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Carmes couvent d'Ast. Six ans après elle fut reçue dans un autre j & be L'b- enfin Tan 1654. dans celui de Ripolle.

TRoiTE Le gênerai Jean Antoine- Philippini employa aussi tousses Obser- fQjns pQur £ajre recevoir l'étroite observance en Allemagne. Vance. Jj nomma pour ses commissaires le pere Antonin de la province de Touraine , & le pere Gabriel de l'Annonciation de Ja province de Flandres. Ce fut par leur moyen que la reforme fut introduite dans les couvents d'Aix-la-Chapelle, dç Trêves ,de Bamberg, de Wiíbourg, & dans quelquesautres. Les électeurs de Mayence & de Trêves , l'évêque de Bamberg y & plusieurs princes y donnèrent leur approbation ; & afin d'exciter tous les couvents de l'Ordre à embraslèr la même reforme ,1e gênerai écrivit une lettre circulaire dans tout l'Ordre , l'an 1649. dans laquelle il décrit le progrès que l'étroite observauce a fait dans plusieurs provinces. Mais toute la reforme que l'on vit dans les couvents qui n'em. brassèrent pas l'étroite observance 5 c'est qu'ils quitterentles robes noires, pour en prendre de gris oblcur ou couleur de Minime.

Tous ces religieux de l'étroite qbservance, tant en France que dans les autres provinces, ont les mêmes constitutions. Elles furent dressées l'an 163y. par les pères de la province de Touraine, & furent approuvées non seulement par le gênerai Théodore Stratius , à la recommandation du roi Louis XIII. de la reine Anne d'Autriche , du duc d'Orléans frère du roi, 8c de plusieurs seigneurs de la cour, l'an 1638. Mais ce même gênerai les fit encore confirmer par le pape Urbain VIII. l'an 1639. Ôc fous le generalat du pere Léon Bonfilius j il fut ordonné dans le chapitre gênerai qui se tint â Rome l'an 1645. que ces constitutions seroient observées dans tous les couvents reformés de l'Ordre ôcqui le pourroient être dans la fuite, afin de garder l'uniformité , ce qui fut confirmé par le pape Innocent X. le 1. Septembre de la même année. II y a plusieurs Monastères de filles qui ont embrassé la même reforme. Quelques-uns de ces Monastères font soumis aux ordinaires , 8c d'autres aux supérieurs de l'Ordre. Quahtaux religieux , ils ne font point de corps séparé, mais seulement des provinces différentes dans l'Ordre. Leur habillement est assez conforme â ceux de l'ancienneobservance, & toute la différence qu'il y a, c'est que

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celui des pères de l'étroite observance n'est pas si ample que Carmes celui desautres. Nous avons faicgraver un de ces religieux deDE L s* la province Monte-Santo, tel que lepere Bonanni l*a donné Q^er6 dans son catalogue des Ordres Reliçneux. v»*^/

Sous le Generalat du meme Théodore Stratius , le pere Blanchard religieux de l'ancienne observance , vouíut introduire une reforme particulière en France , en faisant observer la règle du patriarche Albert , sans les déclarations d'Innocent IV. ni les mitigations d'Eugène IV. Pour cet effet, deux ou trois religieux s'étant joints à lui,ils bârirenc un ermitage , selon le dessein de cette règle primitive , en un lieu nommé Grateville au diocèse de Bazas dans les Landes qui font fur le grand chemin de Bayone qui leur fut donné par quelques gentilshommes du pays. L'évêque de Bazas N. Lostolfilomarini, donna son consentement à cet établissement , à la sollicitation de Henri de Gournai , comte de Marcheville en Lorraine. On gardoit dans ce désert la première institution de la règle ; -c'est pourquoi les religieux se nommèrent Carmes du premier institut. Ils faisoient vœu seulement d'obéissance dans lequel les autres étoient renfermés. Ils mangeoient en particulier chacun dans fa cellule , & s'abstenoient dans les voyages d'herbages ou de légumes cuits avec de la viande. Cette manière de vivre suc approuvée par le même gênerai Stratius, & confirmée par le pape Urbain VIII. l'an 1636. Mais ce désert ne subsista

f>as long-tems ; car peu de tems après, un prêtre , apostat de1 'église Romaine nommé Labadie , qui disoit avoir reçu de Dieul'habit de cette reforme, fut en ce désert 6c y causa de si grands desordres, que l'évêque , à la jurisdiction duquel ces peresavoient soumis leur Monastère, fut contraint deles én chasser , & ainsi cette reforme fut supprimée dans son berceau.

Voyez^ Joann. Baptist. Leza.na.ìj4nnal.SacriProphcti & Eliœni Ordinis. Daniel à Virgine Maria, Vinea Carmeli, feu historia. Eliani Ord. Marc Anton. Alegre. Casanate, Paradis. Carme litici decoris. Donatien de S. Nicolas ,vie de frère Jean de saint Samson Régula &constitutionesCarmelitar.Striflioris obfervantiœ , cum auïtario rerum adprovinciam Turoniam spettantium, Delineatio observantia Carmelit. Rhedon.provin. &L Philip.Bonanni , catafog. Ord. Relig.part. i. .

Carme- A ces différences reformes de I'Ordre de Notre-Dame du Lites De- Mont-Carmel,nousjoindrons I'Ordre des Indiens, que FranChausse's çois Modius,& quelques autres auteurs, disent avoir été une branche de ceJui du Carmelj& dont ils mettent l'institution l'anijoó. sousJeponrisicatde Jules II. Alexandre Ross croie qu'on leur donna le nom d'Indiens, à cause qu'ils avoient pris la resolution d'aller en mission dans les Indes nouvellement découvertes, pour y travailler à la conversion des idolâtres. Us avoient des robes noires, avec des tuniques ou vestes blanches fans manches, y ayant seulement une ouverture de chaque côté pour passer les bras, & ces tuniques descendoienc jusqu'à mi-jambe. II y a de l'apparenceque cet Ordre ne subsista pas long-tems.

Francise. Modius, de origine Ord. Eccles&cAìexand. Ross, des Relig. du Monde II. Divif

Chapitre XLVII,

Des Religieuses Carmélites Déchaussées, avec la vie desainte
Thereje leur reformatrice.

DE toutes les reformes de I'Ordre du Carmel ,il n'y en
a point de plus considérable que celle quia été faite
parsainte Thérèse. Elle naquit à Avila ville du royaume de
Castille le 11. Mars 1515. Son pere qui étoit un gentilhomme
des plus qualifiés du pays, se nommoit Alfoníe Sanchez de
Cepcde,& épousa en secondes noces Béatrix d'Haumade. Ils
eurent sept garçons & deux filles, dont la première fut notre
Sainte , qui jusqu'à sa profession religieuse qu'elle prit le nom
dejesus, porta toíijours celui d'Haumade ,suivantl'usagedu
royaume d'Eipagne, que les enfans prennent souvent le nom
de lamere ,& non celui du pere.

Comme sesparens joignoient à leur noblesíè une pieté solide , & que son pere étoit un homme d'honneur & de probité, droit, sincère, charitable envers les pauvres, compassible envers les malades & les misérables , òc aimant beaucoup la lecture des bons livres -, il eut un grand foin d'imprimer de bonne heure ces sencimens dans le coeur de ses enfans: ainsi la jeune Thérèse n'ayant encore que six à sept ans, fçue

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