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CoNGREGATiON DE FLEURY.

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pouvant plus souffrir que des Moines qui ne portoient aS

seulement l'habit de l'Ordre de saint Benoît, vêcussent plus long-tems dans le déréglement. Mais ne † de luimême corriger ces abus, il en commit le soin à saint Odon Abbé de Cluni, qui étoit pour lers au Monastere d'Aurillac en Auvergne, que le Bienheureux Gerard avoit fait bâtir il n'y avoit pas long-tems. Le Comte Elisiard aïant pris avec lui deux autres Comtes & deux Evêques,accompagna saint

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agréable.Car un jour de saint Benoît que le poisson manqua,
les Religieux en trouverent abondamment dans un marais
voisin, où il n'y avoit jamais eu que des grenoüilles. Enfin ils
reprirent les Observances Regulieres, qui furent observées
dans ce Monastere avec tant d'exactitude, quel'on y vint de

lusieurs endroits & même d'Angleterre, chercher des Re-
† pour les enseigner à d'autres Monasteres , comme à
saint Pierre de Chartres, à saint Vincent de Laon , à Sau-
mur, à saint Pierre de Sens, à saint Eure de Toul & à quel-

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CoNGREGATION D E FLEURY.

ques autres, tant en France, qu'en Angleterre. Mais quoi

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ue dans cette Abbaïe, que le Pere Jean Dubois nous a § dans sa Bibliotheque de Fleury, que l'on y faisoit beaucoup d'aumônes. Le Jeudi Saint on chantoit une grande Messe à l'Autel de sainte Croix,à laquelle devoient assister cent pauvres, à chacun desquels on donnoit une hostie non consacrée, & après la Messe on les faisoit manger. Ils devoient avoir deux pitances, l'une de féves, l'autre de millet. Après le dîné des Religieux, l'Abbé lavoit les pieds & les mains à douze pauvres, & leur donnoit du pain, du vin , deux harengs, & douze deniers ; & le même jour on donnoit encore du pain & du vin à tous ceux qui se presentoientOn faisoit aussi une aumône generale le jour de la Pentecôte : on donnoit encore à manger à cent pauvres, qui devoient avoir du pain, du vin , & de la viande ; & le jour de la Commemoraison des Morts, on faisoit aussi une aumône generale de bled. La maniere d'élire l'Abbé est prescrite dans ces anciennes Coûtumes, où il est marqué que l'Abbé étant élu, pouvoit se faire benir par tel Evêque que bon lui sembloit, excepté par l'Evêque d'Orleans & par l'Archevêque de Sens. Il y a de l'apparence qu'ils ne se faisoient pas benir par l'Evêque d'Orleans, à cause des differends qu'ils avoient souvent avec ce Prelat, qui prétendoit avoir Jurisdiction sur ce Monastere ; ni par l'Archevêque de Sens, à cause qu'il étoit le Metropolitain. L'on trouve aussi après ces anciennes Coûtumes de Fleury, une taxe faite par l'Abbé Macaire sur tous les Prieurés & les Prévôtés de la † de cette Abbaïe, pour avoir des Livres pour la Bibliotheque ; & il paroît que cette Abbaïe avoit pour lors trente Prieurés & Prévôtés, du nombre desquels étoient les Prieurés de la Riole, du Saux en Limagne, de Perrecy en Bourgogne, de Sancere, de Vailly-sur-Gien,de S. Brisson, de saint Agnan , d'Etampes, d'Anecourt, de la Cheze en Sologne, de Lauris, & de la Cour de Marigny. Mais il y a erreur en la date de cette taxe, que le Pere Dubois marque être des Calendes de Mars 1346 la dixiéme année de Loüis Roi de France & Duc d'Aquitaine, puisque Philippe de Valois regnoit pour lors. Il y avoit # sans doute Abbaïes qui dépendoient de Fleury, puisque le Moine Aimoin, dans la Vie de saint Abbon, Abbé de ce Monastere, qui fut tué l'an 1oo4 dit que la douleur qu'on eut de sa mort »

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Marcel près de Châlons, voulut que cette Abbaïe, & celle

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tant à l'égard de la Psalmodie continuelle, qu'à l'égard des

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Les Moines de saint Benigne tomberent dans la suite

eomme les autres dans le relâchement. A peine dès le neu-
viéme siécle y restoit-il encore quelques traces des Obser-
Vol1lCCS . § qu'on y avoit autrefois admirées. Ils
avoient même honte de porter le nom de Moines , & se
faisoient appeller Clercs, par un esprit de vanité Herlo-
gaud qui en étoit Abbé, y rétablit pourtant avec beaucoup
e peine la Discipline Reguliere l'an 819. & fit reparer l'E-
§ mais sous le regne de Charles le Chauve, Roi de
France, ce Monastere se trouvoit encore en si mauvais or-
dre, que le grand nombre de Religieux qui y étoit autre-
fois, étoit presque reduit à dix, qui vivoient dans un étrange
déreglement. Isaac, Evêque de Langres , le repara une se-
conde fois , & y fit venir des Religieux , plus reguliers &
† exemplaires, ausquels il permit d'élire un Abbé , con-
ormément à la Regle de saint Benoît. Le relâchement s'y
étant glissé encore § la suite, Bruno Evêque de Langres,
n'oublia rien pour faire retourner les Religieux dans leur
premier état ; mais ses efforts aïant été inutiles, il s'adressa à
saint Mayeul, Abbé de Cluni , qui étant en ce tems-là le
Restaurateur de la vie Monastique , lui accorda douze
Religieux d'une éminente pieté, pour remettre la Regularité
& le bon ordre dans cette Maison. Ils arriverent à saint

Benigne le 25. Novembre de l'an 989. auquel comme on
- celebroit.

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