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naft. d'o-premiere communauté de filles ; mais les circonstances de la
rient. pag. vie de cette sainte paroissent bien apocryphes, &on a de la
Ibid.p. 28. peine à croire ce que dit M. Bulteau; que l'orage de la perse.

cution de Diocletien s'érant élevé dans l'église , sainte Basi-
lisse & S. Julien son mari offrirent d'ardentes prieres à Dieu
pour le salut de ceux qu'ils avoient convertis: que Dieu exauca
sainte Basilisse en la retirant du monde, après avoir accordé
la même grace à près de mille religieuses qu'elle avoit formée
à la vertu : que saint Julien lui survêquit : qu'il repandit son
sang pour la foi dans la même persecution ; & qu'il étoit pere
de dix mille religieux. Il n'y a pas d'apparence qu'avant que
la paix eut été rendue à l'église, il y ait eu un si grand nom.
bre de religieux sous la conduite de saint Julien ; & ce qui
regarde sainte Basiliffe auroit été plus croiable , si les mille
vierges ou religieuses , dont elle étoit la superieure, avoient
plūcot souffert le martyre , que d'être mortes toutes avant
lainte Bafilisse , & cela presque dans le même tems.

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PARAGRAPH E IX.
Du grand progrès de l'état Monastique , tant en Orient

qu'en Occident,
Omme la vie de saint Posthume qui se trouve parmi celles

des peres du desert, est regardée par de sçavans critiques
comme fausse & supposée, je ne m'arrête pas aussi à ce que
dit l'auteur de cette vie ; que saint Macaire avoit le soin & la
conduite de cinquante mille moines que S. Antoine lui avoit
laissés en mourant. Je veux même croire qu'il s'est glissé quel.

que erreur dans le texte de la préface que saint Jerôme a mise vir n. a la tête de la regle de faint Pachome qu'il a traduite,où il dir, pud Rosv. que les disciples de ce faint s'assembloient tous les ans à pareil p. 235. nombre, pour celebrer la fête de la passion & de la resurrection de notre Seigneur ; & il se peut

faire
que

Pallade ne
s'est point trompé, lorsqu'il n'a mis que sept mille Moines de
cet Ordre. Mais au moins faut-il avouer, qu'après la mort de

saint Antoine & de saint Pachome, le nombre des Moines & Ruf.vit

. des solitaires étoit infini ; puisque Rufin qui fit le voïage d'o. Port, apud rient en 373. c'est-à-dire environ dix-sept ans après la mort de 1997: 243 faint Antoine , nous allure , comme cemoin oculaire , qu'il

y

c

Call. Col.

avoit presqu'autant de Moines dans les deserts, que d'habitans dans les villes: que dans celle d'Oxirinque, il y avoit plus de Monasteres que de maisons ; qu'à toutes les heures du jour & de la nuit on y faisoit retentir les louanges de Dieu ; & qu'il avoit appris de l'évêque de ce lieu , qu'il y avoit vingt mille Vierges consacrées à Dieu, & dix mille Religieux ; il assure avoir encore vû le prêtre Serapion , pere de plusieurs Monasteres , & Superieur d'environ dix mille religieux.

Mais il est bon de faire connoître qui étoient les illustres capitaines qui conduisirent dans le desert & dans les villes, tant de saintes colonies, après que la paix eut été rendue à l'é. glise. Nous avons déja dit que S. Antoine établit les premiers Monasteres regles &parfaits dans la basse Thébaïde. S. Amon sur le mont de Nitrie , & saint Pachome dans la haute Thé. baïde. Le desert de Sceris futauili fort celebre par la multitude des Saints qui y ont demeuré, & qui suivirent saint Macaire

IS.l.3. l’Egyptien comme leur chef. Saint Hilarion qui avoit été de Hieron in même que faint Macaire, disciple de saint Antoine, se retira vit. Patr. dans la Palestine, où ses miracles continuels & l'éclat de fesp 75. vertus firent qu'en peu de temsungrand nombre de personnes se rangea sous sa conduite. La Syrie a eu l'avantage d'être habitée par de faints religieux sous la conduite d'Aonés, qui .cap.132 donnerent aux habitans qui étoient Idolatres, la connoissance du vrai Dieu. Elle a encore produit un illustre écrivain qui nous a appris les vies admirables de ces faints Solitaires, & leurs principaux exercices qu'il avoit lui-même pratiqués dans un Monastere dont il fut tiré malgré lui , pour monter sur le siége épiscopal de Cyr; c'est le sçavant Theodoret, qui, quoiqu'élevé à cette dignité, ne diminua rien de ces saintes prati. ques. La montagne de Sinaï sicelebre par la demeure de saint Jean Clymaque & de saint Nil, fut aussi habitée par de saints Moines dès le quatriéine siecle ; de même que la Perse, où plusieurs Solitaires, suivant les traces du sang des autres Chré. tiens qui le repandoient genereusement pour la foi de Jesus. Christ, couroient avec la même generosité au martyre. Saint Gregoire apôtre d’Armenie , introduisit aufli la vie Monasti. que dans ce païs-là. Enfin il n'y eut presque point de province cn Orient où elle ne fût établie.

Mais son plus grand acroissement fut, lorsque saint Basile l'eut introduite dans le Pont & la Cappadoce vers l'an 363.

Sozom. I.

33

.

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n'a pas

même congregation dans les annales de l'Ordre de saint Be
noît, ont prouvé que saint Maur y avoit été envoïé par laint
Benoît avec quatre de ses disciples, l'an 543. & qu'ils y ap-
porterent avec eux la regle de ce saint Patriarche des Moi-
nes d'Occident, écrite de sa main, avec un poids & un vase
pour mieux observer ce qu'elle prescrit de la quantité du pain
& du vin dans le repas ; il n'y a point de doute que saint Be.
noît ne l'eût publiée de son vivant, & que ce n'étoit pas
pour le seul Monastere du Mont-Cassin qu'il l'avoit faite;
quoique les preuves convaincantes de ces sçavans Benedictins
n'aïent pas fatisfait ceux qui avoient combateu cette mission,
& qu'ils n'aient regardé ces preuves convaincantes que com-
me des prejugés & des conjectures. Cette regle fut trouvée fi
sainte , qu'elle fut universellement reçue en Occident; ce qui
fit donner à ce saint fondateur le nom de Patriarche des Moi.
nes d'Occident.
La France, avant même l'établissement de sa monarchie,

été privée de la gloire d'avoir produit plusieurs communautés religieuses. Dès le quatrième fiecle faint Martin qui s'étoit retiré dans la petite isle Gallinaire, à la côte de Ligurie près d’Albengue, aïant appris le retour de saint Hilaire évêque de Poitiers dans la ville épiscopale après son exil, le vint trouver , & bâtit auprès de cette ville le Monastere de Ligugé. Ce saint aïant été élevé dans la suite sur le siege épiscopal de Tours , bâtit un autre Monastere à une lieue de cette ville, qui, après sa mort fut appellée Marmoutier, en latin Majus Monafterium , à cause qu'il étoit plus grand & plus spacieux que celui qui fut construit dans la mê. me ville sur le tombeau de ce saint , & que tous les autres qu'il avoit aussi fondés dans la province.

Saint Maxime l'un de ses disciples, voulant vivre dans un lieu où il fut inconnu, se retira dans le Monastere de l'IlleBarbe , proche de Lyon. Quelques-uns pretendent que c'est la premiere communauté de Moines qui se soit formée dans les Gaules; & M. le Laboureur fait même remonter la fondation Le Laboude cette Abbaïe vers le milieu du troisiéme siecle, en lui don-reur , Les, nant pour fondateur un seigneur du païs, nommé Longin, l'Abbaüe de qui l'an 240. ou environ, y assembla plusieurs Solitaires quiri

pe-borbe vivoient separement dans cette ise , où ils s'étoient retirés. Mais tous les historiens n'en demeurent pas d'accord ; & il

Tome 1.

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