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celles qui se joindroient à elles en Société & Congrégation, FltLF, fous le titre & de la manière qu'elles íbuhaitoient, pour va- I'enfance quer à 1 éducation Chrétienne des jeunes filles, à î'instruc- Dl ÌIS3s' tion de celles qui étoient nouvellement converties à la foi Catholique, au secours & à l'assistance des pauvres malades honteux & autres, avec le vœu simple de stabilité, fous la conduite de leur Fondatrice & Institutrice. II approuva les Constitutions qui avoient été dressées par M. de Ciron , à condition néanmoins qu'aucune fille ne pourroit être reçue à faire le vœu de stabilité dâns la Congrégation j avant qu'il y eût un Acte public de la donation que la Fondatrice avoit promis de faire pour l'entretien de huit filles : ce qu'elle exécuta la même année, & fit la première ce vœu de stabilité le 4. Mars. Elle envoïa ensuite à Rome les mêmes Constitutions , pour en avoir la confirmation du saint Siège , que le Pape Alexandre VII. accorda par un Bref du 6. Novembre 1661. Le Roi donna auffi ses Lettres Patentes pour cet établissement leu. Octobre 1663. & elles furent enregistrées au Parlement de Toulouse le 17. Novembre suivant. Tels furent les commencemens de la Congrégation des Filles de l'Enfance, qui ne subsistèrent pas long- tems, comme nous le verrons dans la fuite.

Les Constitutions qui furent dressées par M. de Ciron , contenoient cinquante-trois Chapitres. Le premier traitoic de la fin de l'Institut, qui étoit d'honorer tous les états de l'Enfance de Nôtre Seigneur Jésus-Christ j mais particulièrement celui dans lequel il commença d'instruire les hommes & de se séparer de ses parens, pour s'appliquer plus particulièrement aux affaires de son pere : ce que les filles qui erabrassoienteet Institut dévoient imiter, en procurant au dedans 2c au dehors de leurs maisons l'instruction & le secours spirituel & temporel du prochain, autant que la modestie de leur état le pou voit permettre. Le second Chapitre décerminoit les Emplois des filles de cette Congregation.dont le principal étoit d'élever les jeunes filles dés leur enfance dans la connoissance des obligations de leur Batême, dans l'estime & la pratique des promesses qu'elles y ont faites à Dieu, dans la haine du monde, & de ses pompes, ausquelles elles ont renoncé , & dans l'amour de Jésus-Christ, & des maximes de son Evangile. Le troisième traitoit de la manière que les filles Fitin o i de l'Enfance dévoient s'appliquer à cette éducation , en preïkluaí' nant ^cs Penfi°nnaires dans leurs Maisons, & en tenant des Ecoles publiques. Le quatfie'me & le cinquième regardoient le gouvernement des Pensionnaires & des Ecoles. Le sixième enleignoit la manière avec laquelle ces filles dévoient se comporter dans la visite des malades, & la distribution des bouillons. Le septième ce qu'elles dévoient faire à l'e'gard des nom. velles Catholiques. Le huitième & le neuvième le foin qu'elles dévoient avoir des Hôpitaux & des pauvres en tems de peste. Le dixième parloit des retraites'qu'elles dévoient faire pendant huit jours tous les ans.Les onziéme,douziéme,tre(iziéme &quatorziéme,regardoient la réception desfilles.il devoit y en avoir de trois fortes > les premières étoient des Demoiselles de noblesse d'épée ou de robe, qui pouvoient feules avoir voix déliberative dans toutes les choses qui demandoient les suffrages de la Communauté , comme aussi voix active & passive dans les élections aux Charges de Supérieure, Intendante & Oeconome de la Maison. Dans le second rang étoient les fillesd'une condition inferieure,qui pouvoient avoir part à tous les Emplois de la Congrégation, aussi- bien que le* premieres.comme de Maîtressesdes Ecoles,duGouvernement des Pensionnaires, de la visite des pauvres , distribution des bouillons, & autres choses semblables: elles étoient feulement exclues des Charges de Supérieure , Intendante & Oeconome. Enfin dans le troisième rang étoient les Suivantes , Femmes de Chambre & Servantes du gros emploi, qui dévoient toujours demeurer dans la condition que la naissance leur avoit donnée, sans qu'elles pussent en être tirées pour quelque cause que ce fût. Avant que ces filles fissent le voeu de stabilité , elles dévoient être éprouvées pendant deux ans, lesquels expirés, la Fondatrice avoit droit de les recevoir elle feule, & après fa mort,ce droit appartenoit à la Communauté. Celles qui étoient admises dévoient faire vœa de stabilité en cette manière. Je promets sincèrement & librement , & je voué à Vhonneur de la sainte ejr sacrée Enfance de Nòtre- Seigneur Jésus-Christ, fiabilité perpétuelle dans la Congrégation des Filles de VEnfance ,pour y vivre le rcjle de mes jours, conformément k ses Statuts & Reglcmens^ans clôture & fans aucune liaison de vœu folemnel, & fans aucune aff ectation d'habit singulier. Dieu me faffe la grâce d'y ét*c

fidelh.. fictelle. L'épreuve de deux années se nommoit l'essai, & la Fr profession la liaison, afin de n'avoir rien de commun avec les £ autres Congrégations Régulières & Séculières. C'est pour cette raison que le dixneuviéme Chapitre ordonnoit que les Maisons de cette Congrégation de l'Enfance seroient à la manière des maisons des bons Bourgeois, & qu'on ne bâtiroit point fur tout ni Dortoirs, ni Refectoirs, ni chauffoirs,( & que les lieux destinés à ces usages n'en dévoient avoir ni la forme ni le nom. Le quinzième défendoit de recevoir des veuves. La Fondatrice devoit être en cela feule privilégiée i & si quelque autre veuve vouloit faire quelque nouvel établissement , on devoit lui permettre seulement de passer huit jours dans la Maison de six mois en six mois. Le seizième exclut toute singularité. Les Maisons ne pouvoient avoir de Chapelles extérieures, de clocher ,ni de cloche, quede la grosseur necessairepour être entendue dans toute la Maison. Les filles ne dévoient point changer le nom de Batême, ni celui de leur famille, & ne dévoient point s'appeller Sœurs, conformément au dix-septiéme : elles ne dévoient point affecter d'étoffé particulière > mais dévoient se servir indifféremment suivant les faisons, de celles qui font au dessous de la pure soïe,simples & unies,fans passemens d'or & d'argent, ou de foie. II ne devoit point non plus y avoir de couleur affectée s mais elles pouvoient choisir indifféremment le noir, le gris,le blanc, le feuille-morte,ou autre couleur. Les habits des Demoiselles suivantes & des Femmes de Chambre, ne dévoient être que de laine avec quelque différence , soit dans la nature des étoffes, soit dans la forme des habits. Le dix-huitième prescrivoit quels dévoient être les ameublemens des filles. Les Chapitres dix-neuf & vingt concernent les laquais, les carrosses, les chevaux & les chaises á porteurs. Ilétoit dit dans le vingtième Chapitre que les laquais ne pouvoient pas être reçus s'ils avoient servi des filles dans le monde i & que les cochers dévoient être mariés. Il devoit y avoir beaucoup d'union entre lesfilles d'une même maison, & cette union devoit être réciproque entre toutes les maisons de PInstitut, comme elle est recommandée dans les Chapitres vingt-sept & vingt-huit. La Maison de Toulouse devoit être le centre de l'union des autres,à cause qu'elle avoit reçu les prémices de l'esprit de l'Institut: c'est pourquoi elles deTome FUI. D d

'En/an^e voient avoir une communication particulière avec elle, la D* juvs. consulter dans toutes les difficultés considérables qui pouvoient lurvenir, & suivre ses décisions après la mort de la Fondatrice, qui étoit l'oracle de toute la Congrégation, &C qui feule avec l'Oeconome, & une autre fille nommée par la Communauté, pouvoit recevoir l'argent, non seulement de la Maison de Toulouse, mais encore des autres, comme il est marqué dans le Chapitre quarante- six. Les trente trois & trente cinq, où il étoit parlé de la nourriture, des pénitences & mortifications des filles, ne les obligeoient qu'à celles que l'Eglise impose à tous les Chrétiens. Elles ne íoupoient pas néanmoins le Vendredi ni le Samedi, excepté celles qui visitoient les malades, qui ne pouvoient s'en abstenir qu'avec la permission de la Supérieure. Leur nourriture nc pouvoit être que de viandes ordinaires} comme bceuf*,veau,mouton, pigeons & volailles i la venaison leur étant défendue,hors les cas aufquels lesMedecins la jugeroient absolument nécessaire i &les filles de service dévoient être traitées comme elles l'auroient été dans les maisons particulières. Elles ne pouvoient sortir qu'avec une Compagne. U ne leur étoit pas permis de manger dehors.Elles dévoient ordinairement aller les Dimanches & les Fêtes à la Paroisse pour assister à la Messe, au Prône Seaux Vêpres. On ne pouvoit dire la Messe dans leur Chapelle domestique que dans des cas extraordinaires; mais Madame de Mondonville s'étoit réservé la liberté de la faire dire quand elle vouloit. Elles se confessoient toutes dans l'Eglise de la Paroisse,où leur Confesseur devoitavoir un confessionnal,avec la permission du Curé,donnée par écriti & ce Confesseur ne pouvoit être jamais qu'un Prêtre séculier, libre de tout engagement & liaison à toute Compagnie, Congrégation ou Communauté. C'est ce qui est marqué dans les Chapitres trente six , trente huit & quaranteun- Nous omettons les autres, qui ne regardent que les pratiques des vertus, les élections des Supérieures & Officières, & l'O économie des Maisons.

Ces Constitutions trouvèrent des Censeurs , on écrivh contre,&on voulut persuader à M.Ciron d'en changer plusieurs articles j mais il ne put s'y résoudre. On y fit néanmoins quelques changemens l an 1684. par ordre de M. l'Archevêque de Toulouse; mais ces changemens ne furent point considérables , on retrancha seulement quelques mots DJ^"í(^ de peu de conséquence & quelques pensées pieuses : en forte n s. que ces secondes Constitutions ne differoient cn rien des premières dans l'effentiel: ce qui selon les apparences ne fut pas agréable au Roi , qui peu satisfait de ces filles , aïant voulu voir ces Constitutions tant nouvelles qu'anciennes, pour être informé de leurs coutumes & usages, fit défensele 7. Novembre 1685. de recevoir des filles dans cette Congrégation fans nouvel ordre , & par un Arrêt du Conseil d'Etat du 12. Mai 1686. il annulla la fondation de cette Congrégation, cassa l'Institut, & ordonna aux filles de se retirer chez leurs parens ou ailleurs. Elles en appellerent au saint Siège la même annéei mais les poursuites qu'elles firent furent inutiles, & ne servirent qu'à faire donner une Lettre de Cachet à Madame de Mondonvilleleur Fondatrice pour se retirer à Coutances , cù elle a fini ses jours j ainsi la Congrégation de l'Enfancc fut entièrement supprimée. Elle s'étoic déja multipliée & avoit des établissemens à Toulouse,à saint Félix , à Montesquiou, à Pezenas , à Carmang 5c à Aix en Provence.

Ctnflitutions des Filles &e VEnfance imprimées en 1664..& Mémoires du tems.

Ch Apitu XXVIII.

Des Apaisons de Retraites fondées en Bretagne & en d'autres Provinces

LA fondation des Maisons de Retraites a été auílì glorieuse à ses Fondateurs qu'utile à toutes les personnes de l'un & de l'autre sexe. Le premier à qui Dieu inspira ce dessein fut Louis Eudo de Kerlivio, qui naquit à Hennebont ville de Bretagne le 14. Novembrei6ii. Sonpere François Eudo de Kerlivio d'une famille ancienne de la Province & considérable par ses alliances , & fa mere Olive Guillemette Flabelle,étoient riches,vertueux &sicharitables,qu'on attribue à leurs grandes aumônes les bénédictions que le Ciel a répandues fur leurs enfans. Louis de Kerlivio, aprés avoir fait ses humanités à Rennes & fa Philosophie à Bourdeaux , étant de retour à Hennebont commença à voir -I*'

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