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PRETRES

NAIRES DE
LA CON
GREGATION
DU SAINT

MENT.

vêchés dans lesquels elle est établie , l'occasion d'en fonder
étant plus difficile à trouver que ce les des Seminaires. Il Mission-
doit y avoir dans cette Congregation un Conseil Suprême
composé d'un ou de plusieurs Millionnaires députés par
chaque Direction,lequel Conseil duit'tclider dans une Mai- SACRE-
son de solitude & ne dépendre d'aucun Directeur. Ce Con-
feil a pouvoir de changer d'une Direction à une autre les
Missionnaires , de chasser les incorrigibles , de résoudre les
doutes qui peuvent survenir au sujet des Statuts , de faire
des Ordonnances pour le bien de la Congregation, d'en-
voïer tous les cinq ans des Visiteurs dans toutes les Direc-
tions & de convoquer une Assemblée Genérale quand la
nécessité le requiert. A certe Assemblée Generale doivent
aslister ceux qui composent le Conseil Suprême , les Direc-
teurs de chaque Direction & les Missionnaires qui sont aussi
députés de chaque Direction. C'est dans cette Affemblée
Genérale

que
l'on confirme les Decrets faits

par

le Conseil Suprême. Elle peut abroger les anciens Statuts , en faire de rouveaux , dépofer les Officiers , en élire d'autres , & faire tout ce qu'elle juge convenable pour le bien de la Congregation , dans laquelle on ne peut être reçu qu'après quatre ans de probation , & pour lors ceux qui y sont admis

. font le ferment de stabilité qui suit , aïant les mains sur les saints Evangiles: En présence de la très sainte Trinité, Pere, Fils do saint Esprit, Dieu vivant & veritable,& de mon Seigniur Jesus-Christ qui est ici present dans le très aimable Sacrement de l’Eucharistie ; que je prends pour témoin de l'action que je vais faire d que j'attends comme celui qui me doit juger : Fe promets & je jure par son amour , ftabilité dans cette Congregation du saint Sacrement jusques au dernier jour de mi vie ; Dieu me soit en aide & ses faints Evangiles. Les Prêtres de cette Congregation ne sont point distingués des autres Ecclesiastiques par l'habillement. Ils reçoivent des Laïques qui conservant leur habit séculier , sont destinés à vaquer aux affaires de cette même Congregation.

Nicolas Boreli, Vie de M. d'Authier de sisgau , & Exora dia & instituta Congregationis sanctissimi Sacramınts.

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So I'RS DE LA CHA igre'.

L

CHAPITRE X I V.
Des Filles de la Charité Servantes des pauvres malades,

avec la Vie de Mademoiselle le Gras leur Fondatrice. 1

y a des Religieuses & des Filles Seculieres dont l’Institut est de s'emploïer au soin des malades , comme un grand nombre d'Hospitalieres dont nous avons déja parlé, & quelques-unes dont nous parlerons dans la suite. Il y en a d'autres qui ont été établies pour l'inftru&tion des Filles, & d'autres enfin qui ne travaillent qu'à leur propre perfecsion ; mais les Filles de la Charité", Servantes des pauvres malades ont tous ces emplois. C'est encore au zele de M. Vincent de Paul Fondateur de la Congregation des Prêtres de la Mission que l'on est redevable de cette fainte Institu. tion. Ce serviteur de Dieu prêchant à Châtillon les-Dombes en Breffe l'an 1617 recommanda avec des paroles si animées du feu de la charité une pauvre famille des environsy dont la plûpart des enfans & des serviteurs étant tombés malades , manquoient de tous les secours les plus necessaires qu'après la prédication un grand nombre de personnes sortit pour aller visiter ces malades leur portant du pain , du vin, de la viande & d'autres secours. Une fi heureufe disposition dans les habitans de cette ville lui donnant lieu de tout esperer de leur charité,il confera avec quelques femmes des plus zelées & des mieux accommodées de la Paroisse sur les moïens de mettre quelque ordre dans l'assistance que

l'on rendroit à ces pauvres malades & aux autres qui se trouveroient à l'avenir dans une pareille necessité, en sorte qu'ils pussent être secourus pendant tout le tems de leurs maladies; & il dressa à cet effet un projet de quelques Reglemens, afin qu'elles tâchassent de les observer après qu'ils auroient été approuvés par les Superieurs;& il choisir entr'elles quelques Officieres qui devoient s'assembler tous les mois devant lui pour rendre compte de ce qui s'étoit passé.

Les bons effets que produisit l'établissement de cette premiere Confrairieou Allemblée de charité encouragerent ce pieux Missionaire à faire son possible pour procurer les mêmes avantages corporels & spiricuels aux pauvres malades

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Socur de la Charite.

de Poilly f

CHA

de tous les lieux où il alloit & envoïoit faire la Million, & SOEURS DE Dieu donna tant de benedictions à cette cuvre de pieté, que kitus quoique le premier dessein de ces Confrairies ne fut que pour la campagne, il s'en éiablit néanmoins une à l'aris dans la Paroisse de saint Sauveur en 1629. & elles se répandirent dans tant de villes,que quoique leur, Instituteur leur eúr donné des Reglemens propres pour leur conduite , & qu'il allâc de tems en tems les visiter ou qu'il y envoïât des Prêtres de sa Congregation , elles auroient néanmoins manqué des secours dont elles avoient besoin, si Dieu qui n'abandonne jamais les liens n'eût inspiré à Mademoiselle le Gras de se dédier particulierement à ces cuvres de charité sous la direction de M. de Paul.

Cette Demoiselle nâquit à Paris le 12. Août 1591. & eut pour pere Louis de Marillac Sieur de Ferrieres , & pour mere Marguerite le Camus. Elle reçuc le nom de Louise sur les Fonds de Baptême , & perdit sa mere dans son bas âge. Son pere s’en voïant chargé lui-seul, prit un soin particulier de son éducation. Il la mit en pension dans le Monastere des Religieuses de Poissy, où il avoit quelques parentes, afin que par leurs soins elle y reçûc les premieres teintures de la piecé & de la vertu. L'aïant retirée quelque tems après , il la mit entre les mains d'une Maîtresse habile & vertueuse pour lui apprendre des ouvrages convenables à la condition: & n'oubliant rien de tout ce qui pouvoit lui faire acquerir un merite distingué, il lui fit apprendre la peinture, & lui donna des Maîtres de Philosophie , afin qu'elle pûc s'élever audessus des connoissances ordinaires aux personnes de son sexe.

Les lumieres qu'elle acquit par l'étude & par la lecture, qui faisoit une de ses plus grandes occupations , lui donnerent un sigrand mépris pour les vanités du monde, & un fi grand goût pour la vie Religieuse,'qu'elle se seroit faite Capucine, file Pere Honoré de Champigny Capucin , qui vivoit pour lors en odeur de sainteté ne l'en eût détournée , en lui représentant que la foiblesse de son temperamment ne lui permettroit pas

de foûtenir les austerités d'une vie si dure & si penitente , qu'elle seroit toûjours en état d'embrasser, lorsqu'après une plus ample deliberation, Dieu lui auroit fait connoîcre que c'écoit la sainte volonté. Mais la divine

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