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l'un 8c l'autre droit dans l'Univeríité de Paris. A son retour Conorià Rome Grégoire XIII. le fie Prélat de la sacrée Consulte Sa,ntc£ & Auditeur de Rote. Pendant cinq ans qu'il exerça cette BRI11" Charge , il composa trois grands Volumes fous le titre de Décisions de la Rote. qu'on a gardez long tems dans la Bibliothèque de Rimini , & qui íont à préíent entre les mains du Comte Sénateur Bianchetti Gambalunga son arriére petit neveu qui doit les donner au Public. Sous le Pontificat de Sixte V. il fut envoie en France avec le Cardinal Gaétan, ÔC depuis en Pologne avec le Cardinal Hippolyte Aldobran* din, qui aïant été élevé au souverain Pontificat5après la more d'Innocent IX. l'honora de la pourpre à la promotion qu'U fit le 5. Juin 1556. le mit en même tems des Congrégations de la signature du Concile, & du saint Office , & le fit Protecteur de l'Eglise de Laurette à Rome, où après s'être distingué dans tous ces différens emplois , il mourut lan 161 x. & fut enterré dans l'Eglise du Jésus de cette même .Ville.

César Bianchetti fut très sensible à la perte d'un oncle de ce mérite qu'il aimoit très tendrement, & la regardant comme un de ces contre- tems , qui prouvant l'inconstance des grandeurs de la terre, en doivent détacher le cœur du véritable Chrétien , il s'en fit un nouveau motif de se consacrer au service de Dieu. C'est pourquoi voïant sa maison assurée par la nombreuse famille , dont il avoit plu à la divine Providence de bénir son mariage, il fit du consentement de sa femme , vœu de chasteté pour le reste de ses jours, quoi qu'il n'eut encore que trente-cinq ans. Depuis ce tems-là il vecut plus retiré qu'il n'avoit encore fait, & lorsqu'il se fut demis en faveur du Comte Georges Louis son fils de la dignité de Sénateur de Boulogne , il forma le dessein de fe re-, tirer une partie de Tannée dans une Chartreuse. Ses Directeurs qui le jugeoient nécessaire au gouvernement de fa fa- • mille , l'empêcherent de l'executer j mais il se réserva la liberté de s'y retirer en certains tems, principalement durant la Semaine Sainte qu'il passoit avec ces saints Religieux dans un oubligénéral de toutes les choses du monde. Lorsqu'il étoit à sa Terre d'Ozano,il y passoit la plus grande partie dû jour à la prière, & faisoit presque la même chose a Boulogne dans un appartement éloigné du bruit, qu'il s etoit pra

Comsri tiqué pour vaquer plus librement à ses exercices de pieté & Smmtm> ^e dévotion, en forte qu'il portoit par tout l'esprit de recueilakUL. lement & de solitude.

La mort de sa femme qu'il perdit l'an 1638. lui causa une sensible affliction. C'étoii une Dame d'une pieté exemplaire, avec laquelle il avoit toujours vécu dans une parfaite union. 11 auroit bien voulu pouvoir se retirer à la campagne dans une si triste conjoncture > mais cela étoit incompatible avec les dignités qu'il possedoit encore , dont une des principales étoit celle d'être un des Gardiens des Clefs du Palais public, Charge d'une grande distinction qui ne se confère qu'à des Sénateurs , & qui s'est conservée long tems dans la famille des Bianchctti, fans parler de celle de Gonfalonier de la justice , dignité à laquelle il étoit élevé pour la troisième fois, & dont l'autorité étoit si grande que l'on crut devoir la limiter en quelque forte , en bornant à deux mois l'exercice & la possession de cette Charge, dans laquelle il se comporta, aussi oien que dans tous les autres emplois dont il fut honoré , d'une manière qui méritai'approbation universelle de tous íes Concitoïens qui l'honoroient comme le pere de la Patrie.

Le zele dont ce saint homme étoit animé pour le salut des ames ne lui permettoit pas de voir avec indifférence le peu de foin que l'on avoit d'instruire la jeunesse & les ignorans, en forte qu'il se trouvoit non seulement des enfans, mais même des personnes d'âge & de toutes sortes de conditions, qui ne fçavoient pas les principaux misteres de la foi ni les obligations du Chrétien les plus nécessaires au salut. 11 y avoit eu autrefois des écoles de laDoctrineChrétienne,instituées à cet effetjmais elles étoient tombées par la négligence de ceux qui dévoient y avoir l'œil. On avoit réglé que les Ecoles feroient gouvernées par un Sénateur , qui fous le titre de R.ec• teur ou de Préfet en auroit la Surintendance > cependant il ne se trouvoit plus personne de ce rang qui voulût s'en charger. Les Nobles à qui on avoit attribué cette Charge pour donner plus d'autorité aux Ecoles,l'aïant dédaignée,comme étant au dessous d'eux , Cefar entreprit de les rétablir , & aïantcommuniqué son deffeinaux puissancesEcclesiastiques, il fit nommer pour présider à cette sainte entreprise, le Pere César Maruffi de la Compagnie de Jésus , Ferrarois, homme également distingué par la sainteté de sa vie & par sa ca- Congrepacité. 11 obtint en même tems du suffragant du Cardinal fAJjJ°NG^ Borgheíe Archevêque de Boulogne,l'institution d'une Con- Brui. frairiede Gentilshommes dans l'Eglise de sainte Lucie, pour travailler au rétablissement des Ecoles , dont il fut fait Surintendant Général. nonobstant toutes les difficutés qu'il fit pour accepter cet emploi de charité , duquel il se croioit incapable. 11 commença par donner l'exemple d'une pieté &7 d'une humilité véritablement Chrétienne , allant lui même le Crucifix à la main chercher les enfans dans les rues de Boulogne pour les conduire à ces Ecoles saintes , où on les instruisoit : & quand on lui représentoit que par ces actions basses & humiliées, il deshonoroiten quelque façon fa dignité» Enseignez moi, disoit il, un emploi plus noble & plus „ important que celui d'instruire les ignorans des choses neces- ,t faires à leur falut,&je laiiïerai celui ci pour prendre l'autre. Il., ne se contenta pas de les instruire lui même de vive voix,il le fit encore par écrit en composant un petit livre intitulé, Minière d''injlruire les ignorans, auquel il joignit un dialogue qu'il traduisit, de l'Espagnol, où l'on enseignoit la manière de faire des Actes de Contrition.

Pour rendre les effets de son zele plus durables , il entreprit d'établir une Congrégation de Gentilshommes qui s'engageassent à procurer l'avancement de la Doctrine Chrétienne , 8c qui fans demeurer en Communauté s'assemblassent à certains jours dans un lieu marqué, pour y vaquer aux exercices de pieté & prendre des mesures efficaces , touchant l'execution de leur dessein. Cette Compagnie fut d'abord établie dans l'Eglife Paroissiale de saint Donat, fous le nom de Jésus & Marie, & ensuise transférée dans un autre lieu ou les Confrères firent bâtir une Chapelle fous l'Invocation de saint Gabriel, dont le nom est demeuré depuis à cette Congrégation. Outre cette première institution , il en fit dans U luite une seconde, composée de personnes zélées, qui vivant en Communauté concouroient au pieux dessein des premiers d'autant plus efficacement quedébarassez de tout autre foin, ils en faisoient leur unique affaire. Ces seconds furent appeliez Conviventi comme vivant ensemble, à la différence des premiers qu'on appella Conjluenti, comme personnes qui serendoient à certains jours dans un même lieu destiné pour

Congre leur s assemblées. Les Conviventi furent d'abord établis dans SÎwt G" k Maison de saint Gabriel j ensuite pour laisser entièrement Hui. cette Maison libre aux Confluenti, ils furent transférez dans un autre quartier, où ils acquirent une maison & firent bâtir une Eglise sous le nom de Tous les Saints. Cette institutution qui fut approuvée par un Bref exprès du Cardinal François Barberin, Légats Latere & Vicaire Général d'Urbain VIII. son oncle , tant au spirituel qu'au temporel dans tout l'état Ecclésiastique, a ceci de particulier qu'elle ne doit être composée que de personnes Laïques qui aïent un bien honête & suffisant pour leur entretien , sans autre conformité pour l'habit que la couleur noire, étant permis à ceux, dont la qualité le demande, de porter des étoffes de foie. 11s peuvent entretenir un ou deux valets pour les suivre quand ils vont en ville j mais dans Tinterieur de la maison ils ne font pas plus à eux qu'au reste de la Communauté. L'âge pour y être reçu est depuis 18. ans jusqu'à 50. Le Noviciat est de trois ans partages en deux probations , dont la

Eremiere dure un an & la seconde les deux autres suivans,au out desquels s'ils ont les deux tiers des voix de ceux qui ont droit de voter, ils font incorporez à la Congrégation. Ils font encore trois ans fans y avoir voix déliberative , c'est-àdire, qu'ils ne l'ont que six ans après leur entrée. Cette Congrégation doit être gouvernée par un Chef, fous le titre de Supérieur, assisté de quatre Conseillers , oui auffi bien que le Supérieur font élus par la Communauté à la pluralité des voix , dont ils doivent avoir plus de la moitié. Tous les ans on procède à une nouvelle élection ou confirmation, tant du Supérieur que des autres, qui disposent de concert des emplois & des offices de la Maison, lesquels ceux qui y font nommez , font tenus d'accepter. Telle est la Congrégation de saint Gabriel, où sans être astreint à aucuns vœux, chacun s'emploïe fous lobéïssance du Supérieur à procurer le salut du prochain par tous les moïens conformes à son état. Elle fut fondée l'an 1644. & établie à Boulongne l'an 1646. dans le lieu ou elle est encore aujourd'hui. Ce fut aprés ces deux établissemens qui produisirent dès lors, & qui produisent encore aujourd'hui de grands biens, & après une infinité d'autres bonnes œuvres, que le saint Fondateur fut appelle au Ciel pour y recevoir la recompense de son zele & de ses

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