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craies sous les ordres du General de toute la congrégation. lbidcha

Le P. Thomaíììn prétend que c'est à Pinexecution des Loix 3 $ ! »' i*f. & des Canons-, que l'on doit attribuer le relâchement qui est arrivé parmi les Grecs &. les autres Moines d'Orient ; en effet Balíàmon patriarche d'Antioche qui vivoit au douzième siecle,s'en plaignoit de son tems,en disant que la vie commune n'étoitplus observée parmi les religieux Grecsd'Orient,quoi- in symd. qujf Ile hit en vigueur parmi les Latins.Mais jê croi qu'on peut £*r,Waussi l'attribuer á l'inobservance de ces saintes pratiques, de 7' tenir des assemblées générales, aussi bien qu'au schisme ôc aux hérésies que la phìpart de ces religieux ontembrassées.

II est certain que,selon le même Balsamon,il y a eu des Ge- /» ^minéraux parmi euxj car il dit que selon les canons, un seul reli- t*»-Tn»ii. gicux ne peut pas poíîèder deux abbaïesmiais qu'il faut excep- ' *°" ter de cette Règle les Généraux d'Ordres, parce que les Monastères qui relèvent d'eux , ne font qu'un íèulcorps, &com-. me un seul Monastère.

L'origine de ces Généraux vient apparemment des privile- Th^mafl. ces que lesPatriarches ont donnés aux Monastères situés dans Dci i- <b lesévêchésdeleurs PatriarchatsenarborantlacroixPatriar- xK'„tm)^ chale à la fondation desMonasteres qui vouloient bien se sou-1.1. t. j 7. mettre immédiatement au Patriarche 5 ce qui exemtoit cesw,i' Monastères de la Jurisdiction de l'évêque diocésain.Le Superieur de chaque Monastères'appelloit Archimandrite ou Hegumene, &tousobéissoientà un Supérieur General qu'on appelloit Exarque. L'on voit dans le Pontifical de l'Egliíe Grecque une Formule del'institution des Exarques ôc des Hegumenes Le patriarche leur impose les mains,& leur donne un man-?4** demenr,ou lettres testimoniales,qui contiennent l'obligation de leurs charges. Parcelle del'Exarque.il paroît entr'autres choses qu'on lui confie le soin des Monastères Patriarchaux: qu'il en doit faire lavisite:qu'il doit humilier les Supérieurs qui commandent aux inférieurs avec trop d'arrogance , & qui les traitent avec trop de mépris : qu'il doit imposer pénitence & châtier les religieux qui s'éloignent de leur devoir, & de l'obéissance qu'ils doivent à leurs Supérieurs : qu'il doit avertir lesmêines supérieurs de faire recherche des apostats , & les ramener au Monastere:que lorsqu'un supérieur de Monastère patriarchal sera decedé, il doit envoyer au patriarche, pour recevoir l'imposition des mains, celui quiaura été élu par les

religieux:qu'il doit faire un état de tous les Monastères qui relèvent du patriarche, de leurs revenus, des vases sacrés , des ornementsr&enfin qu'il doit faire lire dans chaque Monastère fes lettres testimoniales ; afin qu'aucun des religieux ne puisse douter de son pouvoir ; 8c qu'ils le reçoivent tous comme leurpere ,&c non pas comme un usurpateur qui viole le droit des gens.

Habert. îl paroîtdonti parée mandement/xi lettres testimoniales, óíser i,»4 <Iue ces ^ortes d'Exarques font comme des généraux pour les Monastères qui relèvent du patriarche. En effet M. Habert Arch'm*ni dit qu'ils le font effectivement, que les Archimandrites 8c les f Thoínassl Hegumenes ne font que leurs inférieurs. tomme ci- Le P. Thomaffin accorde bien quelque supériorité generale t.î! t*"'. ^ ces Exarques ; mais il ne donne que le nom de commission à j 7- *• i i-ce mandement ou lettres testimoniales. Le P. Morin dit que Jdi»"**4'ces Exarques font feulement des visiteurs députés des patriarÌ04. * ches, pour faire la visite des Monastères ,&il appelle ces letHab uttres testimoniales, des lettres de délégation: mais M. Habert "i*. prétend au contraire qu'ils font supérieurs ordinaires, & non pas simples visiteurs :Quos licetlcyttorum nomine reddiderit juris orientalis Interpres j ii tamenmihividentur non tantùm ex deleyttionc feu commifsìone patriarche instar Periodeutarum 3 feu Vi/ìtatorumadtempus^fedut Ordinariiinstituti.Je croi que c'est lefentimentque l'on doit fuivrej&comme leP.ThomaslìnSc le P. Morin ont renvoyé à la lecture de ces lettres testimoniales, pour êtreinformé du pouvoir de ces Exarques 5 j'y renvoyé aussi le lecteur, qui connoîtra qu'il n'y est uniquemeut parlé que de ce qui concerne les Monasteresj& qu'elles ne donnent pas pou voir á ces Exarques de présider aux contrats de mariage , de nommer les supérieurs des Eglises exemptes, de faire rendre compte des droits du patriarche , & de fe faire payer des exactions canoniques qui lui font dues,comme dit encore Je P. Thomaffin.

f*rt.j./. 1. Quant aux Archimandrites 8c Hegumenes, c'étoit autre-' . j 7.n 5>-£0js i^m£me chose; ces nomsétoient donnés indifféremment aux supérieurs de chaque Monastère, comme il paroît par la souscription du concile de Constantinople tenu Pan ç86 fous le patriarche Mennas, auquel Hisique,fuperieur du Monastère de saint Theodore,assista; puisqu'il se qualifie dans une de í?s .signatures d'Hegumene,& dans l'autre d'Archimandrite. Mais présentement 'les Archimandrites font chef* de plusieurs Monastères : & ceux qui font chefs des Monastères j>atriarchaux font appelles grands Archimandrites, & non plus Exarques. Ainsi le P. Morin en ce cas a eu raison de mettre les Archimandrites au dessus des Supérieurs des Monastères, & même des Protosynceles. II est vrai, dit-il, qu'autrefois" Morin. H U n'y avoit point de différence entr'euxôt les Supérieurs des'"*?" "^T

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Monastères > mais le nombre des Monastères s etantmulti- '* plié dans Ja fuite£n Orient & en Occident, onappella A-r-" chimandrite celui qui présidoit à plusieurs Monasteres,com- *• me font ceux du Mont-Athos.

Il n'en est pas de même en Italie, où il y a des Monastères Archimandritaux, tel que le célèbre Monastère de saint Sauveur de Messine, qui étant tombé en commende , relevé , our le gouvernement desJMoines, de l'abbé gênerai del'Orre de saint Basile, qui forme une parfaite congrégation en Occident, diviséeen plusieurs Provinces ,&l'Archimandrite de ce monastère qui est chef déplus de trente autres, n'a pas plus de pouvoir & d'autorité fur les religieux, que les abbés commendataires des autres Monastères.

Mais quoique les Archimandrites soient comme les Généraux des Moines d'Orient > on peut dire néanmoins a^ue ces Moines dépendent bien plus des patriarches &des évêques, que de leurs abbés, ces prélats étant toujours tirés du cloître pour monter à ces dignités, & demeurant presque toujours Thoma*. dans les Monastères. Le P. Thomassinen demeure d'accord t%2%V~t * lorsqu'après avoir parlé de l'élection du patriarche de Cons- 4./. t.tb. tantinople Niphon , dont la femme entra aussi-tôt dans un J°- *• *« Monastère , & qui n'osant pas monter fur le trône patriarchal fans avoir pris l'habit de Moine , en fut empêché par J'empereur, parce que les médecins avoient jugé que la délicateílè de fa complexion demandoit absolument qu'il mangeât de la viande j íl dit que les autres évêques Grecs étoient aussi Sc font encore presentementTtîrés des cloîtres. Comme" les prêtres 8c les diacres ( continue cet auteur ) fe font en ft quelque façon donné l'exclusion de l'épifcopatpar leur in-f< continence jils fe font jettés eux-mêmes dans la nécessité de *l n'avoir pour évêques que des moines. Mais ce n'est pas la M continence feule, c'est toute la fuite des austérités claustra- w les, que Jescvêques Grecs font monter avec eux fur le siège" Tome I. I

épiscopal, comme il paroît ici de l'abstinence dek vìánde;II renvoie aussi le lecteur àl'Andronic de Pachymere, pourvoir le chagrin des clercs, qui ne pouvoient au plus monter qu'à la prccrise .t tous les évêchés étant restés aux Moines.

II y auroit encore bien d'autres choses à examiner, qui regardent en gênerai l'état Monastique -, mais ce que nous avons ■ dit suffira, puisque notre deílèinest de nous étendre davantage fur l'origine & le progrès de chaque Ordre en particulier , & fur les vies des Fondateurs.

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