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Rígle celle du pape Sixte IV. de l'an 1477. disent, qu'ils descenJ

Des Car- font des prophètes Elie, Elisée & Enoch ac jugiter cate

Emmanuelros regularium 0rdinumprofessons in firmamento Catholicafidei Rodrig. militantes ^tanquam Religionis Jpeculum & eximplar y fpeciali c'ompiia?' chœritate fulgentes , fanîlorumqueprophetarum Helia & Elisœi rríviUg. & Enoch, neenon eír aliorum sanîtorum Patrum qui montem Afosttlic. pmílum Carme li, juxta Me lia son te m inhabitarunt, succcffìoinSBuiú1 'nem hœreditariam tenentes. 11 est vrai que les Carmes nient que j8. sixti Cet Enoch dont il est parlé dans ces bulles,soit le mêmeEnoch *' qui futenlevé du commerce des hommes,comme dit l'Ecrituxe-Sainte au chapitre y. de la Genèse , & ils disent que c'est un autre Enoch d'Amathim,disciple de TEvangeliste S.Marc. En effet, comme ils prétendent que dès leur première institution , ils ont fait les trois vœux essentiels de Religion , ils auroient beaucoup de peine à prouver une succession hèreditaire sans interruption de leur Ordre, depuis Enoch fils de Jared& pere de Mathusalem, jusqu'à présent jCarl'EcritureSainte ne dit point que Dieu commanda à Noé de faire entrer des Carmes dans l'arche , & s'il y avoit eu quelqu'un des enfans de Noé qui eút été Carme, il n'auroit pas pû avoir fait le voeu de chasteté ^ puisque tous les enfans de Noé entrèrent dans l'arche avec leurs femmes, òi qu'après être sortis de l'arche, ils eurent tous plusieurs enfans.

Chapitre XLI.

De la règle primitive des Carmes, &* des changemens qui y ont été faits par les souverains Pontifes.

LE bref du pape Innocent XII. que nous avons rapporté dans le chapitre précédent, n'imposant silence que sur la primitive institution & succession de POrdre des Carmes • par les prophètes Elie & Elisée, n'ôte pas la liberté de disputer à ces. Religieux leursautres prétentions. S'ils trouvent une preuve de cette succession héréditaire en la personne de Jean II. quarante-quatriémepatriarche de Jérusalem, que quelques écrivainsne regardent que comme le quarante-deuxième çvêcjue de cetpe ville £c le premier patriarche > je n'ai

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garde de rien alléguer de contraire , & de retrancher du ca- Régls talogue des hommes illustres de l'Ordre des Carmes, ce pa- Des Cartriarchei puiíque ce seroit aller contre les intentions du pa-MES# pe, qui aimposé silence sur cette matière. Mais ils font mal fondés , lorsqu'ils lui attribuent le livre de Pinstitution des Moines, qu'ils prétendent avoir été la règle qu'ils ont suivie 3 jusqu'à ce que le patriarche Albert leur en eut donné une autre. Car Jean ne monta sur la chaire épiscopale dejerusalem , quin'étoit pas encore patriarchale , que l'an 386. 0U387. Sedans ce livre qu'on lui attribue , il y est parlé du scapulaire que les Carmes n'ont porté qu'après que la sainte Vierge l'edt donné au B. Simon StocK , deux ans avant la mort de ce saint, qui arriva l'an 1285. & il y est aussi parlé du manteau blanc & du capuce qu'ils n'ont portés qu'en 1287. ou 1288. fans parler des fables dont ce livre est rempli, qui l'ont fait regarder par tous les fçavans comme un ouvrage faux & supposé , dont l'auteur ne peut avoir vécu que dans le douzième siécle. C'est à l'occasion de ce livre supposé , que Pierre Vvastel Carme réformé d'Alost & Prieur d'Anvers , attribue à ce mêmepatriarcheplusieurs ouvrages, qui font,ou fans nom d'auteurs, ou fauflement attribués à d'autres qu'il a recueillis ou fait imprimer à Bruxelles en deux volumes in folio l'an 1643. fous le nom d'oeuvres de Jean de Je rusalem,mais quoique ceCarme ( dit Monsieur du Pin * ) qui t€ aprisla peine deles ramasser, ait employé un volume entier c< pour montrer que les ouvrages contenus dans son premier to- (t me étoient véritablement de Jean de Jérusalem , & qu'il ait „ tâché de les défendre de toutes sortes d'erreurs -, on peut dire „ . néanmoins, qu'il n'a rien fait de ce qu'il promet dans son ti- „ tre, & qu'il n'a rempli ce long &cennuyeux traité que de con- „ jectures frivoles , de suppositions íâns fondement, de sauf- „ fêtés manifestes, ou de matières qui ne conviennent nulle-1< ment à son sujet: de sorte que tout ce grand édifice man-tt quant par le fondement, est bientôt tombé en ruine, & est ct devenu la risée de toutes les personnes qui se mêlent de lit- f{ terature. {f

Les Carmes font si peu d'accord entre eux touchant leurs prétentions, que Jean le Gros de Toulouse, l'un de leurs généraux vers l'an 1411. bien loin de croire que Jean, patriara'

* Du Pin , Biblieth. des Ecrivains Ettlts. /. sttclt. f. 1. 179

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Règle cne de Jérusalem , eût écrie une règle pour les Carmes & Des Car-leur eût prescrit une manière de vie, dit au contraire qu'il M£fc reçut celle de saint Basile qu'il fit observer aux Ermites du Mont-Carmel: Quintus fuit S. Joannes Eremita Montis Carmeli, qui reyilam Bafilii recepit, quam Fratribus tradidit obfervandam. Il ajoute que ce patriarche de Jérusalem fut élevé à cette dignité par le pape Adrien I. l'an huitième de son pontificat, à cause de la sainteté de sa vie: Istttm Joannem propter ipfius saníiitatcm maximum, Adiianus papa primus, natione Romanus, pontifie atus fui anno oftavo, ajjumpfitin patriarcham Microfolymitana EcclefiíC. 11 regarde ce patriarche de Jérusalem comme le quarante-quatriéme après l'apótre saint Jacques : Ifie SanHus in eeelefía sape dicta Mierofolymitana fuit epifeopus JCLIV. post B. Jacobum. C'est ainfi qu'il parle dans le verger du Mont-Carmel. Mais dans la clef de ce verger, il s'explique encore plus distinctement, & dit que les Ermites du Mont-Carmel ayant été baptisés par les apôtres , se dispersèrent dans la même montagne, à Jérusalem , à Acre &. en d'autres lieux de la Terre-Sainte ; & que prêchant par tout la foi de Jésus-Christ , il arriva que Basile le Grand , qui étoit auíîì Ermite, écrivit une règle pour certains Ermites qui s'attachèrent à lui : que quelques-uns de ceux qui demeuroient au Mont-Carmel, suivirent cette règle : que dans la fuite du tems le pape Adrien I. l'an huitième de son pontificat éleva sur le siège patriarchal de Jérusalem Frère Jean Ermite de la même montagne du Carmel , à cause de la sainteté de sa vie : que ce patriarche Jean donna à Frère Capraise son disciple bien-aimé, & aux autres Ermites du Mont-Carmel la règle de saint Basile pour l'ob. server: qu'il ne leur en donna point d'autre plus grande -y mais qu'ils vécurent selon cette règle jusqu'en l'an 1023. Qui diíius F .Joannes patriarcha F. Caprafio fuo difeipulo dilectiffìmo, cœterifque Eremitis Montis Qarmeli diïtam reyilam Bafilii tradidit observandam > nullam tamen eis dédit majorem, fed juxta reyilam eis datam & bonam confeientiam quibus Deo famulabantur : & fie steterunt ufque ad annum Domini

. C'est ce que l'on lit dans un ancien manuscrit de ce verger du Carmel qui est conservé dans la bibliothèque du couvent des Carmes de Francfort, selon ce que dit le Pere

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