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dres qui suivent la regle de saint Augustin, où l'on trouvera cependant ceux des Theatins & des Barnabites, quoiqu'ils ne suivent point cette regle , mais les Theatines de l'Ermitage y étant soumises, je ne pouvois parler de ces Religieuses, sans parler en même tems des Theatins, & même des Theatines que l'on appelle de la Congregation pour les distinguer des autres, & qui ne sont que des filles seculieres, qui vivent en communauté. ll en est de même des Religieuses Angeliques, qui sont les filles spirituelles des Barnabites, n'ayant pas pu parler de ces Religieuses sans parler aussi des Barnabites, ni même des Guastallines, qui composent une congregation seculiere. L'on ne doit pas être aussi surpris, si j'ai fait graver les habillemens de quelques Ordres supposés,tels quc Schoonebeck & le pere Bonanni les ont donnés. Je ne l'ai fait que pour contenter ceux qui voudroient ajouter plus de foi à ce qu'ont dit ces auteurs touchant ces Ordres supposés 2 qu'à ce que j'ai avancé pour en montrer la supposition. Le pere Bonanni dans son catalogue des Ordres militaires, dit qu'il a fait graver les habillemens des chevaliers tels qu'ils doivent être, conformément à leurs regles , mais que pour ceux qui n'ont point d'habillemens particuliers illes a fait representcr avecl'habillement que l'on portoit au tems de leur lnstitution dans les pays où ils ont été établis, ou en habit de soldat armé pour aller en guerre. On ne s'apperçoit pas neammoins que cela ait été fidellement executé , puitqu'il 3l habillé des François à l'allemande, & des Allemans à la françoise comme on peut remarquer dans la plûpart de ses figures, principalement dans celle qui

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est cependant recent en France; car ce chevalier a plus l'air d'un Suedois ou de quelqu'autre personne du Nord, que d'un François. Mon dessein n'est point de rapporter tous les privileges que les papes & les princes Souverains ont accordés à plusieurs Ordres; il y en a neanmoins qui ont tant de rapport avec leurs § que c'est comme une necessité d'en parler ; & quoique je ne veuille pas entrer dans le détail de la fondation de tous les couvens, je ne † pas neanmoins m'empêcher de parler de quelques-uns des principaux & des plus consi† s'en presentera. Si l'on regarde l'état de la profession monastique,

où chaque regle forme un Ordre, & où il y a même

des Ordres separés & distincts sous une même regle, il semble que je devois mettre au nombre des fondateurs d'Ordres tous ceux qui o t écrit des regles; mais

· comme celles des anciens solitaires d'Orient que nous

trouvons dans le code des regles, sont depuis plusieurs siécles confondues avec celle de saint Basile, & qu'il nereste plus aucune trace de leurs observances, non plus que de celles de plusieurs anciens peres d'Cccident,qui ont été pareillement confondues avec celle de saint Benoît; c'est ce qui fait que je n'en parlerai qu'en peu de mots; mais je m'etendrai davantage sur les Ordres de saint Antoine, de saint Pachome & de saint Colomban , car l'on ne peut refuser à ces trois saints la qualité de fondateurs : le premier pour avoir étele pere des Religieux Cœnobites, y ayant encore plusieurs moines en Orient de differentes sectes qui se disent tous de l'Ordre de saint Antoine, quoiqu'ils ne

ce que l'on pretend , le second, pour avoir été l'auteur des Congregations Religieuses , & le troisiéme, pour avoir éte l'instituteur d un Ordre qui a fait pendant un tems un des plus beaux ornemens de laFrance, & dont la regle a été observée conjointement avec celle de saint Benoît dans uelques monasteres. Je ne parlerai pas de † saints solitaires que la plûpart des écrivains mettent au nombre des fondateurs d'Ordres, parce que nous ne les regardons pas tant sous cette qualité, que sous celle de simples superieurs ou abbés, qui avoient la conduite de plusieurs moines & sol taires. Enfin si je donne quelquefois le titre de saint & de bienheureux à quelques fondateurs ou autres personnes qui n'ont pas éte reconnues pour telles par l'Eglise, je n'ai pas pretendu les mettre au nombre de ceux qu'elle prie publiquement & dont elle invoque l'assistance, je suis trop soumis aux ordres des souverains pontifes , principalement au decret d'Urbain VlII. qui le défend expressément & je n'ai pretendu leur donner ce nom qu'au sens de l'Apôtre, qui appelle les fideles des saints, soûmettant entierement mon ouvrage à l'autotité de l'Eglise. Peut être que la sincerité avec laquelle j'ai parlé dans cette histoire, n'ayant en vue que la verité que je ferai toûjours gloire de soûtenir, m'attirera des reproches de la part de quelques personnes interessées,mais je m'en consolerai aisément, tropheureux si le public me sçait quelque gré d'un travail de plusieurs années, pour lequel il m'a fallu faire de grandes recherches, & consulter plus de quinze cens volumes. Mais si je les a1 consultés, je ne les ai pas tous suivis, & je ne me suis arrété qu'à ceux qui ont parlé selon la verité. lly co*

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plus de treize cens qui regardent l'histoire monasti-
que, les Ordres militaires & les congregations secu-
lieres, dont je donnerai un catalogue qui pourra être
de quelque utilité à ceux qui ont des bibliotheques cu-
rieules & qui voudront les augmenter , ce que je ferai
d'autant plus volontiers, que c'est par le conseil de l'il-
lustre abbe qui a inspection sur les sciences, & qui les
†o avec autant de lumiere que de zele & de
OIlUC.
Je n'aurois pû reussir dans une si grande entreprise,
sans le secours que j'ai tiré de plusieurs bibliotheques,
dont les plus considerables sont celle du Roi, celle de
feu M. l'Archevêque de Rheims, presentement en la
possession des Chanoines Reguliers de l'abbaïe de sain-
te Genevieve du Mont à Paris ; & celle du college des
RR. PP. Jesuites de la même ville. Ainsi je ne sçau-
rois trop témoigner de reconnoissance à feu M. Cle-
ment premier garde de la bibliotheque du Roi , à M.
Anquetil, ci-devant bibliothecaire de feu M. l'Ar-
chevêque de Rheims, & au R. P. Hardouin bibliothe-
caire du college des Jesuites , qui m'ont donné un li-
bre accès dans ces celebres bibliotheques qui ont été
commises à leurs soins.J'en conserveraitoûjours beau-
coup pour ces illustres défunts, le R. P. dom Jean
Mabillon & son fidele compagnon le R. P. dom
Thierri Ruinart, Religieux Benedictins de la con-
gregation de saint Maur que la mort a enlevés aux sça-
vans, presque dans le même tems , qui m'ont donné
connoissance de quelques congregations de leur Or-
dre, & tous les secours que je leur ai demandés, ce que
le R. P. dom René Massuet Religieux de la même
congregation, qui a été chargé par ses superieurs de .

la continuation des ouvrages du sçavant dom Ma

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suis aussi pareillement redevable de la connoissance de

uelques Ordres militaires à M. le president Cochet § Saint-Vallier, & à M. de ð genealogiste des Ordres du Roi. Il y a plusieurs autres personnes qui m'ont procuré des memoires qui m'ont été fort uti

les ; je me reserve à les nommer en leur lieu & à leur

en témoigner ma reconnoissance: mais je ne puis oublier feu M. Caille du Fourni, auditeur en la cham

bre des Comptes à Paris, qui s'est le plus interessé pour

mon ouvrage, & qui m'a communiqué plusieurs anciens Titres qui m'ont été d'un grand secours. Enfin, si je me suis trompéen quelque chose, je me retracterai volontiers, lorsque l'on m'aura fait connoître en quoi j'aurai manqué.

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