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CHAPITRE XLII.

Des Chevaliers des Ordres de la Bande, de la Colombe de la Raifon, de l'Ecaille, & de l'Etolle en Espagne.

La

con

'ORDRE de la Bande ou de l'Echarpe, ainfi appellé à caufe que les Chevaliers portoient une bande, ou ruban de foye rouge, large de quatre doigts, en forme d'écharpe ; de l'épaule gauche fous le bras droit ; fut inftitué en 1330. ou 1332. par Alfonse XI. Roi de Castille, fils de Ferdinand, & de Conftance de Portugal. Antoine de Guevara Evêque de Mondognedo qui parle de cet Ordre dans une de ses Lettres au Comte de Benavente, ne marque point le lieu où il fut inftitué; mais il dit que quatre ans après le même Roi étant à Palencia, le retablit, le reforma, & même l'amplifia. Il ne fe donnoit qu'à des Gentilshommes de fideration ou vaillans Chevaliers. Les aînez des familles en étoient exclus, & il n'y avoit que les cadets qui puffent recevoir l'Echarpe;encore falloit-il qu'ils euffent fuivi la Cour pendant dix ans ou qu'ils euffent fervi le Roi à la guerre contre les Maures. Les Reglemens que le Roi Alfonfe, qui fe déclara Grand-Maître & Chef de cet Ordre, prescrivit aux Chevaliers, contenoient trente huit articles. Ils étoient obligés entre autres chofes de parler au Roi en faveur du bien public & des Bourgeois des lieux ou ils demeuroient, lorfqu'ils en étoient requis; fur peine d'être bannis de leur païs & privez de leurs biens. En parlant au Roi, ils devoient lui dire la verité, promettant de lui être fideles, & s'ils entendoient quelqu'un qui parlât mal de lui & qu'ils ne s'y oppofaffent ils étoient chaffez de la Cour & on leur ôtoît l'Echarpe pour toûjours. Si dans leurs entretiens, ils avoient fait quelque menfonge, ils ne pouvoient porter l'épée d'un mois. Ils ne devoient frequenter que des perfonnes fages pour apprendre d'eux à bien vivre, ou des gens de guerre pour s'inftruire dans la profeffion des armes, & s'ils frequentoient des marchards ou des gens de métier, ils en étoient punispar le Grand Maître qui leur deffendoit de fortir de leur maison pendant un mois.lls devoient garder la fidelité à leurs

pas ;

ORDRES DE

LA BANDE, DE LA CoLOMBE, DE LARAISON, DE L' ECAILLE, ET DE L'ETOLLE EN ES PAGNE.

DE LA CO

LAKAISON,

DE

PAGNE.

ORDRED amis. Ils ne pouvoient paroître à la Cour qu'à cheval & non LA BANDI, fur des mules, à peine de païer un marc d'argent&s'ils avoient LOMBE, DE dit quelque parole de flaterie ou de raillerie, ils ne pouvoient L'E' paroître à la Cour qu'à pied pendant un mois, & devoient CAILLE, ET refter dans leur mailon pendant un autre mois. Celui qui fe LE EN ES plaignoit de fes bleffures ou qui fe vantoit de quelque belle action, en étoit aufli puni par le Grand- Maître; & pendant le tems de fa penitence, il ne pouvoit être vifité par les autres Chevaliers. Il ne leur étoit pas permis de jouer aux dez, ni de donner à jouer. Ils ne pouvoient mettre en gages leurs armes,ni leurs habits. Il leur étoit défendu de manger feuls & des chofes vilaines ou de mauvaise odeur, & devoient en beuvant prononcer le nom de JESUS. Si quelqu'un fans la permiffion du Roi portoit la Bande, il devoit fe battre avec des Chevaliers de cet Ordre, & fi celui qui avoit pris la Bande étoit vainqueur, il étoit déclaré Chevalier & pouvoit à l'avenir la porter: au contraire s'il étoit vaincu, il étoit chaffé de la Cour. Tous les Chevaliers ne devoient combatre que contre les Maures, à moins qu'ils n'accompagnaffent le Roi dans quelqu'autre guerre; mais s'ils combattoient contre d'autres ennemis que les Maures fans être à la fuite du Roi, ils étoient privez de l'Echarpe. Ils s'affembloient trois fois l'an pour les affaires de l'Ordre, & ils devoient tous se trouver au lieu de l'affemblée avec leurs armes & leurs chevaux. Ils étoient auffi obligez tous les ans de faire au moins quatre fois, le jeu des cannes, & de courir la bague une fois la femaine,& celui qui négligeoit ces exercices étoit privé de l'Echarpe pendant un mois, & alloit fans épée pendant un autre mois. Si quelque Chevalier fe marioit à vingt lieuës à la ronde, du lieu où fe tenoit la Cour, tous les autres Chevaliers étoient obligez de l'accompagner, lorfqu'il fe préfentoit au Roi pour lui demander quelques préfens ; comme auffi de l'accompagner au lieu où il fe marioit & de faire un préfent à la mariée. Tous les premiers Dimanches du mois, ils fe trouvoient au Palais pour faire des armes, deux contre deux en présence du Roi. Le nombre de ceux qui étoient admis aux Tournois & dans les Courses, ne pouvoit pas paffer trente contre trente. Dans les Tournois on ne pouvoit courir plus de quatre fois, & celui qui dans l'une des quatre courses ne rompoit point fa lance étoit tenu de païer les frais du Tour

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Chevalier de la Colombe

de Poilly f

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