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zele pour les observances regulieres, & qui souhaitoit pa-
reillement la reforme. Cependant ce nouveau provincial
voyant les difficultés qui se rencontroient dans l'execution de
ses bons desseins, aima mieux quitter son office. Il eut†
successeur le † Bavai qui étant auparavant supe-
rieur du couvent de Valenciennes , s'étoit uni avec quatre
jeunes prêtres pour faire recevoir dans ce couvent la mê-
me reforme & les mêmes observances que celles qui avoient
été introduites dans la province de Touraine. Ces Religieux
zelés implorerentd'abordl'autorité de l'évêque d'Arras,dans
le diocése duquel le couvent de Valenciennes se trouvoit ;
ils obtinrent aussi celle du duc d'Arschot ; & l'archiduchesse
Claire Eugenie d'Autriche , gouvernante des Pays - Bas,
voulut bien écrire au pere Sebastien Franton, pour lors ge-
neral , afin qu'il envoyât dans ce couvent des Religieux de
la province de Touraine pour y introduire leurs observances.
Les peres Philippes Thibaut, Luc de saint Antoine, & Ni-
colas de Castres recommandables par leur pieté & par leur
science furent nommés par le general. Ils arriverent au cou-
vent de Valenciennes, # onziéme du mois d'Août 1624. &
trois jours après tous les Religieux de ce couvent , en re-
nouvellant leurs vœux , s'engagerent à l'observance de la
rovince de Touraine. Comme ces Religieux en embrassant
a reforme avoient quitté leurs habits noirs pour en prendre
de gris obscur, peu s'en fallut que cela ne causât un soule-
vement dans Valenciennes; car une personne qui avoit l'auto-
rité en main, voulut contraindre les Religieux reformés, mê-
me par la force des armes,à reprendre leurs habits noirs; mais
le peuple s'étant mutiné à cette occasion, l'on n'inquietta plus
ces Religieux. La reforme s'étendit dans plusieurs autres cou-
vents, & il y en eut même cinq qui furent fondés de nouveau
sous la même observance.
· L'an 1619. le pere Didier Placa de Catane, & le pere Al-
phius Licandre, tous deux Religieux de la province de saint
Albert entreprirent une reforme en Sicile. Ils obtinrent
les permissions necessaires des superieurs, & en peu de tems
ils fonderent neuf nouveaux couvents de cette reforme
en Sicile, deux dans l'état Ecclesiastique , & trois dans le
royaume de Naples.Voyant ensuite que ces couvents étoient
en nombre suffisant pour former une province or#
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ils s'adresserent au chapitre general qui se tint l'an 1644 & CaRmrs lui demanderent son consentement pour l'erection de cette De L'erovince, où les religieux étant de differents pays pourroient #oo apprendre les langues orientales , afin de pouvoir aller en § mission dans la Terre-Sainte. Lechapitrey ayant consenti,le" pere Leon Bonfilius pour lors general de l'Ordre , s'adressa au pape Innocent X. pour lui demander l'erection de cette nouvelle province, ce que ce pontife accorda par un bref du 16. Fevrier 1646. & l'on donna le nom de Monte-Santo , à cette province à cause que le premier couvent où la reforme avoit été commencée, étoit situé sur une montagne ainsi appellée, proche de la ville de Messine. Ces reformés se disent du premier institut, parce qu'ils observent la regle primitive de § rdre, moderée par le pape Innocent IV. ayant renoncé aux mitigations qu'Eugene IV. yavoit faites, touchant l'usage de la viande, dont ces religieux reformés s'abstiennent de même que les Carmes dechaussés.Commecette province étoit composée de Siciliens , de Napolitains, & de Romains ; ils avoient souvent des d§ entr'eux, c'est pourquoi ils demanderent à la congregregation des reguliers, que leur province fût separée en deux, ce qui leur fut accordé l'an 17o9.& les deux provinces retinrent le nom de Monte-Santo; l'une sous celui de Monte-Santo de Sicile, qui est composée de neufcouvents dans le royaume de Sicile; l'autre sous le nom de Monte-Santo de l'Etat ecclesiastique, qui comprend cinq couvents dans les états du pape, à laquelle l'on a permis d'agreger deux autres couvents de la même reforme, qui sont dans le royaume de Naples. Il y a encore en Italie la reforme de Turin , ainsi appellée à cause qu'elle a pris son origine dans la ville de Turin , l'an 1633. à la sollicitation du duc de Savoye Victor Amedée. Le pere Theodore Stratius pour lors general de l'Ordre, nomma pour son commissaire le pere Louis Bulla, prieur du couvent de Notre-Dame de la place, afin de travailler à cette reforme Le pere Bulla étant mort deux ans après , le pere Dominique de sainte Marie lui succeda dans cette commission, & y réussit si bien, que la reforme fut établie dans le couvent de Turin. Elle fut cinq ou six ans sans faire aucun progrès, mais l'an 1639.le marquis Doliani la fit recevoir dans le couvent de Clarasce. Elle passa ensuite l'an 164o. dans le Tome I, V u

caRmEs couvent d'Ast. Six ans après elle fut reçue dans un autre ; & De 1'e- enfin l'an 1654. dans celui de Ripolle.

"TROlTE
OBSER-
VANCEs

Le general Jean Antoine Philippini employa aussi tous ses soins pour faire recevoir l'etroite observance en Allemagne, Il nomma pour ses commissaires le pere Antonin de la province de Touraine, & le pere Gabriel de l'Annonciation de la province de Flandres. Ce fut par leur moyen que la reforme fut introduite dans les couvents d'Aix-la-Chapelle, de Treves, de Bamberg, de Wisbourg, & dans quelquesautres. Les électeurs de Mayence & de Treves , l'évêque de Bamberg , & plusieurs princes y donnerent leur approbation ; & afin d'exciter tous les couvents de l'Ordre à embrasser la même reforme , le general écrivit une lettre circulaire dans tout l'Ordre , l'an 1649. dans laquelle il décrit le progrès que l'étroite observance a fait dans plusieurs provinces.Mais toute la reforme que l'on vit dans les couvents qui n'embrasserent pas l'étroite observance ; c'est qu'ils quitterent les robes noires, pour en prendre de gris obscur ou couleur de Minime. Tous ces religieux de l'étroite observance, tant en France ue dans les autres provinces, ont les mêmes constitutions. Elles furent dressées l'an 1635. par les peres de la province de Touraine, & furent approuvées non seulement par legeneral Theodore Stratius , à la recommandation du roi Louis XIII. de la reine Anne d'Autriche , du duc d'Orleans frere du roi, & de plusieurs seigneurs de la cour, l'an 1638. Mais ce même general les fit encore confirmer par le † Urbain VIII. l'an 1639. & sous le generalat du pere eon Bonfilius , il fut ordonné dans le chapitre general qui se tint à Rome l'an 1645. que ces constitutions seroient observées dans tous les couvents reformés de l'Ordre & qui le pourroient être dans la suite, afin de garder l'uniformité , ce qui fut confirmé par le pape Innocent X. le 2 Septembre de la même année. Il y a plusieurs Monasteres de filles qui ont embrassè la même reforme. Quelques-uns de ces Monasteres sont soûmis aux ordinaires , & d'autres aux superieurs de l'Ordre. religieux, ils ne font point de corps separé, mais seulement des provinces differentes dans l'Ordre. Leur habillement est assez conforme à ceux de l'ancienne observance, & toute la difference qu'il y a, c'est que

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