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LACONGRE

Mission. & son humilité fut si grande qu'il ne discontinua point l'exerNAIRES DE cice de la profession, quelqu'instance & quelque sollicitation GATION DE qu'on lui en fît, afin qu'il eût plus de facilité & de tems S. JOSEPH pour continuer à conduire ces Missionnaires & toutes les per

sonnes qui alloient à lui,dont le concours fut plus grand qu'il n'avoit encore été.

Sa femme avec laquelle il y avoit plus de vingt ans qu'il vivoit en continence , étant morte l'an 1665. il se sentir infpiré de se consacrer à Dieu dans l'état du Sacerdoce. Il redoubla ses prieres , ses jeûnes & ses mortifications, il fit dire plusieurs Nelles pour connoître la volonté de Dieu , & confulta ce qu'il y avoit de plus habiles gens dans Lyon , qui tous lui conseillerent de se faire Prêtre, l'assurant que Dieu l'appelloit infailliblement à cet état. Il commença d'esperer que Dieu lui feroit la grace d'y arriver,& cela avec tant d'alsurance que coutes les contrarietés du monde ne furent pas capables de lui faire changer de sentiment. Un jour étant en prieres dans l'Eglise de S. Romain, où le saint Sacrement étoit exposé pour la Fête de ce Saint , qu'on y solemnisoit le 18. Novembre 1665. il fut si fortement pressé par des mouvemens interieurs de se faire Prêtre , qu'il ne put s'empêcher d'en faire le veu, à condition que l'Archevêque de Lyon le trouveroic bon. Ce Prélat qui connoisloit la fainteré de ce serviteur de Dieu y consentit , nonobstant son peu d'étude ; il le dispensa même du Seminaire, & lui accorda un Dimisfoire pour aller prendre les Ordres où il voudroit , ne pouvant les lui donner lui même, parce qu'il étoit pour lors à Paris. M.Cretenet pourvu de ce Dimissoire & d'une permission de Rome pour recevoir tous les Ordres hors les tems prelcrits par les saints Canons, partit pour les aller recevoir à Bellay , où il arriva le 6. Août 1666. L'Evêque qui connoissoit aussi la vertu , lui donna la Tonsure & les quatre Mineurs dès le lendemain qui étoit un Samedi ; le Dimanche il·lui donna le Soudiaconat ; le Mardi Fête de saint Laurent , le Diaconat ; & le jour de l’Aflomption de NotreDame, la Prêtrise. M. Cretener la reçut avec de si saintes & de si humbles dispositions, que quoiqu'il fût venu à l’Eglise dès cinq heures du matin, il y restà jusqu'à une heure après midi pour remercier Dieu de la faveur qu'il lui avoic faite. Etant sorci de Bellai, il prit la route de Lyon pour y retourner : mais en passant à Montluet , où il arriva le 19. du FILES D'E mê.ne mois, il tomba le lendemain en deffaillance après avoir ÍAS RIANT entendu la Mesle à laquelle il communia , & cette défaillance fut suivie d'une grosse fiévre , qui augmentant tous les jours, l’enleva de ce monde, le premier jour de Septembre de la même année. Son Corps fut inhumé dans une Chapelle de l'Eglise Collegiale de Montluet , dont une partie des Chanoines avoient été les disciples. Son cæur une partie de fon foie & ses poumons furent embaumés & portés au troifiéme Monastere des Religieuses du Tiers Ordre de saint François à Lyon où il avoit mis sa fille : & dix ans après l'an 1677: les Chanoines de Monluet accorderent encore une partie de ses ossemens à ces Religieuses.

Ce saint homme avoit prédit la mort six ans auparavant, & il semble que c'étoit pour cela qu'il souhaitoit de recevoir si promptement les Ordres, n'ignorant pas que pour peu qu'il eut differé, il seroit mort sans cette consolacion, après laquelle il soupiroit comme étant la consommation de toutes les graces qu'il avoir reçuës de Dieu dans cette vie.

Čes Missionnaires sont habillés comme les autres Eccle. fiastiques & sont gouvernés par un Général.

N. Orame, Vie de M. Cretenet, Instituteur de la Congrégation des Prétres Missionnaires de saint Joseph.

CHA PIIRE X XV I.

Des Filles de l'Enfant Jesus , à Rome. I Es Filles de l'Enfant Jesus à Rome reconnoissent pour L Fondatrice une sainte Fille nommée Anne Moroni, qui prit naissance dans la ville de Luques. Se voïant orpheline & fans biens , elle vint à Rome où elle entra au service de quelques Dames de qualité. Etant âgée de quarante ans , elle voulut se retirer de l'embarras du monde, dont elle connoissoit la vanité & l'inconstance par la pratique qu'elle avoit euë avec lui pendant le tems de son service ; & Dieu lui inspira d'assembler quelques Filles, avec lesquelles elle commença à vivre en commun l'an 1661. après en avoir obtenu la permission des Superieurs. D'abord elles les entretenoit de ce qu'elle avoit pu amasser étant en service ; mais comme cela

FILLES DE n'étoit pas suffisant pour les maintenir,elle leur demanda une L'ENFANT. legere pension pour aider à leur subsistance. Le Pere Cosme

Berliniani Clerc Regulier de la Congrégation de la Mere de Dieu , & Curé de fainte Marie in Campitelli , qui étoit son Directeur , voïant la ferveur de ces saintes Filles , en prit un soin particulier; & afin d'affermir ce pieux établissement, non seulement il le fit approuver par le saint Siege ; mais il dressa des Reglemens que ces Filles suivirent. Il persuada à la Fondatrice de se consacrer entierement au service de Dieu & du prochain avec ces Filles,& de vingt-quatre qu'elles étoient pour lors, il en choisit douze des plus ferventes qui aïant mis en commun tout ce qu'elles avoient , sans aucun égard à leur interêt particulier , se proposerent de garder inviolablement la chasteté , la pauvreté & l'obéïllance. Néanmoins elles ne s'y engagerent par aucun væu, se contentant de celui de perseverance jusqu'à la mort dans la Congrégation. Elles le firent le 2. Juillet de l'an 1673. jour consacré par l'Eglise à honorer la Visite que la sainte Vierge rendit à sa Couline Elisabeth.

Ces Filles ne doivent pas être plus de trente trois en l'honneur des trente trois années que Notre Seigneur Jesus-Christ a vêcu sur la terre. Après trois années de probation, & étant âgées de vingt & un an, elles font publiquement væu, comme nous avons dit,de perseverer julqu'à la mort dans la Congrégation , & un ferme propos de garder la pauvreté, la chalteté & l'obéissance. Si pour de justes raisons elles veulent être relevées de ce væu de perseverance , soit pour se marier ou entrer dans quelque Religion, elles peuvent redemander ce qu'elles ont apporté à la Communauté, sous le titre de dot ou d'aumône. Tout y est en commun, personne n'aïant rien en propre. Leur habillement est de serge de couleur tanrée en l'honneur de notre Dame du Mont-Carmel, & consiste en une robe ceinte d'une ceinture de laine. Elles n'ont ni guimpes, ni voiles, ni coëffes lorsqu'elles sont dans la maison; mais quand elles sortent , elles mettent un grand voile noir qui descend depuis la tête jusqu'aux talons. Ces sorties sont fort rares, menant une vie fort recirée ; il n'y a que certains jours de l'année qu'elles vont toutes ensemble visiter quelques Eglises. Les jours de jeûnes, tous les Vendredis , les Dimanches & les Fêtes, & pendant tout le tems de Carême,

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r,elle leur demanda une fiitance. Le Pere Colme a régation de la Mere de Campitelli , qui étoit son ces saintes Filles , en prir ir ce pieux établisement, Ir le laint Siege ; mais il suivirent. Il perluada

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