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même au tems des Prophètes. Mais le Père Louis de sainteReligieuThérèse, dans son livre qui a pour titre : La fuccejjton d!Elie,ses Cara été plus sincère 5 car il dit que ce fut le B. Jean Soreth, quiMELITES* obtint du pape Nicolas V. les mêmes privilèges que les Ordres de saint Dominique & de saint Augustin avoient, pour la réception des couvents de religieuses, vierges , veuves 8c béguines} pourvu que celles qu'il recevroit , jeûnassent 6c íìíîent les mêmes exercices, que celles des Ordres de S. Dominique & de saint Augustin : le B. Soreth, dit cet auteur, estimant quec'étoit une chose indigne, que les autres Mendians euslent des filles qui observassent leurs règles , & que le seul Carmel institué pour honorer la sainte Vierge, Mere des Vierges, n'eùt pas des filles de son Ordre : ainsi sans al* ler chercher une origine éloignée des Religieuses Carmélites-, il est certain qu'elles n'ont été instituées que vers Pan 1451. en vertu de la bulle de Nicolas V. obtenue par le bienheureux Jean Soreth, qui fonda leurs premiers Monastères en France.

Il naquit en Normandie vers l'an 1420. de parens fort ve*. tueux, qui eurent un grand foin de l'élever dans la crainte de Dieu, éc de lui faire apprendre ce qui étoit convenable à son âge.Ayant fait ses humanités , il délibéra del'étatde vie qu'il devoit embrasser -, & après avoirTecommandé cette affaire à Dieu , il fut inspiré de prendre l'habit Religieux parmi les Carmes dans leur couvent de Caën en Normandie , où, après fa réception, il fit voir par fes exercices de vertu & de pieté, que Dieu l'avoit appelle à cet Ordre pour fa gloire & pour la reforme de cet Ordre.

II fut envoyé par ses supérieurs au couvent de Paris, pour y apprendre les íaintes lettres & la théologie. II se rendit íi habile en l'un & en l'autre} qu'il mérita le bonnet de docteur dans l'Université de Paris, & son mérite le fit élever en peu de tems aux dignités de son Ordre. En 1440. il se trouva au Chapitre gênerai d'Ast, en qualité de Definiteur & de Provincial de la province de France -} au chapitre gênerai tenu á Châlons, il y fut en qualité de Provincial de Toscane , & au chapitre gênerai tenu «à Rome en 1447. il fut encore nommé Definiteur & Provincial de France. Pendant son provincialat, ilvifitoit à pied les couvents de la province , accompagné d'un seul compagnon. On ne peut pas dire Reltgieu- Ie bien qu'il y sic, & la reforme qu'il introduisit par tout, á Ses Car- cause qu'il n'exigeoit rien des autres, qu'il n'eut premièreMeutes, ment pratiqué : enfin l'an 14p. au chapitre gênerai tenu à Avignon, il fut élù gênerai de tout l'Ordre; & comme l'offke de provincial de fa province vaquoit par cette nouvelle élection,le chapitre n'y voulut point nommer jmais ordonna qu'il gouverneroit toujours la province de France jusqu'au chapitre provincial.

Ce nouveau gênerai ayant senti au-dedans de lui-même que Dieu l'appelloit à la reforme de son Ordre , résolut d'y travailler &. d'employer toutes sortes de moyens pour mettre la régularité en vigueur, & rétablir son Ordre en sa première splendeur. II commença le premier -y & quoiqu'il eût toujours vécu dans une grande perfection,il y travailla néanmoins comme un simple novice,ôc s'attacha fur toutes choses à la vertu d'humilité , comme labaseôc le fondement, de toutes les autres.

Les Religieux du chœur, de son tems étoient vêtus de noir, & les Frères laïcs, de couleur minime ou tannée. II quitta le noir, & se revêritde couleur minime, tant à cause que c'étoit l'ancienne couleur de l'Ordre qu'il rétablit dans ses constitutions, qu'à cause que ceux qui éroient les moins estimés dans son Ordre en étoient revêtus. On reconnoissoit toujours ses habits, en ce qu'ils étoient toujours les plus vils & les plus rapiécés. Son entretien ordinaire étoit avec les plus simples & les jeunes du couvent. II prenoit plaisir d'aller avec eux pour les instruire, pour leur apprendre à mortifier leurs passions, à combattre les vices, àacquerir les vertus, & à mener une vie conforme â la règle & aux anciens statuts de l'Ordre.

Avec cet esprit, une grande douceur, & beaucoup d'affabilité , il entreprit la reforme de son Ordre, qu'il visita presque dans toutes les provinces de l'Europe. Ce ne fur pas fans recevoir beaucoup de contradiction de la part de ceux qui s'oppofoient à ses bons delîeins. II fut même obligé contre son naturel,qui étoit d'employer ordinairement les voies de douceur , d'user d'une extrême rigueur envers quelques couvents qui ne vouloient pas embrasser la reforme 5 ce qui arriva principalement à l'égard de celui deCologne, où les Religieux au retour d'une procession fermèrent la porte fur lui;

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