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de tous les lieux où il alloir & envoïoit faire la Mission, & Soeh Difcu donna tant de bénédictions à cette œuvre de pieté,que £,* t> quoique le premier dessein de ces Confrairies ne fût que ur ia campagne, il s'en établit néanmoins une à í aris dans Paroisse de saint Sauveur en 1619. & ellts se répandirent dans tant de villes,que quoique leur, Instituteur leur eût donné des Reglemens propres pour leur conduite, & qu'il alìât de tems en tems les visiter ou qu'il y envoïât des Prêtres de fa Congrégation , elles auroient néanmoins manqué des secours dont elles avoient besoin , si Dieu qui n'abandonne jamais les siens n'eût inspiré à Mademoiselle le Gras de se dédier particulièrement à ces œuvres de charité fous la direction de M. de Paul.

Cette Demoiselle nâquit à Paris le n. Août 1591. & eut pour pere Louis de Marillac Sieur de Ferrières, & pour mère Marguerite le Camus. Elle reçut le nom de Louise sur ies Fonds de Baptême , êc perdit fa mere dans son bas âge. Son pere s'en voïant charge lui-seul, prit un soin particulier de son éducation. Il la mit en pension dans le Monastère des Religieuses de Poissy, où il avoit quelques parentes, afin que par leurs foins elle y reçût les premières teintures de la pieté & de la vertu. L'aïant retirée quelque tems après , il la mit entre ies mains d'une Maîtresse habile & vertueuse pour lui apprendre des ouvrages convenables à fa condition: ÔC n'oubliant rien de tout ce qui pouvoit lui faire acquérir un mérite distingué , il lui fit apprendre la peinture, & lui donna des Maîtres de Philosophie , afin qu'elle pût s'élever audessus des connoissances ordinaires aux personnes de son sexe.

Les lumières qu'elle acquit par Tétude& par la lecture, qui faisoitune de ses plus grandes occupations, lui donnèrent un si grand mépris pour les vanités du monde, & un si •grand goût pour la vie Relipieuse,'qu'elle se seroit faite Capucine, si le Pere Honore de Champigny Capucin , qui vivoic pour lors en odeur de sainteté ne l'en eût détournée , en lui représentant que la foiblesse de son temperamment ne lui permettroit pas de soûtenir les austérités d'une vie si dure & si pénitente , qu'elle seroit toujours en état d'embrasser, lorsqu'après une plus ample délibération, Dieu lui auroic fait connoîere que c'écoit fa sainte volonté. Mais fa divine Soeurs ©t Majesté en dispoía autrement. Car peu de tems après aïant »iTe'- perdu Ion pere & le trouvant obligée de prendre un parti, elle s'engagea dans le Mariage l'an 1613- fie eut pour époux à l'âge de vingt deux ans Monsieur le Gras Secrétaire de la Reine Marie de Medicis, dont la famille s'écoit signalée par l'amourdes pauvres en fondant un Hôpital dans la ville du Puy. Dès les premières années de son mariage , elle s'ap* pliqua à visiter les pauvres malades de la Pâroisle où elle demeurait. Elle leur dormoit elle même les bouillons & les remèdes, faiíoit leurs lits , les instruisoit, les consoloit , les exhonoit à recevoir les Sacremens , & lesensevelissoit après leur mort. Elle ne se contenta pas d'assrster les malades dans leurs maisons j elle alloit les visiter dans les Hôpitaux, & y attira plusieurs Dames par ses conseils ôc par ses exemples » faisant pour lors l'essai d'un grand ouvrage qu'elle devoitentreprendre pour le soulagement de tous les pauvres.

Dieu bénit son mariage par la naissance d'un fils qu'elle éleva avec un foin particulier, fie qu'elle sic pourvoir dans* la fuite d'une C harge de Conseiller en la Cour des Monnoïes. Elle perdition mari fur la fin de Tannée 1615. ficelle commença dès lors à n'avoir point d'autre Epoux que JefusChristjconformément au vœu qu'elle en avoit fait le 4- Mai 1613. lorsque voïant son mari dangereusement malade , elle forma le dessein, si Dieu en diípoloit, de garder la Viduitér selon le conseil de saint Paul , comme effectivement elle l'executa après que la mort le lui eût enlevé, ne songeant plus pour lors qu'à redoubler ses dévotions fie ses prières, 6c à se sanctifier de plus en plus par la fréquentation des Sacremens , par les œuvres de charité , par les lectures, les méditations , les jeûnes ô: les austérités.

L'Evêque du Bellay Jean Pierre Camus, fous la direction duquel elle s'étoit mile > la voïant dans le dessein de s'appliquer uniquement aux œuvres de pieté , fie ne pouvant toujours être présent pour la conduire àl'étatde perfection cù elle souhaitoit arriver , ne crut pas la pouvoir confier à un meilleur Directeur, qu'à Monsieur Vincent de Paul, qui comrnençok pour lors fa Congrégation dans le Collège des Bons-Enfans ; ce qui obligea Mademoiselle le Gras , devenir demeurer en 1616. dans la Paroisse de saint Nicolas du Chaxdonet proche de ce Collège, dont le voisinage nage lui donnant occasion d'êcre informée des actions decet Soe homme Apostolique , qui s'oecupoit incessamment dans ti* tous .es exercices de la charité, elle se íentit plus animée que jamais de consacrer ía vie au service des pauvres. Elle communiqua son dessein à ce sage Directeur, qui ne jugeant pas... propos de seconder pour lors ses désirs *& voulant counoître si c ecoit l'Esprit de Dieu qui agilíoit en elle, en différa l'accomplissement jusqu'en 1619. qu'il 1 envoïa visiter les Gonfrairies de Chanté qu'it avoit établies dans p.uíieurs vil ages pour le secours des pauvres malades. Elle , reçut les ordres de Monsieur de Paul avec beaucoup de joïe & de soumission , & elle lui rendit une obéissance si parfaite , que depuis elle n'entreprit rien que par ses avis & par son ordre , le regardant comme le Ministre & l'Interprète des volontés de Dieu.

Le premier voïage qu'elle sit pour ce sujet fut à Montmirail, dans le Diocèse de Soissòns. Avant que de faire ces voïages , elle prenoit une instruction par écrit de la main de ce saint Fondateur touchant ce qu'elle avoit à* faire. Le jour de son départ elle communioit pour recevoir de Jesus-Christ une communication plus, abondante de fa charité , & un ga^ge plus assuré de fa protection & de fa conduite. Elle étok ordinairement accompagnée dans ces voïages, de quelques Dames de pieté 3 & elle les faifoit dans des voitures pénibles, souffrant beaucoup d'incommodités , vivant & couchant fort pauvrement, afin que se conformant à la misère des pauvres , elle pût les encourager à souffrir patiemment leurs peines. Elle procura de pareils établissemens à Paris. Le premier fut à fa Paroisse de saint Nicolas du Chardonet l'an 1630. L'année suivante il y en euedans celles de saint Benoît & de saint Sulpice, les autres suivirent leur exemple, & ces établissemens se répandirent au flì par ses foins à la carhpagneé

Ces Gonfrairies n'aïant été établies jusqu'alors que dans des villages ou au plus dans des petites villes , les femmes qui s'y engageoient, alsistoient elles mêmes les malades, fair soient leurs lits , &ieurs preparoiênt les nourritures & les remèdes nécessaires 3 mais après que rétablissement en fut fait à Paris, il s'y introduisit quelque changement dans le service des malades. Car comme il y entra un grand nombre de. Dames .de la.premiere qualité, qui ne ppuvoient par elles*twtVUU O

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