Page images
PDF

Carmiu-y pouvoir facilement transporter Jes malades, de peur que Tes De- le loin &. la sollicitude des remèdes , & le trouble causé par Chaus- les exercices d'une infirmerie, n'altèrent en quelque chose la Franct "Sueur ^e l'observance régulière 5 &c fi les Solitaires qui sortent de l'enceinte du deíert , pour recouvrer leur santé en quelqu'autre lieu , se presentoient dans cet intervalle pour y entrer, on leur refuseroit la porte ; ils n'y peuvent être admis que lorsqu'étant parfaitement rétablis, ils y retournent pour y demeurer ôc y faire les exercices comme les autres.

Le pere Cyprien de la nativité de la Vierge, Description des déserts des Carmes Déchaussés. De Villefore t Vies desSS. Pères des déserts d!Occident, Tom. 2.

Chapitre L.
Des Religieuses Carmélites Decbaufíées en France,

L'etablissement des Religieuses* Carmélites de la re-
forme de sainte Thérèse en France est dû á la pieté 8c
au zele de Mademoiselle Acarie; fille de Nicolas Aurillot,
seigneur de Champlatreux près de Luzarche , maître des
comptes à Paris , & femme de M. Acarie aufli maître des
comptes. Plusieurs personnes en avoient deja eu la pensée j
mais le malheur des tems en avoient empêché l'execution.
Monsieur de Santeuil avoit été chargé le premier d'aller en
Espagne |pur amener quelques-unes de ces Religieuses en
France, mais il n'en put obtenir aucunejMonsieur de Bretigni
ne réussit pas mieux dans un second voyage qu'il fit aussi en Es-
pagne pour le même sujet. Ces difficultés ne rebutèrent poinc
Mlle- Acarie.Commeelle étoit pour lors le premier mobile de
tout ce qui se faisoit de grand pour le bien de réalise ,elle en-
gagea M. deBerulle,qui fonda peu de temsapres la congré-
gation des prêtres de l'Orateire, & fut ensuite cardinal, d'al-
ler pour une troisième fois en Espagne chercher de ces Reli-
gieuses. II y alla, 8c malgré les oppositions que le démon
forma à ses desseins, les embûches qu'il lui dressa fur les che-
mins ,& les dangers de mort où il le jetta ,il revint en santé
à Paris , 8c y amena de Madrid six Religieuses Carmeli-

[graphic]

tes <te sainte Thérèse remplies de son esprit & de son zelc. Carmelî

Pendant que Monsieur de Berulle étoit en Espagne, Ma Tes Dedemoiselle Acarie chercha une fondatrice pour le Monastère ÇHAU* de ces Religieuses : elle trouva la princesse Catherine d'Or-pj^gj leans de Longueville, qui obtint du roi Pagrement pour cec établissement de une bulle du pape Clément VIII. l'an 1603. qui en le confirmant, fit desreglemens pour la conduite & la direction du 'Monastère de ces premières Carmélites de France & des autres qui íèroient fondés dans la fuite. Le lieu où ce premier Monastère fut fondé, fut le prieuré de NotreDame des Champs á Paris , au faubourg làint Jacques , de l'Ordre de saint Benoît, quidépendoit de l'abbaye de Marmoutier. Ce prieuré fut supprimé, on y fit de nouveaux bâtimens, & les six Religieuses d'Espagne étant arrivées à Paris en 1604. en prirent auífi-tôt possession.

La Bulle de Clément VIII. ordonnoit entr'autres choses que ce Monastère seroit soumis à la direction & gouverne-, ment de Messieurs Gallcmand docteur en théologie , André du Val professeur du roi en la même faculté, & de Bu. rulle prêtre ; & comme il étoit besoin qu'outre ces trois supérieurs , il y eût encore un visiteur , fa Sainteté nomma pour cet efret le commissaire gênerai de l'Ordre des Carmes Déchaussés 3 & en attendant qu'il y eût de ces Religieux en France, le gênerai des Chartreux -} & il ordonna aussi parla bulle, que ce premier Monastère établi à Paris, seroit chef de tous les autres qui seroient érigés dans la fuite dans le royaume de îrance. Après que ces Religieuses furent établies , de que les supérieurs nommés par la bulle du pape , en eurent prh la direction 3 ils allèrent trouver les pères Chartreux de Pans , & communiquèrent cette bullej les priant d'accepter la visite de ces Religieuses. Ces pères y trouvèrent quelques diSficuJtés & ayant remis cette affaire a leur chapitre gênerai, ils y prirent la resolution de refuser cette charge 3 ce qui oMigea les supérieurs des Carmelires d'avoir recours au pape-Paul V. qui avoit succédé â Clément VIII. pour le prier dûpourvoir à un visiteur. Sa Sainteté par un bref de l'an 160Ô. donna pouvoir à son nonce en France d'en nommer un , tare pour le Monastère de Paris que pour les autres qui aroiefcr. été érigés 5 car Mademoiselle Acarie ne se contentant pas d'avoir procuré rétablissecarmeu .ment de celui de Paris, a voie travaillé à ceux de Pontoise, Tf.s De- d'Amiens &: de Rouen ; & en vertu de ce bref, le nonce Chaus- nomma pour visiteur Monsieur Gallemand l'un des troisíuSe'es En perieurs. Ils s'adreslerent encore au même pontife en 1614. France. pOUr pourvoir à ì'établiíïement fixe d'un visiteur , & par son bref du 17. Avril de la même année , il révoqua Tarticle de celui par Jequel il donnoit pouvoir à son nonce de nommer le visiteur, 6c commit pour le visiteur des Monastères des Carmélites Dechauslées en France , tant de ceux qui étoient pour lors fondés que de ceux que l'on fondroit dans la fuite , le R. P. de Berulle , pour lprs gênerai de la congrégation del'Oratoire dontil étoit instituteur,ôclès fuccesleurs en ladite charge. ■

[graphic]

Les Carmes Déchaussés ne vinrent en France que l'an 1610. où ils furent envoyés d'Italie par le gênerai de la congrégation de saint Elie , &ne reçurent toutes les permissions necesiaires pour s'établir dans cette capitale du royaume que Tannée suivante t6u. Les Carmélites faiíoient tous les jours de nouveaux établissemens Dès l'an 1608. elles en avoient obtenu un à Tours, d'où elles passèrent çn Bretagne , où on leur accorda un Monastère à Nantes. Elles furent souhaitées à Morlaix , & la ville consentit à leur établissement par un acte du 17. Mai 1611. celles qui le demandoient sollicitèrent les supérieurs d'y donner aussi leur consentement j ils le refusèrent à caùíe de l'éloignement : ainsi cet établissement ne se fit pas pour lors -y mais les personnes intéressées, & qui vouloient procurer à la ville de Morlaix des Religieuses Carmélites de la reforme de sainte Thérèse , voyant qu'ils n'y pourroient réussir en s'adreííant aux supérieurs , eurent recours aux Carmes Déchaussés fur la sin de Tannée 1617. & les prièrent d'accepter ce Monastère , ce qu'ils firent, & fur la fin de Tannée 1619. ils allèrent en Flandres pour en amener des Religieuses, fur lesquelles les supérieurs de France n'avoient aucune jurisdiction. L'évêquedeTreguier, dans le diocèse duquel la plus grande partie de la ville de Morlaix fe trouve, & où le nouveau Monastère de ces Religieuses étoit situé , s'y opposa , à cause que Tétablissement de ce nouveau Monasterere n'étoit pas conforme aux autres du même Ordre en France. Les Carmes s'opposèrent çnjla çpur de parlement de Bretagne à Tenregistrement des

"'" Jettrç$

« PreviousContinue »