dais, revêtus chacun d'un manteau de rafferas noir, au côté duquel étoit attachée la croix de leur Ordre, brodée d'or & d'argent,& que le Grand Prieur leur avoit mis au cou une croix d'argent attachée à un ruban noir ; qu'ils avoient accompagné le Grand Prieur jusques dans l'Eglise de Nôtre Dame ; & après la cérémonie du Sacre, l'avoient reconduit de même jusques dans l'Eglise de saint Remi. Mais comment accorder la verité de ces ačtes avec ce que dit le Cérémonial de France? où dans ce qui s'est fait au Sacre de Louis XIII, il est nial Franmarqué positivement que les quatre bâtons du dais sous le. quis, Tom.

I. pag. 58. quel étoit le Grand Prieur de laint Remi avec la sainte Am- & s. poule , étoient portés par quatre Religieux de cette Abbaïe, revêtus d'aubes : ce qui a toûjours été pratiqué aux Sacres des Rois de France, depuis Loüis VII. dit le Jeune, qui aïant prescric l'an 1179. l'ordre que l'on observeroit au Sacre & Couronnement de ces Princes, ordonna qu'entre Prime & Tierce les Moines de saint Remi viendroient en proces- Ibid.pag.2. fion avec la sainte Ampoule , laquelle seroit portée par l'Abbé sous un dais , dont les quatre bâtons seroient soutenus par quatre Religieux vêtus en aubes. Ce que l'on trouve encore dans l'ordre qui fut observé au Sacre de Louis VIII. qui commença à regner l'an 1223. où on lit ces paroles : Inter Ibid. pago Primam & Tertiam debet Abbas fanéti Remigii Remensis is.com jeg. procession aliter cum crucibus & cereis deferre reverentisime Jacrosanctam Ampullam sub cortica ferica, quatuor perticis à quatuor Monachis albis indutis (ublévata. La même chose a écé ordonnée aux Sacres de saint Louis l'an 1226. & de tous fes successeurs jusqu'à Loüis XIV. Ainsi s'il est vrai que les

[ocr errors]

ran

MILITAI

SIZ.

ORDRES Barons de Terrier, de Bellestre, de Sonaltre & de Louver. MIST TAL, cy soient Chevaliers de la sainte Ampoule, & aïent droit de II suppo- porter le dais sous lequel est celui qui la porte ; il y a bien

de l'apparence que l'on n'a pas grand égard en France à cette Chevalerie, puisque le Cérémonial n'en fait aucune mention ; & pour leur origine qu'ils font monter jusqu'au tems de Clovis I. elle est certainement chimerique.

Favin , Theatre d'honneur; & Histoire de Navarre. ORDRE DU L'Ordre du Chien , selon quelques Auteurs n'est pas CH IN Et moins ancien que celui de la sainte Ampoule , & par conséDU Coce.

quent son antiquité n'est pas moins chimerique; car ils assurent que Lysoie de Monimorency qui en fut l'Instituteur, fur un des premiers qui embrasla'le Christianisme avec Clovis I. Roi de France, & que comme ce Prince avoit institué l'Ordre de la Ste Ampoule , en memoire du miracle qui fe fit dans la cérémonie de son Baprême; Lysoie de Montmorency, pour éterniser sa reconnoissance envers Dieu des graces qu'il en avoit reçu ës, en le tirant des ténébres de l'Idolatrie, & envers son Prince, à cause des Charges dont il l'avoit honoré; voulut aussi établir l'Ordre du Chien,symbole de la fidelité; qu'il donna à plusieurspersonnes le collier de cet Ordre , qui étoit d'or, au bas duquel pendoit un chien : que ces Cheva. liers travaillerent beaucoup à l'agrandissement de la Religion Chrétienne : & que les progrez considerables qu'ils Frent en France, firent naîcre à ce Seigneur de Monimorency le dellein d'instituer un second Ordre, sous le nom du Coq; ce qu'il executa avec beaucoup de magnificence & de fuccez, & qu'ensuite on réunit ces deux Ordres, dont on

ne fit qu'un seul , qui fut aboli par les autres Ordres que les Belleforêt, Rois de France in Itituerent. Belleforest dit avoir leu dans Annal de une vieille histoire Manuscrite, que Bouchard de MontmoFrance, liv. *shr 33. rency, surnommé à la Barbetorse, aïant fait la paix avec le

Roi 'Philippes 1. lui vint baiser les mains à Paris l'an 1102 étant suivi & accompagné d'un grand nombre de Chevaliers, portant tous un collier , ou double chaîne au cou faire en façon de tête de cerf , & à laquelle pendoit une médaille avec l'effigie d'un chien ; mais l'autorité d'un Auteur inconnu tel que celui de cette Histoire manuscrite citée par Belforest, n'est pas suffisante pour nous persuader que cct Of dre ait été inítitué ; ce que nous n'aurions pas de peine à

« PreviousContinue »