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Ibid. Lettra

Moines de Jerusalem Ignace-Pierre, zelé Catholique. On employa le
JACOBITES credit de l'amballadeur de France à la Porte , pour avoir un

commandement du Grand-Seigneur,qui confirma son éle-
ction , avec ordre à tous ceux de la nation de lui obéir. Il fut
installé dans son siege patriarchal par huit archevêques &
évêques; sçavoir , un Maronite, trois Jacobites catholiques,
deux Grecs, & deux Armeniens. Il envoya ensuite sa profes-
fion de foi au pape Innocent X I. qui lui envoya le T'allium.
Cependant les heretiques Jacobites ayant employé beaucoup
de fourberies

pour faire confirmer par le Grand-Visir & le Mufti d'Alep l'élection qu'ils firent en 1687. d’un patriarche de leur cabale , leur faisant accroire que le patriarche Ignace-Pierre écoit mort, ils réussirent dans leur entreprise. Mais en 1693. le patriarche Catholique fut rétabli dans son liege à la sollicitation du roi de France; & le patriarche IgnacePierre choisit pour coadjuteur un archevêque Jacobite ca. tholique , qui fut reconnu en cette qualité par les Catholi. ques de cette nation.

Cependant une furieuse persecution s'éleva en 1701. contre du P. Ver- le patriarche Ignace-Pierre.Le Grand-Seigneur Mustapha II. de laChai-pressé par le Mufti, grand ennemi des Catholiques, qui en [e étoit follicité par les heretiques, envoya un commandement

pour obliger les Jacobites qui faisoient profession de la religion Catholique de retourner à l’heresie de leurs ancêtres. Le patriarche, l'archevêque d'Alep & les principaux du clergé de la nation Surienne ou Jacobite, n'ayant pas obéi à cet ordre, après avoir reçû plusieurs mauvais traitemens & unc rude bastonade, furent condamnés à être renfermés le reste de leurs jours dans le château de la ville d’Adané. Le patriarche & l'archevêque d’Alep, eurent le bonheur d'y mourir

pour

la défense de la foi. Mais les revolucions arri. vées dans l'empire Ottoman en 1703. le Grand - Seigneur Mustapha ayant été déposé , & le Mufti ayant subi une

mort honteuse , ramenerent pour un tems la paix dans les églises Jacobites catholiques, ou plûtôt dans les églises Suriennes; car les Jacobites , après avoir abjuré leurs erreurs , prennent le nom de Suriens, & quittent celui de Jacobítes, comme un nom infame. Celui

qui succeda au Mufti se montra plus favorable à leur égard. Mais les persecutions ont été renouvellées quelque cems après ; ce qui est cause que la religion

Catholique Catholique ne fait pas parmi les Jacobites Schismatiques, Moines tout le progrès qu'on pourroit attendre du zele des prélats, -as. qui sont toujours demeurés ferines dans la foi Catholique malgré les persecutions.

Quoique parmi les seculiers il y ait grand nombre de Catholiques, la plus grande partie des religieux sont neanmoins toujours dans l'erreur. Leur principal Monastere est à Derzapharam, proche la ville de Mardin en Mesopotamie, dans lequel le Patriarche fait sa residence lorsqu'il est Schismatique. Il y en a encore un autre proche de la inême ville ; deux à une journée de la ville de Damas; deux à une journée de la ville de Ninive ; un à Tauris, sur le chemin de Mardin; un autre à Edesse ; & quelques autres en differens lieux ; mais presque tous abandonnés, & où il y a peu de religieux. Ils ne mangent jamais de viande , non pas même à l'extrémité de maladie ; aussi-bien que le patriarche & les évêques ; & ils observent les mêmes carêmes & les mêmes jeûnes que les Maronites, excepté la veille de saint Maron, qu'ils ne reconnoissent point, & auquel ils substituent Jacques Zanzale , qui les a pervereis

. Je parle seulement des Schismatiques ; car il y a de l'apparence que les Catholiques jeûnent la veille de faint Ephrem , qu'ils ont pris pour patron de leur église de Rome.

Conformément au rit que suit cette nation , ils chantene l'Office en langue fyriaque , ont les mêmes instrumens de musique que les Armeniens, & consacrent avec du pain levé, de même que les Grecs , contre la pratique des Maronites & des Armeniens ; mais ils ont ceci de particulier qu'ils mettent de l'huile & du sel dans leur hostie , qui est si grande & fi épais, se , qu'on en peur facilement communier plus de cent personnes. L'habillement des religieux est assez semblable à celui des Maronites. Il n'y a point de Monasteres de Religieuses de certe nation, & celles qui se consacrent à Dieu par la profesfion religieuse, demeurent chez leurs parens.

M. Saphar, évêque de Mardin , dont nous avons déja parlé, qui demeure depuis quelques années à Rome, où il étoie venu reconnoître le souverain Pontife cumme chef de l'é glise universelle de la part des églises Catholiques Suriennes, a acheté un hospice dans certe capitale de l'univers pour

les évêques & les autres personnes de fa nation. Il en prit poss

Tome I.

!

Moines session le 18. Decembre 1696. aïant aussi obtenu la permission COPTIsi de celebrer à certains jours de l'année dans l'église de cec hospice conformément à leur ric ; ce qu'il fit pour

la

premiere fois le 9. Fevrier 1697. jour de saint Ephrem de Syrie, dont la fête avoit été transferée à ce jour.

Frances. Quaresm. Elucid. Terr. Sanéte. Joann. Bapt. Du Solier, Traltat. Hift. de Patriarch. Alexand. Le Fevre, theatre de la Turquie. Le Monde de Daviti. Eugene Roger, Voïage de la Terre-sainte ; & Memoires manuscrits.

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grand saint

OMME c'est dans l’Egypte que la vie monastique a

pris son accroissement, sous la cor duite du Antoine , & d'une infinité de faints Solitaires qui ont peuplé les deserts de cette partie de l'Afrique ; & que les Moines Coptes qui les habitent encore , reconnoissent saint Antoine pour leur pere & leur fondateur : en parlant d'eux, nous traiterons plus amplement que nous n'avons fait dans leschapitres précedens, de leurs observances , & des ceremonies qui fe pratiquent à la vêture & à la profession de ces religieux ; mais il faut parler auparavant de l'origine du nom Copte , & quelles sont les erreurs de cette nation, dont les Moines sont ausliinfectés.

Il est difficile de sçavoir d'où vient le nom Copte, que l'on a donné aux Chrétiens de l'Egypte qui ont suivi les erreurs de Dioscore. Chacun a donné sur cela carriere à ses conjectures. Scaliger a cru que ce mot Copte n'étoit que le mot grec Ægyptos, dont on avoit retranché la premiere fillabe;& que c'est de là que les Egyptiens font appellés encore aujourd'hui par les Ethiopiens Giptu & Gibetu , & par les Arabes, Elchibth ou Elcupui. Le P. Kircher prétend que les Copres ont pris leur nom de Coptos, ville d'Égypté, celebre autrefois par le commerce. Le P. Morin femble appuïer cette conjecture, disant

que

tous les marchands Indiens , Ethiopiens & Arabes, (au rapport de Strabon ) trafiquoient sur la mer rou. ge à Coptos ; & qu'il étoit probable , que les Arabes qui

Thomassin f

Moine Cophte

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