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PRITRES & fairea ux peuples des Missions,furent autorisées sous le nom
MISION- &le titre de JESUS & MARIE,par les Lettres des Prélats,les
Aprilli's Patentes du Roi, & les Arrêts d'enregistrement du Parle-
Eudiftes.

ment, pour être unies & aggregées ensemble, ne faire qu'un
même Corps, & une même Congregation, qui étoit gouver,
pée
par

M. Eudes.
On vit en peu de tems un fi grand changement dans le
Clergé de Normandie,que plusieurs Prélats Païant fait con-
noîcre à l'Assemblée générale du Clergé tenuë en l'année
1646. elle approuva le zele de M. Eudes, l'exhorta à con-
tinuer ses travaux Apostoliques,&à se tenir prêc d'aller dans
les autres Diocèses,où il pourroit être appellé parles Evêques.

Quoique ce zelé Instituteur & ses associés s'emploïallent avec beaucoup de ferveur à l'éducation des Clercs, ils ne négligeoient pas pour cela l'autre fin de leur Institut, qui est de faire des Missions. L'on en compte jusqu'à cent dix, où M. Eudes a travaillé lui-même , sans parler de plusieurs

autres qu'on fit sous ses ordres dans les principales villes du Roïaume. Cet abregé ne permet pas d'en faire le détail

, ni de rapporter le nombre infini de conversions, de restitutions & de reconciliations que ces Missions produisirent, principalement à Paris , où ce grand Serviteur de Dieu fit en differens tems des Missions à saint Sulpice, aux Quinzė-vingts,à saint Germain des Prez, à Versailles & à saint Germain en Laye. Souvent ces heureux succès furent traversés

par

des contradica tions ; mais c'étoit pour lors que le zele & le courage dignes Ouvriers s'augmentoit & s'affermissoit davantage, n'esperant jamais plus de fruit d'une Mislion, d'une retraite, d'un Avent ou d'un Carême, que quand Dieu permettoit qu'ils fussent rebutés.

Monsieur Eudes croïant devoir laisser par écrit ce que lui & ses Compagnons avoient long tems pratiqué dans les Milfions,composa deux Livres ; l’un , auquel il a donné le nom de Bon Confesseur, instruit les Missionnaires de tout ce qui concerne le Ministere de la Confession ; l'autre qui est incitulé le Prédicattur Apostolique, marque à tous ceux qui ont l'honneur d'annoncer la parole de Dieu, les regles & les moïens de le faire utilement pour le prochain , & d'éviter ce qui faisoit le sujet de la crainte de saint Paul, c'est-à-dire, qu'après avoir préché les autres, ils ne soient eux-mêmes

de ces

MISSION-
NAIRES,
A PPFile's

prouvés. Ces deux Livres sont très utiles pour former des PRITRES Confesseurs fideles , exacts & prudents , & des Prédicateurs Evangeliques qui doivent autant instruire d'exemple que

Endistesa de paroles; mais principalement le premier, qui a été si univerlellement estimé, qu'avant la mort de son Auteur, on en avoit fait plus de neuf éditions , & qu'un des plus illustres Archevêques de France en ordonna la lecture à tous les Pretres de son Diocese par un Statut particulier. On passe sous filence plusieurs autres Livres que le même Auteur à composés pour apprendre au peuple à bien prier , à s'approcher des Sacremens &c. & ceux qu'il a fait en l'honneur du caur de Jesus & de celui de Marie , ausquels il avoir une singuliere devotion , qu'il a fi vivement exprimée dans les Offices qu'il a composés & qu'on chante le jour de leurs Fêies,dont is a obtenu l'établissement dans quelques Dioceses.

Non content d'édifier l'Eglise & les Fideles en toutes ces manieres M. Eudes entreprit encore un établissement dont le succès fut une preuve d'une charité sans bornes & d'un zele qui l'avoit rendu capable de poursuivre les plus hautes entreprises. C'est l'Ordre des Filles de Nôtre-Dame de Charité, qu'il commença en l'an 1645. & qui fut approuvé du faint Siege l'année 1666. nous en avons parlé dans la troisiéme Partie de cette Histoire. Après ce grand ouvrage ce digne Fondateur n'attendoit plus que la mort précieuse qui devoit terminer le cours de sa vie , comme il le dit lui mêne dans un Sermon qu'il fit à ses Religieuses. Il étoit pour lors âgé de 79. neuf ans & usé de travaux, aïant été obligé de se servir d'une voiture incommode dans un voïage, & en aïant été blessé dangereusement , les remedes qu'il fit ne servirent qu'à aigrir lon mal : en sorte que la mort en fut accelerée. Îl vêcut néanmoins encore cinq à six mois dans des douleurs aigues & continuelles , qu'il supporta avec une patience admirable , en ranimant sa foi , sa constance, son esperance & fon amour pour Dieu. Il avoit eu la prévoïance de convoquer une Asemblée dans laquelle on établit en sa place au gouvernement de la Congregation , M. Bloüer de Camilly recommandable à tout le monde par sa douceur , & cher aux fiens par le grand amour qu'il a toûjours eu pour eux,&par les services qu'il a rendus à la Congregation. Il étoit oncle de M. de Camilli Evêque de Toul.

PRETRES MISSIONNAIRES

ardent, que

Enfin M. Eudes mourut à Caën , cù il fut regretté genes

ralement de tout le monde. Ce fut le dix-neuviéme Août plu's 1680. Dès qu'on en eut appris la nouvelle dans la ville, le Eudisteso

Concours du peuple à venir voir ce fidele serviteur de Dieu fut si grand, qu'on euc beaucoup de peine d'avoir la liberté de l'enterrer. L'empressement de tout le monde à lui rendre les derniers devoirs , les ložanges qu'on lui donnoit & qui retentissoient de toutes parts, firent assez voir que Dieu ho. nore dans le Ciel celui à qui tant de monde rendoit par avance tant d'honneur sur la terre.

C'étoit un homme doué de toutes les vertus chrétiennes & Ecclesiastiques. Sa foi étoit si pure , si vive & si ferme, qu'il demandoit souvent à Dieu la grace de la sceller de son fang. Il avoit une telle experience de la Providence de Dieu sur lui qu'il esperoit dans les choses mêmes où il sembloit qu'il y eût moins à esperer. Son amour pour Dieu étoit fi

son cæur poussoit des aspirations continuelles vers le Ciel. Deux vertus qui lui furent fingulieres le faisoient aimner de Dieu & des hommes , son humilité & sa fimplicité. Tout prêchoit en lui, sa modestie dans le public, son recuöillement à la priere & à l'Autel, lui attiroient une veneration profonde de ceux qui le voïoient. Quoiqu'il prêchâc avec tant de force que les plus grands libertins se sentoient portés à quiter leurs vices par la crainte qu'il imprimoit dans leurs cours : néanmoins au Tribunal , il avoit beaucoup de douceur,sur tout envers ceux qu'il trouvoit disposés à profiter des grandes verités qu'il leur avoit annoncées. Il se conduisoit en cela felon l'esprit de Dieu qui sçait mortifier & vivifier à propos. Personne ne lui a jamais reproché une douceur mondaine & complaisante. Il conservoit en toutes occasions la fermeté Evangelique , & souvent plein

les

pauvres pecheurs qui s'adressoient à lui, il fe punissoit lui même pour obtenir de Dieu les graces dont ils avoient befoin. Tous ceux qui l'ont connu ont été les témoins de la mortification & de ses austerités : enfin comme son principal foin avoit été de former les Prêtres qui étoient de fa Compagnie , il y avoit emploïé tous les moïens que fon zele lui avoit suggerés , &'il y réüslit fi bien , qu'il les laissa remplis de son esprit & heritiers de fes

de charité pour

و .

Voila eu peu de mots le caractere de M. Eudes Instituteur Pretres des Prêtres qui portent son nom & qu'on appelle communé- Missionment Eudijles

. M. Bloüer de Camilii, Grand-Vicaire de Cou- APPELLA'S tances son successeur,a suivi son dessein & sesexemples, jus

Eudistese qu'à ce que son grand â je & ses infirmités l'obligerent à convoquer une Assemblée en l'année 1711. en laquelle fut élu en la place, un peu avant sa mort, M. de Fontaines de Neüilli Grand. Vicaire de Baïeux, qui est presentement Superieur de cette Congregation.

Les Eudistes ne font aucun veu. La charité est le seul lien qui les unit ensemble ; & presque tous ceux qui sont incorporés dans la Congregation y reitent toute leur vie,quoique chacun ait toûjours la liberté d'en sortir, & qu'on puisse aussi les renvoïer s'ils tomboient dans quelque deréglement. Leur habit n'est point distingué de celui des autres Prê. tres , & comme ils sont membres du Clergé, ils font profession de suivre les regles qui sont prescrites par les Saints Canons. Ils ont pour maxime d'emploïer le revenu de leurs patrimoines & des Benefices qu'ils peuvent avoir en æuvres pieuses : & plusieurs ont beaucoup contribué à fonder & bâtir leurs Maisons & à y fournir les choses necessaires. Ils ont pour principe que lorsqu'ils demeurent dans la Congregacion ils sont obligés d'obéïr au Superieur , & ils s'acquittent de ce devoir avec la même fidélité

que

s'ils en avoient fait væu. Ils enseignent ordinairement la Theologie dans chacune de leurs Maisons & la Philosophie en plusieurs; & on fait prendre à grand nombre d'entr'eux les Degrés de Docteurs & de Bacheliers. Les fins de leur Institut font de former les Clercs aux fon&tions de la Clericature , & de travailler à faire des Missions dans les villes & à la campagne. Ils en font par tout où ils sont appellés , & Dieu répand de si grandes benedictions sur leurs travaux qu'il est aisé de juger combien ils sont agréables à fa divine Majesté.

Le Superieur de cette Congregation est chargé de mettre de tems en tems un nouveau Superieur particulier dans chaque Maison,qui soit agréé par l'Evêque Diocesain, & ils regardent ce changement comme une Regle fondamentale de leur Societé. Ils font des Assemblées pour y traiter des moïens de perfectionner leur Institut & retrancher tous les abus qui pourroient s'y glisser.

CONGREGATION DE

BRIEL.

Monsieur Eudes avoit encore établi sa Congregation à SAINT GA- Rennes avant la mort,& depuis M. Bloüet a aulli envoïé de

fes Associés en d'autres Dioceses , & toutes ces Maisons & Communautés ont été unies & aggregées aux premieres sous le même nom & le même titre de Jesus & Marie par les Lettres d'établissemens des Evêques des lieux , les Parentes du Roi & les Arrêts d'enregistrement des Parlemens de leur resfort : ensorte que toutes ces Maisons & Communautés forment une espece de Congregation , par rapport à l'Eglise & à l'Etat. Elle a un Superieur qui la gouverne : il est élu dansune Assemblée générale à la pluralité des voix. Le Gouvernement Canonique en est fondé sur les pouvoirs accordés par chaque Evêque des Dioceses elle est établie, qui ont été autorisés & confirmés par les Parentes du Roi. C'est pourquoi les Evêques sont les Protecteurs de cette Congregation; & on s'y fait un devoir essentiel d'être entierement sous leur Jurisdiction.

L'Histoire des Ordres Religieux de M. Hermant parle des Eudistes.

CHA P. II RE X XII.

pour Fondat

De la Congrégation de saint Gabriel, avec la Vie du Ve

nerable Serviteur de Dieu Cesar Bianchetti , Senateur

de Boulogne , Fondateur de cette Congrégation. L

A Congrégation de S. Gabriel reconnoît

teur Cesar Bianchetti , issu de la Famille de ce nom,qui prétend tirer son origine de Robert Blanchet, neveu du grand Theodoric, dic le Saxon, Duc de Bourgogne, lequel étant venu s'établir à Boulogne vers l'an 804. y eut pour fils Cunibert Bianchetti, & y donna ainsi commencement à cette illustre & ancienne Famille,de laquelle sont sortis de grands hommes, qui par leurs écrits & la force des armes , ont pris la deffence de l'Eglise Romaine. Cesar Bianchetti eut pour pere Marc Antoine Bianchetti Senateur de Boulogne &Chevalier de Calatrava, & pour mere Alessandra de Carminati d'une famille distinguée de Milan. Ces deux illustres

per fonnes vivoient dans une si parfaite union , que leur bon

heus

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