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qui est arrivé dans les maurs desautres hommes comme les ce édifices les plus anciens sont devenus singuliers,parce que ces sont les seuls qui ont resisté à une longue suite de siecles. Eta comme les plus sçavants Architectes étudiencavec soince qui a reste des bâtiments antiques,sçachant que leur artnes'estre-so levé dans ces derniers siecles que sur ces excellens modeles: « ainsiles Chrétiens doiventobserverexactement ce qui se pra-cs tique dans les Monasteres les plus reguliers,pour y voir des co exemples vivants de la morale Chrétienne.co

P A R A GRAPH X I. Du gouvernement des Monasteres, tant en Orient qu'en

Occident. O

UELQUES difficultés qui se rencontrent entre plusieurs

Sçavans, touchant l'autorité & le pouvoir des Exarques ou Superieurs Generaux des Moines d'Orient, nous obligent à parler de la forme du gouvernement qui a été pratiquée entre les Religieux pour le maintien de l'observance reguliere. Ilest certain que li S. Pachome n'a pas été l'auteur de la vie Cænobitique; on lui a au moins l'obligation d'avoir le premier prescrit des loix pour le maintien de l'observance reguliere, & d'avoir eté le premier Instituteur des Congre. gations Religieuses. Nous entendons par le mot de Congregation une sainte societé de plusieurs Monasteres , ne faisant qu'un seul corps, soầmis à une inême regle, unis par des aflemblées generales qui se tiennent de tems en tems pour élire des Superieurs, & pourvoir à tout ce qui peut maintenir la regularité & le bon ordre.

Ce ne sont pas seulement les maisons Religieuses qui ont formé des Congregations;plusieurs personnes seculieres, sans être engagées par des veux solemnels, en ont formé à leur imitation, dans lesquelles Congregations on pratique à peu près les mêmes choses que dans les Congregations regulieres, comme sont celles des Prêtres de l'Oratoire, de la Million,des Oblats de S. Ambroise, du S. Sacrement, des Barthelemites, des ouvriers pieux, & plusieurs autres:& l'on peut dire qu'il ne se pratique presque rien dans ces congregations qui n'air écé pratiqué dans celle de Tabenne établie par S. Pachome.

Premierement elle avoir son Abbé ou Superieur General, son Oeconome ou Procureur pour l'administration du tem. porel. On y entretenoit l'oblervance par la visite qu'on faisoit tous les ans dans les monasteres ; on y faisoit des assemblées generales, où on elisoit des Superieurs & Officiers, selon qu'il en étoit besoin ; & l'on se pardonnoit mutuellement les fautes qu'on pouvoit avoir commises les uns contre les autres. Chaque monastere avoit fon Superieur à qui l'on donne le li. tre de Pere & de Chef. Il avoit Tous lui un Vicaire ou second pour suppléer à son défaut. Et commele monaftere de Pabau ou de Bauin eroit le plus considerable, il tur regardé comme le Chef de l'Ordre ; quoique la congregation récînt toujours le nom de Tabenne, à cause que ce fut dans ce lieu-là que que S. Pachome fonda son premier monastere. Mais c'étoit dans celui de Baum que tous les religieux le rassembloient à Pâques, pour celebrer la tête avec ce S. Fondateur , & où l'on tenoir les assemblées au mois d'Août.

Le P. Thomassın parlant du Concile de Vennes, qui défend In Difcip. à un abbé d'avoir plusieurs abbayes sous le nom de Celles ou de l'égl. p.

Thomas

de monasteres, dit : que ce Concile semble ne pas approuver 49.num.9.une chose qui étoit commune à tous ces fameux & illuftres 10., 11.

peres des Deserts. Et considerant le grand nombre de Reli. gieux qui étoient sous la conduite de tant de faints Abbés, il dit aussi : que tous ces exemples ne perinertent pas de douter qu'un seul Abbé ne fiùt coinme le Superieur General char. gé d'un grand nombre de Monasteres , qui faisoient comme un seul corps , & une congregation dont il étoit le chef. Mais nous n'avons point de preuves que les disciples de saint Antoine, de laine Mac ire , & des antres Peres dont nous avons les Regles, ayent forme des congregations. Cette pratique de faire des aff-mblées generales a ete particuliere à l'Ordre de faint Pachome qui en a ere.l'Instituteur. Quoique certe pratique ait pris son origine en Orient , elle n'y subtiste plus depuis un très long tems ; mais les religieux d'Occident'l'ont toujours conservee comme celle qui pou. voit contribuer au maintien de la discipline & de la regu. larité, & afin de l'affermir davantage, comme les differentes congregations qui se font établies, se font agrandies, & fe font étendues en differens pays ; elles se font divileesen plusieurs Provinces, où l'on tient de pareilles assemblées Provin.

3.1. 1.C.

33.n. 13.

C. 20

ciales sous les ordres du General de toute la congregation. ibid chap.

Le P. Thomaffin prétend que c'est à l'inexecution des Loix & des Canons, que l'on doit attribuer le relâchement qui est arrivé parmi les Grecs & les autres Moines d'Orient; en effet Balsamon patriarche d'Antioche qui vivoir au douzième fie. cle,s'en plaignoir de son tems, en disant que la vie commune n'étoit plus observée parmi les religieux Grecs d'Orient,quoi. In Synod. quelle fut en vigueur parmi les Latins. Mais je croi qu'on peut c.42 aussi l'attribuer à l'inobservance de ces saintes pratiques, de tenir des assemblées generales, aussi bien qu'au schisme &aux heresies que la plıìpart de ces religieux ontembrassées.

Il eft certain que, selon le même Balsamon,il y a eu des Ge- In Nomo. neraux parmi eux; car il dir que selon les canons, un seul reli- can. Tiruli. gieux ne peut pasposseder deux abbaïes; mais qu'il faut excepter de cette Regle les Generaux d'Ordres, parce que les Monasteres qui relevent d'eux, ne font qu'un leulcorps , &comine un seul Monastere.

L'origine de ces Generaux vient apparemment des privile. Thymall. ges que les Patriarches ont donnés aux Monasteres situés dans Disci l. di les évêches de leurs Patriarchats en arborant la croixPatriar."Tom. chale à la fondation des Monasteres qui vouloient bien se fou-l.i. 6.37. mettre immediatement au Patriarche ; ce qui exemtoit ces". 1. Monasteres de la Jurisdiction de l'évêque diocesain.Le Superieur de chaque Monastere s'appelloit Archimandrite ou Hegumene, & tous obéissoient à un Superieur General qu’on appelloit Exarque. L'on voit dans le Pontifical de l'Eglise Grec. que une Formule de l'institution des Exarques & des Hegumenes. Le patriarche leur inipose les mains,& leur donneun

man-pag. 57o. dement,ou lettres testimoniales,qui contiennent l'obligation de leurs charges. Par celle de l'Exarque,il paroît entr'autres choses qu'on lui confie le soin des Monasteres Patriarchaux : qu'il en doit faire la visite:qu'il doit humilier les Superieurs qui commandent aux inferieurs avec trop d'arrogance , & qui les traitent avec trop de mepris : qu'il doit impofer penitence & châtier les religieux qui s'éloignent de leur devoir, & de l'o-, beissance qu'ils doivent à leurs Superieurs : qu'il doit avertir les mêmes superieurs de faire recherche des apostars , & les ramener au Monastere:que lorsqu’un superieur de Monastere patriarchal sera decedé, il doit envoyer au patriarche, pour recevoir l'imposition des mains, celui quiaura été elu par les

des gens.

Habert.

Edi&t. Pro

Morin. de

ordin. pag.

204

religieux:qu'il doit faire un état de tous les Monasteres qui relevent du patriarche, de leurs revenus , des vases sacrés, des ornements:&enfin qu'il doit faire lire dans chaque Monastere ses lettres testimoniales ; afin qu'aucun des religieux ne puisse douter de son pouvoir ; & qu'ils le reçoivent tous comme leur pere , & non pas comme un usurpateur qui viole le droic

Il paroît donc par ce mandement,ou lettres testimoniales, Pontif Gre obfer. 1.ad que ces sortes d'Exarques sont comme des generaux pour les

Monasteres qui relevent du patriarche. En effet M. Habert Archimand dit qu'ils le font effectivement, que les Archimandrites & les Thomast

. Hegumenes ne sont que leurs inferieurs. comme ci- Le P. Thomassin accorde bien quelque superiorité generale 30%. Poc à ces Exarques ; mais il ne donne que le noin de commission à 37.n. 11. ce mandement ou lettres testimoniales. Le P. Morin dit que

ces Exarques sont seulement des visiteurs députés des patriar

ches , pour faire la visite des Monasteres , & il appelle ces lecHab aut tres testimoniales, des lettres de delegacion: mais M. Habert pag, prétend au contraire qu'ils sont superieurs ordinaires, & non

pas simples visiteurs : Quos licet legatorum nomine reddiderit juris orientalis Interpres; ii tamen mihi videntur non tantùm ex delegationc seu commissione patriarchæ inftar Periodeutarum , feu Visitatorum ad tempus,fedut Ordinarii instituti. Je croi que c'est le sentimentque l'on doit suivre;&comme lep.Thomassin& le P. Morin ont renvoyé à la lecture de ces leteres testimoniales, pour

être informé du pouvoir de ces Exarques ; j'y renvoye aussi le lecteur , qui connoîtra qu'il n'y est uniquemeut parlé que de ce qui concerne les Monasteres;& qu'elles ne donnent pas pouvoir à ces Exarques de presider aux contrats de mariage , de nommer les superieurs des Eglises exemptes, de faire rendre compte des droits du patriarche , & de se faire payer des exađions canoniques qui lui soņt dues comme dit encore

le P. Thomassin. part.3.1.1.

Quant aux Archimandrites & Hegumenes, c'étoit autre. fois la même chose; ces noms étoient donnés indifferemment aux superieurs de chaque Monastere, comme il paroît par la souscription du concile de Constantinople tenu l'an 586. sous le patriarche Mennas, auquel Hisique,luperieur du Monastere de saint Theodore,allista ; puisqu'il se qualifie dans une de les signatures d'Hegumene,& dans l'autre d'Archimandrite. Mais presentement les Archimandrites font chefs de plus leurs Monasteres : & ceux qui sont chefs des Monasteres patria rchaux sont appellés grands Archimandrites, & non plus Exa rques. Ainsi le-P. Morin en ce cas a eu raison de mettre les Archimandrites au dessus des Superieurs des Monasteres, &m ême des Protosynceles. Il est vrai, dit-il, qu'autrefois " Morin. di iln'y avoit point de difference entr'eux & les Superieurs des "fast ordia

6. 37.1 9.

nar. Monasteres ; mais le nombre des Monafteres s'étant multi-.“6 plié dans la fuire en Orient & en Occident, on appella Ar.“ chimandrite celui qui prélidoit à plusieurs Monasteres,comme font ceux du Mont-Athos.

Il n'en est pas de même en Italie , où il y a des Monasteres Archimandritaux, tel que le celebre Monastere de saint Sauveur de Mesline, qui étant tombé en commende , releve , pour le gouvernement des Moines, de l'abbé general de l'Ordre de faint Balile , qui forme une parfaite congregation en Occident, divisée en plusieurs Provinces ;& l'Archiinandrite de ce monastere qui est chef de plus de trente autres, n'a pas plus de pouvoir & d'autorité sur les religieux, que les abbés commendataires des autres Monasteres.

Mais quoique les Archimandrites soient comme les Generaux des Moines d'Orient, on peut dire neanmoins que ces Moines dépendent bien plus des patriarches & des évêques, que de leurs abbés, ces prélats étant toujours cirés du cloître pour monter à ces dignítés, & demeurant presque toujours Thomaf. dans les Monasteres. Le P. Thomallinen demeure d'accord, comme silorsqu'après avoir

parlé de l'élection du patriarche de Cont dels tantinople Niphon, dont la femme entra aussa-tôt dans un 30. n. 9. Monastere , & qui n'osant pas monter sur le trône patriarchal fans avoir pris l'habit de Moine , en fut empêché par l'empereur, parce que les inedecins avoient jugé que la deli catele de la complexion demandoit absolument qu'il man. geât de la viande; il dir que les autres évêques Grecs étoient ausli & sont encore presentement tirés des cloîtres. Comme" les prêtres & les diacres ( continue cet auteur ) se sont en quelque façon donné l'exclusion de l'épiscopat par leur incontinence; ils se sont jeccés eux-mêmes dans la necessité de n'avoir

pour évêques que des moines. Mais ce n'est pas la “ continence seule, c'est toute la suite des austerités claustra.“ les, que lesévêques Grecs font monter avec eux sur le siege"

Tome I.

I

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