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D'OR.

Martenne Domini de Puvigné ac facri Palatii á aula Late- ORDRESDE ranensis Comitis , Militis ; & Equestris aureati , falutem in "EPERON Domino. Singulares animi tui dotes eximiæque devotionis affe£tus, quem ad sanctiffimum Dominum Nostrum Papam, fanEtamque Apostolicam jedem & nos , gerere comprobaris , vitæque , ac morum honestas, aliaque Laudabilia probitatis em virtutum merita,quæ illarum largitor altiffimus in perfona tua exuberante gratia cumulavit, merito nos inducunt, ut personam eamdem dignioris nominis titulo extollamus singulari prerogativa decoremus. Hinc eft quod nos volentes te', premis forum tuorum intuitu, specialis excellentia dignitate fublimare & cum dignis prosequi favoribus, te Ludovicum de Martenne Dominum de Puvigné Luftrali adoptione filium altissimi Potentissimique Principis Ludovici Delphini Francia , fimul cu altijjima ac Potentiffima Principis Marie Theresia Austriace Galliarum Regina , facri Palatii & aul& Lateranensis, Comitem , Militem , & Equitem aureatum , authoritate Apostolica nobis uti præsuli asistenti à sancta sede Apostolica conceja, qua fungimur in hac parte , tenore prasentium, facimus , creamus, instituimus , deputamus , ac aliorum comitum , Militum , doo Equitum aureatorum sacri Palatii aula Lateranensis hujusmodi , numero , ordini , & confortio favorabiliter aggregamus : decernentes , quod tu ex nunc deinceps , vestibus , cingulo , enfe, & Calcaribus aureatis , torque & aliis infigniis militaribus , nec non omnibus & fingulis privilegiis , immunitatibus , exemptionibus, honoribus , præeminentiis , antelationibus , quibus alii sacri Palatii d'aula Lateranensis Comites , Milites , Q Equites aureati ab eadem fancta fede Apostolica creati , de jure , ufu , consuetudine , privilegio,aut alias , quomodo libet utuntur, potiuntur , o gaudent, uti, potiri, e gaudere poflis & valeas , nonobstantibus , Conftitutionibus & ordinationibus Apoftolicis cæterisque contrariis quibuscumque. In quorum omnium fingulorum fidem & teftimonium, hoc noftrum privilegium , manu propria firmatum & per infrascriptum secretarium noftrum subjcribi,sigillique noftri quo in talibus utimur, jujjimus imprejjione muniri. Datum Parisiis in Palatio no,110. Dic 28 menjis Novembris anno 1702. L. Archiep. Avenionen. & plus bas fofeph Raym. Alcorambonus Secret. & scellé. Voyez pour cet Ordre Favin. Theâtre d'honneur de chevae

ORDRESDE lerie. Bernard Giustiniani. Hist. di tutti gli Ord. Militari. De
L'EPERON
D'OR. Bellay. Mennenius, Herman & Schoonebeck, dans leurs bist.

des Ordres Militaires.

Il y a eu aussi à Naples un Ordre de l'Eperon institué par Charles d'Anjou Roi de Naples & de Sicile. Ce Prince aïant été couronné à Rome l'an 1266. en partit pour aller prendre possession du Roïaume de Naples. Mainfroy qui le lui disputoit , aïant succombé dans une Bataille, tout le Roïaume, Te soumis au Comte d'Anjou, qui pour avoir plus de moïen de récompenser la Noblesse qui s'étoit déclarée pour lui,établit l'Ordre de l'Eperon , voici de quelle maniere on y étoit reçu. Le Chevalier se prélentoit au jour marqué dans l'Eglise Cathedrale de Naples , & là sur un theâtre élevé où étoit le Roi, la Reine, & toute la Cour, il prénoit place dans une chaise couverte de drap de soïe verte. L'Archevê. que en habit de Diacre , accompagné de ses Suffragans, le faisoit jurer sur les saints Evangiles qu'il ne porteroit jamais les armes contre le Roi, s'il n'y étoit obligé par son le, gitime Seigneur,& qu'en ce cas il rendroit au Roi la marque de l'Ordre, sous peine d'être reputé infâme & mis à mort, s'il étoit prisonnier de guerre : qu'il deffendroit de toutes ses forces quand il seroit requis, les Dames tant veuves que ma. riées & les orphelins abandonnez , fi leur cause éroit juste. Deux Chevaliers des plus anciens , le présentoient ensuite au Roi qui de son épée lui touchoit l'épaule, en lui disant : Dieu te fasse bon chevalier : puis sept Demoiselles de la Reine veruës de blanc venoient lui ceindre l'épée : quatre Chevaliers des plus considerables lui attachoient les éperons dorez, & la Reine le prenant par la main droite & une autre Dame la plus considerable par la gauche,elles le conduisoient fur un autre siége richement paré. Alors le Roi se plaçant à sa droite, la Reine à la gauche , toute leur Cour dans des fiéges au dessous, on servoit une collation de sucreries , par où finissoit la cérémonie. On ne sçait point quelle étoit la marque de cet Ordre.

Des Noulis, Histoire des Rois de Sicile & de Naples, des maisons d'Anjou, pag. 138.

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ORDRE DU

S. ESPRIC EN FRANCE

CHAPITRE LX I V.
Des Chevaliers de l'Ordre du Saint-Esprit, en France.
N ous avons dit en parlant de l'Ordre du Saint-Espric

I au droit desir appellé aussi du neud, qu'Henri lll.
Roi de France & de Pologne passant par Venise à son retour
de Pologne pour venir prendre poffeffion de la Couronne
de France, la Republique de Venise lui fit présent de l'O-
riginal des Statuts de cei Ordre, dont Louis de Tarante Roi
de Jerusalem & de Sicile, époux de Jeanne I. Reine de Na-
ples avoit été l'Instituteur, & lui avoit donné le nom du
Saint Esprit, à cause que le jour de la Pentecôte il avoit été
Couronné Roi de Jerusalem & de Sicile. C'est ce qui fit
naître la pensée à Henri III. d'instituer aussi un Ordre Mi-
litaire , sous le nom du Saint-Esprit , à cause que le jour de
la Pentecôte de l'année 1573. il avoit été élu Roi de Pologne,
& qu'il avoit succedé au Roïaume de France à pareil jour de
l'année suivante 1574. après la mort de Charles IX. son
frere. Monsieur le Laboureur dans ses Additions aux Me.
moires de Castelnau , dit que ce Prince aïant reçu de la Re-
publique de Venise les Statuts de l'Ordre da Saint-Esprit
au droit desir institué par Louis de Tarente , réfolut de
s'approprier cet Ordre, comme s'il avoit été de son inven-
tion, & qu'après avoir copié & commenté les Statuts , il don-
na ordre au Chancelier de Chiverny de les brûler ; mais que
ce Ministre se fit une conscience de faire perir un si rare
manuscrit, lequel outre le merite de son sujer & de son an-
tiquité, étoit encore fort estimable pour les belles mignaru-
res en vélin ou l'on voit ce qui est contenu en chaque Cha-,
pitre de ces Statuts : que ce Livre écheut ensuite en partage
à Philippes Huraut Evêque de Chartres , fils du sieur de
Chiverny, & qu'il comba enfin entre les mains de M. le Pré-
fident de Maisons. Ainsi selon cet Auteur l'Ordre du Saint-
Esprit de France, n'est autre chose que celui de Naples ; ce
qui ne paroît pas vrai. semblable:car si l'on compare les Sta-
turs de l'un avec ceux de l'autre,il est facile de juger par la dif-
ference qui s'y trouve, que ces deux Ordres ont été faits indé-
pendamment l'un de l'autre , la conformité qui s'y rencontre

'De'd iij

ORDRE DU I

INFRANCE

e ou ne consistant uniquement qu'en ce que Louis de Tarente & SESPRIT Henri III. eurent le même morif en les instituant, le pre.

mier ne l'aiant fait qu'à caute qu'il avoit été couronné Roi de Jerufalem & de Sicile le jour de la Pentecôte, & qu'Henri Ill. à pareil jour avoit été élu Roi de Pologne,& qu'il avoit succedé au Roïaume de France ; ce qui n'étoit pas une rai. son assez forte pour l'obliger à supprimer les Statuts de l'Ordre du Saint-Esprit au droit desir, afin d'en abolir la memoire , qui d'ailleurs se seroit conservée par les monumens qui sont encore aujourd'hui dans Naples', & par le témoignage de plusieurs Ecrivains.

Quoiqu'il en soit ce ne fut que plus de quatre ans après qu'Henri III. eut reçu l'original des Statuts de l'Ordre du Saint Esprit au droit defir qu'il institua au mois de Decembre de l'an 1578. un Ordre Militaire , en l'honneur & sous le nom du Saint-Esprit. Son intention ne fut point d'abolir tacitement celui de saint Michel comme quelques Auteurs ont avancé, puisque par ses Lettres patentes pour l'institution de l'Ordre du Saint Esprit , il déclare qu'il veut & entend que celui de saint Michel demeure en la force & vigueur

& soit observé de la même maniere qu'il l'a été depuis son » Insticution. Nous avons avisé, dit ce Prince, avec notre très » honnorée Dame & Mere à laquelle nous reconnoissons » avoir après Dieu , notre principale & entiere obligation ; les » Princes de notre Sang, & autres Princes & Officiers de notre » Couronne, & Seigneurs de notre Conseil étant près de nous; » d'ériger un Ordre Militaire en cettuy notre dit Roïaume, » outre celui de Monsieur saint Michel, lequel nous voulons » & entendons demeurer en la force & vigueur & être oba „ servé tout ainsi qu'il a été pratiqué depuis la premiere in„ ftitution jusques à prélent. Et il ajoûte ensuite. Lequel Or„ dre nous créons & inftituons en l'honneur & fous le nom & „ titre du Benoît Saint Esprit , par l'inspiration duquel, com» me il a plu à Dieu ci-devant diriger nos meilleures & plus „ heureuses actions, nous le supplions aussi qu'il nous fasse la » grace que nous voyons bien tộc tous nos Sujets réunis en la „ foi & Religion Catholique & vivre à l'avenir en bonne ami« tié & concorde les uns avec les autres , sous l'observation en« tiere de nos Loix & l'obéissance de nous & de nos successeurs « Rois à son honneur & gloire à la louange des bons & confue

ENFRAN

"CE.

fion des mauvais , qui est le but auquel tendent nos pensées « ORDRE & actions, comme au comble de notre plus grand heur & « ESPRIT felicité.'

Cette priere & les desirs de ce Prince témoignent assez quelle étoit la pieté, & qu'il n'y a rien eu que de saint dans l'institution de son Ordre , ce qu'il avoit plus expressément déclaré un peu auparavant dans les mêmes Lettres patentes, où il dit encore qu'aïant adressé ses væux & mis toute la confiance dans la boaté de Dieu dont il reconnoîc avoir &. tenir tout le bonheur de cette vie, il est raisonnable qu'il s'en rellouvienne, qu'il s'efforce de lui en rendre des graces im- « mortelles , & qu'il témoigne à toute la posterité les grands . bienfaits qu'il en a reçus, particulierement en ce qu'au mi.. lieu de tant de différentes opinions au sujet de la Religion, qui avoient partagé la France, il l'a conservée en la connoil-.. sance de son saint nom dans la proffession d'une seule foiCatholique & en l'union d'une seule Eglise , Apostolique , & Romaine. De ce qu'il lui a plu par l'inspiration du SaintEsprit le jour de la Pentecôte , reünir tous les cæurs & les .. volontez 'de la Noblesse Polonoise, & porter tous les Etats co de ce Roïaume & du Duché de Lithuanie à l'élire pour « Roi , & depuis à pareil jour l'appeller au gouvernement du « Roïaume de France; au moïen de quoi ( ajoûte il ) tant « pour conserver la memoire de toutes ces choses que pour for- « tifier & maintenir davantage la foi & la Religion Catholi, co que, & pour décorer & honorer de plus en plus la Nobles. se de son Roïaume, il instituë l'Ordre Militaire du Saint- » Esprit.

Des expressions si pieuses ne sont que trop suffisantes pour faire voir les bonnes intentions de ce Prince. Cependant comme il y a certains caracteres d'esprit, qui ne peuvent s'empêcher de donner un mauvais lens aux actions les plus saintes & les plus justes, l'institution de l'Ordre du SaintEsprit n'a pas manqué d'interpretations autant injustes que chimeriques, puisqu'on l'a plûtôt attribuée à des misteres d'amourettes que de Religion. Le vert naissant, dit M. le La- me boureur , le jaune doré, le bleu , & le blanc étoient les cou. leurs de la Maîtresse d'Henri III. les doubles M. qu'il fit cs mettre au collier de l'Ordre désignoient son nom,& les deux . lettres grecques qu'on appelle Delta entrelassées ensemble co

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