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AU DROIT.
DESIR.

ORDRE DU trouveur & fondeur de cette Compagnie , seront Princeps : 0
S. Esprit aussi doivent etre tous nos successeurs Roys de Jerusalem & de

sicile. Et à tous ceux que nous avons eflus & efliront à eftre de
la dite Compagnie , faisons à scavoir, que nous pensons à faire,
se Dieu plait , la premiere feste au Cbajtel de l'euf'enchanté du
merveilleux peril, le jour de la Penthecoste prochaine venant,
& pour ce tous les de sus dits compagnons qui bonnement pour-
ront , soient audit jour , audit lieu , en télle maniere comme
cy apres sera devise : a doncques sera plus a plain à tous les
Compagnons parlé de cette matierre..
· Premierement ils devoient jurer qu'ils donneroient aide
& secours à ce Prince de tout leur pouvoir , soit à la guerre,
soit en toutes autres occasions. Tous les Chevaliers devoient
porter un neud de telle couleur qu'ils vouloient sur leurs
habits, en un endroit où il put être vû, & dessus ou des-
sous le neud ils devoient mettre ces paroles : se Dieu plait.
Le Vendredi ils devoient porter un chaperon noir avec un
neud de soye blanche fans or , argent, ni perles. Si un Che-
valier s'étant trouvé dans quelqu'action, avoit été blessé ou
avoit blessé son ennemi , & qu'il eut remporté l'avantage, il
devoit porter dès ce jour-là son neud delié; jusques à ce
qu'il eût été au faint Sepulchre. Son nom devoit être écric
sur le neud,qu'il devoit porter ensuite lié comme auparavant
avec ces paroles, il a pleu à Dieu & deffus le neud un ray ar-
dent du saint Espric: ce qui étoit apparemment une de ces
flammes en forme de langue de feu sous la figure desquelles
le faint Esprit descendit sur les Apôtres dans le enacle. Ils
devoient porter ausfi une épée, sous le pommeau de laquelle
leur nom & surnom étoient écrits avec ces paroles se Dieu
plaist. Ils jeûnoient tous les Vendredis de l'année ou bien
il leur étoit libre de donner ce jour-là à manger à trois pau-
vres en l'honneur de Dieu & du fain

Tous les ans ils se trouvoient à Naples le jour de la Pentecôte au château de l'Oeuf, & comme les étrangers & ceux qui étoient de païs éloignés étoient obligés de faire des dé. penses pour leur voïage , le Roi les remboursoit des frais qu'ils avoient faits. Ils avoient dans cette Assemblée des habits blancs. Ils y devoient porter par écrit tous les faits d'armes qu'ils avoient faits pendant l'année, & ceux que l'on trouvoit les plus considerables étoient écrits dans un Livre

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Chevalier du St Esprit au droit desèr. - en habit ordinaire ulechaperon noir et le Norud blanc . 59

de Poilly F

AV DROIT.

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qu'on appelloit le Livre des avenemens aux Chevaliers de la ORDRE D'I Compagnie du faint Esprit au droit.de fir. Si quelque Che-S. ESPRIT valier avoit faic une action indigne, il devoit se trouver à DESIR, pareil jour au château de l'Oeuf vêcu de noir avec une flamme lur le ceur & ces mots en gros caracteres : fai esperance au saint Esprit de ma grande honte amender. Il ne mangeoir point ce jour là avec les Chevaliers ; mais seul au milieu de la salle ou le Prince & les autres Chevaliers mangeoient : ce qui duroit jusques à ce que le Prince avec son Conseil l'eût rétabli en son honneur. Il y avoit aussi dans le même château une table que l'on appelloit la table desirée où mangeoient le jour de la Pentecôte tous les Chevaliers qui pendant l'année avoient delié le næud. Ceux qui avoient fait les plus belles actions étoient assis à la place la plus honorable de la table; & s'il y en avoit quelqu'un qui portât son neud relié avec une Aamme,on lui mettoit sur la tête une couronne de laurier. La fête étant finie on tenoit un Chapitre dans le. quel il étoit permis de retrancher ou d'ajoûter aux Statuts ce que l'on croïoit plus convenable pour l'honneur & l'avancement de l'Ordre. Un Chevalier qui avoit déja reçu quelqu'Ordre avant que d'être admis dans celui du saint Esprit au droit desir , devoit le quitter , ou ne le pouvant pas faire honnêtement , celui du saint Esprit devoit êire le premier & dans la suite il n'en devoit recevoir aucun fans la permisfion du Prince ; mais on ne devoit pas la lui demander qu'on n'eût porté le neud relié avec la flamme. Après la mort d'un Chevalier les parens étoient obligés de porter son épée au Prince qui après l'avoir reçuë faisoit dire huit jours après un office folemnel pour le repos de l'ame du Chevalier décédé. Tous les autres y affistoient Le plus proche parent ou un ami du deffunt prenoit son épée par la pointe & l'offroit sur l'Autel , étant suivi du Prince & des autres Chevaliers qui accompagnoient cette épée jusques à l'Autel. Ils se mettoient ensuite à genoux priant Dieu pour l'ame du Chevalier décédé, & après le service on attachoir cette épée à la muraille de la Chapelle : on devoit mettre dans l'espace de trois mois une pierre de marbre où étoient marqués le nom du Chevalier , le lieu & le jour de la mort. S'ilavoit porté la Aamme sur le neud , on ajoûtoit sur cette pierre de marbre, une flamme d'où sortoient ces paroles il acheva la partie du

Rroiij

S. ESPRIT
AU DROIT
DESIR.

ORDRE DU droit defir, & chaque Chevalier étoit encore obligé de faire AU DROIT dire sepi Messes pour le repos de son ame.

Telles étoient les principales obligations des Chevaliers de l'Ordre du saint Esprit au droit desir,prescrites par leurs Statuts qui concenoient vingt-trois Chapitres, ausquels on ajoûta cet autre l'an 1353. qui marquoit aux Chevaliers en quelles occafions ils pouvoient delier le neud: Item , il est declaré par ce dernier Chapitre ajoûté en la premiere feste palsée de la Pentecoste l'an de grace 1353. que nul compagnon dudit Ordre n'en peufe delier le neu sinon pour la maniere qui s'enfuit : c'est à scavoir que se aucun des compagnons dell'Ordrefe trouvera en aucun fait d'armes la ou le nombre de ses ennemis Jeront cinquante Barbus ou autres À la part du Chevalier dell'ordre n'en s'estendit plus que le nombre de les adversaires, se ledit Chevalier se pouvoit pour son honneur tant avancier qu'il put eftre le premier à ferir envayr les ennemis , ou se il pouvoit prendre le Capitaine de ses ennemis , á la fin de la bataille sera honorable pour la part dudit Chevalier dell'ordre il puet delier le neu. Item fe aucuns desd. Compagnons dell'ordre se trouvoient en aucuns faits d'armes la ou le nombre de leurs ennemis fuflent trois cent Barbus ou plus & la part des Chevaliers dell'ordre non s'estendit outre le nombre des ennemis , & les Chevaliers ou Chevalier dell ordre fussent les premiers fereous en la bataille ou eschiclle des ennemis que la fin de la bataille sera honorable pour la part desdits Compagnons dell'Ordre : eux povent dejlier le neu en la maniere susdite si notoirement que chacun soit tenu monstrer au Prince, o à fon Conseil , de són bienfait vrayes enseignes. .

Louis de Tarente n'arant point eu d'enfans, cet Ordre fut aboli après sa mort par les desordres & les revolucions qui arriverent au Rožaume de Naples. L'on auroit ignoré les Statuts que ce Prince avoit prelcrits aux Chevaliers de cet Ordre , li l'original n'étoit tombé au pouvoir de la Republique de Venise qui en fit présent à Henri III. Roi de France & de Pologne, lorsqu'il paffa à Venise à son retour de Pologne. M. le Laboureur les a fait imprimer dans les Additions aux Memoires de M.de Castelnau. La memoire de cec Ordre s'est toûjours conservée à Naples par le moïen des armes & des tombeaux de plusieurs de ces Chevaliers que l'on voit en differens endroits de cette ville , & particuliere

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