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SE, DI L'E

Ordetsd: blissement de cet Ordre dans le quinzième siécle. On appel.
UCHA loit cet Ordre della Calza ou de la Chieille, à cause que
SOLE s'or, les Chevaliers porroient depuis la cuille droite jusqu'au pied
W.O S: une chausse, divisée par bandes de plusieurs couleurs i les
MARC A Unic Claus
VINIE. unes étoient en travers , & les autres de haut en bas ; & aux

solemnités cette chausse étoit brodée d'or & d'argent, avec
des perles , & autres joïaux.

L'Abbé Giustiniani dit avoir trouvé à Venise dans la Bibliotheque du sieur Jerôme Duodo, deux titres concernans cet Ordre: le premier est une Estampe gravée en cuivre l'an 1529. representant un de ces Chevaliers, avec cette inscription en Italien : Compagnia de i Floridi ; & à côté est écrit aussi en Italien , Division de la Chausse,celle de la jambe droite est d'écarlate en dedans, moitié violette er grise en dehors. De l'autre côté de l'Estampe il y a aussi en écrit, Broderie sur la chausse, & au bas 1929. le.... May on selebra la Mepe dans l'Eglise de Saint ...... On trouve ensuite les noms de vingt-cinq Chevaliers, tous Patrices Veniciens , excepté crois qui étoient étrangers ; sçavoir Gui Ubald Duc d'Urbin, Robert San Severino, Comte de Gajazzo,& Victor Gonella. Tous ces Chevaliers portolent une chaulle de trois couleurs, comme nous avons dit , & l'autre étoit verte, Quant à leur habillement le haut-de-chausse étoit fait en forme de trousses de Pages , taillés par bandes comme les culottes de Suisses, le tout en broderie, aussi bien que le pourpoint , qui étoit ceint d'une petite ceinture ; & par dessus cet habit i's avoient une grande robe traînante à terre, avec de grandes manches, & une étole sur l'épaule : cette robe étoit quelquefois violette , quelquefois de tabis cramoisi, en quelques occasions de damas, & dans les folemnités de drap d'or.

L'autre titre concernant ces Chevaliers, qui se trouve dans la même Bibliotheque , est un manuscrit où sont les Statuts & les Reglemens de la Compagnie des Sempiternels fondée l'an 1541.& qui commencent ainsi : In nomine fanéta & individua Trinitatis, Patris ca Filii & Spiritus fan&ti, da Divi Marci Evangelista Protectoris nostri" fæliciter Amen. Anno Nativitatis Domini Nostri Jesu Christi millefimo quingentefimo quadragefimo primo Indičt.XIV. Die vero is. Mensis Junii , Principatus noftri Serenissimi Principis & D. D. Petri

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Er DE S.

VENISK.

Landi Dei gratia Inclyti Venetorum Ducis anno 3. Ces Statuts ORDRES DE

LACHAUS sont écrits ensuite en Italien , dont voici le preambule tra- sf, DE L'Eduit en François.Confiderans que dès notre enfance nous avons TODOS commencé à nous aimer comme freres, que dans un si bas Marc ä âge, nous avons toujours vecu en paix , entretenu l'union entre nous , il est juste de se donner les uns aux autres des preuves de ce lien indissoluble de notre éternelle amitié, sans laquelle ni les Etats, ni les Empires , ni les Republiques ne peuvent subfifter : c'est pourquoi voulant suivre les vestiges de nos predece jeurs laiser à la posterité un monument qui conJerve la memoire de la disposition de nos cæurs i nous contractons par ces présentes une focieté sous le nom de Compagnie des Sempiternels pour étre instituée confirmée par nous, fous les obligations ci-après specifiées, & prions le souverain Seigneur qu'il lui plaise donner un heureux succez à ce projet, afin qu'il puisse durer jusqu'à la fin des fiécles, do que parla célébration de nos fétes , & par nos réjouissances, nous puissions contribuer à rendre notre ville illustre, a lui acquerir une gloire qui due rera éternellement.

Ces Statuts contiennent quarante deux articles & portent entre autres choses que cette societé pourroit être composée de vingt personnes qui en y entrant païeroient cinquante. ducats. Le jour qu'ils devoient prendre la Chausse , ils devoient êcre vêcus de soïe & porter la Chausse pendant vingt jours. Ceux qui n'étoient pas vétus de soïe & n'avoient pas la Chausse au tems marqué, excepté lorsqu'on portoit le deüil , devoient païer cent ducats. Celui qui étoit élu Chef de la Compagnie ne pouvoir refuser cet emploi , sous peine de cent ducats d'amende. Il y avoit encore deux Conseillers & un Camerlingue , qui ne pouvoient pas non plus refuser ces emplois, sous peine de vingt-cinq ducats d'amende. Si quelqu'un de la societé se marioit, les autres étoient obligez de porter le jour des noces un habit d'écarlate, & le marié un habit de soïe pendant trois jours, sous peine de vingt cinq ducats d'amende. Lemarié donnoitun repas au son des trompettes & d'autres instrumens de musique, l'un dans la maison de la mariée & l'autre dans la sienne ; & ces deux repas devoient être suivis d'un troisiéme avec la représentation d'une comedie. Le marié étoit aussi obligé d'envoïer à tous ceux de la societé, au Chapelain & au Notaire, un masse

LA CHAIS.

}T DES

Ornrises pain de six livres & un pain de sucre, & de plus au Notaire

2 071'e un ducat, sur peine de vingt cinq ducats d'amende. Si dans
TOLE D'Ox la maison de celui où se faltoit le regal,quelqu'un des ailo-
MARC Aciez coupoir, déchiroit ou brisoit quelque chose qui dût
VENISE. servir au repas, il étoit tenu de païer cent ducats à la com-

pagnie , & de rembourser le prix de la chole qui avoit été
gâtée. Quand quelqu'un mouroit , les autres portoient le
deüil pendant quatre jours.Ceux qui étoient reçus dans cette
compagnie é oient obligez après avoir pris la Chausse, de
donner à souper aux autres & à vingt-cinq Dames , outre
leurs compagnes, auquel repas il devoit y avoir des violons, &
cela devant le huitième jour de la reception, fur peine de soi-
xante ducats d'amende , s'il n'étoit pas marié, ou de païer six
vingi ducats à la compagnie s'il étoit marié. Le tems de quit-
ter la Chausse écant arrivé, chacun des associez devoit faire
quelque présent pour faire un festin à la broderie de la Chaus-
le , lelon que la compagnie le jugeo1t à propos. Après avoir
quitté la Chausse on étoit encore tenu de la porter pendant
trois ans à toutes les Fêces de la sociecé. Le secret touchant
les affaires qui étoient traitées dans les Assemblées ne pou-
voit être revelé fous peine de vingt cinq. ducats d'amende
chaque fois qu'on y contrevenoit. C'est pourquoi en entrant
dans la compagnie , ils juroient de garder le secret. Si quel-
qu'un avoit proposé une personne pour y entrer, & qu'aïant
été acceptée, elle refusât d'y entrer, celui qui l'avoit pro-
posée devoit païer une amende de vingt-cinq ducats ; & G
la proposision avoit été faite par écrit, il étoit condamné à
païer cent ducats. Tous ces Chevaliers sempiternels , por-
toient des Chausses différentes ; car il est marqué dans le
même manuscrit que les Chausses tant du Prieur que du
fieur Jerôme Vallier , & du sieur André Contarini Conseil-
lers seroient ainsi partagées , la droite d'écarlatte , & la gau-
che d'incarnat en dedans & grise en dehors. Le sieur Jerô.
me Bernardi en devoit porter une blanche, & l'autre écarlate
& d'argent : le sieur Louis Grimani avoit celle de la droite
écarlatte & celle de la gauche, en partie incarnatte & en
partie bleuë , le sieur Laurent Soranzo en avoit une grise &
l'autre violette , & ainsi des autres.

Après qu'ils eurent tous signé ces Statuts , ils s'engagerent d'allifter le lendemain au Grand conseil , & de s'asseoir tous

fur

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