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SAINTIG
NiViiVE.

FILLES DI parées. On y fit un Refectoire, une salle d'exercices & auSAINT GE tres lieux Reguliers, & cela avec tant de propreté , que ces

reparations monterent encore à plus de vingi milles livres. Deux ans s'écoulerent avant que cette maison se trouvật prête. Madame de Miramion en regla le spirituel & le temporel , & ordonna que les retraites des Dames dureroient Tept jours, pendant lesquels elles coucheroient toutes dans la maison où l'on pourroit en loger cinquante , & que les Retraites des pauvres ou des femmes & filles de mediocre condition ne dureroient que cinq jours : qu'on en pourroic recevoir jusqu'à six vingt chaque fois : mais qu'on ne retiendroit à coucher que celles qui viennent de la campagne : qu'à l'égard de celles de Paris , elles retourneroient tous les soirs chez elles & reviendroient les matins, & qu'on les nourriroit routes.

Madame de Miramion para toute seule les premieres Retraites des pauvres , & quelques personnes de pieré y contribuerent dans la suite. Il n'y a encore qu'une des quatre,qui se font par an, qui soit fondée ; mais en attendant qu'elles le soient, le Roi v pourvoit par ses liberalitez. Les Peres Jesuites & les Prêtres du Seminaire des Missions Etrangeres font à l'alternative les Retraites des Dames deux fois l'année, & celles des pauvres quatre fois. Le profond respect que Madame de Miramion eut toûjours pour les Prêtres, lui fic former le dessein de travailler à l'établissement de diverses maisons Ecclesiastiques , l'une pour renfermer ceux qui ne seroient pas reglez, une autre pour ceux qui sont obligez de venir à Paris solliciter des affaires, & une troi. fiéme pour servir de retraite à ceux que l'âge & le travail ont mis hors d'état de fervir l'Eglise. Mais le tems & les moïens lui aïant manqué, M. le Cardinal de Noailles Archevêque de Paris y suppléa, en établissant la Communauté de saint François de Sales , qui pour cet effet jouit du Prieuré de saint Denis de la Charte à Paris.

Enfin Madame de Miramion epuisée de forces & succombant pour ainsi dire sous le poids de ses mortifications, tomba malade le 19. Mars 1696. ses vomisiemens continuels l'empêcherent d'abord de recevoir le saint Viatique ; mais en aïazt éré délivrée par une grace speciale de celui qu'elle avoit aimé & servi avec tant de fidelité, elle le reçut enfin &

RIVIEVE.

mourut le 24. Mars , asant ordonné par son testament qu'on FileES DE l'enterreroit comme une simple fille de sainte Genevieve. Six SAINT: Gr. pauvres porterent son corps à la Paroisse , cù il fut enterré dans le Cimetiere & son cæur fut mis dans la Chapelle de la Communauté, où toutes les bonnes auvres que l'on y faisoit de son vivant , ont été depuis continuées & même augmentées par le zele & la ferveur de ses filles', qui faisant leur possible pour imiter son amour pour Dieu & la charité pour le prochain, se sont toûjours conservé jusqu'à présent l'estime de tout le monde & la bonne odeur de Jelus Chrift par la fidelité avec laquelle elles s'acquitent de toutes leurs obligations & pratiques de pieté, & par la charité qu'elles exercent envers le prochain,enseignant à lire, écrire & travailler,aux petites filles, qu'elles élevent en même tems à la connoissance des Mysteres de notre sainte Religion & aux pratiques d'une veritable pieté , en recevant dans leurs maisons les maîcrelles d'Ecole , qui desirent éprouver leur vocation & se former à cet emploi , en allant en campagne , lorsque les Evêques & les Curés le demandent, pour établir & dreiser des maîtreffes , en faisant dans leurs maisons , pour l'instruction des personnes de leur sexe , une lecture ou Conference familiere sur les choses necessaires au salut , sur les vertus & sur les obligations de leur état pour passer la vie saincement , en admettant chez elles celles qui defirent faire les exercices spirituels , en allistant spirituellement & corporellement les pauvres malades & les blessés des Paroisses où elles sont établies , qu'elles faignent , & pensent, & ausquels elles fournissent autant qu'elles en ont le moïen, les onguens & autres remedes qu'elles jugent necessaires pour leur guerison.

Les Sæurs ne sont reçuës à la Communauté qu'à vingt ans accomplis & après deux ans d'épreuve. Elles ne font point de veux ; mais foit que la prétendante apporte quel que chose en fonds ou en argent , ou une rente viagere, soit qu'elle n'apporte rien, on passe un Contrat entr'elle & la Superieure avec ses Conseilleres, par lequel il est porté qu’outre les autres causes dont on est convenu, la prétendante aïant lu & bien entendu les Constitutions , elle s'y soùmet & s'oblige de les observer , & que la Communauté s'c. blige à la nourrir & entretenir , tant en santé que maladie

NEYTEYE.

Files , pendant tout le tems qu'elle sera du même Corps, & d'obser: SAINTI GL.

ver reciproquement les Constitutions à fon égard, & pour lors au jour marqué les Sæurs assemblées dans leur Oratoire, le Superieur y étant, la prétendante lui demande d'être reçuë au corps de la Communauté pour y vivre luivant les Constitucions. Le Superieur demande si elle a les voix de la Communauté , & la Superieure l'en-aïant assuré, il déclare à haute voix qu'elle est reçue. Tel est leur engagement & la cérémonie de leur réception.

Ces filles disent tous les jours en commun le petit Office de la Vierge & font une heure d'Oraison Mentale , demieheure le matin & demie heure après Complies. Tous les ans elles font une retraite de huit ou dix jours au tems que la Superieure juge le plus commode. Elle peur aufli accorder à quelques unes des Sæurs un jour de retraite chaque mois. Une fois la semaine elles doivent s'affembler pour s'accuser devant la Superieure de trois ou quatre fautes principales & exterieures qu'elles pourroient avoir commises, fpecialement contre les Constitutions. Leurs habits , linges & ameublements font en commun. Leur habit de dessus & la seconde jupe sont d'étoffe de laine noire, & la juppe de deflous de faine grise ou noire, le linge de dessus simple & uni, celui de dessous de toile commune forte & de durée. Tout le reste doit être simple & d'un prix mediocre. Elles doivent avoir la gorge & les bras si modestement couverts qu'on ne les puisse voir, Leurs cheveux ne doivent point être abbatus & elles gardent en tout l'uniformité. Les Sæurs domestiques ou servantes sont habillées de gris. S'il y a quelques filles ou veuves , qui ne pouvant pas s'assujettir à tous les Reglemens. de la Communauté , ou pour être trop foibles de corps ou pour quelqu'autre raison , souhaitent néanmoins demeurer dans la maison & s'unir à la Communauté pour servir Diea plus parfaitement & aider à plufieurs bonnes auvres que les Sæurs pratiquent à l'égard du prochain , elles les peuvent recevoir en qualité d'associées. Ces associées ne font obligées qu'à une année d'épreuve , elles n'one point de voix active & passive, & ne peuvent être mises dans les Charges qui sont éledives.

L'Abbé de Choisy , Vie de Madame de Miramion. & les Constitutions des Filles de sainte Genevieve.

CHAPITRE

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de Poilly i

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