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à l'idolatrie, qu'ayant goûté du vin offert aux Idoles , il le
rejetta à l'heure même ; & un jour que ses parens l'avoient
mené à certains sacrifices qu'on faisoit aux faux Dieux pour
consulter leurs oracles , il donna tant de frayeur aux de-
mons, qu'ils ne voulurent jamais parler devant lui : de quoi
les sacrificateurs étonnés & irrités , s'écrierent qu'il falloit
chasser cet ennemi de leurs Dieux.
A l'âge de vingt ans il fut pris pour être enrollé dans l'ar-
mée de l'empereur Maximin , qui se préparoit à faire la
guerre à Constantin & à Licinius. On l'embarqua sur un
vaisseau avec plusieurs autres , & le soir ils arriverent dans
une ville, dont les habitans touchés de compassion de la
plûpart de ces Soldats qui étoient de jeunes gens qu'on me-
noit à la guerre contre leur gré, leur donnerent tous les se-
cours dont ils avoient besoin. Pachome demanda qui étoient
ces gens si charitables. On lui répondit que c'étoit des Chré-
tiens. Il demanda ce que vouloit dire ce nom , quel Dieu
ils adoroient. On lui dit qu'ils n'en reconnoissoient point d'au-
tres, que celui qui a fait le Ciel & la Terre , & son Fils uni-
que Jesus Christ en qui ils croyoient, & qu'ils esperoient une

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ment déreglé de la nature corrompue , il avoit recours à la

r1C rC. p La guerre étant finie & les Soldats ayant été congediés, il retourna en Thebaïde Il alla à l'église d'un bourg nommé Chenobosque où il fut fait Catechumene, & peu de tems après il recut le Baptême. Ayant ensuite appris qu'un vieillard, nommé Palemon, servoit Dieu dans le desert, il alla le

trouver à l'heure même, & frappa à la porte de sa cellule; le

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pour embrasser l'état Monastique. Il eut bientôt jusqu'à cent QR#s disciples, dont les trois premiers furent Psentaëse , Sur, & # #Ploïs. Les plus distingués ensuite furent Pecuse, Corneille, CHOME. Paul , un autre Pachome, & Jean. Il les conduisit suivant la regle que l'Ange lui avoit apportée du ciel. Il étoit permis à chacun de manger & de jeûner selon ses forces, & on mesuroit le travail à proportion. Ils logeoient trois à trois, en differentes cellules ; mais la cuisine & le refectoire étoient en commun.Leurs habits consistoient en une tunique de gros lin faite en forme de sac , nommée Zebitonne : elle n'avoit point de manches , alloit jusqu'aux genoux , & étoit serrée d'une ceinture. Ils avoient pardessus une peau blanche corroïée, d'un cuir de chevre qu'ils appelloient melotte, quoique ce nom appartient plûtôt à une peau de mouton. Elle couvroit les épaules depuis le cou, descendoit par derriere jusqu'au bas des cuisses, & leur tête étoit couverte d'un capuce de laine de la maniere que les enfans de ces quartiers là le portoient. Il étoit fort petit & sans poil , n'alloit que jusqu'au haut des épaules,& étoit garnide petites croix. Ilsavoient cet habit tant de nuit que dejour , mais venant à la communion , il ôtoient la melotte & la ceinture , ne gardant que la tunique. Pendant le repas ils se couvroient la tête de leurs capuces pour ne se point voir les uns les autres, & observoient le silence. Les hôtes ne mangeoient point à la communauté , & les Novices étoient éprouvés pendant trois ans. Saint Pachome animoit ses religieux à l'observance de la regle plus par ses exemples que par ses paroles. Tout le Monastere étoit divisé en vingt-quatre troupes, dont chacune portoit le nom d'une des lettres de l'alphabet grec avec un raport secret de ceux qui la composoient. Les plus simples par exemple étoient rangés sous l'Iota,les plus difficiles à conduire sous le Xi,afin que l'Abbé pût aisément s'informer de l'état d'un chacun dans une si grande multitude,en interrogeant les superieurs par ce langage mysterieux qui n'étoit connu que des plus spirituels. Enfin l'Ange qui parloit à S. Pachome, lui ordonna de faire 12. Oraisons le jour , 12. le soir , & 12. la nuit. Il trouvoit que c'étoit peu ; mais l'Ange lui † ) que c'étoit afin que les foibles les pussent accomplir sans ne, & que les plus parfaits n'avoient pas besoin de cette loi, parce qu'ils ne cessoient de prier dans leurs o# llj

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