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NAIRES

dressées par Monsieur Vachet , & l'ouvrage commencé

par PRETRES l'ordre de Monsieur de Chanvalon, après avoir pris l'avis de plusieurs serviteurs de Dieu, il se rint en 1695. une Allem. APELES blée générale dans le Seminaire de Paris , ou avec le con

Endister fentement unanime , tant des Sæurs de ce même Seminaire que de celles qui y allisoient comme députées des autres Communautés , & de l'avis de M. l'Abbé d'Argenson alors Superieur du Seminaire , leurs Constitutions furent mises en ordre & présentées à son Eminence M. leCardinal de Noailles Archevêque de Paris, qui aïant fait encore quelques changemens, chargea M. l'Abbé de Roquette Superieur du Seminaire à la place de M. d'Argenson,

qui avoit été nommé à l'Evêché de Dol, de consommer cet ouvrage, qui étant fini fut approuvé,non seulement par son Eminence l'an 1703. mais encore par les Evêques de Metz, de Poitiers & de la Rochelle , & imprimé la même année à Paris. Certe Congregation a pour armes un cæur enflamé, surmonté d'une croix avec ces paroles pour devise: In Charitate Dei de patientia Christi.

Richard , Vie de M. Vachet. Herman, Histoire des Ordres Religieux, Tom. IV. les Constitutions de cet Inft

. édit. de 1673. de 1703. & Memoires donnez par les Sæurs du Seminaire de Paris.

CHA PITRE X X I.
Des Prêtres Missionnaires , communément appellés les.

Eudistes, avec la Vie de Monsieur Eudes , leur

Instituteur. L

Es Eudistes forment une Compagnie de Prêtres Secu

liers établie en France sous le nom & titre de JESUS & MARIE : ils sont emploiés à la direction des Seminaires, & à faire des Missions. On les appelle Eudistes, parce que Monsieur Eudes a été leur Instituteur.

Monsieur Eudes, connu sous le nom de Pere Eudes, vinc au monde le 14. Decembre de l'année 1601. dans la Paroille de Rie proche Argentan, Diocese de Sées en Normandie. Son pere & sa mere furent trois ans sans avoir de fruits de leur mariage : mais aïant fait un væu à Dieu sous l'invoca

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Eudifles.

PALTRES tion de la sainte Vierge, ils obtinrent un fils qui fut nommé

Jean sur les Fonts de Batême, & plusieurs autres , parmi ault's lesquels se distingua le célébre Monsieur de Mezeray , Hi

storiographe de France. Comme Jean. Eudes , dont nous parlons ici, étoit destiné à devenir l'instrument des grands desseins

que Dieu avoit sur lui, il fut prévenu de tant de benedictions du Ciel, qu'il ne fit rien paroître de puerile dans son enfance. Dès qu'il fut en état de recevoir des instructions, il les rechercha avec empressement ; & comme elles étoient négligées dans sa Paroisie, il fit tant auprès de fon pere & de la mere,

qu'ils lui permirent de les aller chercher chez les Curés & les Prêtres du voisinage. Ce fut par ce moïen qu'il apporta de grandes dispositions à faire sa premiere Communion. Il en retira de si grands fruits, & des instru&ions qu'il recevoit de ses Maîtres, que fa pieté croil. soit à proportion qu'il avançoic en âge. Le Saint-Esprit alluma dès lors dans son cœur un si grand amour pour Dieu & lui dona une connoissance si parfaite des faux plaisirs du monde que pour y mieux renoncer il fit væu de chasteté à l'âge de 14. ans.

Dès qu'il se fut ainsi confacré à Dieu, il alla faire fes études à Cačn, où craignant la contagion du libertinage ordinaire aux Ecoliers, il n'y eut point de précautions qu'il ne prît pour conserver son' innocence;. & comme les Peres Jesuites n'élevent pas moins la jeunesse dans la pieté que dans les sciences humaines, il se fic recevoir à la Congregation établie dans leur College, où il faisoit ses études , pour être fous la protection speciale de la sainte Vierge. Arant écéadmis dans cette Congregation, il devint le modele des autres Ecoliers, non seulement par son assiduité aux Assemblées, & à frequenter les Sacremens, mais encore par son application à l'étude , dans laquelle il fit un progrès merveilleux.

Sur la fin de son cours de Philosophie, étant âgé de 18. ans, il pensa à choisir un état : ses parens,qui le regardoient comme l'appui de leur famille, ne manquerenc pas de lui proposer un parti avantageux ; mais M. Eudes leur répondit qu'il les supplioit de ne point penser à lui pour aucun établissement dans le monde , & qu'il avoit fait un choix plus noble. Il balança quelque tems s'il se feroit Religieux; mais après de ferventes prieres & des jeûnes réïterés, il fo

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détermina au Sacerdoce , seulement , par le conseil d'un sage PRETABO Directeur : & Dieu voulant en faire un saint Prêtre, & un digne Ministre de l'Evangile, il lui donna dans la cérémonie APPILLY'S de la tonsure , qu'il reçut alors, tout le dégoût du monde,

Eudistes, qui dispose à la vie Apostolique, dont il devoit faire profeflion. Étant persuadé qu'on ne consulte & qu'on n'écoute Dieu parfaitement que dans la retraite , il regarda la Maison des Prêtres de l'Oratoire comme un lieu propre pour se préparer au Sacerdoce, auquel il aspiroit : néanmoins il ne vouluc y entrer qu'après en avoir obtenu la permission de fon pere, qu'il ne lui accorda qu'au bout de trois ans , qu'il emploïa à l'étude de la Theologie Scholastique, à laquelle il se donna tout entier. Si l'humble Serviteur de Dieu avoit fuivi le conseil de ses amis , il auroit pris ses degrés ; mais son pere lui aïant enfin laissé la liberté d'executer lon defein, il aima mieux entrer dans l'Oratoire. Ce fut le

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Mars de l'an 1623. qu'il y fut reçu à l'âge de 23. ans. Les instructions qu'il y reçut , & les pieux exercices ausquels il s'appliqua', augmenterent encore son zele & sa ferveur pour fon propre falut & celui du prochain.

M.le Cardinal de Berulle remarqua en lui de grands talents pour la prédicacion:c'est pourquoi il lui fit faire quelques Difcours,

avant même qu'il fût dans les Ordres sacrés:en quoi il réüllit fi avantageusement au goût de ce digne Superieur, que pour en tirer tout le fruit qu'on en devoit attendre, aïant dessein de l'engager au ministere de la parole , il lui fit recevoir les saints Ordres ; & enfin le Pere Eudes célébra sa premiere Messe le jour de Noël de l'année 1626.

Dès qu'il fut revêtu du cara&ere auguste du Sacerdoce, il n'épargna rien pour s'acquitter dignement du ministere de la prédication ; mais Dieu arrêta pendant quelque tems les effets de son zele , en lui envoïant une maladie qui dura deux ans entiers, & qui lui interdit l'exercice de ce ministere pendant ce tems-là, qui ne laisa pas de lui être utile pour l'étude de l'Ecriture-Sainte,dont il faisoit le sujet de ses meditations, & dans laquelle il trouva des sources inépuisables de science & de sainteté.

Il ne fut pas plûtôt rétabli de cette maladie, qu'il commença ses travaux Apostoliques par une action heroïque de sharité : car étant touché des ravages que la peste faisoit Towe VIII.

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APPELLES

PRETRES dans le Diocese de Sées, plein de confiance en Dieu , il y

courut avec la permission de ses Superieurs, afin de secourir Endistes.

ces pauvres affligés, d'autant plus à plaindre, qu'ils étoient abandonnés de leurs propres Pasteurs. Quand il y fut arrivé, il se retira chez un bon Prêtre, qui voulut être le Compagnon de les peines & de ses fatigues, lesquelles étoient très grandes & très dangereuses pour leurs propres personnes , puisque durant quatre mois que dura la peite, après avoir célébré la sainte Mesle de grand matin, & consacré plusieurs hosties qu'ils portoient dans une boëte d'argent, ils alloient de maison en maison pour instruire, exhorter , confesser, donner le saint Viatique, & administrer l'Extrême-Onction à ceux que la contagion avoit fait abandonner par les personnes mêmes ausquelles ils devoient être les plus chers. Les plus infectés étoient ceux que le P. Eudes recherchoit avec plus d'empressement, & foulageoit avec plus de tendresse.

La peste aïant cessé au Diocèse de Sées, il retourna à Paris, d'où il fut envoïé à Caën. Il y trouva encore une autre occasion de s'immoler pour ses freres : car le Superieur de la Maison de l'Oratoire de cette ville aïant été frappé de peste, avec deux autres Prêtres de la même Maison , il les aflilta tous trois jusqu'au dernier soupir ; mais avec tant de charité, que ses vertus jointes aux autres talents dont il étoit doué, ne permirent pas qu'on jettât la vûë sur d'autre

que

sur lui , pour remplir la place de ce Superieur. Ce fur alors

que se voïant chargé de ce nouvel Emploi, il redoubla son zele pour s'en acquitter dignement, & s'appliquant à la prédication, non par le desir de plaire, mais de convertir les pecheurs; il se mit peu en peine de flater les oreilles , pourvû qu'il touchât leurs cæurs. Il reprenoit hardiment le vice , & persuadoit la vertu avec tant de force & d'onction, que sa réputation se répandit dans les plus grandes villes du Roïaume,& même jusqu'à la Cour, où- la Reine Regente Anne d'Autriche, Mere de Louis XIV. l'entendit plusieurs fois avec beaucoup de satisfa&tion ; mais il n'étoit jamais plus content que quand il annonçoit la parole de Dieu aux pauvres & aux gens de la campagne , comme il arriva en plusieurs Milfions qu'il fit , étant encore dans la Congregation de l’Oratoire. Dieu répandit de si grandes benedictions sur celles qu'il entreprit, que les plus grands pecheurs touchés par

la force

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de les discours se convertisToient , & entreprenoient les plus PRETRIS austeres pratiques de la penitence. De si heureux succès attiroient un li grand nombre de personnes à l'entendre, que app; lla's dans une Million qu'il fit dans l'Eglise de l’Abbaïe de saint

Eudistesa Etienne de Caën, elle se trouva trop petite pour contenir l'affuence extraordinaire du peuple qui y accouroit de toutes parts , quoique ce Temple soit un des plus grands vaisseaux du Roïaume.

Ce fut alors que le Pere Eudes connur dans les Missions le grand besoin qu'on avoir de bons Pasteurs & de Prêtres zelés pour en conserver les fruits , & soutenir les peuples dans les bons sentimens qu'ils y avoient conçus. Dans cette vûë il medita l'établissement des Seminaires pour en former; mais comme il se défioit de ses propres lumieres , il ne crut pas devoir se déterminer de soi même à une telle entreprise. Il en consulta donc les personnes les plus distinguées par leur science & leur pieté, qui approuverent le projet qu'il en avoic fait, & crurent qu'il devoit se priver des douceurs qu'on trouve dans des Communautés formées , pour se livrer avec confiance à toutes les peines qui sont inséparables des nouveaux établissemens. Le Pere Eudes qui n'envisageoit que la gloire de Dicu, défera donc à leurs sentimens.

Après être forri de l'Oratoire, il travailla à l'érection d'un Seminaire dans la ville de Caën: les premieres Lettres Patentes aïant été obtenuës du Roi le 26. Mars de l'année 1643. & s'étant associé huit Prêtres, tous remplis de l'esprit Ecclefiastique, il jetra les fondemens de la premiere Maison de sa Compagnie. Un de ses associés fut Ň. Bloüet de Than, connu par sa grande pieté, & par le rang que la Famille occupe dans la ville, & qui fut le Fondateur de cette Maison. Ce ne fut pas fans beaucoup de contradiétions que se fit cet établissement; mais M. Eudes & ses associés les surmonterent par le silence, la douceur & la patience. Plusieurs Evêques instruits des grands fruits que faisoient ces hommes de Dieu dans le Seminaire de Caën,en voulurent avoir chacun dans leur Diocese ; & leur Compagnic augmentant tous les jours en sujets distingués par leur verru & leur merite, Monsieur Eudes en envoïa à Coutances, à Lisieux,à Rouen, & à Evreux ; & les Communautés qu'on érigea dans ces quatre villes, avec celle de Caën, pour élever les jeunes Clercs,

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