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áirt-septième siécle, I'ani6i3. le bienheureux Josaphat Kun- Momi« cenitius,archevêque dePolocko,futtué parles Hérétiques gr,c*& Schématiques de Vitepski pour s'être reunis à l'église Romaine, &cet Ordre en Italie 8c en Espagne célèbre sa fête le ii. jour de Novembre.

Ils mettent aussi au nombre de ceux qui ont été religieux del'Ordre de saint Basile plus de quatorze papes • dont il y a quelques Orientaux que les Moines de l'Ordre de saint Antoine auroient droit de reclamer, &c quelques autres que les Bénédictins s'attribuent. Ils ont eu quelques cardinaux , comme Beflarion.& Isidore de Constantinople, qui furent créatures d'Eugène IV. Pour ce qui est des patriarches, archevêques & évêques de cet Ordre, il est certain que le nombre en est très-grand ; puisque personne ne peut être élevé à cette dignité dans tout l'Orient, 8c être même curé d'une simple paroiíle , s'il n'est religieux de l'Ordre de saint Basile, ou de celui de saint Antoine : ce qui s'observe encore en Moscovie & dans les autres provinces où le rit grec est toléré. Enfin lesre-' ligieux de saint Basile se glorifient d'avoir eu dans leur Ordre plusieurs empereurs 8c impératrices, grand nombre de rois 8c reines 0 8c dix-neuf princes8c prinçeíles de la feule maisondes Comnenes.

Alphons. Clavel , Antiquedad. de la religion de S. Basìl. D. Apollin. d'Agresta, Vit. de S. Bafil. fart. 5. D. Petr. Menniti, Kalendar. Ss. ord. S. Bafdii. De Tillemont, Hifi. Eccl. Tom. 9. Hermant, Vie de suint Basile. 8c Bulteau, Histoire Monajiique Ol Orient.

Chapitre XIX.

Des Qaloyers ou Moines Grecs, de leurs exercices, jeunes

& dbflìnences.

L'estime que l'église Grecque fait de la vie monastique estílgrande, qu'elle la nomme l'étatparfaitégal à celui des anges, dans lequel on imite les actions de Jefus-Christ, & ce n'est que par elle feule qu'on s'élève aux premières dignités ecclésiastiques, comme nous avons die dans le chapitre précédent.

Les Grecs donnent à leurs Moines le nom de Caloyers qui

WotHïs veut dire, bons Anciens. II y a de l'apparence que l'on appelloíc RECS' ainsi dans les commencemens ceux qui étoient avancés en, âge, & leurs supérieurs ; & que peu à peu ce nom qui n'étoit que comme un titre d'honneur, a été donné indiferemment à ceux qui faisoient profession de la vie monastique. 11s regardent tous saint Basile pour leur pere & pour leur fondateur , & ce seroit un crime parmi eux de suivre d'autre règle que celle de ce saint docteur. Comme il y a trois sortes de degrés parmi eux, des novices appellés vulgairement Archari :des profez ordinaires appellés Microchemi :& des plus parfaits appellés Megalochemi : il y a aussi trois differens habillemens pour eux -y dont nous parlerons dans la fuite. Ils font encore divisés en Cœnobites, Anachorètes & Reclus. Les Reclus s'enferment dans desgrottes ou cavernes au sommet des montagnes , d'où ils ne íortent jamais, s'abandonnant entière-, ment á la Providence. Ils ne vivent que des aumônes que leur envoient les Couvents voisins, & ne mangent qu'une fois le jour des légumes bouillis dans de l'eau fans sel ni huile, & des fruits secs , avec du pain cuit fous la cendre, à la reserve des fêtes solemnelles, qu'ils font deux repas: & de tems en tems, il y a des prêtres qui les vont visiter & leur administrer les Sacremens.

Les Anachorètes se retirent de la conversation du monde, & habitent aux environs des Monastères, dans des ermitages, où il y a quelque petit enclos qu'ils cultivent, & d'où ils ne sortent que les Fêtes & les Dimanches , pour aller au Monastère voisin faire leurs dévotions, & assister à l'Office, s'occupant le reste de la semaine à la prière & à l'oraison, faisant de grandes abstinences, Se ne vivant que de leur travail.

Les Cœnobites ont toutes les heures de leur office réglées depuis un office particulier qu'ils chantent à minuit, jusqu'à complies qui íê disent après le soleil couché. La veille des fêtes solemnelles, ils restent au chœur jusqu'à la pointe du jour emploïant toute la nuit à reciter le pseautier, matines & laudes , & à lire des homélies : comme il est impossible que le som-i meil ne les accable, il y a un religieux qui a foin de les éveiller, &c ils font obligés d'aller faire trois génuflexions à la porte du sanctuaire , & en s'en retournant, la révérence à droite & à gauche à leurs frères.

Cet office est fort grand, il leur faut plus de six ^heures durant la journée pour le pouvoir seulement lire 3 ce qui est Monui cause que plusieurs s'en dispensent facilementj soit parce qu'ils G**c*- , n'ont pas le tems ou la volonté d'y satisfaire, soit parce qu'ils n'ont pas de quoi acheter les livres qui font nécessaires pour rendre leur breviairecomplet.

Ces livres font au nombre de six presque tous in folio , imprimés la plupart à Venise. Le premier est le Tiridionì quel'on dit en carême. Le second YEucolopon , où sont toutes les oraisons. Le troisième se nomme Paiaclitiki, où sont toutes les hymnes, cantiques & antiennes qu'ils disent en l'honneur de la íàinte Vierge , dont ils ont un très-grand nombre. Le quatrième est le Penticostarion , ce livre contient seulement rOffice qui se dit depuis Pâques jusqu'à la Pentecôte. Le cinquième est le Mineon, qui est l'office de chaque mois. Et le sixième est YHorolopon, qui se doit dire tous les jours} parce que c'est dans ce livre que font contenues les heures canoniales.

La longueur de cet Office 6c le prix de ces livres, font cause que presque tous les évêques, les prêtres & la plûpart des Caloyers ne le disent jamais. II n'y a gueres qu'à Monte-fanto ou Mont-athos , ou bien à Neamogni dans l'iíle de Chio & dans quelques couvents bien reglés,quel'on dit régulièrement cet office j car tout le reste du clergé Grec prend de lui-même la dispense de ne le point dire, sans l'attcndre du patriarche , à qui on ne s'avise pas même de la demander j parce que n'aiant pas lui-même le loisir de reciter un si long office , il montre aux autres Texemple d'en retrancher une bonne partie, ou de n'en rien dire du tout.

Dans les grands Monastères les religieux se levent à minuit, comme nous avons dit, pour dire un office particulier qu'ils appellent MefonyUicon. Cet office dure pourVordinaire deux heures y mais quand il arrive quelque grande fête, soit d'obligation, íoit de dévotion, le Mefonyïticon se change en Olyniíiicon; c'est-à-dire qu'on le fait durer toute la nuit.

Après le Mefonyfíicon ou Office de minuit qui dure deux heures, les religieux se retirent chacun dans fa cellule jusqu'à cinq heures qu'ils reviennent à l'égliíè pour y dire matines &c laudes avec prime, qui se chante toujours au commencement du jour. Ils disposent tellement leur office , que prime se trouve toujours au lever du soleil, ensuite de quoi Moinïs chacun se retire dans fa cellule ou à son travail, jusqu'à neuf *ICÎ* heures, que l'on retourne à l'église pour y dire tierce, sexte & la messe $ après laquelle on va au réfectoire, où l'on fait la lecture pendant le dîner. Mais au sortir du repas , tant le ma. tin que le soir, le cuisinier se met à genoux à la porte du réfectoire j & comme s'il demandoit la recompense de íes peines ou le pardon de ses fautes, il dit de tems en tems aux religieux: Eulogitepateres : bénissez moi, mes pères, & chacun d'eux le saluant, lui répond : b Theos fincorcfi, que Dieu vous bénisse j puis tous s'étant retirés à leurs chambres, ils y demeurent s'ils veulent, ou vont travailler jusqu'à quatre heures, qu'ils s'asfemblentàl'église pour dire vêpres -} après quoi ils font quelque petit exercice, & viennent souper à six heures. Le souper étant fini, ils rentrent a l'église pour y dire un office qu'ils nomment Apoâipho, l'après soupé, qui est ce que nous appelions complics, lequel etant fini environ les huit heures du soir 3 chacun se retire àfa chambre pour se coucher& se relever à minuit. Tous les jours après matines le supérieur se tient à la porte de l'église où les religieux se prosternent à ses pieds pour dire leur coulpe. C'est ce qui s'observe dans les couvens bien réglés ; & il y en a beaucoup plus de ceux où règne le desordre, que de ceux où l'observance régulière est en pratique, la plupart faisant consister toute l'observance, dans les austerirés & les mortifications, car ilsne mangent jamais de viande , & jeûnent trois fois la semaine , le lundi, le mercredi, &c le vendredi, pendant lesquels jeunes , & ceux de leurs carêmes , ils ne mangent qu'à deux heures après midi. Ils retournent néanmoins après complies au réfectoire, où on leur présente de petits morceaux dcpain dans u n panier avec de Peau j mais il n'y a ordinairement que les jeunes qui en prennent par nécessité, & ils repassent à l'église pour rendre grâces à Dieu & faire la prieredu soir, après laquelle le supérieur fait le signal, & chacun se retire en silence à ía cellule.

Ils ont quatre carêmes qui leur sont communs avec le reste du peuple de leur même rit. Le plus grand & le premier, est; celui de la résurrection de Notre-Seigneur qu'ils appellent la , grande quarantaine, & qui dure huit semaines. Pendant la première ils peuvent manger du poisson , des œufs, du lait, du fromage 3 c'est pourquoi il nomment cette semaine la Tiripi9 qui signifie fromage. Pendant les sept semaines qui suivenry

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