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Col. 18. ***: 17

sous un abbé. C'est aussi le sentiment de Cassien qui écoit Cassian.parfaitement instruit de la vie Cænobitique , & qui nous ap:

prend que ce sont ceux qui vivent en communauté, & qui
font gouvernés par le jugement d'un Superieur. Il ne parle
point de regle, comme remarque :le. P. le Mege dans son
explication de la regle.de. Saint Benoît ; parce qu'il croyoit
que pour être un Solitaire Cænobite , il suffisoit de vivre en
commun sous l'autorité d'un abbé. Ainsi ceux qui sont de
sentiment contraire , ont ôté à saint Antoine la qualité qui
lui est dûe de pere & de restaurateur des Coenobites, pour
la donner à saint Pachome, qui, à ce qu'ils disent , est le

pre:
mier qui ait établi de veritables Monasteres. C'est ce que nous.
allons examiner dans le paragraphe suivant.

PARAGRAPHE VI..

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Que saint Antoine est le pere des Cænobites ; & qu'il a

établi les premiers Monasteres parfaits.-C

OMME après que les persecutions eurent cesséés, fainc

Antoine se vie chef d'un grand nombre de Solitaires qui fe rangerent sous sa conduite, qu'il les fit vivre en commun; & que, les Monasteres qu'il établit à. Pilper,à Nacalon &en d'au. tres endroits,avoient touteune autre forme que ceux des trois premiers siecles

que nous avons appellés simples Monasteres, quoiqu'ils fussent peanmoins de veritables Monasteres; on ne peut pas refuler à ceSaint le titre de pere desCænobites,qu'on doit fuidonner par excellence comme on a donné à faint Paul celui de premier des Ermites, quoiqu'il y en ait eu avant lui.

Entre ceux qui n'admettent point de succession de. Moj. nes & de Monafteres , depuis S. Marcjusques à saint Antoine; il y en a qui ont cru qu'ils ne pouvoient pas refuser sans in . justice à ce dernier le titre d'instituteur de la vie Cænobiti

& de fondateur des Monasteres reglés. Le P. ThomasThomall:

que Discipl.Ec

lin a reconnu qu'on ne pouvoit pas lui disputer cette quaslef. art. 1. licé, & que même c'étoit l'opinion la plus commune ; lorsque voulant prouver que

les Monasteres dė. filles étoient. aus anciens que..ceux des hommes, il dir, qu'on-ne doute. point que faint Antoine ne soit le pere & le premier insti-sureur des Manalteres, & que la læur suivit de bien près fon.

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exemple, s'étant enfermée avec d'autres filles dans un mo. wastere dont elle fut superieure:

Il y en a neanmoins qui ne lui attribuant que la qualité de premier pere des Solitaires , donnent à S. Pachome celle d'instituteur de la vie Cænobitique. M. de Tillemont qui est de ce nombre, dit, en parlant de saint Antoine , que ce De Tillem, fut vers l'an 305. au milieu des fureurs de la persecution de retraite

l'hift. Eccl. Dioclecien & de Maximien, qu'il commença à faire des mi: Tom. 7. racles, & à persuader à un grand nombre de personnes pag. iogi d'embrasser la vie Solitaire : que ce fut la cause de tant de Monasteres,c'est-à-dire, de Maisons, ou plûtôt de Cabancs, dont on remplit les montagnes, pour la demeure des Anachoreres qui s'y retirerent ; & que quelques-uns de ces Monasteres purent d'abord s'unir enseinble , & former des especes de Communautés, mais fort peu nombreuses. Et en pag. 1676parlant de faint Pachome, ikdir : que le respect que l'Eglise à aujourd'hui pour fon nom, n'est pas une devotion nouvelle , mais une juste reconnoissance des obligations qu'elle lui æ , comme au faint fondateur d'un grand nombre de Monasteres, & à l'illustre pere d'une multitude infinie de Moines, ou plûtôt comme au premier instituteur, non seule- : ment des congregations religieuses , mais absolument de la vie Cænobitique & des saintes communautés.; & il marque Pag. 176. que ce pouvoit être l'an 325. qu'il commença son premier Monastere à Tabenne.

Ainsi, selon: M. de Tillemont, les veritables Monasteres ou plûtôt les Monasteres parfaits, ne furent établis par saint Pachome, ou bien commencés, que l'an 325. & les Monasteres que saint Antoine établic eny 305. n'étoient que des Caba. nes. Il faut donc conclure que chaque Monastere étant une Cabane , & que quelques-uns de ces Monasteres ayant pâ dellors s'unirensemble, & former des especes de Communautés , apparemment de cing, de fix, ou de dix perfonnes au plus ; c'étoit cinq ou fix personnes , ou dix au plus , demeurant en autant de Cabanes qui confervoient quelqu'union entr'elles , & obeiffoient au même superieur.

C'est, ce me semble., le sens qu'on peut donner aux paroles de M. de Tillemont , à moins qu'il n'y eût point de lu. perieurs pour ces forces de Communautés, & qu'elles refa iemblaffent à celles , dont il fait la description dans un

Pag: 177.

autre endroit , qui n'étoient que de cing, de six, ou de dix
personnes au plus , où l'on vivoir sans aucune subordination,
& sans autre discipline que les regles generales de la crainte
de Dieu, & où on ne le maintenoit ainsi qu'avec beaucoup
de peine dans la pieté.

Cependant lorsque saint Antoine voulut se retirer dans sa
premiere folitude l’an 270. auprès du lieu de la naissance,

M. de Tillemont dit, qu'il mit sa sæur dans un Monastere Pag. 107 de Vierges, qui est peut-être , dit cet Auteur , le plus an

cien dont on fasse mention dans l'église. Si ce Monastere Pag. 102. n'étoit qu’une Cabane , & que dans chaque Cabane il n'y

avoit ordinairement qu'un Solitaire , il ne pouvoit pas .y
avoir plusieurs Vierges ensemble qui demeurallent dans ces
sortes de Monasteres ; & fi c'étoit une Communauté

pa.
reille à celle des Alcetes, quelle apparence,que saint Antoine
eût voulu mettre la four dans un lieu , où l'on avoir tant
de peine à se maintenir dans la piecé ! c'étoit donc sans doute
un veritable Monastere; puisqu'il dit que c'est le plus ancien
dont il soir fait mention dans l'église ; par consequent il y en
avoit de veritables, selon lui, cinquante cinq ans avant que
S. Pachoine eût commencé celui de Tabenne en 325. ou plū.
tôt soixante dix ans auparavant; car nous prouverons par

M.
de Tillemont même, que saint Pachome n’a fondé son pre-
mier monastere qu'après l'an 340.

Mais le mot de Parthenon dont se sert saint Athanase
& que M. de Tillemont a eu foin de marquer
ne fignifie pas veritablement un Monastere mais une de-
meure de Vierges ; & M. l'abbé Fleuri a expliqué ce que
c'étoit que ces demeures de Vierges ; lorsqu'il dit: que

dans Fleuri , les premiers siecles de l'église , les Vierges consacrées à Dieu meurs des demeuroient la plûpart chez leurs parens , ou vivoient en leur Chrés pag. particulier deux ou trois ensemble, ne sortant que pour aller

à l'église , où elles avoient leurs places separées du reste des

femmes. En effer dans son histoire Ecclesiastique, il ne dit pas Hift . Eccl

. que saint Antoine mit sa fæur dans un Monastere de Vierges; Tom. pag. mais entre les mains de quelques filles Chrétiennes de la con

noissance, pour l'élever avec elles. C'est la maniere dont Rof-
veide, M. Arnaud d’Andilli , & plusieurs autres ont aussi
traduit cet endroit de saint Athanale.

Il n'y a donc point lieu de douter que faint Antoine n’aic

à la marge,

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établi de veritables Monasteres parfaits & reglés où l'on Rofveid.
vivoit en commun ; puisque, comme dit saint Athanase, les Vit. Patr.
Monasteres qu'il établic, étoient remplis de Solitaires , qui paz.s03.
pasfoient leur vie à chanter , à étudier, à jeuner , à prier,
à se rejouir dans l'esperance des biens à venir , à travailler
pour pouvoir donner l'aumône , confervant entr'eux l'u-
nion & la charité ; mangeant aussi en commun, comme nous
le pouvons juger par la complaisance de saint Antoine , qui
aimant à manger leul, ne lailloit pas souvent de manger avec
fes freres lorsqu'ils l’en prioiene, afin de pouvoir avec plus de
liberté leur tenir des discours utiles.

Rufin rapporte encore d'uri des disciples de ce Saint,
nommé Pior , qui, après avoir demeuré quelque tems dans
son Monastere , arriva de li bonne heure à une fi grande 14. Maii.
perfection, que saint Antoine lui permit à l'âge de vingt-
cinq ans de demeurer seul où il voudroit, marque affez que-
ses autres difciples demeuroient ensemble.

Ce que

Anud Boll.

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Que faint Amon a fondé ses Monasteres avant ceux de saint

Pachome.

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Tom 7.

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nous en croyons le P. Papebroch dans la vie de faint De Tillem.

Pachome qu'il a donnée, comme écrite par un disciple Mem pout même de ce Saint , quelques-uns de ses disciples ayant été

l'hift. Eccl. voir saint Antoine , il leur dit : que lorsque la paix avoit étéfag. 107. rendue à l'église , il n'y avoit point encore de Communautés ; & que c'écoit saint Pachome qui avoit procuré un si grand bien. C'est sur le témoignage de ce disciple de faint Pachomé auteur de sa vie ( selon le P. Papebroch ) que M. de Tillemont semble appuyer le plus fon sentiment, que

saint Pachome est l'instituteur des Cænobites , puisqu'il repete la même chose en plusieurs endroits. Mais nous pouvons agir sur les mêmes principes de cet auteur , & de plusieurs modernes qui revoquent en doute beaucoup de faits , parce 679. que quelques écrivains contemporains n'en ont poiņt parlé: Rofveid. ainsi nous rejercons le rémoignage de cer écrivain de la vie Vit. PP.

pag. 477: de saint Pachome' ; puisque saint Athanale qui a écrit celle

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15.4

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de saine Antoine , n'a rien dit de la conference de ce Saint avec les disciples de sant Pachome ; & qu'au contraire il donne assez à connoître que ses propres disciples vivoienc en commun. Il me semble que le silence d'un Pere de l'église doit l'emporter sur ce qu'avance un auteur qui a été in. connu pendant plusieurs siecles , & qui ne paroît aujour que par le moyen du pere Papebroch.

M. de Tillemont avoue que ce qu'il a dit de saint Pacho. me, à qui il a donné la qualité d'instituteur des Cænobites, paroîc difficile à soûtenir ; puisque Rufin dit que sur la mon. tagne de Nitrie il y avoit cinq mille Solitaires divisés en cin. quante habitations. Il demeure d'accord que si ces habita

tions avoieột été également remplies , il falloir qu'il y eût De Tillem. cent personnes dans chaque, & même deux cens ; puisqu'il defus , pag

. n'y avoit quelquefois qu'un Solitaire dans une , & par consé. 153.6°quent que ces Monasteres pouvoient être considerables; mais

ajoûte qu'il n'y a pas de preuves considerables que S. Amon,

qui fut le premier qui fonda les monasteres de Nitrie , se fût pag. 673.

retiré sur cerce montagne avant l'an 328. auquel tems le Monastere de Tabenne étoit deja tout formé; ou au moins qu'il y eût deja formé des Monasteres.

llett neanmoins aisé de prouver par M. de Tillemont mê. me , que saint Amon s'est retiré à Nitrie avant l'an 328. & par consequent qu'il a pû y avoir fondé des Monasteres avant celui de Tabenne ; car il dit qu'il se maria étant âgé de vingtdeux ans : qu'il demeura avec sa femme dix-huit ans : qu'il vécut dans la solitude vingt-deux ans :& qu'il mourut à l'âge de soixante-deuxaos, environ l’an 340. Er en examinant dans ses notes.l'année de cette more, il ne veut pas s'en rapporter au menologe de Basile qui met la retraite de ce Saint l'an 313. au plus çard ; parceque , dit-il, s'il étoit more en 335. il seroit difficile de prouver que le Monastere de saint Pachome fonde l'an 325. eût été le plus ancien de tous ; c'elt pourquoi il conclut qu'il peut être mort l'an 345.

Mais nous voulons bien nous en tenir à cette année ; & il se trouvera que, selon M. de Tillemont , saint Amon s'est retiré à Nitrie l'an 323. & par consequent avant l'an 328. car si selon lui, il est né l'an 283.& qu'il a été marié à l'âge de vingtdeux ans ; c'étoit donc l’an zos. ayant demeuré avec sa fem. me l'espace de dix-buit ans; c'étoit donc l'an 323. qu'il s'est re

rire

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