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FILLES de fa plus tendre jeunelle des marques d'un esprit superieur ; Erkten. qui dans la nuite fut cultivé par la connoillance des belles

Lettres & par l'étude de la Philosophie qu'elle se rendit familiere. Elle étoit douée d'un jugement solide , avoit le cæur grand & genereux, une memoire heureuse qu'elle a conser. vée jusques dans son extrême vieillesse , & tous ces avantages de la nature étoient foûtenus par une modestie & une douceur qui lui auiroient l'estime de tout le monde. Pourveuë par la naissance & par la fortune de tout ce qui pouvoir la faire distinguer dans le monde & y paroître avec honneur, elle n'eut jamais d'autre ambition que celle de plaire à Dieu & de se consacrer dès ses premieres années à fon service. Penetrée des verités éternelles qu'elle avoit gravées dans son cæur , elle fut toûjours fidelle aux mouvemens de la

grace. Elle y cooperoit avec tant de soûmission & de facilité, qu'elle s'en fit une sainte habitude qui devint en elle la source d'une infinité de saintes actions qui la faisoient avancer à grands pas

dans les voïes de Dieu. Sa ferveur ne fut point passagere , elle s'accrut & se fortifia avec l'âge.L'amour de Dieu fut toûjours l'unique motif qui lui fit entreprendre les grandes choses qu'elle a faites pour sa gloire & le salut des ames. Cet amour divin la dépoüilla de tous ses biens, & elle compra pour rien le sacrifice qu'elle en fit à Dieu , si elle ne se consacroir elle même à son service. C'est pourquoi elle entra dans l'Institut des filles de l'Union Chrétienne qui n'avoic encore aucune forme d'établissement. Elle le commença avec les Sœurs des Bordes & de Martaigneville , & donna sa propre maison , comme nous avons dit , pour en faire le premier Seminaire & le Chef de toutes les Communautés qui en sont sorties. Elle y a vécu dans une vie exemplaire & toute sainte , elle y a exercé les Emplois de Superieure , de premiere Aslistante & de Maîtresse des Novices , dont elle a rempli dignement tous les devoirs jusqu'en l'an 1710.qu'elle decéda le premier jour de Septembre à quatre heures du foir après avoir reçu tous les Sacremens de l'Eglise, étant âgée de plus de quatre-vingt cinq ans.

Nous avons dit quelle étoit la fin principale de l'Institut de ces filles & veuves de l'Union Chrétienne, il ne nous reste plus qu'à parler de leurs principales observances. Elles ont choisi pour devotion speciale la laine Famille de Notre Sei

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gneur Jesus Christ. C'est pourquoi elles folemnisent com- Filles DZ me Fêtes de Patron, celles de la Nativité de Notre Sei- L'UNION

CHRITIIN gneur,

de l’Apnonciation de la sainte Vierge & de saint Jo- NI. leph, & elles renouvellent tous les ans leurs veux le jour de la Présentation de la sainte Vierge. Tous les jours elles disent en commun son petit Office, & font l'Oraison mentale de demi heure le matin & autant le soir. Les Fêtes & Dimanches elles y emploïent trois quarts d'heures. Tous les ans elles font une retraite de neuf jours, vers les Fê:es de l’Ascension & de la Toussaints. Pendant les huit jours de la Fête de l'attente des Couches de la sainte Vierge, il y a chaque jour quelques Sæurs en retraite pour se préparer avec l'Eglise à la Naissance du Sauveur du monde. Elles font la même chose pendant les trois derniers jours du Carnaval, & les jours de jeûne des Quatre Tems. Elles prient aufli tous les jours en commun pour le Pape, les Prélats de PEglise, le Roi, leurs Superieurs spirituels & temporels, pour leurs Fondateurs & Bienfaicteurs,pour la conversion des Pecheurs, des Heretiques & Infideles , & pour les Missionnaires Apoftoliques qui s'emploïent à leur conversion. Elles ne font point d'autres penitences corporelles , que celles qui sont ordonnées par l'Eglise , excepté le jeûne du Vendredi qu'elles observent pendant toute l'année. Elles tiennent les petites écoles gratuitement pour les pauvres filles. Lorsqu'elles sçavent qu'il y a quelque division entre des personnes de leur sexe, elles tâchent autant qu'il leur est pofsible de les reconcilier. En un mot, elles font tout le bien qu'elles peuvent sans jamais rien refuser. Celles qui veulent être reçuës dans cet Institut , doivent faire deux années d'épreuve avant que d'y être associées , aprés lesquelles elles font trois võux simples de chasteté , d'obéïssance & de pauvreté, & un quatriéme d'union, en la maniere sui

O Mon Seigneur Jesus-Christ, fe N. profternée en esprit d'humilité, en presence de votre divine Majesté au très saint Sacrement de l'Autel, & entre vos mains, Monsieur notre très honoré Superieur , sous l'autorité de Monseigneur l'Archevêque ou Evéque de N. fais væu à Dieu de pauvreté , de chalteté perpetuelle, d'obéissance & d’union avec mes fæurs de cette maifon , comme aussi avec toutes les communautez du même

vante.

NE,

.

FILLES DI Inftitut , qui entreront par uniformité de constitution dans CHRITIEN lóbligation de ce væu d'union i par lesquels væux j'entends

m'obliger aux termes de conditions énoncées dans l'explication desdits Væux & dans lesdites Constitutions , que je promets de garder & observer de tout mon pouvoir , esperant que Dieu. me fera cette grace, & d'y perseverer jusqu'au dernier soupir. de ma vie , par les merites de Notre Seigneur Jesus-Chrift, le tout dans une parfaite soumission à la sainte Eglise catholique, Apostolique & Romaine, sous l'invocation de protection de la sainte Famille de Notre Seigneur Jesus-Christ, à laquelle cet Institut eft dedié , au nom du Pere, du Fils á Saint-Esprit. Ainsi soit-il.

Quant à l'habillement de ces filles il consiste en un mane teau de laine noire, soit de cresponou d'étamine & une jupe de même. Elles n'ont point de cheveux abbacus sur le front: la pointe de leur coëffure qui est aussi noire , ne paroît point trop bas au dessous de la coëffe, qui est detaffetas noir;celle de dellous est d’étamine, de soie, ou de crapaudaille. Leurs mouchoirs de cou sont de taffetas noir, avec un bord double de. toile de baptiste , environ de la hauteur de trois doigts , & elles portent une croix d'argent sur la poitrine. Les Scurs de service ont les jours ouvrables un habit gris brun les Fêtes & Dimanches un manteau noir de lerge , une jupe un peu courte , & un tablier aussi de serge noire , un mouchoir de biais & une coëffe blanche. Elles peuvent néanmoins avoir une coëffe noire de gros taffetas , & après leur engagement elles portent ausfi une croix d'argent.

Les Constitutions de l'Institut furent d'abord dressées par M. Vchet & imprimées à Paris l'an 1673. Ces Constitutions aïant été presentées l'an 1677. à M. François De Harlay de Chanvalon, Archevêque de Paris , il les approuva , y fie ajoûter des remarques qu'il jugea nécessaires pour les mettre en meilleur ordre, & donna ce soin à M. Coquelin Chancelier de l'Université de Paris ; mais ses maladies continuelles l'empêcherent d'achever cet ouvrage. Les Maisons de l'Institut s'étant multipliées, les Sæurs de ces Maisons envoïerent à celle du Seminaire de Paris quelques remarques, sur les différens usages qu'elles avoient éte obligées de prendre , selon les lieux où elles étoient situées , ce qui aïant été examiné & confronté avec leurs anciennes Constitutions

Fille de Lunion Chretienne

de Porilly f

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