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ORDRE » qui dans la rencontre du cercle formoient un Phy grec pour ESPRIT » signisier fidelta , devoient servir d'assurance de cette fidelice NFKAN » qu'il lui avoit jurée , & qu'il ne continua pas long tems. Les

»H qui furent ajoûtées aux chifres des doubles M, mar» quoient le nom du Roi, & les Acurs-de-lis dans les flammes » represenioient le feu de son amour. Ce qui est donner ainsi

une mauvaise interpretation aux intentions de ce Prince. A la verité il ne s'est point expliqué fur la fignification des chifres qu'il fit mettre au collier ; mais ne peut-on pas croire que les doubles Delia entrelassés ensemble qui par la rencontre du centre,comme dit M. le Laboureur, formoient un Phy grec pour signifier fidelta,marquoient la fidelité que les Sujets doivent à leur Princes ? Les doubles Lambda , qui selon Favin, designoient le nom de la Reine qui s'appelloit Louise , ne pouvoient-ils pas plûtôt signiffier la loïauté & l'hommage que les Chevaliers doivent à leur Souverain ? Les doubles M, la magnanimité qui est la vertu des Heros dont un Chevalier doit faire profession ? Et les flammes , ces langues de feu sous la figure desquelles le Saint-Esprit descendit sur les Apôtres dans le saint Cenacle le jour de la Pentecôte ? Ce qui semble une interpretation beaucoup plus naturelle que celle des misteres d'amourettes, & qui est entierement conforme aux termes de ces Lettres patentes, par lesquelles lesChevaliers sont excitez à demeurer fermes dans la Religion Catholique dans l'amour de Dieu, dans la fidelité à leur Roi & dans la pratique de toutes les vertus , dont les Lettres & les Flammes qui composoient le collier de l'Ordre étoient le fymbole.

Il fe trouve plusieurs exemplaires des Statuts de cet Ordre, differens des uns des autres , & qui ont été tous suivis chacun dans leurs tems, Les derniers qui ont été imprimez en 1703. & qui sont les plus corrects , contiennent quatrevingt quinze articles,qui portent entre autres choses, qu'il y aura dans cet Ordre un souverainChef &Grand-Maître,qui aura toute autorité sur tous les Confreres, Commandeurs & Officiers , & à qui seul il appartiendra de recevoir ceux qui entreront dans cet Ordre. Henri II I. s'en déclara Chef & Souverain Grand- Maître, & unit la Grande Maitrise à la Couronne de France fans qu'elle puisse en être séparée. Les Rois ses successeurs ne peuvent dif, oler en façon quelconque de

cet

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cet Ordre, des deniers qui y sont affectez , ni disposer d'au- UNDREDÚ cune Commande , .quoiqu'elle soit vacante qu'après avoir France été sacrés & couronnez ; & le jour de leur Sacre & Couronnement, ils doivent être requis par l'Archevêque de Reims, ou celui qui fait la cérémonie du sacre,en présence des douze Pairs & Officiers de la Couronne,de jurer l'observation des Statuts de l'Ordre, selon la forme prescrite par les mêmes Statuts, ce qu'ils font tenus de faire lans en pouvoir être dif pensez pour quelque cause que ce soit ; & le lendemain du Sacre, le Roi reçoit l'habic & le collier de l'Ordre par les mains de celui qui le sacre , en présence des Cardinaux, Prélats, Commandeurs & Officiers de l'Ordre. C'est pourquoi Henri 111. ordonna que la forme du serment feroic inserée & transcrite au livre du Sacre, avec les autres sermens que les Rois font tenus de faire avant que d'être couronnez ; & comme ce Prince avoit déja été sacré & couronné, il se reserva la liberté de preter serment entre les mains de l'Archevêque de Reims ou d'un autre Evêque qu'il lui plairoit en la premiere Assemblée de l'Ordre qu'il tiendroit."

Des memoires portent que cette Allemblée se tint pour la premiere fois le dernier Decembre de l'an 1578. dans l'Eglise des Augustins de Paris. Sa Majesté s'y rendit sur les deux heures, tous les Evêques & Abbés qui avoient été mandés s'y trouverent, & pareillement les Princes & Seigneurs qui devoient être reçus dans l'Ordre, tous revêtus de chaudies & pourpoints de toile d'argent sous leurs habits ordinaires. Dans le cheur de l'Eglise à main droite, on avoit dressé un trône pour le Roi , couvert de drap d’or & d'argent, semé de feurs-de lis , avec un dais au dessus de pareille étoffejau bas du trône il y avoit des bancs pour les Officiers, en la maniere que l'on avoit accoûtumé d'observer aux cérémonies des Fêtes de l'Ordre de saint Michel. A l'entrée du cheur à main gauche de la Majesté, étoient placés les Princes & Seigneurs qui devoient être faits Chevaliers selon leur rang;& il y avoir d'autres bancs pour les Ambassadeurs, & les Seigneurs de la Cour. Après que les Vêpres eurent été chaniées par la Musique du Roi, ce Prince se leva, descendit de son trône , & accompagné des Officiers de l'Ordre , alla deyant le grand Autel, où s'étant mis à genoux, le Grand-Aumônier, assisté de cinq Evêques & Abbés, en habits PontifiTome VIII.

Eee

ORDRÉ du caux,l'un tenant la vraïe croix,& un autre le Livre des Evan-
S. ESPRIT giles, présenterent à la Majesté son væu & serment de Chef
INFRANCES

& Grand- Maître Souverain de l'Ordre du Saint-Esprit, qu'il
prononça en cette maniere. Nous Henri parla grace de Dieu
Roy de France & de Pologne , jurons de voüons folemnellement
en vos mains à Dieu le Createur, de vivre & mourir en la
sainte foy Religion Catholique Apostolique em Romaine ,
comme à un Roy tres Chrestien appartient , à plustost mourir
que d'y faillir: de maintenir à jamais l'ordre du Saint-El-
prit, fondé & inftitué par nous, sans jamais le laisser decheoir,
amoindrir, ne diminuer, tant qu'il sera en nostre pouvoir :
observer les Statuts & Ordonnances dudit Ordre , entierement
selon leur forme de teneur, a les faire exactement observer
par tous ceux qui sont & seront cy-aprés receus audit Ordre, da
par exprés ne contrevenir jamais ni dispenser, ou essayer de
changer, ou innover les Statuts irrevocables d'iceluy. sçavoir
est le Statut parlant de l'union de la Grande-Maistrise à la
Couronne de France : celuy contenant le nombre des Cardinaux,
Prelats, Commandeurs & officiers : celuy de ne pouvoir trans-
ferer la Provision des Commandes, en tout ou en partie , à au-
cun autre sous couleur d'appanage ou concession,qui puisse estre.
Item celuy par lequel nous nous obligeons en tant qu'à nous est,
de ne pouvoir dispenser jamais les Commandeurs & officiers
receus en l'ordre, de communier & recevoir le précieux Corps
de Nostre Seigneur Jesus-Christ, aux jours ordonne, qui font
le premier jour de lange le jour de la Pentecoste. Comme lem-
blablement celuy par lequel il eft dit , que nous á tous com-
mandeurs & officiers ne pourront estre autres que Catholiques ·
& Gentilshommes de trois races paternelles , ceux qui le doi-
vent eftre. Item celuy par lequel nous ostons tout pouvoir d'eme
ployer ailleurs les deniers affectez au revenu & entretenement
desdits Commandeurs á officiers, pour quelque cause d occa-
Jion que ce soit, ni admettre audii Ordre aucuns Étrangers ,
s'ils ne font naturalisez da regnicoles : pareillement celuy
auquel est contenu le forme des væux, & l'obligation de porter
toujours la croix aux habits ordinaires , avec celle d'or au cou,
pendante à un ruban de soye couleur bleuë celeste ; & l'habit
aux jours destinez. Ainsi le jurons , volions, á promettons sur
la (ainte vriye croix , en les saints Evangiles touchez. Le
Roi après avoir prononcé ce væu,& l'avoir ligné de la main,

me

ANFRANCE

fut revêru du manteau , qui lui fut donné par celui qui ser- ORDRE DI voit de premier Gentilhomme de la Chambre, & le Grand-S. ESPRIT Aumônier lui mit le collier au cou , & recita quelques prieres, après lesquelles le Roi se leva & descendit un peu plus bas où étoit un fiége, sur lequel il s'assit. Le Chancelier de Chiverny se présenta devant la Majesté pour être fait Chevalier de cet Ordre ; il se mit à genoux : & aïant les mains sur les saints Evangiles , il fit le lerment, & après avoir été revêtu du grand manteau , le Roi lui mit au cou le collier , & ainsi des autres Officiers & des Cardinaux; le Chancelier. de Chiverny reçut aussi les Sceaux de l'Ordre, qui lui fu-rent donnés par la Majesté. Les Officiers étant créés,le Prévột Maître des Cérémonies, le Heraut & l'Huissier, allerent querir le plus ancien des Princes & Seigneurs qui devoient être faits Chevaliers, & après qu'il eut reçu-l'Ordre, ils allerent prendre les autres de même à leur rang. Il y.eur dans certe premiere promotion vingt huit Chevaliers de reçus,

Les Rois de France, successeurs d'Henri IIl. ont fait après leur sacre le même serment que ce Prince fit lorsqu'il reçut le premier le collier de l'Ordre qu'il avoit institué, où à peu près semblable , & ont tâché de donner un nouveau lustre à cet Ordre, dans lequel il doit y avoir quatre Cardinaux & quatre Archevêques, Evêques ou Prélats, outre le Grande Aumônier de France , qui est Commandeur de cet Ordre, ausi.tôt qu'il est pourvu de la Charge de GrandAumônier, sans être obligé de faire preuves de noblesse comme les autres. Tous ces Prélats portent la croix pendante à leur cou , avec un ruban bleu. Ils sont obligés d'assister aux fêtes & cérémonies de l'Ordre , les Cardinaux avec leurs

grandes chapes rouges, & les Evêques & Prélats vêtus de · Tourannes de couleur violette, avec un mantelet de même

couleur, un rochet & un camail, & sur le mantelet il y a aussi une croix de l'Ordre en broderie. Au jour que l'Office se fait pour les Chevaliers décédés, les Cardinaux portent les chapes violettes,&-les Prélats sont vêtus de noir. Chacun de ces Cardinaux & Prélats est obligé le jour de sa receprion de faire entre les mains du Roi ce serment. Je jure à Dieu á vous promets, Sire , que je vous seray loyal & fidele toute ma vie, vous reconnoitray, honoreray o serviray,comme Souverain de l'ordre des commandeurs du Saint-Esprit , du

· INFRANCE

ORDRE DU quel'il vous plait presentement m'honorer:garderay & obferve. S. ESPRIT ray les Loix,Statuts & Ordonnances dudit Ordre,lans en rien,

contrevenir: en porteray les marques, & en diraz tous les jours Le service , autant qu'un homme Ecclesiastique de ma qualité peut & doit faire : que je comparoitray personnellement aux jours des folemnitez, s'il n'y a empeschement legitime qui m'en garde i comme je donneray avis à vostre Majesté, & ne reveleray jamais chose qui soit traitée ni conclúë aux Chapitres d'iceluy : que je feray, conseilleray., & procureray tout ce qui me semblera en ma conscience appartenir à la manutention, grandeur & augmentation dudit Ordre , prieray toujours Dieu pour le salut , tant de votre Majesté, que des commandeurs c Supports d'iceluy , vivans & trepasses. Ainsi Dieu me soit en aide & ses saints Evangiles.

Quant aux autres Chevaliers & Commandeurs, nul ne peut être admis dans l'Ordre, s'il ne fait profession de la Religion Catholique Apostolique & Romaine , s'il n'est Gentilhomme de nom & d'armes de trois races paternelles pour le moins , & n'ait pour le regard des Princes vingt-cinq ans accomplis, & trente-cinq pour les autres. D'abord il suffisoit que tous les Chevaliers eussent vingt ans. & c'est un des changemens qui ont été faits aux Statuts. Le Roi aïant fait choix des sujets qu'il veut honorer de cet Ordre , les propose dans le Chapitre aux Prélats, Commandeurs & Oficiers, afin que chacun donne son avis sur leur reception, & dise en conscience à la Majesté les raisons qui pourroient empêcher que quelqu'un des précendans ne fut reçu. S'ils sont trouvés dignes d'entrer dans l'Ordre, on les fait avertir qu'ils sont reçus , & on leur envoïe les commissions necessaires, tant pour faire faire les preuves de leur Religion , de leur vie & de leurs mæurs, que de leur noblesse & extraction ; & les pro- . cès verbaux en aïant été remis entre les mains du Chancelier, ils doivent faire faire à leurs dépens les habits de l'Ordre, sans être obligés d'en emprunter pour assister aux cérémonies. Le dernier jour de Decembre est marqué dans les Slacurs pour donner l'habit & le collier de l'Ordre, & la cé. rémonie s'en doit faire après Vêpres dans l'Eglise des Augustins de Paris, lorsque le Roi est dans cette ville. Aucun Chevalier Commandeur n'est admis à l'Ordre du Saint-Elprit qu'il ne soit aulli Chevalier de celui de saint Michel:

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