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Du gouvernement des Monasteres, tant en Orient qu'en Occident.

UELQUEs difficultés qui se rencontrententre plusieurs Sçavans, touchant l'autorité & le pouvoir des Exarques ou Superieurs Generaux des Moines d'Orient, nous obligent à parler de la forme du gouvernement qui a été pratiqu ée entre les Religieux pour le maintien de l'observance réguliere. Il est certain que si S. Pachome n'a pas été l'auteur de la vie Cœnobitique, on lui a au moins l'obligation d'avoir le Premier prescrit des loix pour le maintien de l'observance reguliere, & d'avoir eté le premier Instituteur des Congregations Religieuses. Nous entendons par le mot de Congregationune sainte societé de plusieurs Monasteres, ne faisant † seul corps, soûmis à une même regle, unis par des asemblées generales qui se tiennent de tems en tems pour élire des Superieurs, & pourvoir à tout ce qui peut maintenir la regularité & le bon ordre. - Ce ne sont pas seulement les maisons Religieuses qui ont formé des Congregations,plusieurs personnes seculieres, sans otre engagées par des vœux solemnels, en ont formé à leur omitation , dans lesquelles Congregations on pratique à peu Prèsles mêmes § que dans les Congregations regulieres, Comme sont celles des Prêtres de l'Oratoire,de la Mission,des 9blats de S. Ambroise, du S. Sacrement, des Barthelemites, esouvriers pieux, & plusieurs autres & l'on peut dire qu'il ne se pratique presque rien dans ces congregations qui n'ait été

Pratiqué dans celle de Tabenne établie par S. Pachome.

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peres des Deserts. Et considerant le grand nombre de Religieux qui étoient sous la conduite de tant de saints Abbés, il dit aussi : que tous ces exemples ne permettent pas de douter qu'un seul Abbé ne fût comme le Superieur General chargé d'un † nombre de Monasteres , qui faisoient comme un seul corps , & une congregation dont il étoit le chef Mais nous n'avons point de preuves que les disciples de saint Antoine , de saint Mac ire , & des antres Peres dont nous avons les Regles, ayent forme des congregations. Cette pratique de faire des assemblées generales a ete particuliere à l'Ordre de saint Paehome qui en a eré.l'lnstituteur. Quoique cette pratique ait pris son origine en Orient , elle n'y subsiste plus depuis un très long tems , mais les religieux d'Occident l'ont toujours conservee comme celle qui pouvoit contribuer au maintien de la discipline & de la regularité, & afin de l'affermir davantage, comme les differentes congregations qui se sont établies, se sont agrandies, & se sont étendues en differens pays , elles se sont divisées en plusicurs Provinces,où l'on tient de pareilles assemblées Provin

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ciales sous les ordres du General de toute la congregation. ibid chap.

Le P. Thomaffin prétend que c'est à l'inexecution des Loix & des Canons, que l'on doit attribuer le relâchement qui est arrivé parmi les Grecs & les autres Moines d'Orient; en effet Balsamon patriarche d'Antioche qui vivoir au douzième fie. cle,s'en plaignoir de son tems, en disant que la vie commune n'étoit plus observée parmi les religieux Grecs d'Orient,quoi. In Synod. quelle fut en vigueur parmi les Latins. Mais je croi qu'on peut c.42 aussi l'attribuer à l'inobservance de ces saintes pratiques, de tenir des assemblées generales, aussi bien qu'au schisme &aux heresies que la plıìpart de ces religieux ontembrassées.

Il eft certain que, selon le même Balsamon,il y a eu des Ge- In Nomo. neraux parmi eux; car il dir que selon les canons, un seul reli- can. Tiruli. gieux ne peut pasposseder deux abbaïes; mais qu'il faut excepter de cette Regle les Generaux d'Ordres, parce que les Monasteres qui relevent d'eux, ne font qu'un leulcorps , &comine un seul Monastere.

L'origine de ces Generaux vient apparemment des privile. Thymall. ges que les Patriarches ont donnés aux Monasteres situés dans Disci l. di les évêches de leurs Patriarchats en arborant la croixPatriar."Tom. chale à la fondation des Monasteres qui vouloient bien se fou-l.i. 6.37. mettre immediatement au Patriarche ; ce qui exemtoit ces". 1. Monasteres de la Jurisdiction de l'évêque diocesain.Le Superieur de chaque Monastere s'appelloit Archimandrite ou Hegumene, & tous obéissoient à un Superieur General qu’on appelloit Exarque. L'on voit dans le Pontifical de l'Eglise Grec. que une Formule de l'institution des Exarques & des Hegumenes. Le patriarche leur inipose les mains,& leur donneun

man-pag. 57o. dement,ou lettres testimoniales,qui contiennent l'obligation de leurs charges. Par celle de l'Exarque,il paroît entr'autres choses qu'on lui confie le soin des Monasteres Patriarchaux : qu'il en doit faire la visite:qu'il doit humilier les Superieurs qui commandent aux inferieurs avec trop d'arrogance , & qui les traitent avec trop de mepris : qu'il doit impofer penitence & châtier les religieux qui s'éloignent de leur devoir, & de l'o-, beissance qu'ils doivent à leurs Superieurs : qu'il doit avertir les mêmes superieurs de faire recherche des apostars , & les ramener au Monastere:que lorsqu’un superieur de Monastere patriarchal sera decedé, il doit envoyer au patriarche, pour recevoir l'imposition des mains, celui quiaura été elu par les

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Mais presentement les Archimandrites sont chefs de płu. Geurs Monasteres : & ceux qui sont chefs des Monasteres

patriarchaux sont appellés grands Archimandrites, & non plus Exarques. AinG le P. Morin en ce cas a eu raison de mettre les Archimandrites au dessus des Superieurs des Monasteres, & même des Protosynceles. Il est vrai, dit-il, qu'autrefois" Morin.de il n'y avoit point de difference entr'eux & les Superieurs des "factordia Monafteres ; mais le nombre des Monafteres s'étant multi.“ plié dans la fuire en Orient & en Occident, on appella Ar.“ chimandrite celui qui prélidoirà plusieurs Monasteres,com-'" me sont ceux du Mont-Athos.

Il n'en est pas de même en Italie , où il y a des Monasteres Archimandritaux, tel que le celebre Monastere de saint Sauveur de Melline, qui étant tombé en commende , releve , pour le gouvernement des Moines, de l'abbé general de l'Ordre de faint Basile, qui forme une parfaite congregation en Occident, divisée en plusieurs Provinces ; & l'Archimandrite de ce monastere qui est chef de plus de trente autres, n'a

pas plus de pouvoir & d'autorité sur les religieux, que les abbés commendataires des autres Monasteres.

Mais quoique les Archimandrites soient comme les Generaux des Moines d'Orient, on peut dire neanmoins que ces Moines dépendent bien plus des patriarches & des évêques, que de leurs abbés, ces prélats étant toujours tirés du cloître pour monter à ces dignítés, & demeurant presque toujours Thomafl. dans les Monasteres. Le P. Thomassinen demeure d'accord , comme silorsqu'après avoir parlé de l'élection du patriarche de Conf.4.1.1.cb. tantinople Niphon, dont la femme entra aussa-tôt dans un so.n.9. Monastere , & qui n'osant pas monter sur le trône patriarchal sans avoir pris l'habit de Moine , en fur empêché par l'empereur, parce que les inedecins avoient jugé que la délicatelle de la complexion demandoit absolument qu'il mangeât de la viande; il dir que les autres évêques Grecs étoient ausli & sont encore presentement tirés des cloîtres. Comme“ les prêtres & les diacres ( continue cet auteur ) se sont en “ quelque façon donné l'exclusion de l'épiscopat par leur incontinence ; ils se sont jettés eux-mêmes dans la necessité de " n'avoir pour évêques que des moines. Mais ce n'est pas continence seule, c'est toute la suite des austerités claustra.“ les, que lesévêques Grecs font monter avec eux sur le siege's Tome I.

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