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Hospita. Sæurs sont vêtuës plus proprement, mais modestement , à DION BY peu près comme les Filles de l'Union Chrêsienne.

Hermant, Hist. des Ordres Religieux , Tom. IV. & les Star tuts & Reglemens des Ecoles Chretiennes & charitables , imprimés à Paris l'an 1685.

DE LANGRLS,

CHA P I TRE X X X I.

Des Hospitalieres de Dijon de Langres , avec la Vie

de Monsieur Foly , Prêtre, Docteur en Theologie, ca Chanoine de l'Eglise de saint Etienne de Dijon, leur Fondateur.

ONSIEUR Joly, Instituteur des Hospitalieres de Di

à de l'an 1644. & eur pour pere facques Joly, Secretaire du Parlement de Bourgogne. Le nom de Benigne lui fut donné sur les Fonts de Baptême, & il eut toute sa vie un grand soin d'honorer ce saint Martyr & Apôtre de Dijon, par l'imitation de ses vercus. Ses parens , qui par un principe de pieté & de devoir s'étoient appliqués à élever tous leurs enfans , dont le nombre étoit assez grand, dans les pratiques de la veritable devotion , remarquerent dans le jeune Benigne de fi . heureuses dispositions pour la vertu,qu'ils redoublerent leurs foins pour l’y former de bonne heure;mais sur tout à celle de la charité envers lespauvres, dont sa mere lui donnoit l'exemple, en allant de maison en maison chercher les pauvres les plus abandonnés, ausquels elle donnoit elle même tous les fecours dont ils avoient besoin , jusqu'à exposer sa propre vie pour

conserver la leur, comme il parut atez en 1652. que la ville de Dijon fut affligée d'une fiévre pourpreuse qui emporta plus de quatre mille personnes. Car ceite charitable Dame s'emploïa avec tant de charité & de zele pour le service des pauvres qui étoient attaqués de cette maladie, &

peu de ménagement pour sa santé,qu'elle en fut ellemême attaquée, & en mourut le deux O&obre de la même année. Pour accoûlumer de bonne heure ses enfans à faire l'aumône aux pauvres, elle leur donnoit souvent de quoi la faire eux mêmes ; & jamais elle n'avoit plus de plaisir que

avec si

VIII.p.236

Hospitaliere de Dijon.

de Poilly of

DE LAV

GRES.

quand après avoir fait leurs petites liberalités,ils retournoient Hoscura-
à elle pour avoir de quoi en faire d'autres. Le petit Benigne PN ET
sur tous les autres , le signala si bien dans ces pratiques de
charité, que dès l'âge de cinq à fix ans , aïant un jour ren-
contré dans les ruïs quelques pauvres qui languissoient de
faim, & n'aïant rien à leur donner , il les prella si vivement
de decoudre tous les rubans quiornoient une robe neuve que
sa mere lui venoit de faire faire à la mode de ce tems là,

que la necellité jointe à ses sollicitations les aïant obligés de le faire, ils eurent de quoi acheter du pain en abondance : ce qui parut à la mere une action si heroïque de charité, que bien loin de lui en faire des reproches, elle augmenta pour lui sa tendresse , loüant & benissant Dieu de lui avoir donné un enfant qui donnoit de si belles esperances.

A près la mort de certe Dame le jeune Benigne fur envoïé à Beaune par son pere qui confia son éducation aux Pe res de l'Oratoire. Il fit des progrès dans les Lettres qui surprirent ses maîtres , & il avança si bien dans la pieté qu'on jugea dès lors qu'il se consacreroit au service de l'Eglise. On ne voïoit point en lui ces empressemens li ordinaires aux jeunes gens pour le jeu & le divertissement. Il avoit une grande solidité d'esprit , beaucoup de discernement , une grandeur d’ame qui n'étoit pas commune , & son inclination étoit d'obliger ses Compagnons , & leur faire plaisir autant que son attachement à son devoir le lui pouvoic per

Il emploïa fix années à faire ses Humanités ; mais son pere étant mort au mois de Mai de l'année 1659. son frere aîné qui se trouva chargé de la famille le fic revenir à Dijon. Un an après il l'envoïa à Rennes , où il le mit en pension chez les Peres Jesuites sous lesquels il fit la Rhetorique & commença la premiere année de Philosophie; mais quelques-uns de ses amis lui àïant conseillé d'aller à Paris & d'y recom, mencer sa Philosophie pour se mettre en état de prendre les grades , il les crut, & son frere y aïant donné les mains, il se rendit à Paris au commencement du mois de Septembre de l'année 1662. Après avoir fait ses cours de Philosophie & de Theologie , il fut reçu Bachelier en 1667. & reçut le Bonnet de Docteur en 1672. après avoir été ordonné Prêtre la même année à l'âge de vingt-sept ans.

mettre.

1

HOSPITAL LIERE DIJON ET

DE

GXES.

Il avoit été pourvû d'un Canonicat dès l'âge de quatorze

ans dans l'Eglise Abbatiale de saint Etienne de Dijon ; mais DE LA N- ses études l'aïant empêché legitimement de satisfairt aux

devoirs d'un Chanoine, elles ne furent pas plûtôt finies qu'il songea de retourner dans sa patrie pour remplir ses obligations. A peine fut-il arrivé à Dijon que Dieu éprouva sa patience par une maladie de trois mois, pendant laquelle il résolut de se défaire de son Canonicat afin d'avoir la liberté d'aller de village en village pour instruire les païsans & palser toute sa vie dans une Mission continuelle ; mais le Pere Charles Gauterot Provincial des Peres de la Doctrine Chrés tienne qui avoit été fon Directeur pendant qu'il étoit à Paris & sans l'avis duquel il n'entreprenoit rien , prévosant le fruit qu'il pouvoit faire à Dijon fa patrie , l'empêcha d'executer ce dessein , & lui conseilla de demeurer dans l'état où Dieu l'avoit mis.

Monsieur Joly suivit donc cet avis , & à peine eut-il recouvert ses forces, qu'il se rendit si aslidu à toutes les heures de l'Office Divin de l'Eglise de saint Etienne, qu'il en préfera l'assistance à toutes les ouvres de pieté ausquelles il se sentoit porté de lui-même & ausquelles d'autres personnes vouloient l'engager. M. Fiot pour lors Abbé de cette Collegiate , qui étoit autrefois un celebre Monastere de l'Ordre de saint Augustin , conçut tant d'estime de sa vertu que sans avoir égard à son âge qui n'étoit encore que de vingt-neuf ans il l'honora de la qualité de son Grand-Vicaire pour toutes les dépendances de l'Abbaïe , & il fit la visite de toutes les Eglises, qui étoient de la jurisdiction, avec le succès qu'on en pouvoit esperer.

N'aïant pu executer le dessein qu'il avoit formé d'aller dans les Millions pour instruire les pauvres de la campagne il trouva les moïens de se dédommager d'une fi sainte entreprise fans sortir de Dijon. Il y avoit dans cette villequantité de pauvresmandians élevésdans l'oisiveté &dans une pitoïable ignorance qui ne se trouvoient dans les Eglises que pour interrompre par leurs importunités la devotion de ceux dont ils imploroient la charité. Pour empêcher cet abus & procurer en même tems aux pauvres les secours spirituels & temporels dont ils avoient besoin , il fit publier par toutes les Paroisses de Dijon,que l'on feroit une bonne aumône à tous les paiz

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