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LIIRIS DEL

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HOSPITA. Sæurs sont vêruës plus proprement, mais modestement, à
Dion de peu près comme les Filles de l'Union Chrêtienne. ...,
DE L'AN-Hermant, Hist. des Ordres Religieux , Tom. IV. & les Staa

tuts & Reglemens des Ecoles. Chrétiennes & charitables, im-
primés à Paris l'an 1685.

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CHAPITRE X X X I.
Des Hospitalieres de Dijon eau de Langres , avec la Vie

de Monsieur Joly , Prêtre, Docteur en Theologie, con
Chanoine de l'Eglise de Saint Etienne de Dijon, leur

Fondateur.
M O NSIEUR Joly, Instituteur des Hospitalieres de Di-
M jon & de Langres, nâquit à Dijon le 22. Septembre
de l'an 1644. & eut pour pere facques Joly, Secretaire du
Parlement de Bourgogne. Le nom de Benigne lui fut donné
sur les Fonts de Baptême, & il eut toute sa vie un grand soin
d'honorer ce saint Martyr & Apôtre de Dijon, par l'imita-,
tion de ses vertus. Ses parens , qui par un principe de pieté
& de devoir s'étoient appliqués à élever tous leurs enfans,
dont le nombre étoit assez grand, dans les pratiques de la ve-
ritable devotion , remarquerent dans le jeune Benigne de si.
heureuses dispositions pour la vertu, qu'ils redoublerent leurs
soins pour l'y former de bonne heure; mais sur tout à celle de
la charité envers lespauyres, dont la mere lui donnoit l'exem-
ple, en allant de maison en maison chercher les pauvres les
plus abandonnés , ausquels elle donnoit elle même tous les
fecours dont ils avoient besoin , jusqu'à exposer sa propre vie
pour conserver la leur , comme il parut atez en 1652. que la
ville de Dijon fut affligée d'une fiévre pourpreusé qui em-
porta plus de quatre mille perlonnes. Car cette charitable
Dame s'emploia avec tant de charité & de zele pour le
service des pauvres qui étoient attaqués de cette maladie, &
avec si peu de ménagement pour sa santé,qu'elle en fur elle-
même attaquée, & en mourut le deux Octobre de la même
année. Pour accoûtumer de bonne heure ses enfans à faire
l'aumône aux pauvres, elle leur donnoit souvent de quoi la
faire eux mêmes ; & jamais elle n'avoit plus de plaisir que

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Hospitaliere de Dijon..

de Poilly f

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GRES.

quand après avoir fait leurs petites liberalités,ils retournoient Hospitaà elle pour avoir de quoi en faire d'autres. Le petit Benigne "DNET sur tous les autres, le signala si bien dans ces pratiques de La Ve charité, que dès l'âge de cinq à fix ans, aïant un jour rencontré dans les ruïs quelques pauvres qui languisfoient de faim , & n'aïant rien à leur donner , il les presla si vivement de decoudre tous les rubans quiornoient une robe neuve que sa mere lui venoit de faire faire à la mode de ce tems là, que la necessité jointe à ses sollicitations les aïant obligés de le faire, ils eurent de quoi acheter du pain en abondance : ce qui parut à sa mere une action si heroïque de charité, que bien loin de lui en faire des reproches, elle augmenta pour lui sa tendresse , loüant & benillant Dieu de lui avoir donné un enfant qui donnoit de si belles esperances.

Après la mort de cette Dame le jeune Benigne fut envoïé à Beaune par son pere qui confia son éducation aux Pea res de l'Oratoire. Il fit des progrès dans les Lettres qui surprirent ses maîtres, & il avança si bien dans la piecé qu'on jugea dès lors qu'il se consacreroit au service de l'Eglise. On ne voïoit point en lui ces empressemens li ordinaires aux jeunes gens pour le jeu & le divertissement. Il avoit une grande solidité d'esprit , beaucoup de discernement , une grandeur d'ame qui n'étoit pas commune , & son inclination étoit d'obliger ses Compagnons , & leur faire plaisir autant que son attachement à son devoir le lui pouvoit permetre.

Il emploïa fix années à faire ses Humanités ; mais son pere étant mort au mois de Mai de l'année 1659. son frere aîné qui se trouva chargé de la famille le fit revenir à Dijon. Un an après il l'envoïa à Rennes , où il le mit en pension chez les Peres Jesuites sous lesquels il fic la Rhetorique & commença la premiere année de Philosophie; mais quelques-uns de ses amis lui àïant conseillé d'aller à Paris & d'y recom mencer sa Philosophie pour se mettre en état de prendre les grades, il les crut, & son frere yasant donné les mains , il se rendit à Paris au commencement du mois de Septembre de l'année 1662. Après avoir fait ses cours de Philolophie & de Theologie , il fut reçu Bachelier en 1667. & reçut le Bonnet de Docteur en 1672. après avoir été ordonné Prêtre la même année à l'âge de vingt-sept ans.

DIJON ET

N. 10 GES.

DE

Hospita. Il avoit été pourvû d'un Canonicat dès l'âge de quatorze LIERE VE ans dans l'Eglise Abbatiale de saint Etienne de Dijon ; mais DE LA N- ses études l'aïant empêché legitimement de satisfairt aux

devoirs d'un Chanoine, elles ne furent pas plûtôt finies qu'il songea de retourner dans sa patrie pour reinplir ses obligations. A peine fut-il arrivé à Dijon que Dieu éprouva sa patience par une maladie de trois mois, pendant laquelle il résolut de se défaire de son Canonicat afin d'avoir la liberté d'aller de village en village pour instruire les païsans & passer toute sa vie dans une Million continuelle ; mais le Pere Charles Gauterot Provincial des Peres de la Doctrine Chrés tienne qui avoit été son Directeur pendant qu'il étoit à Paris & sans l'avis duquel il n'entreprenoit rien , prévoïant le fruit qu'il pouvoit faire à Dijon sa patrie , l'empêcha d'executer ce dessein , & lui conseilla de demeurer dans l'état où Dieu l'avoit mis.

Monsieur Joly suivit donc cet avis , & à peine eut-il recouvert ses forces, qu'il se rendit si assidu à toutes les heures de l'Office Divin de l'Eglise de saint Etienne, qu'il en préfera l’allistance à toutes les ouvres de pieté ausquelles il se sentoit porté de lui-même & ausquelles d'autres personnes vouloient l'engager. M. Fiot pour lors Abbé de cette Collegiate , qui étoit autrefois un celebre Monastere de l'Ordre de saint Augustin , conçut tant d'estime de sa veriu que sans avoir égard à son âge qui n'étoit encore que de vingt-neuf ans il l'honora de la qualité de son Grand-Vicaire pour toutes les dépendances de l'Abbaïe, & il fit la visite de toutes les Eglises, qui étoient de la jurisdiction, avec le succès qu'on en pouvoit esperer.

N'aïant pu executer le dessein qu'il avoit formé d'aller dans les Millions pour instruire les pauvres de la campagne il trouva les moïens de se dédommager d'une fi sainte entreprise fans sortir de Dijon. Il y avoit dans cette villequantité de pauvresmandians élevés dans l'oisiveté &dans une pitoiable ignorance qui ne se trouvoient dans les Eglises que pour interrompre par leurs importunités la devotion de ceux dont ils imploroient la charité. Pour empêcher cer abus & procurer en même tems aux pauvres les secours spirituels & temporeis dont ils avoient besoin , il fit publier par toutes les Paroilles de Dijon,que l'on feroit une bonne aumône à tous les pau,

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