Page images
PDF
EPUB

ORDRE DE depuis sa premiere institucion. En effet tous les Chevaliers EN FRANCE de l'Ordre du Saint-Esprit prennent l'Ordre de saint Mi

chel la veille du jour qu'ils doivent recevoir celui du SaintEsprit ; c'est pourquoi leurs armes sont entourées des deux colliers, & ils sont appellés Chevaliers des Ordres du Roi.

Le Roi Louis XIV. aïant reconnu qu'il s'étoit introduit une infinité d'abus & de contraventions aux anciens Statuts & Reglemens de l'Ordre de saint Michel ; qu'il étoit avili en la personne de plusieurs particuliers qui se qualifioient Chevaliers de cet Ordre , sans avoir fait preuves de noblesse & de services , & que plusieurs étrangers avoient surpris des certificats de reception sans ses ordres particuliers , ordonna le quatorze Juillet 1661. à tous ceux qui avoient été reçus dans cet Ordre, de porter ou d'envoïer aux Commissaires que sa Majesté nomma, les titres & preuves de leur noblesse & de leurs services. Plusieurs aïant obéi, & les au. tres aïant negligé d'y satisfaire par la crainte de faire connoître leur naissance & l'impossibilité où ils se trouvoient de donner des certificats de leurs services , le Roi fic l'an 1665. un nouveau Reglement , portant que tous les Statuts , Ordonnances & Reglemens faits lors de l'établissement de l'Ordre de saint Michel

par le Roi Louis XI. & depuis, seroient inviolablement observés:que le nombre de ceux qui seroient admis à l'avenir dans cet Ordre, seroit reduit à cent,outre les Chevaliers du saint Esprit, parmi lesquels il y auroit fix Ecclesiastiques Prêtres âgés de trente ans & constitués en Dignités d’Abbés ou de Charges principales des Eglises Cathedrales & Collegiates , & fix officiers des Compagnies souveraines ; à condition toutesfois qu'ils feroient les mê. mes preuves de leur paissance & de leurs services

que

les Chevaliers Militaires : lesquels auroient seuls le droit de porter l'Ordre, de s'en qualifier Chevaliers , & de joüir des droits , privileges & avantages y attachés; faisant défenses très expresses à tous les autres de quelque condition qu'ils fussent, de plus porter la qualité de Chevalier ni ledic ordre; nonobstant tous les brevets , Lettres de cacher & certificats de reception qu'ils auroient obtenus, lesquels sa Majesté déclara nuls & de nul effet : qu'à l'avenir nul ne pourroit être admis à l'honneur de recevoir cet Ordre qu'il ne fût de la Religion Catholique, Apostolique & Komaine, de

S MICHEL ENFRANCE

bonnes moeurs , âgé de trente ans , noble de deux races , & ORDRE DI aïant servisa Majesté & l'Etat en des emplois considerables dans les Armées , au moins l'espace de dix ans, & ceux de Justice pendant le même tems , & à cette fin celui

que

sa Majesté trouveroit capable de recevoir cet honneur , obtiendroit une commission signée de la main contresignée du Secretaire des Ordres & scellée du grand Sceau de l'Ordre de saint Michel adressante au Chevalier de l'Ordre du saint Esprit que sa Majesté commettroit pour informer des faits ci-dessus & examiner les preuves tant de la noblesse

que des services : lesquelles étant faites , feroient mises dans un fac cacheté & scellé du cachet des Armes du Commissaire avec son avis,& delivrées entre les mains du Chancelier des deux Ordres , pour en faire rapport à la Majesté, laquelle par l'avis des Confreres qu'elle appelleroit , ordonneroit ce qui lui plairoit sur la reception ou exclusion de celui qui auroit été présenté ; & qu'à l'égard de ceux que sa Majesté jugeroit dignes de cet honneur elle écriroit au Commissaire de leur donner le collier en la forme ordinaire & accoûtumée: qu'afin de maintenir cet Ordre dans la regle & dignité convenable, tous les ans au jour & fête de saint Michel tous les Chevaliers s'assembleroient en Chapitre dans la salle des Cordeliers de la ville de Paris , à laquelle Allemblée présideroit le Commissaire nommé par sa Majesté & en son absence le plus ancien des Chevaliers ; où après avoir assisté en corps à la Messe solemnelle qui seroit celebrée, l'on proposeroit & l'on examineroit tous les Reglemens necessaires pour y réüllir : que des déliberations ils Teroit tenu Registre par celui qui seroit commis par le Secretaire des deux Ordres ; & que les frais qui seroient necessaires

la celebration des Messes & des Assemblées feroient païés sur les deniers du marc d'or , par les Ordonnances du Chancelier des deux Ordres ; qu'aucun des Confreres ne pourroir se dispenser d'assister au Chapitre General , s'il n'avoit une excuse legitime , auquel cas il envoiroit procuration à tel des Confreres qu'il aviseroit pour consentir & figner les propositions & déliberations qui seroient prises au Chapitre, à la pluralité des voix : que si après avoir été reçu dans cet Ordre, aucun des Confreres changeoit de Religion, il seroit obligé de remettre fon Ordre entre les mains du Doïen des Chevaliers sans

pour

S. MICH I
INFRANCIE

ORDRE DE qu'il pûr continuer à le porter tant qu'il ne feroit pas profel

fion de la Religion Catholique Apostolique & Romaine, sur peine d'être degradé de noblesle : comme aussi s'il arrivoit qu'aucun des Confreres fît quelque acte dérogeant à la noblesse & à la dignité de l'Ordre de Chevalerie, il seroit décheu de tous les honneurs & avantages qui y sont attachés, & seroit puni selon la rigueur des Ordonnances: qu'aucun des Confreres ne pourroit se dispenser de porter la croix de l'Ordre , qui seroit de la même forme & figure & plus petite de moitié que celle du saint Esprit, à l'exception de la Colombe qui est au milieu , au lieu de laquelle seroit représenté en émail , l'image de saint Michel, laquelle seroit portée en écharpe avec un ruban noir : qu'aux Assemblées des ceremonies & autres occasions où la Majesté voudroit appeller des Confreres de cet Ordre , ils seroient tenus de se rendre auprès de la personne pour la servir où il leur seroit commandé : que tous les Chevaliers & Confreres seroient obligés de porter l'épée , excepté les fix Ecclesiastiques & les lix qui seroient de Compagnies souveraines. Enfin sa Majesté ordonna à ses Ambassadeurs dans les Roïaumes & païs étrangers , de s'informer soigneusement du nom , des qualités & des services de ceux qui prétendoient avoir droit de porter les marques de cet Ordre, pour sur les memoires qui lui en seroient envoïés , confirmer ceux qu'elle jugeroic en être dignes ; & cependant elle déclara nulles & de nul effet & valeur les expeditions que les étrangers en avoient obtenues, & les dispensa de l'observation du serment qu'ils pouvoient avoir faic lorsqu'ils étoient entrés dans cet Ordre. Sa Majesté chargea ses mêmes Ambassadeurs de faire les instances convenables auprès de l'Empereur , des Rois, des Souverains, Republiques & Potentats,dont ceux qui avoient surpris de pareils certificats dereception, se trouvoient sujets, pourleur défendre de se qualifier à l'avenir Chevaliers de cet Ordre, jusqu'à ce qu'avec connoissance de cause la Majesté leur eût conferé certe qualité, comme supernumeraires, & non compris dans le nombre reglé de cent pour ses sujets, Sa Majesté se reservant d'accorder ces graces honoraires, fans limitation aux étrangers qui les auroient meritées par leur naissance, & par les services qu'ils auroient rendus à la Couronne. Quoique par ce nouveau Reglement il soit porté que

[ocr errors]

les Chevaliers de l'Ordre de saint Michel doivent s'affcm-ORDRE DE

S. HUBERT bler tous les ans en Chapitre aux Cordeliers de Paris, & que leur croix doive être attachée à un ruban noir en escharpes il y a néanmoins long tems que les Chapitres ne se font tenus, & ils portent presentement par tolerance la croix attachée à un ruban bleu, à la boutonniere du just-au corps. Nous donnons ici l'habillement des Chevaliers de cet Ordre, tel qu'il eft representé à la lainie Chapelle de Vince:nes.

Favin, Theatre d'Honneur de chevalerie. Le Laboureur, Additions aux Memoires de Castelnau. Bern. rd Giustiniani, Hist. di tutt. gli ord. Milit. Mennenius , De Belloy Herman & Schoornebeck, dins leurs Hist. des Ordres Milit ires. Mezeray, Hift. de France sous Louis XI

. Elie Ashmo!e, son Traité de l'ordre de la farretiere. FrancescoCaraccioli,N.2 poli sacra; les Statuts de l'ordre de faint Micheli & les Recherches historiques de l'Ordre du faint Esprit, Tom. III.

[blocks in formation]
[ocr errors]

&

Des Chevaliers de l'Ordre de saint Hubert.
AYNAUD III. Duc de Juliers & de Gueldres, étant

mort l'an 1423. Adolphe II. Duc de Mons lui succeda, reçut l'investiture des Duchés de Juliers & de Gueldres de l'Empereur Sigismond l'an 1425. Mais Arnould d'Egmond qui avoit des préventions sur ces Provinces, s'empara du Duché de Gueldres , & entra avec des troupes dans le païs de Juliers : ce qui obligea Adolphe de faire un accord avec lui, par lequel il lui ceda pour toûjours le Duché de Gueldres, lui donna dix mille Aorins pour les autres prétentions,& fit une Tréve avec lui pour dix ans. A dolphe étant mort sans enfans , & Gerard V. Ton neveu aïant succedé au Duché de Juliers l'an 1437. Arnould d’Egmond renouvellant ses prétentions sur ce Duché, y rentra avec une armée

mais il fut défait par Gerard, qui remporta sur lui une célébre victoire le jour de saint Hubert de la même année. C'est en memoire de cette vi&oire que quelques Historiens, comme Schoonebeck & le Pere Bonanni,disenc que ce Prince institua l'an 1445. un Ordre de Chevalerie , sous enom & la protection de saint Hubert ; d'autres, comme

ВЪь iij

[ocr errors][ocr errors]

ORDRE DE Aubert le Mire, & l'Abbé Giustiniani , ne mettent l'institu-
S HUB.R' tion de cet Ordre que i'an 1473. ou 1+77. mais il ne peut pas

avoir été institué l'an 1477. puisque Gerard mourut l'an
1475. & il y a plus d'apparence que ce Prince quiavoit vaincu
le Duc de Gueldres l'an 1444. le jour de saint Hubert , in-
ftitua son Ordre la même année ou l'année suivante.

Ces Auteurs ne s'accordent point non plus sur la forme du collier de cet Ordre. Schoonebeck dit qu'il étoit composé de plusieurs cors de chasse où pendoit une medaille avec l'image de saint Hubert. Le Pere Bonanni dit seulement que ce collier étoit d'or où pendoit cette medaille. L'Abbé Giustiniani prétend qu'on ne sçait point quelle étoit la marque de cet Ordre , & Aubert le Mire assure que les Statuts de cet Ordre sont écrits en langue Allemande & qu'on les trouve manuscrits dans la maison des Cortembachs & chez d'autres avec le Catalogue des Chevaliers jusqu'en l'an 1487. parmi lesquels l'on voit les Comtes de Limbourg , de Teklembourg ; & de Nassaw, les Barons de Merod, de Pallence, de Sombeff, de Birgel , de Wlaten , de Blungart & d'autres ; mais il ne marque point ce qui distinguoit ces Chevaliers.

Quoiqu'il en soit, après la mort de Jean-Guillaume Duc de Juliers, sur les differens qui survinrent au sujet de la succession entre l’Electeur de Brandebourg & WolfangGuillaume Duc de Neubourg, ces Princes firent un accord entre eux par lequel le. Duché de Juliers échut au Duc de Neubourg. Charles Comte Palatin du Rhin , & huitiéme Electeur de l'Empire, étant mort lans enfans l'an 1685. Philippes-Guillaume Duc de Neubourg & de Juliers , par la faveur de l'Empereur Leopold Ignace, qui avoit épousé une de ses filles, fucceda au Palatinat du Rhin & à la dignité d'Electeur. Cet Electorat avoit été créé en faveur de Charles-Loüis Comte Palatin du Rhin,conformément au Traité de Munster de l'an 1648. quoique par la Bulle d’Or il ne doive y avoir que sept Elečteurs de l'Empire ; mais ce fut l'expedient que

l'on trouva pour pacifier les deux Branches Palatines , l'une que l'on appelle Rodolphine, qui est celle des Comtes Palatin , & l'autre qu'on nomme Guillelmine,

qui est celle des Ducs de Baviere, qui avoit été mise en possession de la dignité d'Electeur , dont Ferdinand V. Comte Palacin du Rhin avoit été privé par l'Empereur Ferdinand I1. l'an 1623.

ز

« PreviousContinue »