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Mo íMi« mouvement, le supérieur lui présence les cizeaux en disant: C*icï. Rccevez^ces cizçaux & donncz^les moi; ce qui se fait par trois fois, & le supérieur en les lui donnant la troisième fois, dit: Voilà que vous les recevexj.e la main de Jcfus-Chrift,voyez^dans quel ordre vous voulez^ètre inscrit, celui auquel vous approchez^, & ce que vous quittez^ II lui coupe ensuite les cheveux en forme de croix en disant : Notre Frère a les cheveux coupe s,au nom du P ère,du Filsì & du saint Efpritidifons pour lui, Seigneur faites-lui miséricorde. En lui donnant la tunique: Notre frère N. est revêtu de la robe de joie, au nom du P ère,du Fils , & du saint Esprit} disons &c. A la ceinture: Notre frère N. a les reins ceints de la vertu de vérité pour marquede la mortification du corps, & de la rénovation de l'esprit, au nom du P ère, &c. au bonnet ou . calotte: Notre frère N. est couvert du casque, c'est-à-dire du chapeau de Fejperance du Salut} au nom du P ère, &c. Au manteau : Notre frère N. reçoit le manteau, legage du grand & angélique habit,qui est la couverture d* incorruption & de F honnêtetés au nom du Pere S &c. Aux sandales : Notre frère N. a pour chaussure des sandales en figne de la préparation de P Evangile de paix, au nom &c. Etenfin: Notre frère N. reçoit les airs ou U gage du grand & angélique habit, au nom &c.

Cette cérémonie est: suivie de quelques prières, après lesquelles on met en main du nouveau profez le livre des Evangiles, une croix & un cierge, s'il est: dans les Ordres sacrés j car s'il n'est que laïc, on lui donne seulement la croix & le cierge. Le supérieur le baiíè ensuite, & les autres religieux qui ont aussi des cierges à la main, vont baiser le livre des Evangiles, le supérieur, & ensuite la croix & Phabit du nouveau profez. II ne doit point sortir de l'Eglise pendant cinq jours , employant ce tems à la prière & à la méditation,&il ne doit pas même faire de lecture. Outre le bonnet ou calotte à oreille, qui est; aussi pour les novices,les profez ont encore une cuculle, qui est une eípece de voile qu'ils mettent pardessus le bon» net: ils le jettent par derrière fur le dos, & il n'y a que deux morceaux larges de quatre doigts qui pendent pardevanc fur les épaules.

La cérémonie qui s'observe en donnant le grand & angélique habit à ceux qui le demandent, consiste en ce que l'on met les habits au milieu de Pautel, ôfrque l'on chante à Madges & à Laudes plusieurs cantiques. Celui qui le doit recevois

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cil pendant la Meíïè sans cuculle &: ales pieds nuds. On lui faic Mami» les mêmes interrogations qu'au petit habit, l'instruction Ougr,cs' exhortation est plus longue aussi-bien que les prières que l'on chante. On lui coupeencoreles cheveux avec les mêmes ce* remonies, on lui donne les mêmes habillemens ; & ce qu'on y ajoute de plus, est un anable que le supérieur lui donne jen disant: Notre frère N. recoit l* anable, au nom du P ère, du Fils, & du saint Esprit, prenant la croix fur fes épaula & suivant Jefus-Chrifi -y disons pour lui que le Seigneur luisisse miséricorde. Cet anable consiste en un morceau d'étoffé quarré de la largeur d'un palme que l'on attache sur les épaules avec des cordons cousus aux quatre coins , & dans lesquels on passe les bras. La croix ôc les autres marques de la Passion de NotreSeigneur y font représentés, ou bien une grande croix au milieu,& quatre petites à ses côtés avec ces lettres IC.XC. N G 'jefus-Christus Vincit. Le P.Goard qui rapporte toutes ces cérémonies dans son Euchologe des G recs, a néanmoins donné un office du petit habit, dont l'original est dans le Monastère de G rotta-Ferrata, par lequel il paroît que l'on donne auflì l'anable à ceux qui reçoivent le petit habit, ils le portent ordinairement fous la tunique} & y attachent une croix de bois qui pend pardevant. La cuculle de ceux qui ont le grand habit est différente de ceux qui n'ont que le petit habit, en ce que celle du grand habit couvre les épaules pardevant & par derrière, ayant un capuce pointu & cinq croix de ruban de laine qui y font attachées, l'une furie front, une fur la poitrine, une autre par derrière, ôc deux fur les épaules. Celui qui a été revêtu de cet habit ne doit point sortir de PEglife pendant sept jours. II a permission d'entrer dans le Sanctuaire , quoiqu'il ne soit pas dans les Ordres sacrés, & au huitième jour on lui ôte dans le Sanctuaire la cuculle &les autres habits, qui pourroient l'empêcher de travailler, ce qui se fait en recitant plusieurs oraisons. Tant ceux du petit habit, que ceux du grand & angélique habit, laissent croître leurs cheveux. II y a même de ces derniers qui croyent que c'est une plus grande perfection de ne raccommoder jamais leurs habits, de ne point couper leurs ongles, ni laver leurs mains.

Les cérémonies que nous venons de décrire s'observoienc autrefois exactement} il se peut faire qu'elles soient encore

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Mow«en pratique dans quelques Monastères bien réglés j mais comme il s'en trouve peu présentement, si ce n'est au mont Athos, &c que dans ces couvents peu réglés, la plupart des supérieurs & des religieux font fort ignorans , èc presque tous hérétiques & íchifmatiques, ils ne les observent pas si exactement. On en voit peu qui soient revêtus du petit &. du grand &c angélique habit, &ceux que l'on voit ordinairement dans le Levant n'ont pour tout habillement qu'un doliman ou veste de couleur minime qui descend jusqu'à lacheville du pied. Ce doliman est serré d'une ceinture de toile brune qui fait plusieurs tours autour du corps, & pardessus ce doliman ils ont une autre veste , ou tunique qui a les manches médiocrement larges. Cette veste ne se ferme jamais , quoiqu'il y ait quantité de petits boutons depuis le haut jusqu'en bas, elle descend seulement jusqu'à la moitié des jambes. Pardessous ces habits ils portent des chemises de toile , dont les manches qui font ouvertes par le bas descendent aussi-bien que le doliman jusqu'au poignet, & un caleçon de toile en été, ou de drap en hiver , qui leur tombe, en faisant beaucoup de plisjufqu'à lachevilledu pied.llsont des chauf. sons de maroquin violet attachés à ce caleçon, & ont pour chaussure des babouches ou pentoufles qui se terminent en pointe, comme portent tous les Levantins, ausquelles il n'y a ni talons ni quartiers. Ils ne portent point la cuculleou voile <iont nous avons parlé, comme on peut voir dans la figure que nous avons fait graver fur un dessein quim'a été envoyé d'Alep, St c'est proprement l'habit des novices. C'est pourquoi nous l'avons mise la première des trois que nous donnons, & qui représentent les differenshabillemens des religieux Grecs, suivant les trois états de novices, de parfaits,

'& de plus parfaits.

Tous les Religieux travaillent au bien du Monastère pendant qu'ils y demeurent. Les uns ont le foin des fruits , les autres des grains, les autres des troupeaux, & généralement de tout ce qui peut appartenir au couvent. Ils íe fervent en cela du secours de leurs novices,qu'ils employent durant leur noviciat plus souvent à la campagne, qu'aux exercices de la méditation ôc de la retraite spirituelle, à quoi ils ne s'appliquent gueres, non plus qu'à l'étude5 ce qui fait que ces Caloyers font extrêmement grossiers & ignorans. A peine en

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