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T.L. P. 188.

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Moine Grec,
Avec le grand et Angelique habit.

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est pendant la Messe sans cuculle & a les pieds nuds.On lui fait Mo 1NIs les mêmes interrogations qu'au petit habit, l'instruction ouoo exhortation est plus longue aussi-bien que les prieres que l'on chante. On lui coupe encore les cheveux avec les mêmes ce. remonies, on lui donne les mêmes habillemens; & ce qu'on y † de plus, est un anable que le superieur lui donne,en disant : Notre frere N. recoit l'anable, au nom du Pere, du Fils, & du saint Esprit, & prenant la croix surses épaules & suivant Jesus-Christ , disons pour lui que le Seigneur lui fasse misericorde. Cet anable consiste en un morceau d'étoffe quarré de la largeur d'un palme que l'on attache sur les épaules avec des cordons cousus aux quatre coins , & dans lesquels on passe les bras. La croix & les autres marques de la Passion de NotreSeigneur y sont representés, ou bien une grande croix au milieu,& quatre petites à ses côtés avec ces lettres IC.XC.NC. jesus-Christus Vincit. Le P. Goard qui rapporte toutes ces ceremonies dans son Euchologe des Grecs, a néanmoins donné un office du petit habit, dont l'original est dans le Monastere de Grotta-Ferrata, par lequelil paroît quel'on donne aussi l'anable à ceux qui reçoivent le petit habit. Ils le portent ordinairement sous la tunique, & y attachent une croix de bois qui pend† La cuculle de ceux qui ont le grand habit est differente de ceux qui n'ont que le petit habit, en ce que celle du grand habit couvre les épaules pardevant & par derriere, ayant un capuce pointu & cinq croix de ruban de laine qui y sont attachées, l'une sur le front, une sur la poitrine, une autre par derriere, & deux sur les épaules. Celui qui a été revêtu de cet habit ne doit point sortir de l'Eglise pendant sept jours.Il a permission d'entrer dans le Sanctuaire, quoiqu'il ne soit pas dans les Ordres sacrés, & au huitiéme jour on lui ôte dans le Sanctuaire la cuculle & les autres habits, qui pourroient l'empêcher de travailler, ce qui se fait en recitant plusieurs oraisons.Tant ceux du petit habit, que ceux du grand & angelique habit, laissent croître leurs cheveux. Il y a même de ces derniers qui croyent que c'est une plus grande perfection de ne raccommoder jamais leurs habits, de ne point couper leurs ongles, ni laver leurs 1112l1I1S.

Les ceremonies que nous venons de décrire s'observoient autrefois exactement; il se peut faire qo,soient encore

a li]

MoINEs

GREcs.

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en pratique dans quelques Monasteres bien reglés ; mais
comme il s'en trouve peu presentement, si ce n'est au mont
Athos, & que dans ces couvents peu reglés, la plûpart des
tous heretiques & schismatiques, ils ne les observent pas si
exactement. On en voit peu qui soient revêtus du petit & du
grand & angelique habit, & ceux que l'on voit ordinaire-
ment dans le Levant n'ont pour tout habillement qu'un do-
liman ou veste de couleur minime qui descend jusqu'à la che-
ville du pied. Ce doliman est serré d'une ceinture de toile
brune qui fait plusieurs tours autour du corps, & pardessus ce
doliman ils ont une autre veste , ou tunique qui a les man-
ches mediocrement larges. Cette veste ne se ferme jamais ,
quoiqu'il y ait quantité de petits boutons depuis le haut jus-
qu'en bas, elle descend seulement jusqu'à la moitié des jam-
bes. Pardessous ces habits ils portent des chemises de toile,
dont les manches qui sont ouvertes par le bas descendent
aussi-bien que le doliman jusqu'au poignet, & un caleçon de
toile en été, ou de drap en hiver , qui leur tombe, en faisant
beaucoup de plis,jusqu'à la cheville du pied.Ils ont des chaus-
sons de maroquin violet attachés à ce caleçon, & ont pour
chaussure des babouches ou pentoufles qui se terminent en
pointe, comme portent tous les Levantins, ausquelles il n'y a
ni talons ni quartiers. Ils ne portent point la cuculle ou voile
dont nous avons parlé, comme on peut voir dans la figure
que nous avons fait graver sur un dessein qui m'a été envoyé
d'Alep, & c'est proprement l'habit des novices. C'est pour-
quoi nous l'avons mise la premiere des trois que nous don-
nons, & qui representent les differens habillemens des reli-
gieux Grecs, suivant les trois états de novices, de parfaits,
& de plus parfaits.
Tous les Religieux travaillent au bien du Monastere pen-
dant qu'ils y demeurent. Les uns ont le soin des fruits , les
autres des grains, les autres des troupeaux, & generalement
de tout ce qui peut appartenir au couvent. Ils se servent en
cela du secours de leurs novices,qu'ils employent durant leur
noviciat plus souvent à la campagne, qu'aux exercices de la
meditation & de la retraite spirituelle, à quoi ils ne s'appli-
quent gueres, non plus qu'à l'étude; ce qui fait que ces Ca-
loyers sont extremement grossiers & ignorans. Â peine en

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trouve-t-on dans les plus grands couvents qui entendent Monsis quelque chose du Grec litteral, dans lequel sont écrits tous Gs ses, o

leurs offices & toutes leurs prieres. La necessité que ces Caloyers ont de cultiver eux-mêmes leurs terres, leur font recevoir quantité de freres laïcs. Il n'y a gueres de couvents qui n'en ayent pour le moins autant que de Religieux destinés pour le chœur. Ces freres sont presque tout le jour à la campagne, & ne reviennent que le soir à la maison, où, nonobstant la fatigue de leur travail, ils ne laissent pas d'assister à une longue priere & d'y faire quantité de genuflexions, qu'ils appellent Metanai, c'est-à-dire, · inclinations jusqu'à terre , après quoi s'étant contentés d'un souper fort leger, ils vont se reposer de leurs peines sur un lit qui n'est gueres moins dur que du bois, en attendant que la priere du matin soit sonnée, & que le point du jour les rappelle à leur travail. Sur tous ces Religieux il y a des visiteurs ou exarques,dont nous avons décrit † fonctions dans le dernier paragraphe de la dissertation préliminaire. Ils n'entreprennent la visite des couvents qui † sont soumis , que pour en tirer la somme d'argent que le patriarche leur demande ; & ces pauvres Caloyers ont beau travailler, fatiguer & faire suer leurs freres laïcs, ils ont toujours beaucoup de† à amasser quelque chose, soit pour la communauté, soit pour leur particulier; d'autant que leur patriarche leur envoye souvent ces sortes de visiteurs † décharger de ce qu'ils ont de meilleur. Nonobstant toutes ces taxes que les religieux Grecs sont obligés de payer, tant à leur patriarche qu'aux Turcs , il ne laisse pas d'y avoir des couvents bien rentés, & des Religieux assez riches en leur particulier, pour oser quelquefois encherir sur le patriarche même, & s'emparer du siege à force d'argent. - : Les Égumenes ou superieurs des Monasteres sont fort estimés & respectés des Religieux, principalement dans les grands Monasteres ou couvents bien reglés , car dans les petits où il y a quelques autres anciens Religieux,ils ne sont pas si absolus. Ils ont quelquefois même assez de peine à se · faire obéir; sur-tout lorsqu'ils enjoignent quelques penitences qui ne consistent qu'à faire plusieurs genuflexions & à jeûner quelquefois, car pour d'autres peines les superieurs

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