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cher le P. de Montfaucon de les reconnoître pour moines :

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qu'il lui avoit même apporcé l'exemple de saint Pierre & des Apôtres qui menoient des femmes avec eux sans qu'on en fût scandalisé : qu'il en pouvoit être de même des moines de ce tems-là, supposé, dit-il, qu'il y en eût, & que cette circonstance seule ne l'empêcheroit pas de croire que les Therapeutes ne fussent de veritables moines ; coniment pouvoir accorder cela , & ce qu'il dit en plusieurs endroits, que si les Therapeutes ont été Chrétiens, ils ont été de vrais inoines; avec ce que l'on lit à la pag. 274. de fa replique , que le commerce de ces Therapeutes avec les femmes, les danses dontils entrelassoient leurs prieres, leur jeưue le jour du Dimanche, sont des choses fi contraires à la discipline monastique, & mê. me chrétienne de tous les tems, qu'il admire comment cette prétendue ressemblance a pu tromper personne ?

Si M. B*** avoir prouvé que les observations judaïques avoient toûjours été incompatibles avec le Christianisme, & qu'elles n'avoient jamais été tolerés dans l'église d'Alexandrie, je pourrois me rendre à ses raisons , & en regardant comme Juifs les Therapeutes,je ne rapporterois pas à ces sofitaires, l'origine & l'institution de la vie monastique ; mais lorsqu'Eufebe , saint Jerôme & un grand nombre d'autres Peres de l'église , & d'illustres écrivains, tant anciens que modernes, ont regardé les Therapeutes comme Chréciens, quoique persuadez qu'ils avoient des observances judaïques, & que la plâpart les ont reconnus pour les instituteurs de la vie monastique; je n'ai garde de m'éloigner de leur sentiment. M. B*** ne peut pas nier que l'église d'Alexandrie n’ait retenu beaucoup d'observances judaïques qui pouvoient s'accorder avec le Christianisme. Celles que pratiquoient les The. rapeutes, & dont Philon a fait la description; n'ont pas empêché saint Jerôme de les reconnoître pour Chrétiens, & de dire que cet historien Júif, n'avoit fait l'éloge des premiers Chrétiens de l'église d'Alexandrie qui judaisoit encore, que pour relever la gloire de la nation. Philo difertilimus Judæo- Hier. de rum , videns Alexandriæ primam ecclesiam adhuc judaisantemum in Ecquasi in laudem gentis fue , librum fuper eorum conversatione scripsit: M. Tillemont avoue que cette église étant composée principalement de Juifs,retenoit encore beaucoup d'ob- pour l'hift

Ecclefiaft. servations judaïques, & qu'on peut assurer que Philon n'at. : cribue rien aux Therapeutes, qui ne s'accordât avec le Page 102.

Mem.

Tome 1.

Judaïsme, & par consequent avec le Christianisme ; ces deux religions étant alors presque les inêmes en ce qui regardoic l'exterieur.

Nous voyons encore aujourd'hui des vestiges de ces observations judaïques parmi les Copres ou Chrétiens d'Egypte qui composent l'église d’Alexandrie, & qui ont retenu jusques à present la Circoncision , de même que les Ethiopiens ou Abyssins à quiils ont comuniqué leurs observances en les éclairant de la lumiere de la foi ; puisque c'est par le moyen des Egyptiens que les Abyssins ont été instruits des verités Chrétiennes, & que depuis ce tems-là le patriarche d’Alexandrie est reconnu pour chef de l'église d'Ethiopie ; prin. cipalement depuis que ces deux nations se sont soustraites de l'obeissance qu'elles devoient au souverain chef de l'église universelle. Mais les uns & les autres ne regardent pas

la circoncision comme un precepte de religion , ils ne la font pas le huitiéme jour comme les Juifs ; & même ils ne sont pas tous circoncis, ne pouvant recevoir la circoncision après le baptême.

Il y a quelques sçavans écrivains qui croyent que les Therapeutes formoient veritablement une seštę juive qui em. brassa le Christianisme après la predication de saint Marc dans l'Egypte. M. Baillet qui est de ce nombre , dit dans la vie dece saint, qu'on peut supposer qu'ils eurent beaucoup moins dechemin à faire que les autres pour parvenir à la ve. ritable religion, & qu'ayant trouvé dans la doctrine de faint Marc,& dans sa conduite, un modele de perfe&ion beaucoup plus achevé que celui qu'ils suivoient ; ils n'eurent aucune

peine à l'embrasser. C'est, ajoute-t'il , tout ce qu'ona lieu Vier desss. de croire de gens qui fuyoient lavanité & l'orgueil comme la 35.Aurile source des vices, qui pratiquoient la continence, qui aimoient

la retraite, le silence, la priere,la meditacion, l'étude des li. vres saints, qui jeûnoient austerement, qui érojent unis par

le lien de la charice, & qui avoient une grande conformité Hift.Ec

avec les premiers Chrétiens de Jerusalem. M. l'abbé Fleuriest olel

. Tom. de même sentiment , & dir que saint Marc assembla à Ale1.pag.174. xandrie unę nombreuse église , dont il est à croire que les

Juifs firent d'abord la meilleure partie, principalement les
Therapeutes.
S'il est yrai que Philon ait écrit son livre de la vie con.

templative

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