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Vie de S.
BASILE.

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Vie de S. Bafile le Grand , docteur de l'Eglise, Arche

'vêque de Cesarée de Patriarche des moines d'Orient. O C

у solitaires en Orient avant S. Basile , c'elt néanmoins avec justice , que l'on a donné à ce docteur de l'Eglise le titre de patriarche des Moines d'Orient. Car si S. Antoine a été le restaurateur de la vie cænobitique : & li S. Pachome lui a donné une meilleure forme , c'est S. Basile qui a eu la gloire de lui donner son entiere perfection, en obligeant par

des væux solemnels ceux qui se sont engagés à ce genre de vie.

Il semble que la sainteté ait été hereditaire dans sa famil. le , puisque l'Eglise honore & revere comme Saints, sainte Macrine sa bisaïeule , & une autre fainte Macrine la sæur, S. Gregoire de Nysse & S. Pierre de Sebafte ses freres; que son Pere Basile a eu le don des miracles , & qu'il y a eu fort peu de ses parens qui ne se soient signalés par des actions saintes & des vertus éclatantes. Le R. P. Apollinaire d’Agresta general de l'Ordre de S. Basile, dans la vie de ce Saint qu'il donna en 1681. dit que cet Ordre celebre le 30. Mai, par une concession du S. Siege du 15. Novembre 1603. la fête de huit des Ancêtres de S. Basile, qui font du côté paternel ; S. Gregoire & sainte Theodore ses bisayeuls , S. Basile & sainte Macrine ses ayeuls, saint Bafile & sainte Eumelie ses pere & mere ; & du côté maternel , saint Gregoire &

; sainte Isabelle aussi ses ayeuls. Dom Alfonse Clavel Annaliste du même Ordre , leur donne aussi le titre de Saints. Mais ce qui est certain , c'est que l'on ignore le nom de quelques-uns des Ancêtres de notre Saint ; & que si l'Eglise a permis que l'on en fît la Fête le 30. Mai dans l'Ordre de S. Basile, elle aura sans doute revoqué cette permission ; puisque dans le Kalendrier des Saints de cette Ordre que le P. D. Pierre Menniti , qui en a été aussi general , fit imprimer à Velletri en 1695. on n'y trouve le 30. Mai que sainte Eumelie mere de S. Basile , dont le nom n'est pas même marqué d'un Aste. risque, avec lequel le P. Menniti a designé les saints dont Tome I.

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Vii de S. on fait l'office avec la messe. Mais quand les ancêtres n'auBASILE. roient seulement passés que pour des personnes d'une vertu

éminente , & d'une pieré finguliere ; il en pouvoit cirer plus d'avantage & de gloire, que ceux qui descendent des Empereurs & des Rois.

On ignore le nom de son Ayeul parernel , & l'on sçait feulement qu'il eut pour femme Macrine , dont le nom se lit dans le martyrologe romain le 14. Janvier. Ils se virent dépouillés avec joie de leurs biens par la haine des empereurs payens, & leur grand zele pour la foi leur avoit fait supporter constamment toutes les incommodités & les miseres qu'ils avoient fouffertes dans les deserts de Pont, où ils s'étoient retirés pour

fuir la persecution de ces mêmes empereurs. Dieu fic voir en cette rencontre combien cette conduite lui étoit agreable , par un celebre miracle qu'il accorda à leurs prieres en leur envoyant des Cerfs pour les nourrir , pour leur donner un peu de soulagement dans les peines qu'ils enduroient. La persecution étant cessée, ils retournerent dans leur maison, & la divine providence leur rendit des biens plus considerables que ceux qu'ils avoient perdus.

Leur piecé palla à Basile leur fils , qui époufa Eumelie ; & foit qu'ils vinllent demeurer à Cesarée de Cappadoce , ou qu'ils y allassent de tems eu tems, ce fut dans cette ville que nâquit le grand S. Basile vers l'an 329. étant encore enfant, il comba dangereusement malade. Ses pere & mere

& après avoir employé les remedes humains, eurent recours à la priere,qui, ayant été accompagnée d'une foi vive & pareille à celle de ce roi donc il est parlé dans l'évangile , qui demandoit aussi la guerison de son fils à Jesus Christ ; ils meriterent d'en recevoir une réponse aussi favorable, Notre-Seigneur s'étant apparu la nuit à ce pere affligé, & lui ayant promis la guerilon du petit Bafile. On l'envoya enfuite à Néocesarée où demeuroit pour lors lon Ayeule sainte Macrine z quelques-uns croient que ce fut dans une maison de campagne aux environs de cette ville , où cette fainte femme lui fit Iuccer dès fon enfance la pure do&rine de la foi dont elle avoit été elle-même instruite par S. Gregoire Thaumaturge. A l'âge de sept ans il recourna chez son pere , qui étant un Avocat celebre, lui donna les premieres teintures des letues humaines. Il alla ensuite étudier à Césarée de Palestine

.

VIE DE où il commença à connoître S. Gregoire de Nazianze. Delà

BASILE, il passa à Constantinople à l'âge de douze ans, après avoir étudié quelque tems, il retourna à Césarée de Cappadoce d'où il fut à Alexandrie pour y visiter les écoles de cette ville ; mais n'y ayant pas trouvé ce qu'il souhaitoit , il vint à Athenes.

Il avoit alors dix-lept ans, & ce fut là qu'il lia avec S. Gre. goire de Nazianze cerce amitié si forte qui dura jusqu'à la more , & que rien ne put desunir. Gregoire lui rendit d'abord service; car ayant representé à ses amis la sagesse & la gravité de Basile , jointes à la reputation qu'il s'étoit déja acquise, il le fic exemcer d'une certaine formalité qui alloit même à l'insolence, & dont les étudians de cerce ville usoient à l'égard des nouveaux venus.

Il fut si dégoûré de cette maniere d'agir peu serieuse , qu'il auroit quitté Achenes, si S. Gregoire ne l'eût retenu. Il devint très-sçavant en peu de tems, ayant eu pour maîtres les plus habiles professeurs de ce rems-là , Libanius , Ecebole, Himece , & Protherese. Il sçavoit toute la philosophie , l'altronomie , la geometrie , l'Arithmetique ; & ses frequentes maladies l'engagerent à apprendre la medecine. Mais toutes ces sciences profanes ne lui firent point abandonner les sain. tes lettres qu'il avoit étudiées dès le berceau. Il eut aussi pour compagnon de ses études avec S. Gregoire , Julien l'apostar, avec qui ils firent quelque connoissance , & ces deux Saints decouvrirent le dereglement de son esprit par fa phifionomie & son exterieur. Enfin après un sejour de dix ans dans cette celebre ville , il retourna à Césarée sa patrie ; où la mere qui avoit perdu depuis peu son mari, le souhaitoit pour la consoler dans son veuvage. Il plaida d'abord quelques causes ; car c'étoit par-là que commençoient ceux qui aspiroient aux charges ; mais fa seur sainte Macrine craignant que l'or. gueil, la vanité & l'ambition ne s'emparassent de son cæur , lui persuada adroitement de quitter cette profession & toutes les autres occupations seculieres, pour s'adonner entierement

, à la retraite , à l'étude de la veritable sagesse, & à la pratique des vertus Chrétiennes. Il y fic reflexion, & ce fut pour lors, comme il le dit lui même , qu'il commença à s'éveiller comme d'un profond somm-il, à regarder la vraie lumiere de l’E. vangile , & a reconnoîcre l'inutilité des sciences vaines ; &

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VIE DE S.concevant un dégoût pour

dégoût pour le monde & ses vanicés, il prit la Basile. resolution de se retirer & de chercher quelqu'un qui pût lui

servir de guide dans la voye de la perfe&ion.

Ce fut dans le dessein d'en chercher un, qu'il entreprit de voyager dans des lieux où la renommée publioit que se reciroient ceux qui vivoient dans la pratique des conseils Evan. geliques. Il alla en Egypte, en Palestine , en Syrie, en Mesopotamie, il eut la satisfaction de trouver dans les diverses solitudes de ces pays , plusieurs de ces Saints qu'il y cherchoit ; car la vie monastique s'étoit répandue dans toutes ces Provinces. Il admira leur vie également austere & laborieuse , leur ferveur & leur application à la priere. Il-fut surpris de voir que ces hommes admirables, invincibles au sommeil & aux autres necessités de la nature, dans la faim & dans la soif , dans le froid & la nudité, tenoient toujours leur esprit libre & élevé vers Dieu, sans se mettre en peine de leur corps, vivant comme si la chair qu'ils portoient ne leur étoit de rien, & se regardant comme des étrangers sur la terre & des citoyens

du Ciel. Ce fut dans la suite de ce voyage que notre Saint alla à Jerusalem & à Jericho, comine il semble le dire en un endroit ; & après son retour à Cesarée, dont il avoit été absent pendant deux ans, son évêque Dianée , pour l'attacher à son église , le fit lecteur.

Ce nouvel emploi ne put étouffer en lui le desir qu'il avoit de la solitude, pour tâcher d'imiter les grands exemples qu'il avoit trouvés dans les deserts de l'Egypte & de l'Orient. Il se joignit d'abord à des gens qu'il trouva dans son pays qui semLloient pratiquer la même maniere de vivre. Leur exterieur austere & mortifié, faisoit croire à Basile que leur interieur étoit saint. Il prenoit leur manteau rude & grossier, leurs souliers faits de cuir non corroyé pour des marques certaines de leur vertu.Il croïoit ne pouvoir pas être assez uni avec des perfonnes , qui preferoient une vie austere & laborieuse à cous les plaisirs du monde ; mais il reconnue dans la suite qu'il s'étoit trompé, & ces personnes étoient les disciples d'Eustache de Sebaste, qui fut dans la suite le plus grand persecuteur de notre Saint.

C'étoit environ l'an 357: qu'il songea serieusement à se retirer dans la solitude , où il ne dit point qu'il demeurât avec Eustathe & ses disciples; mais seulement qu'il étoit uni d'a

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mitié avec eux : le lieu qu'il choisit pour sa retraite, fut dans Vie de. S.
un desert de la province de Pont, près de la riviere d'Iris &
de la petite ville d'Ibore. C'écoit le lieu qui avoit servi à la
premiere éducation , & il y fut attiré par la consideration de
sa læur sainte Macrine, qui s'y étoit déja retirée avec leur
mere sainte Eumelie. Il quitra neanmoins la solitude pour aller
à Constantinople, où il accompagna Basile d’Ancyre ; mais il
la reprit bientôt après, & fut encore obligé de l'abandonner
pour assister à la mort de Dianée son Evêque. Eusebe qui lui
lucceda empêcha Basile de retourner dans la solitude. Il l'or-
donna prêtre, & se servir d'abord de lui pour la conduite de
son diocese ; mais cet Evêque conçue de la jalousie-contre lui,
& Basile se vicencore obligé pour conserver l'union de rentrer
parmi les freres & de jouir de la solitude qu'il n'avoit aban-
donnée qu'à regret.

Basile étoit trop necessaire à l'Eglise pour demeurer ainsi
caché dans son Monastere. Au bout de trois ans Eusebe ayant
reconnu le besoin qu'il en avoit pour resister aux entreprises
de l'empereur Valens qui avoit resolu d'introduire l'Arianif-
me dans Cesarée , pria instamment S. Gregoire de Nazianze
d'être le mediateur de leur reconciliation , & de le ramener
dans son église. Notre Saint oubliant tous les sujets de mécon-
tentemens qu'il pouvoir avoir , se rendit sans differer auprès
de son évêque, & avec le secours de son ami S. Gregoire, il
attaqua les Ariens qui avoient voulu profiter de la retraite
& du differend qu'il avoit eu avec Eusebe, & les contraiguie-
de se retirer.

Après la fuite de ces heretiques , 'Eusebe qui s'étoit recon.
cilie de bonne foi, & qui connoissoit les grandstalens de Ba-
file , se reposa entieremoot sur lui pour la conduite de son dio-
cese. Il le prit même pour son directeur , & ne faisoit rien
que par son conseil; & Basile repondit fi bien à l'attente de
tous les gens de bien, qu'après la mort d'Eusebe, il fut choisi-
pour lui succeder.

A peine fut-il élevé à cette dignité , que les heretiques, & sur-tout les Ariens le persecucerent cruellement. Ceux-ci qui avoient l'empereur Valens pour leur protecteur, abuse- . rent souvent de ion autorité pour faire des violences à notre S. Archevêque. Ils aigrissoient à tout moment contre lui l'esprit facile de ce prince , & comme il n'avoit

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pas voulu

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