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lieu ,&qu'on leurimpoíèroit des jeûnes &. des mortifications. LeConcile deFrancfort n'en voulut point souffrir,à moins que les évêques&les abbés ne les renfermassent eux-mêmes. «»». 7j7f

La coutume étoit autrefois à Vienne en Dauphine dechoi-**» »*. Xîr un religieux que l'on croyoit être le plus avancé dans ia MabîiL* perfection, & le plus digne d'être éxaucé de Dieu j & on le^"*'^*"" renfermoit dans une cellule, afin qu'il y passât le restes 107. «le ses jours dans la contemplation,ôc qu'il y priât fans cesse hf^^' pour le peuple. C'étoit aussi la pratique de la phìpart des.^/ w#X Monastères, non feulement d'hommes , mais encore de filles. . *• II y en avoit ,entr'autres, dans le Monastère de Sainte-Croix x-'-t-í t,< de Poitiers } & Grégoire de Tours a décrit les cérémoniesGreg.Tur. qu'on obíèrvoit dans la reclusion de ces Saintes filles. ut.6.e.t 9.

Vers fa fin du*neuvième siécle , Grimiaic prêtre que l'on Buiceau, croit avoir été le même que celui que le pape Formoseiueeoit'f^."" tim digne de l.epilcopat, -& qu'il recommanda pour cet estetai"s,,. ,-<», Foulques archevêque de Reims ,afin qu'à la premiere.occasion il employât son crédit pour lui procurer cette dignité j composa une règle pour ces sortes deReclus.Leurs cellules dévoient être proche del'église de quelque Monastère, & elles pouvoient être accompagnées d'un petit jardin. Ces Reclus demeuroient seuls, ou plusieurs ensemble, dans un même lieu, mais chacun dans une cellule séparée, communiquant seulement entr'eux par une fenêtre. Ils vivoient du travail de leurs mains, ou des oblations des fidèles ; soit des aumônes du monastère voisin , soit de celles que le peupleleur faisoit. Parmi ces solitaires, il y en avoit qui étoient clercs, & même prêtres, & que les scculiersalloient voir,pour lesconíùiter fur ce qui regardoit leur conscience & leur íàlut. Les prêtres celebroient la messe dans une petite chapelle qui étoit dans l'enceinte de leur reclusion, & ils avoient encore une fenêtre qui s'ouvroit fur l'églife,&. par laquelle ils pouvoient assister à l'Office , parler à ceux qui les venoient voir, & entendre les confessions des séculiers , même celles des femmes qui vouloient recevoir leurs avis fur la conduite de leur vie. |

Ceux d'eatre les Reclus qui étoient Moines de profession portoient le froc 5 &ceux qui nel'étoient pas, se couvroient d'une.chappe, qui étoit un habit commun aux ecclésiastiques &, aux religieux. Quelques - uns avoient des disciples qui Tomel* E

.demeuroient hors i'enceinte de leur reclusion j nul ne devoir •être admis àl'écac de Reclus, qu'avec la permission de l'é. ,. vêquc du diocèse, ou de l'abbé du-monastere qu'il choisissoic .t: pour le lieu de sa reclusion, & s'il n'avoic passé auparavant ■ ';!!•' par l'épreuve du noviciat. On imprimoit íur la porte de la cellule le sceau de l'évêque j ôc si le Reclus tomboit malade, on ôtoit ce sceau pour l'aller secourir j mais il ne lui étoitpas permis de quitter fa reclusion. Ainsi ils étoient obligés par cette règle, à quelque chose de plus qu'à ce que le quarante-uniéme canon du concile in Trullo ne les avoit obligés. II semble que.saint Romuald fondateur de Tordre des >1ijV .0Gamaldules , ait renouvelle dans l'onziéme siécle les anciennes Laures des moines de la Palestine , en faisant vivre ses Ermites dans des cellules séparées les unes des autres , avec une église au milieu, où ils s'assemblent tous pour les divins . Buiteau, offices. Le premier qui fonda ces sortes de Laures fut saint hist. me- Chariton qui mourut vers Pan 340* La première étoit près de r^Bí^a/^ mer. morte, à six mille pas de Jérusalem , & fut.depuis ap181.. pellée la Laure de Pharan. II en bâtit une seconde vers Jeri

v»t S Eu '^ une troi^me ^ans ^e offert de Thecua, qui fut enth. sfud"fuite connue fous le nom de Laure de Seuca. La Laure que Boiiand. bâtit saint Euthyme le Grand dans le cinquième siécle, fut j^^r10' fort renommée ^ elle étoit éloignée de quatre ou cinq lieues de la ville de Jérusalem 5 mais le saint abbé ni vouloit point recevoir de jeûnes gens qui n'avoient point encore de barbe} c'est pourquoi saint Sabas & saint Quiriace s'étant présentés pour être au nombre de ses disciples, il envoya saint Sabas au Monastère de saint Theoctiste , & saint Quiriace icelui de saint Gerasime , parce qu'ils n'avoient point encorede barbe } &; à son imitation saint Sabas ayant bâti la célèbre. Laure qui a porté, son nom , il n'y recevoit pas non plus de jeunes gens, & les envoyoit d'abord dans d'autres Monastères. Ce Saint eut plusieurs disciples qui bâtirent aussi des Laures aux environs du Jourdain. Toutes ces Laures étoient célèbres par l'exacte discipline , & par la grande austérité qu'on y pratiquoit. '-vi

Thedotft, Cette vie austère ne contenta pas d'autres soli raires qui hcfi6r'hg' vivoient dans le même tems, & l'on regarda comme un provit. s si- dige le grand Simeon Stylite qui se consacra le premier, ôc ,»t*d^5 ayo-r d'exemple, 4 une pénitence extraordinaire» étant resté sur un colomne pendant quarante-huit ans ex- Bolland. posé aux ardeurs du soleil, & aux autres incommodités des^f^*^ faisons. La première colomne fur laquelle il monta , n'avoit Pp. que quatre coudées de haut, à ce que dit Antoine l'un de sesRosveîíí,f^ disciples, qui a écrit fa vie > 8c Theodoret marque qu'elle en 4'17°' avoit six j mais étant monté successivement sur des colom> nés de diveríès hauteurs -, la derniere fur laquelle il était 1oj£. qu'il mourut, vers Tan 460. & selon d'autres , vers 1^463. avoit quarante coudées. On crut que ce genre de vie ne pouvoit être pratiqué par d'autres ; il y eut cependant deux au. Joann. tres Siméons, un Daniel, un Julien 8c quelques autres, qui ^^hit terminèrent une sainte vie dans une pénitence pareille à celle*, zg. S7. du grand Simeon qu'ils imitèrent, étant restés plusieurs an-<** î nées fur des colomnes, 6c ayant eu des disciples.

Quant aux Ermites de ce tems, onen voit un très-grand nombre qui ne font soumis à aucun superieur,8c qui ne suivent d'autre réglé que celle que leur dicte le plus íouvenrMe libertinage. 11 est vrai qu'il y en a quelques-uns. qui imitent les véritables Solitaires des premiers siécles ôcqui marchent fur leurs traces j mais ces exemples sont rares 8c on peut éontparer les autres aux Rhemobotes , aux Sarabaïtes , 6c aux Girovagues. II vaut mieux ne les pas comprendre dans l'Ordre Monastique 5 puisqu'ils en portent indignement l'habit: si l'on excepte néanmoins ceux qui font gouvernés par des supérieurs, 8c qui vivent en communauté, aufquels l'on peuç donner le nom de Cœnobites , comme à ces anciens-Soljì taires conventuels, qui n'avoient point d'autre régie que la sage conduite de leurs abbés.

11 est vrai que ce sentiment n'est pas universellement reçu; Ceux qui le combattent,pretendenE^ue póèr'êcreCœnobite, il ne suffit pas de vivre en commun, mais qu'il faut atrtfiqúê ce soit sous l'autorité d'une règle. C'estil'interpretatìon qu'ils ont donnée à cet endroit de la règle de saint Benoît, où il est parlé des Cœnobites : Monacbomm frimum genus Cœnobîta-raf. 1. ntrn hoc est monafieriale militant fib régula- vclçbbdte -, preteh- H . . -u dant qu'il faut prendre la particule disjostcìivepour conjoh- ■' ctive. Les autres qui ont interprété la règle du même Saint,' ,t onc expliqué plus naturellement cec endroit j' ÔC prenant la par ticule en question pour disjonctive,ou alternative, ont dit: -que les Cœnobites íont ceux qui vivent fous une règle , ou

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sous un-abbé. C'est aussi le sentiment de Caísien^ qui «toic Caffiaii. parfaitement instruit de la viè Cœnobitique, & qui nous ap',8' prend que ce sont ceux qui vivent en communauté, & qui sont gouvernés par le jugement d'un Supérieur. II "ne parle point de règle, comme remarque le P. le Mege dans son explication de la règle de. íàint Benoît ; parce qu'il croyoit que pour être un Solitaire Cœnobite, il iuffiíoit de vivre en commun sous l'autoriré d'un abbé. A in fi ceux qui sont de sentiment contraire , ont ôté à saint Antoine la qualité qui lui est dùedepere & de restaurateur des Cœnobites , pour la donner à saint Pachome, qui, à ce qu'ils disent ,estle pre-i mier qui ait établi de véritables Monastères. C'est ce quenouxallons examiner dans le paragraphe suivant.

Bar.agr.aehe Vh

ue feint Antoine efi le père des Cœnobites » & qu'il <*-■ établi les premiers Monastères parfaits,..

O Mme après que les persécutions eurent ceíïeés, saint Antoine se vit chef d'un grand nombre de Solitaires qui se rangèrent sous sa conduite, qu'il les fit vivre en commun; & que.le*Monastères qu'il érablit à.Piíper,à Nacalon &en d'au, tres endroits,avoient .{oute*une autre forme que ceux des trois premiers siécles que nous avons appellés simples Monastères, quoiqu'il* fuílènt néanmoins de.veritables Monastères^ .on ne peut pas refuíêràceSainr le titre deperedesCœnobites,qu'on doit lui dònner par excellence,commeon a donné à saint Paul celui de premier des Ermites-, quoiqu'il y en ait eu avant lui.

Entre> ceux-qui.n'admettent point de succession de Moines &: de Moaasteres , depuis S. Marc jusques à, saint Antoine* ú y en^.qui ont cru qu'ils ne pouvoient pas refuser sans injustice à ce.dernier le titre.d'instituteur deJa vie Ccenobitique & de fondateur des -Monastères réglés. Le P; Thomas-* Mjîlpiht- »• a reconnu; qu'on ne pou voit pas lui disputer cette quatUf. mrt.i. faé^ &. que même c'étok ltopinion la plus commune;lors» ^j'*'JO'que voulant prouver que les Monastères de filles croient auífî anciens que. ceux des hommes, il dit, qu'on-ne doute, ppioc que saint Antoine ne soit le pere 6c le premier instituteur des Monastères, & que íà soeur suivit de bien près son.

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exemple , s'étant enfermée avec d'autres filles dans un Morfastere donc elkfutíuperieure.

II y en a néanmoins qui ne lui attribuant que la qualité de premier pere des Solitaires, donnent à S. Pachome celle d'instituteur de la vie Cœnobitique. M. de Tillemont qui est de ce nombre, dit, en parlant de saint Antoine, que ce DeTìilem, fut vers l'an >oj. au milieu des fureurs de la persécution dej^ ^" Diocletien &de Maximien, qu'il commença a faire des mr. T»m,7. racles, & à persuader à un grand nombre de personnes ft- ,0* d'embrasser la vie Solitaire : que ce fuclacauíède tant de Monasteres,c'est-à-dire, de Maisons, ou plutôt de Cabanes, dont on remplit les montagnes, pour la demeure des Anachorètes qui s'y retirèrent i & que quelques-uns de ces Monastères purent d'abord s'unir ensemble , & former des espèces de Communautés, mais fort peu nombreuses. Et en fMg lf . . parlant de saint Pachome, ikdit : que le respect que l'Eglise a aujourd'hui pour son nom, n'est pas une dévotion nouvelle , mais une juste reconnoissance des obligations qu'elle lui a, comme au saint fondateur d'un grand nombre de Monastères, & àl'illustre pere d'une multitude infinie de Moines,ou plutôt comme au premier instituteur, non feulement des congrégations religieuses , mais absolument d^ la vie Cœnobitique & des saintes communautés.^ 6c il marque T?*g.\nt. que ce pouvoit être l'an 3x5, qu'il commença son premier Monastère á Tabenne.

Ainfi, selon- M. de Tillemont, les véritables Monastères; ou plutôt les Monastères parfaits, ne furent établis par faine Pachome,ou bien commencés, quel'an 315. & les Monastères que saint Antoine établit en 305. n'étoient que des Cabanes. Il faut donc conclure que chaque Monastère étant une Cabane, & que quelques-uns de ces Monastères ayant pA deflors s'unirensemble, & former des espèces de Communautés , apparemment de cinq , de six , ou de dix personnes au plus i e'étoit cinq ou six personnes , ou dix au plus , demeurant en autant de Cabanes qui conservoient ouelqu'uniorc entr'elles , & obeissoient au même supérieur.

C'est, ce me íëroble, le sens qu'on peut donner aux paro* ìe.s de M; de Tillemont , à moins qu'il n'y eût point de supérieurs pour ces sortes de Communautés, 8c qu'elles ref> ftg. J77. îtjïiiaslênt à celles x dont il fait la description dans un

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