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Papebroch.* Mais dans le miroir du Carmel imprimé à Ve. Regle nile en 1507. où on a inseré ce Verger, on a retranché ce que

DES CAR le pere le Gros avoit dit de l'election que le Pape Adrien I. fit de ce frere Jean Ermite du Carmel pour patriarche de Jerusalem. Apparemment qu'on a vû que le tems où vivoit ce pape, ne pouvoit convenir avec celui auquel vivoit ce patriarche de Jerusalem ; car Adrien n'étant parvenu au fouverain pontificat que l'an 772. il ne pouvoit avoir élevé ce frere Jean à la dignité patriarchale que l'an 780. puisque ce fut la huitiéme année de son pontificat, & cependant ce même patriarche étoit mort dès l'an 416. après avoir gouverné cette Eglise pendant près de trente-six ans. Mais si les Carmes ont retranché cela, ils ont au moins laissé ce que le même le Gros avoit dit, que ce patriarche Jean avoit donné la regle de saint Basile aux Ermites du Mont-Carmel , & ont encore ajoûté au catalogue des saints de cet Ordre , dont le Gros avoit parlé, saint Basile , faint Cyrille d'Alexandrie & saint Louis roi de France ; car le Gros avoir mis d'abord les saints prophetes Elie, Elisée, Jonas & Abdias ; le cinquième saint qui suivoit , étoit saint Jean de Jerusalem : Quintus fuit S. Joannes Eremita, le sixième étoit faint Berthold ; & dans les additions saint Basile est le cinquiéme, saint Cyrille d’Alexandrie le sixieme, saint Jean de Jerusalem le septieme, & le huitième saint Louis roi de France. On s'étonnera sans doute de voir faint Louis au nombre des saints de l'Ordre des Carmes ; mais au moins on verra par ce que nous venons de di. re, que les Carmes jusqu'à Jean le Gros, general de cet Ordre vers l'an 1411. croyoient que leurs anciens avoient suivi la regle de saint Basile , avant que le patriarche Albert leur en eùt donné une autre.

Cependant ils n'ont point eu pour regle, ni celle de saintBafile , ni le livre de l'institution des Moines faussement attri. bué à Jean deuxième du nom, & le XLIV. évêque de Jeru. falem , que quelques-uns, comme nous avons dit,croyent n'avoir été que le XLII. & ils n'ont point eu d'autre regle que

leur donna le patriarche Albert, le douxiéme d'entre les Latins qui fut élevé à cette dignité l'an I 204. Ce fut Brocard superieur des Ermites du Mont-Care mel, lequel avoit succede à Berthold, qui la lui demanda ,

* Papebroch, Hift. Patriarch. Hyerofolymit. apud Boll. Aa. ss. Tom. Ili, Maida

celle que

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REGLe voyant que le nombre de ses Ermites auginentoit. Le patriarDES Car-ché Albert lui accorda ce qu'il demandoit , & écrivit une re.

gle qu'il adressa à ce Brocard & aux Ermites qui vivoient sous Ion obeïllance, & demeuroient aupres de la fontaine sur le Mont-Carmel : Albertus Dei gratia Hyerofolymitana Ecclefia vocatus patriarcha , dileétis in Chrifto filiis Brocardo & cæteris Eremitis qui sub ejus obedientia juxta fontem in Monte Carmeli

morantur , salutem in Domino. Bonanni, Je m'étonne que le pere Bonanni de la Compagnie de Jesus, Caralog: ait suivi le sentiment de ceux qui ont cru que cette regle avoit Ord. Relig. été donnée l'an 1171. par le patriarche Albert ; puisqu'en

1171. il n'y avoit point de patriarche de Jerusalem de ce nom. Il est vrai que Laërce Cherubin, qui a inseré dans le bullaire romain cette regle, l'a datée de l'an 1171. & que les Carmes ont été long-tems dans cette erreur, que quelques-uns ont voulu corriger par une autre erreur en disant que ce fut l'an 1199. ce qui ne pouvoit pas non plus convenir au tems qu'Albert fut patriarche de Jerusalem. Ils ont bien vû dans la suite que cette opinion ne pouvoit pas se foutenir , comme le pere Theodore Stratius, general de cet Ordre, l'avoua de bonne foi. La congregation des Rites leur ayant permis de faire l'office de saint Albert, comme ils avoient demandé, ils se trouverent embarassés sur ce qu'ils mettroient dans les leçons de l'office de ce saint , qu'ils ne connoisloient

pas bien, & la congregation ne vouloit pas approuver ce qu'ils vouloient y interer ; c'est pourquoi le general Stratius écrivit sur cela à Aubert le Mire , doyen de l'église d'Anvers, pour avoir son avis, & quelque éclaircisse

ment sur ce saint qu'ils ne connoisloient pas beaucoup, ne Hif, pa- sçachant qui il étoit : Non bene consi at qua aut qualis persona Hyerefol

. fit ille Albertus quem colimus. Si nous disons, ajoûtoit-il apud Boll.

que

cet Albert est celui qui nous a donné notre regle, cela souffre de la difficulté ; parce que la regle nous a été donnée l'an 1171.& dans ce tems-là il n'y avoit point de patriar. che de Jerusalem qui se nommât Albert ; puisque celui qui porta ce nom ne fut élevé à cette dignité que l'an 1204. Si enim dixerimus istum Albertum fuisse qui nobis regulam tradidit, premimur hac difficultate , quod regula nostra tradita nobis est anno 1171. quo tempore nullus erat Albertus Hyerofolymitanus patriarcha , quia iste inthronizatus fuit anno 1204. Il

dit

AA. SS.

som. 3

Maii.

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que

dit encore qu'en 1171. il ne pouvoit y avoir en Syrie qu'un

REGLE Albert évêque de Bethléem, qui vint avec Guillaume de Tyrdes CARS au concile de Latran tenu sous Alexandre III. C'est

pourquoi comme Aubert le Mire dans son origine de l'Ordre des Carmes, avoit dit que cet évêque de Bethléem étoit le même que celui qui fut dans la suite patriarche de Jerusalem , & que cela ne pouvoit s'accorder avec ce que l'on disoit , qu'Albert patriarche de Jerusalem avoit été premierement évêque de Bobio & ensuite de Verceil ; ce general prioit cet auteur de chercher des moïens pour prouver qu'Albert évêque de Bethléem , & Albert patriarche de Jerusalem , n'étoient qu'une même personne, ( ce qui étoit fort du goût des Carmes , ) & pour faire valoir aufli fon sentiment, que ce patriarche de Jerusalem avoit éré pendant un tems de leur Ordre. Mais les Carmes ont été obligés d'abandonner cette opinion qui ne pouvoit se foûtenir , & de reconnoître que leur regle' ne leur avoit été donnée par le patriarche Albero l'an

1205. comme Lezana & quelques autres écrivains de cet Ordre ont dit depuis. C'est neanmoins ce qui leur est encore contesté

par le P. Papebroch , qui croit qu'elle ne leur a été donnée que l'an 1209.

Elle contient seize articles. Le premier traite de l'élec, tion d'un prieur & de l'obéissance qu'on lui doit rendre. Le deuxième parle des cellules des freres, qui doivent être se. parées les unes des autres. Le troisiéme leur défend de changer de cellules sans permission. Le quatrième prescrit l'endroit où doit être située la cellule du prieur. Le cinquiéme leur ordonne de demeurer dans leurs cellules , & d'y va, quer jour & nuit à la priere & à l'oraison, s'ils ne sont point legitimement occupés. Dans le sixiéme il est traité des heu. res canoniales que doivent reciter ceux qui sont destinés pour le chąur ; il y est aussi marqué ce que doivent dire ceux qui ne sçavent pas les heures canoniales. Par le septiéme il est défendu aux freres d'avoir rien en propre. Le huitiéme ordonne de bâtir un oratoire au milieu des cellules, où ils doivent tous s'assembler le matin pour entendre la messe. Le neuvieme parle de la tenue des chapitres locaux & de la correction des freres. Le dixiéme recommande l'observance du jeline,depuis la fêredel'exalcation de Sainte Croix jusqu'à pâques, excepté les Dimanches ; & l'abstinence de la viande en tout tems eft Tome I,

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ز

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REGLE ordonnée dans le onziéine. Le douziéme les exhorte à le DES CAR- revêtir des armes spirituelles qui leur sont proposées. Le trei.

ziéme les oblige au travail des mains. Le quatorzième leur impose un silence étroit , depuis vepres jusqu'à tierce du jour suivant. Le quinziéme exhorte le prieur à être humble;& le seizième exhorte aussi les religieux à respecter le prieur.

Voilà ce que contient en substance sa regle primitive des Carmes, qui leur fut donnée par le patriarche Albert. Nous avons vú ci-devant que pour prouver leur antiquité, quelques-uns de leurs anciens avoient cru qu'ils avoient d'abord suivi la regle de saint Basile, & que d'autres avoient supposé un livre de l'institution des Moines, qu'ils attribuoient à Jean II. quarante-quatriéme évêque de Jerusalem , & qui leur avoit servi de regle ; mais ils ont encore pretendu de. puis que celle qu'ils avoient reçûe du patriarche Albert avoit été tirée des écrits de S. Basile , & de ce Jean II. quarantequatrième évêque de Jerusalem , comme il paroît par le citre de cette regle , qui se trouve à la fin de leurs constitutions qui furent revûes dans le chapitre general qui se cine à Rome l'an 1625. Regula ex Sanéti Bafilii & Joannis XLIV. Episcopi Hyerosolymitani fcriptis,ab Alberto patriarcha Hyerofolymitano extraéta, & fratribas Beatissimæ Dei Genitricis en Virginis Mariæ de Monte Carmelo data , ab Innocentio IV.cona firmata , atque authoritate ejusdem per Hugonem tituli S. Sabina presbyterum cardinalem,&-Guillelmum Auteradensem Episcopum declarata & mitigata , correcta & mitigata. Ils ne laisloient pas neanmoins de reconnoître faint Basile pour leur

pere, entre les autres le pere Didace Corria qui est de ce sentiment, appelle en plusieurs endroits saint Balile son pere ; il recommande entr'autres choses aux freres & fæurs du Tiers - Ordre des Carmes, d'avoir des habits de drap vil & grossier comme leur pere faint Bafilel'ordonne. Finalmente vuestro habito sea di pano vil baxo y grosiero y come dize il B. S. Basilio nuestro Padre ..... y aviso à vuestras charidades con nuestro padre S. Ba. filio*. Cependant quand ils reçurent leur regle du patriarche Albert , ils ne songeoient point encore ni à saint Ba. file, ni au livre de l'institution des Moines. Et lorsqu'on les inquieta quelque tems après la publication du concile de

* Did. Martinez Coria. Manual de las Beat. 6 Herman. Terceros del Monte

Carmel.

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