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MES.

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Tiers Ordre au tems du prophete Elie ; il avoue de bonne foi, quc ORDRE non seulement il n'a commencé que sous le pontificat de DES CAR- Sixte IV. en vertu de la bulle de ce Pape de l'an 1476. mais

même que S. François est le premier qui a institué un Tiers Ordre en 1221. pour des personnes de l'un & de l'autre sexe, ausquelles le pape Nicolas IV. prescrivit une regle; qu'ensui

; te les autres Ordres , à l'imitation de ce seraphique Pere,one eu des Tiers Ordres qu'ils ont établis ; & que lorsque l'Eglise chante dans son office certe Ancienne : tres ordines hic ordi.

nat, elle entend qu'il a été le premier qui ait établi crois Or. Silvera , dres differens ; voici les paroles : Hanc facultatem recipiendi opufc

. var. ac admittendi Tertiarios habent Ordines Mendicantes, & primò refol. 38. fanétus Franciscus hujus facri Ordinis Patriarcha instituit Fra,

tres & Sorores hujus Ordinis dc pænitentia anno 1221. Ejus regulam præfcripfit Nicolaus IV.anno 2. sui pontificatus. Poftea vealiæ Religiones ad ejus imitationem etiam Tertiarios instituerunt ac habuerunt ; & Ecclefia dum canit de S. Francisco; tres Ordines hic ordinat, intclligit quod ipfe fuit primus qui hos tres ordinavit ac instituit. Lezana dit aussi la même chose; il trouve seulement à redire que Casarubios ait avancé que fainc François étoit le seul qui eût établi unTiers-Ordre, puisque, dit Lezaua, il y en a qui prétendent que saint Dominique

Y Lezana , à son imitation en a ausi institué un. Et quamvis ipse Cafarub. Summ: qui, in compend. verb. Tertiarii num. 24. S. fciendum eft ulterius: diRegul. . .

decat quod folus S. P. Franciscus Fratres & Sorores Tertii OrdiTertiariis

. nis seu de pænitentia instituerit , ut propterea de eo canat Eccles fia, Tres Ordines hic ordinat, &c. alii tamen etiam hoc tribuant S. Dominico , & dicunt folum illa de B. Francisco dici ab

Ecclesia , quia ipse primus omnium fuit, & S. Dominicus ad ipIbid. num. fius imitationem. Et après avoir dit en un autre endroit que

la regle des Tierçaires des Mineurs n'oblige à aucun peché, il ajoûte qu'il en est de même des Tiercaires des Carmes, parce qu'ils n'ont été approuvés qu'à l'imitation de ceux de Taint François & de saint Dominique. Idem dico de Tertiariis noftri Ordinis, eo quod ad instar Tertiariorum Prædicatorum & Minorum approbantur à Sixto IV,

Ce n'est donc que l'an 1477. que le Tiers Ordre des Carmes a commencé en vertu de la bulle de Sixte IV.qui est le Mare magnum

de l'Ordre des Carmes. Les freres & fæurs de ce troisiéme Ordre n'avoient point autrefois d'autre regle que

bap. 14.

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.

20.

ORDRE

celle que le patriarche Albert avoit donnée au premier Or. TIERS
dre; mais ils en eurent une dans la fuite, qui fur drellee par
le Pere Theodore Stracius,general des Carmes vers l'an 1635.MES.

DES CAR-
& elle a été reformée l'an 1678. par le Pere Emille Jacomelli,
vicaire general de cet Ordre , & contient presentement dix.
neuf chapitres. Conformément à cette regle on peut rece.
voir dans ce Tiers Ordre toutes sortes de personnes de l'un
& de l'autre sexe, ecclesiastiques & laïques, filles, veuves ou
femmes mariées ; pourvû qu'ils soient tous d'une vie exem-
plaire : qu'ils ayent une grande devotion envers la Ste Vier-
ge: qu'ils ne soient point déja reçus & profés dans un autre
Tiers Ordre : qu'ils ne soient point suspects d’heresie ou de
désobéissance à la sainte église Romaine: qu'ils n'ayent point
quelque norable difformité de corps, ni de maladie ou in-
commodité qui puisse donner aux autres une aversiun natu-
relle pour eux: qu'ils ayent honnêtement dequoi vivre, ou au
moins qu'ils puissent gagner leur vie dans une vacation hon-
nêre. Ayant éré reçus , ils font un an de noviciat, après le.
quel ils font profession en la maniere suivante. Moi frere N.
ou fæur N. fais ma profesion , & promets obedience & chasteté de
Dieu tout-puissant, & à la B. Vierge Marie du Mont-Carmel,
& au reverendissime Pere N. general dudit Ordre, e à ses
successeurs , selon la regle du Tiers-Ordre jusqu'à la mort. Ceux
qui sont clercs doivent dire l'office divin , selon l'usage de
l'église de Rome ou de leur propre diocese ; les laïques let-
tres le doivent reciter, selon l'usage de l'Ordre des Carmes,
ou bien le petic office de la Vierge , & ceux & celles qui ne
fçavent pas lire, doivent dire pour Matines vingt fois Pater
nofter, & autant de fois Ave Maria, excepté qu'aux Diman.
ches & Fêtes solemnelles, ce nombre doit être doublé. Ils
en disent sept pour Prime, Tierce, Sexte , None & Com-
plies , & pour Vêpres quinze. Outre les jeûnes qui sont in-
Ititués & commandés par l'Eglise , ils doivent s'abstenir de
viande & jeûner durant l'Avent & tous les Vendredis de l'an.
née, exçepté celui de l’octave de Pâques. Ils sont encore
obligés à jeuner les Fêtes de l’Ascension, de la Pentecôte,
du saint Sacrement, de la Nativité, Presentation, Visitation,
Purification, Asomption & Commemoration de la sainte
Vierge ; & de plus tous les Mercredis, Vendredis & Samedis,
depuis la fête dę la sainte Croix inclusivement jusqu'à

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MES.

Tiers l'Avent, & depuis la Nativité de Notre-Seigneur jusqu'au ORDRE Carême. En tout rems & en tout lieu, ils gardent l'abstinence DES CAR- de viande les Mercredis & Samedis,excepté le jour de la Na

tivité de Notre-Seigneur. Quant à l'habillement les freres & fæurs doivent avoir une robe ou cunique longue jusqu'aux talons, tirant sur le noir, ou rousse fans teinture, & pardesfus une ceinture de cuir noir , large de deux doigts. Ils doivent porter pardessous la cunique, selon la coûtume du lieu, le scapulaire de six pouces de large & de telle longueur qu'il defcende plus bas que les genoux. Ils doivent avoir aussi une chappe blanche à la façon d'un manteau descendant jusqu'à mi-jambe, & ils la peuvent même porter en public où la coûtume le permet. Les fæurs ont un voile blanc sans guimpe ni linge au front & à la gorge, neanmoins dans les pays où ces sortes d'habits ne sont point en usage parmi les Tierçaires, ils peuvent être habillés comme les seculiers en rete. nane la couleur tannée.

Coria prétend que les chevaliers de Malte dans leur origine ont été du Tiers-Ordre des Carmes. Il dit que le B.Ge. rard leur fondateur étoit frere convers de l'Ordre des Car. mes, & que sous l'autorité du general, il institua un nouvel Ordre de Religieux Tierçaires, sous l’habit & la regle de celui du Mont-Carmel, pour combatere contre les ennemis de la foi & garder la Terre-sainte, & qu'on leur donna un couvent qui appartenoit aux Carmelites, qui demeuroient dans le faint Sepulcre, & qui furent transferées dans un autre. Sa raceni & Munoz sont aussi de ce sentiment; mais ils confondent ce B. Gerard , instituteur des chevaliers de Malte, avec un autre faint Gerard évêque & martyr, & premier apôtre de Hongrie. Allegre voyant que cette opinion n'étoit pas foưî cenable ; puisque cet apôtre de Hongrie est mort,

felon le sentiment de presque tous les écrivains l'an 1042. & que le B. Gerard n'a institué l'Ordre des chevaliers de faint Jean de Jerusalem que

l'an 1099. il en a fait deux Saints diffe. rens, & tous deux enfans du prophete Elie. Mais je ne crois pas que les chevaliers de Malte foient de ce sentiment , non plus que les Benedictins qui reconnoissent l'apôtre de Hon. gric pour appartenir à leur Ordre , comme ayant été Religieux de la celebre abbaye de faint George le Majeur à Ve

1

DES CAR,

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Le même Coria a cru aussi qu'il ne pouvoit pas mieux fai- TIERS re,

pour témoigner sa reconnoissance envers faint Louis roi ORDRE de France, qui avoit fait venir les Carmes dans ce royaume, & les avoit établis à Paris, que de l'incorporer dans leur MS. Tiers. Ordre quelques centaines d'années après sa mort: de inême qu'ils l'avoient associé à la confrairie du scapulaire, :. quoique ce prince fût mort aussi, dix-sept ans avant que le B. Simon Stok eût reçu le scapulaire dans la vision dont nous avons déja parlé; c'est pourquoi il met ce saint roi au nombre des personnes illustres, qui ont porcé l'habit du Tiers. Ordre des Carmes & le scapulaire, aussi bien que la mere du B. Albert leur legislateur, à qui il n'a pû refuser aussi la mê. me grace, par reconnoissance de ce que ce patriarche de Jeru. salem leur avoic prescrit une maniere de vie.

Ce qui est vrai, c'est qu'il y a eu dans ce Tiers-Ordre plu. sieurs personnes qui s'y sont rendus recommandables par leur pieté, comme la sæur Marguerite Spinera, qui après avoir mené une vie solitaire à Cremone pendant vingt-cinq ans , mourut le vingtième Juiller de l'an 1528. en odeur de fainteré. A Majorque la læur Eleonore Ortiz , à Valence Ram phaël Ibara , & Paule Villa-Franca , à Medina del Campo, François Yepez & plusieurs autres. Cer Ordre est

peu connu
en France, si ce n'est en Brecagne ou en Provence.

Vers l'an 1629. ayant été introduir en Portugal, quelques
Religieux de differens Ordres s'y opposerent, disant que

les
Carmes n'avoient pas pouvoir de recevoir des Tierçaires ;
mais l'affaire ayant été portée au tribunal du collecteur apo-
stolique, il y eut une sentence rendue le 31. Août 1630. en
faveur des Carmes, confirmée par une autre du 6. Mai 163r.
sur l'appel qui avoit été interjecté de la premiere, & dans
l'une & l'autre de ces sentences , il n'y est parlé que de la
bulle de Sixte IV.

Voyez Didace Martinez Coria, Manuale de las beatas y hermanos Terceros de la Orden del Monte Carmelo, Theodor, Stratius, in opuscul. de Tertiariis. Silvera , opuscul. varia. Refolut. 38. Lezana , tom. 1. fummæ quaft. Regul.cap.13. de Tertia. riis & tom. 111. in Mar. Mag. Carmelit. Gio Pietro de Cręs. cenzi, Presidio Romano, & la regle des Tiergaires des Carmes.

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ARCHI-
CONFRA-
TERNITE
DENOTRE-
DAME DU
MONT
CARMEL.

LIII.

CHAP II R É
De l'Archiconfraternité de Notre Dame du Mont-Carmel

à Rome.

nous avons parlé dans le chapitre précedent de la con

gregation du scapulaire de la sainte Vierge établie dans l'Ordre des Carmes, où l'on donne à ceux qui s'y font inscrire un petit scapulaire , composé de deux rubans, ausquels sont attachés deux morceaux de drap de trois ou quatre pou. ces en quarré, ce n'a été que pour faire voir l'erreur où étoit tombé le Pere Pabebroch en croyant que les Religieux de S. François ne donnoient à leurs Tierçaires qu’un cordon, & les Carines aussi à leurs Tierçaires ces fortes de scapulaires , notre dessein n'étant pas de parler des simples confrairies dans cette histoire. Mais comme nous y faisons aussi entrer les congregations & focierez seculieres, il semble

que

l'on doit mettre en ce rang les confrairies qui forment des especes de societés & qui sont distinguées par des habits particuliers,qui ont des statuts & des regles , des églises, des cimetieres, qui font publiquement des processions fous leurs croix particu. lieres , qui la plupart n'admettent les confreres qu'après avoir été éprouvés pendant un certain tems, sous la conduite d'un maître des novices, & qui semblent former un corps dans l'Eglise.

Telle est l'archiconfraternité de Notre-Dame du MontCarmel à Rome. Il y en avoit autrefois une fous ce nom dans l'église de faint Chrysogonne qui appartient aux Carmes de la congregation de Mantoue ; mais ayant été presque aban. donnee, on en érigea une autre dans la même Eglise l'an 1543. sous le titre du S. Sacrement & de fainte Marie Mere de Dieu du Carmel. La confrairie de Notre-Dame semblant avoir été supprimée par l'union qui en avoir été faite avec celle du faint Sacrement, le pape Clement VIII. permit que l'on en instituât une autre, fous le nom de Notre-Dame du Mont-Carmel dans l'église de sainte Marie des Monts,quiappartient aussi aux Carmes, mais qui ne dépend d'aucune con

gregation

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