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TAILLE RS

FAIRES doir l'état de sa conscience, il ne laissoit pas de travailler en XII RS Es core plus que pas un des freres , comme ils l'ont eux-mêmes

reconnu. Plusieurs garçons demanderent d'être admis dans sa Communauté, la considerant dans ses exercices comme une image de la primitive Eglise , & comme une idée de la vie Monastique, par la regularité qu'on y garde , sans sortir de l'état Laïque ; & d'autres demanderent seulement à у entrer, afin qu'en travaillant de leur mêcier, ils appriflent à se sauver. Ce succès donnoit tant de joïe au bon Henri,qu'il ne pensoit plus qu'à jouir du fruit de les travaux , lorsque Dieu qui ne vouloit point qu'un fi bon Ouvrier demeura oisif dans sa vigne, & qu’un si généreux Serviceur fut inutile dans son Eglise, lui présenta une occasion nouvelle de travailler pour la gloire par l'établissement d'une Communauté de Tailleurs, semblable à celle des Cordonniers : ce qui arriva de la sorte.

Deux ans après l'établissement de la Communauté des Freres Cordonniers, deux Maîtres Tailleurs des plus pieux de Paris, charmés de la pieté & de la vie exemplaire de ces Freres Cordonniers, resolurent d'en établir une semblable pour les

garçons de leur mêtier. Ils en choisirent quelquesuns qu'ils connoisloient propres pour cela , & allerent tous ensemble le dernier jour du Carnaval de l'an 1647. chez le bon Henri, qu'ils trouverent occupé à son travail avec ses freres, qui tous ensemble chantoient les louanges de Dieu, passant ainfi ce tems de débauche & de déreglement dans des occupations si agréables à la Majesté divine. Une conduite si Chrêtienne confirma les Tailleurs dans la pensée: que cette Assemblée étoit une æuyre du Ciel : ils se senzirent enflammés d'un nouveau desir d'entreprendre l'execution de leur projet qu'ils communiquerent à ce faint homme, avec lequel ils conclurent que lui , M. de Renti, & les deux Maîtres Tailleurs, iroient consulter le Curé de saint Paul & fon Vicaire : ce qui fut executé. Ces deux Docteurs aïant été d'avis que ces garçons Tailleurs vêcussent à la maniere des Freres Condonniers , & se missent en Communauté : elle commença comme l'autre par sept personnes,le jour de sainte Pudentienne de l'an 1 647. & le bon Henri leur aïant fait avoir les mêmes Observances & les mêmes Reglemens , les anic par

les liens de la charité Chrétienne avec les Cordons

niers dans une même maison, où ils pratiquoient les mêmes FRERES exercices : mais jugeant dans la suite qu'il étoit plus à propos NIERS ET pour éviter l'embarras, que ces deux Communautés fuflent Tailleurs, séparées : il s'appliqua à former celle des Tailleurs, qui répondirent si fidellement à la charité, à ses ordres & à les conleils, qu'il les mir en état de se conduire eux mêmes : ce qui fit qu'ils le regarderent toûjours comme leur Pere, l'appellerent dans leurs affaires importantes, & demanderent tous ensemble sa benediction au dernier moment de sa vie.

Il se forma aussi en peu de tems de pareilles Communautés de Cordonniers & de Tailleurs à Toulouse & à Soissons, qui causerent de nouvelles fatigues au bon Henri: car quoiqu'il fûr dans un âge fort avancé, & sujet à des infirmités qui auroient dû l'obliger à prendre du repos , il entreprit à pied deux cens lieuës de chemin pour se rendre à Toulouse, où l'appelloit une affaire importante de la Communauté, que les

Freres avoient dans cette ville , & fit encore deux ou trois · fois à pied le voïage de Soissons pour l'établissement d'une autre Communauté. Enfin après avoir ainsi travaillé pour la gloire de Dieu , il fut attaqué d'une maladie de poulmon qui dura deux ou trois ans ; mais dont il fut si violemment tourmenté pendant les six derniers mois de sa vie, qu'il étoit contraint jour & nuit de se tenir aslis dans son lit , où il souffrit pendant tout ce tems-là des peines interieures qui lui étoient plus insupportables que son mal, &dont il ne fut délivré que quelques jours avant sa mort. Elle arriva le 9. Juin 1666. après avoir reçu les Sacremens de l'Eglise , & donné la benediction à ses freres qui ne supporterent qu'avec beaucoup de peine la perte de leur pere. Ce fut dans la Communauté des Freres Cordonniers qu'il mourut, & il fut enterré le lendemain dans le cimetiere de faint Gervais sa Paroisse.

Il y a presentement de ces Communautés dans plusieurs villes du Roïaume ; mais particulierement à Paris où il y en a deux de Freres Cordonniers & une de Tailleurs: les uns & les autres ont le même habillement qui consiste en un justeau-corps,un manteau de serge de couleur tannée & un rabat. Leurs exercices sont aussi communs : ils se levent le matin à cinq heures : ils font d'abord la priere en commun & vont ensuite au travail , pendant lequel lorsque l'horloge sonne, le Superieur prononce tout haut en langue vulgaire , une

ز

FRERES

NIERS ET
TAILLEURS

Oraison courte & propre à l'heure. Ils vont entendre la CORDON Mesle selon l'ordre du Superieur , font leurs exercices fpiri

tuels sans cesser de travailler , recitent le Chapelet , chantent des Cantiques spirituels & gardent le silence de tems en tems, ne le rompant qu'à voix base & pour la necessité. Un

peu avant le dîner ils font l'Oraison mentale. Pendant le repas il y a lecture spirituelle, & tous les ans ils font une retraite de quelques jours. Ils ont souvent des Conferences spirituelles. Les Fêtes & Dimanches, ils sont assidus aux Offices Divins à l'Eglise , visitent fouvent les Hôpitaux,les prisons & les pauvres malades dans leursmaisons. Voilà de quelle maniere ils passent la journée jusqu'à neuf heures du soir , qu'ils vont se coucher après avoir fait la priere en commun.

Comme on a aulli donné à M. de Renci le titre de Fonda teur de ces Communautés , avant de finir ce Chapitre nous dirons un mot de ce grand serviteur de Dieu. 11 nâquit au château de Beni du Diocèse de Baïeux en Normandie l'an 1611. & fut fils unique de Charles Baron de Renti de l'illustre maison de Croy si distinguée par son ancienneté & ses grandes alliances , & dont fa mere Magdelaine de Pastoureau étoit aussi sortie du côté maternel. Comme la Provi. dence divine destinoit le jeune Baron de Renti, pour être le Protecteur & le pere des pauvres , elle permit que

ses

parens le fiffent tenir sur les Fonts de Baptême par deux

pauvres: il y reçut le nom de Gaston,auquel il ajoûta celui de Jean-Bapriste lorsqu'il reçut le Sacrement de la Confirmation. Madame de Renti la mere le mena à Paris à l'âge de fix à sept ans , où elle eut soin de son éducation , jusqu'à ce qu'il entra au College de Navarre ; d'où il fut ensuite envoïe à Caën dans celui des Jesuites sous la conduite d'un Precepteur Ecclesiastique & d’un Gouverneur,qui malheureusement étant Herérique auroit pu corrompre sa foi & ses mæurs, si Dieu ne l'eût préservé de ce peril. A dix-sept ans il fut tiré des études

pour

être envoïé à Paris à l'Académie , où il se rendit très habile dans tous les exercices de la noblesse. Il s'appli. qua particulierement aux Mathematiques qu'il apprit si pars faitement qu'il en composa des Traités.

La lecture du Livre de l'imitation de Jesus-Christ à laquelle ils’occupoic souvent, le toucha si fort , que pour ne s'appliquer à l'avenir qu'aux affaires de son falut, il résolut

d'abandonner

d'alandonner le monde & de se faire Chartreux. Pour

FRERES cet effet il quitta secretement sa mere & sortir de Pa- CORDONris à pied l'an 1630. pour aller à Nôtre-Dame des Ar- TAILLEURS dilliers ; où il ne put néanmoins arriver ; car sa mere aïant senvoïé après luion le trouva à Amboise, où l'on'eut allez de peine à le reconnoître , aïant changé son habit avec celui d'un pauvre. Il fut ramené au château de Beni , où son pere lui fit apprendre les exercices convenables à la naissance , & lui fit épouser à l'âge de vingt deux ans Elisabeth de Ballac fille du Comte de Graville de la maison d'Entragues. Il se signala ensuite dans les Armées , & il merita par ses belles manieres l'estime du Roi Louis XIII. Mais à l'âge de vingtsept ans laffé des vanités & des intrigues de la Cour, il la quita pour se consacrer entierement au service de Dieu & du prochain. Il s'appliqua à l'exercice de l'Oraison, il disoit tous les jours le grand Office de l'Eglise, & se levoit la nuit

pour dire Matines , après quoi il faisoit une heure de meditation: de sorte que toutes les nuits il demeuroit deux ou trois heures en prieres, même dans la plus grande rigueur de l'Hyver. Il n'y avoit point de bonnes auvres publiques aufquelles il n'eût part, ni d'entreprise qui regardât la gloire de Dieu & le salut du prochain , dont il ne fut l'Aureur, ou? le Promoteur, ou qu'il n'executât. Il étoit de toutes les Alsemblées de pieté, dont il étoit comme l'ame & le premier mobile en plusieurs endroits;& il avoit des correspondances par tout le Roïaume pour toutes les euvres de charité qu'on vouloit faire , principalement pour l'établissement ou l'avancement des Hôpitaux, des Seminaires, des lieux de devot. tion & des Compagnies de personnes vertueuses. Il s'appliqua aux besoins des Anglois Catholiques, des Irlandois, des Captifs de Barbarie & des Missions du Levant. Son zele & sa charité n'avoient point de bornes & s'étendoient sur toutes sortes de personnes. Ses austerités & ses mortifications étoient surprenantes , aussi avancerent-elles tellement les jours, qu'il mourut le onze Avril de l'an 1649. n'étant que dans la trente septiéme année. Son corps fur porté au village de Citri du Diocese de Soissons , & enterré dans l'Église de ce lieu , dont il étoit Seigneur. La réputation de fa sainteté & les assistances surnaturelles que plusieurs personnes requrent par son interceflion à son tombeau , obligerent Mar Tome VII.

Aa.

CONGRFGATIONDIS

prient pour eux, leurs

leurs procurent des aumônes, les affifterre SOEURS D# corporellement en faisant leurs boüillons & les remedes que S. JOSEPH. les Medecins ordonnent , selon leur pouvoir , entretenant

pour cet effet dans la pluspart de leurs Maisons, une Pharmatie où elles tiennent les drogues les plus communes & les plus nécessaires. Elles veillent soigneusement au salut des pauvres filles, qui pour n'avoir personne qui les gouverne, ou pour être dans la necessité, courrent risque de perdre leur honneur, tâchant de les loger ou de leur procurer du travail

pour gagner leur vie. Elles ont aussi un soin particulier d'anirer les jeunes filles qui commencent à frequenter le monde & les compagnies où les hommes se trouvent, afin de leur inspirer la crainte de Dieu, & leur enseigner la modestie & les autres vercus qu'elles doivent pratiquer: pour cet effet elles leur permettent de venir travailler chez elles & leur apprennent toutes sortes d'ouvrages propres aux personnes de leur sexe. Elles doivent établir des Congregations de la Misericorde dans les lieux où il n'y en a point , & y recevoir les femmes, les veuves & les filles. Outre l'Assemblée des Dames qui se fait une fois le mois pour pourvoir à la vifite & au secours des pauvres malades de leurs Paroisses, il y a encore tous les Dimanches & les Fêtes des Affemblées

particulieres, de veuves, de femmes mariées', & de filles, separées les unes des autres , pour y traiter non seulement des euvres de misericorde , mais aussi de leur direction particuliere & de la maniere dont elles doivent vivre en qualité de Chrétiennes.

Chaque maison est gouvernée par une Superieure qui à le titre de Prieure,par une Intendante & une Coadjutrice. Il y a encore une Oeconome, une Admonitrice, une Intendante des pauvres , une Directrice de l'Assemblée de la Mifericorde, & quelques autres Officieres. Tous les Dimanches & Fêtes elles disent en commun le petit Office de la Vierge dans leur Chapelle, & tous les jours le petit Office du SaintEsprit, les Litanies du saint nom de Jesus,de la sainte Vierge, de saint Joseph, & le Chapeler. Elles font deux fois le jour l'Oraison mentale, une fois le matin & une fois le soir. Elles jeûnent tous les Samedis & prennent ce jour-là la discipline. Elles assistent au Chapitre le Vendredi , & les Dimanches à la conference spirituelle. Elles font deux ans de

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